9.3.2010 par Flo.
J’avais bien l’idée d’une note, ou alors quelques ronchonneries dans un coin à sortir, mais la fatigue et la flemme l’emportent.
Il y a eu ici, comme le dit si bien la météo, un nouvel “épisode neigeux”. Pas aussi sévère qu’à Perpignan où les pauvres ont eu droit à une redéfinition des giboulée de mars, mais pas mal quand même.
Au risque de me faire bannir de tous les blogs, moi j’aime. Je me régale encore de la neige, du froid, j’accueillerai le printemps avec plaisir, mais en attendant, j’apprécie cette saison jusqu’au bout, et ça fait bien longtemps que je n’ai pas eu à ce point l’impression d’en profiter, même en restant beaucoup trop loin des pistes de ski.
Je sais que vous préfèreriez voir des petites fleurs, mais je ne peux m’empêcher de vous faire partager les belles photos que mon amoureux m’a faites, sur commande, me sachant désespérée d’être coincée derrière un bureau alors que je n’avais qu’une envie, aller courir les champs.
Il y avait le ciel bleu, la neige brillante, le froid vif et coupant.
En direct donc, et rien que pour vous, la tronche de “l’épisode neigeux”, et après cette coupure pub, promis, je reviens avec de l’un peu plus consistant…
Je concède à tous les râleurs que ok, un 9 mars dans le Sud Ouest, on est en droit d’attendre autre chose que ça….
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5.3.2010 par Flo.
Avant toutes choses, allez lire le début de cette histoire chez Leeloolène. C’est absolument impératif pour la bonne cohérence de ce récit. Et au cas fort improbable et totalement inimaginable où vous ne connaîtriez pas son blog, il va de soi que vous le rajouterez dans votre agrégateur!
Préambule: je tiens à préciser que, comme je l’avais mentionné il y a quelques temps dans un billet, je n’ai jamais choisi les pingouins comme mascotte (j’étais bien plus classique, voyez-vous, plutôt genre cétacés, petits chats, ratons laveurs).
Ce sont les pingouins qui m’ont choisie. Au travers de peluches (grandes et petites), avatars ou autres figurines, je les ai laissés subrepticement entrer dans ma vie et prendre leur place. Je n’y peux rien, on ne lutte pas contre le pouvoir du palmipède!
Voilà, je vous présente Tux. Fidèle ami de 80 centimètres qui trône dans ma petite Corsa blanche, depuis maintenant 5 ans au moins.
Jusqu’à mardi dernier, je ne savais pas d’où il venait. Enfin, avant qu’il n’entre dans ma vie par l’histoire que je vais vous conter. Et puis en papotant avec Leeloolène un soir, comme ça incidemment, on a parlé pingouins. Oeufs. Vous avez lu le début chez elle, et maintenant, je sais comment est né Tux. A quoi il ressemblait au tout début, et j’en suis toute émue.
Super Frérot, à l’époque (si je dis fort lointaine ça va le vexer), voulait être un Super Frérot Informaticien 2.0.
Il a donc vaillamment tenté sa chance dans l’une des grandes écoles de notre petit pays, reconnue mondialement. Il s’est frotté à tout un tas de geeks, et il parlait avec un vocabulaire totalement incompréhensible. Mais bon, on le laissait faire, plutôt admiratifs.
C’est ainsi que Super Frérot a rencontré Linux. Le pingouin virtuel. Entre eux, ça a plutôt été l’entente cordiale, il m’en parlait un peu (pas trop, de toute façon je l’écoutais uniquement poliment). Moi, je trouvais ça mignon comme mascotte, mais voilà, ça s’arrêtait là.
Super Frérot avait aussi une voiture. Une petite Corsa blanche qu’il utilisait pour aller à ses cours, et chez sa petite amie du moment, qui avait eu la bonne idée d’habiter à l’autre bout de la ville. Augustine (c’est le nom de la Corsa, chez nous chaque objet important est baptisé) servait donc de fidèle compagne aux virées estudiantines, pendant et hors les heures de cours. C’était aussi la calèche qui permettait d’emmener la bande de joyeux allumés futurs informaticiens sur des pistes de ski, en randonnées, et vers plein d’autres destinations dont j’ignore tout (il vaut mieux).
Un mois d’avril de je ne sais plus quelle année, l’anniversaire de Super Frérot approchant, je séchais méchamment sur une idée de cadeau. Il faut savoir que dans le genre, il est assez exigeant et difficile (je t’avais prévenu, je sais que tu me lis, t’as de la chance, tu échappes à un billet juste à ton sujet, mais tu en prends pour ton grade, t’avais qu’à pas critiquer mon blog non mais!). Musique, je préfèrais éviter de toute façon j’étais à côté de la plaque, sport on n’était pas tout à fait synchrones non plus, cinéma il avait tout vu, lecture je n’osais pas. Pas de “wishlist”, pas trop de sous de ma part. Grand vide.
Peu de temps avant la date fatidique, vide-greniers avec mes parents, dans un bled au bord de mon cher lac.
Et c’est là qu’eut lieu LA rencontre. Les yeux dans les yeux, nous nous sommes regardés, nous nous sommes reconnus.
Il était assis par terre, à même le sol. Le bonnet rouge et vert sur le bec, la tronche du pingouin qui était sur tous les programmes informatiques précédemment cités. Il m’a vue, il m’a appelée, je l’ai pris dans mes bras. J’ai dit “combien”, mais j’avais déjà sorti mon porte monnaie. Pour une somme totalement indécente et qui ne lui ferait pas honneur, Tux est devenu mien (en interim).
J’ai dit “avec un noeud rose, il sera un parfait cadeau”. Dont acte. J’ai trouvé le ruban, j’ai évité l’emballage, je l’ai offert à Super Frérot. Qui, contrairement à toute attente, a trouvé l’idée géniale. Et a de suite décrété “il ira avec Augustine, ce sera la paire parfaite. A l’arrière. Et avec la ceinture, bien sûr”. (Aujourd’hui, je le soupçonne d’avoir derechef voulu se débarasser du cadeau embarassant de cette manière, mais je veux bien lui accorder encore le bénéfice du doute)
Quand il dit, il fait. Et la paire fut créée, sous nos yeux émerveillés.
Quelques années plus tard (honnêtement, je n’ai plus aucune notion de temporalité), j’étais dans le Sud de la France, en galère de voiture.
Super Frérot était toujours dans notre pays de montagnes, plus du tout informaticien 2.0, et plus du tout avec sa petite amie du bout de la ville.
Augustine et Tux étaient toujours dans notre pays de montagnes, propriété de Super Frérot, mais commençaient à trouver le temps long sur une place de parking dont ils bougeaient peu. Il faut dire que les déplacement là-bas ne sont pas toujours pratiques, les parkings sont hors de prix en ville, le réseau des transports en commun finalement bien développé, et quand on n’a plus de petite amie très très loin, c’est moins judicieux d’avoir une voiture (je dis ça aussi pour me consoler de n’avoir jamais eu, moi, de voiture à l’âge de Super Frérot. J’ai fait les frais d’essuyage de plâtre de grande soeur, la vie est injuste. J’avais qu’à me trouver à l’époque un petit ami à l’autre bout de la ville, aussi!).
Un soir (ou un matin, un midi), téléphone chez moi, proposition familiale: “on te donne Augustine! A ta charge les frais de réimmatriculation (Gosh, ne le faites jamais, c’est une horreur, mais dans toute mon innocence je l’ignorais à l’époque), on te l’offre. Super Frérot n’en a plus besoin, nous n’en avons plus besoin, autant qu’elle serve à quelqu’un”.
Ni une ni deux, me voilà de retour dans ma ville natale, et en remerciant, émue, Super Frérot de son généreux don, je lui dis: “on va donc aller chercher Tux, pour le remonter dans ta chambre?”
Je revois encore son regard, son sourire carnassier, comme si c’était hier.
“Ah mais non. Tux, c’est Augustine. Et Augustine, c’est Tux. Tu reçois Augustine, tu reçois Tux”.
…..
J’ai ramené ma petite Corsa blanche en France. Immatriculée suisse, avec un macaron CH, un autre IRL parce que Super Frérot y était allé (sans la voiture), avait adoré et voulu le clamer publiquement. Un autre macaron “Nunca Mais” que j’ai assez vite enlevé, de peur des représailles là où j’habitais. Et divers logos de parking de la Fac, du club de tennis….Bariolés.
Et bien entendu, un gros pingouin de 80 cm sagement sanglé à l’arrière, heureux de voir du pays.
Depuis ce jour, le pingouin et la voiture ont changé de plaques, plusieurs fois. De ville, une nouvelle fois.
A mon arrivée dans celle d’aujourd’hui, je me suis faite arrêter deux fois par les forces de l’ordre. Une fois pour une infraction quand même importante (oui j’ai honte!), une seconde pour une vérification générale qui aurait pu devenir compliquée pour moi.
Et là, je vais faire taire tous les importuns qui prétendent qu’une fille ne se fait jamais coller par la police. Non, ce n’est pas mon ravissant sourire charmeur et tombeur qui m’a tirée d’affaire. A chaque fois, l’agent pourtant pas très commode m’a laissée repartir, désemparé par mes macarons bariolés (et toujours nombreux), mais surtout avec cette remarque: “C’est parce que le pingouin est bien attaché à l’arrière. On est bien forcés de vous féliciter”.
Tux et moi, c’est une histoire d’amour pour très longtemps encore….
A star is born…
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4.3.2010 par Flo.
Depuis toute petite, je crois que je me suis émerveillée des albums photos de mes parents.
Les gros et lourds classeurs rangés au salon. Et puis mon album à moi, celui qu’ils avaient scrupuleusement rempli (première dent, premier mot, premiers pas, premières maladies, premières photos, baptême, etc) rose moletonné, que j’avais dans ma chambre.
Je passais des heures à feuilleter ces photos familiales, à m’en imprégner, à me délecter de la beauté de mes parents jeunes: ma mère rayonnante dans une robe de mariée qui n’en était pas une, avec une capuche brodée de fourrure (quelle idée de se marier en Janvier!!), mon père qui ressemblait à un jeune premier, posant bronzé, rayonnant au bord de la mer, chez ses parents, son frère.
Plus tard, j’ai fait mes propres albums. Pris pas mal de photos, collé, commenté. D’autres classeurs venaient se rajouter à ma collection, que je feuilletais, ou moins.
Dans mes multiples déménagements, je n’ai jamais pu les emmener. Trop lourds, pas assez de place, ils m’attendent toujours chez mes parents, à chaque trajet je me disais que je les redescendrais, et puis non.
Pour mes 30 ans, j’ai reçu une pochette d’une dizaine de CD, sobrement intitulée “photos familiales”.
Il s’avère que mes parents avaient pris le temps (ça occupe, la retraite) de scanner toutes les pages de TOUS les albums familiaux, et qu’ils les avaient gravés, tels quels. Pour moi, et (je crois) pour mon frère. En y incluant chez moi mon album de bébé, que j’aimais tant.
Ca m’a énormément émue. Je sais que les CD ne sont pas des supports définitifs, et qu’ils peuvent s’abîmer, se périmer, comme d’autres supports. N’empêche, maintenant, j’ai toutes mes photos familiales à portée de main, et ça prend sacrément moins de place que les nombreux et énormes classeurs qui gardent leur charme désuet, mais qui sont finalement si bien dans les armoires parentales. Pour bien faire, il faudrait aussi que je scanne mes propres photos, celles de mon adolescence, mais je n’ai pas encore ce temps-là à y consacrer.
Une partie de l’histoire familiale est sauve.
Hier soir, en rentrant, m’attendait un autre petit colis dans la boîte aux lettres: un nouveau CD de scans, de la part de ma maman. Cette fois, pas de photos. Mais elle avait une fois de plus patiemment rassemblé toutes les petites recettes de son classeur en moleskine, annotées, jaunies, tachées d’avoir reçu de la sauce, du sel, du sucre, de l’eau et bien d’autres ingrédients, et compilées au fil des années dans ce merveilleux petit support.
Ma mère n’a jamais été une cuisinière hors pair, mais elle a toujours su garder ce qui marchait, ce qui nous plaisait, le noter, pour le resservir, le refaire à l’occasion d’une soirée entre amis, ou d’un repas familial. Elle était appliquée, attentive, ce qui rendait sa cuisine délicieuse de quotidien, et de simplicité.
Il n’y a pas si longtemps, affolée, j’ai dû l’appeler en milieu de week-end (en l’inquiétant au passage, moi qui appelle si peu spontanément comme ça d’un coup) pour lui demander le temps de cuisson de la saucisse aux choux (vous avez bien lu, c’est une spécialité de chez moi!). Ca l’a bien fait rire. Du coup, dans le CD, un petit mot: “je ne suis pas certaine qu’il y ait le temps de cuisson de la saucisse, mais tu auras tout le reste”.
Encore une mémoire familiale sauve. Ce qui ne m’empêche pas de lui répondre: “maman, merci du fond du coeur. N’empêche, j’espère pouvoir te téléphoner encore très longtemps et très souvent pour tes conseils, que je préfère mille fois recevoir de vive voix (en te faisant rire) plutôt que de devoir obligatoirement passer par ce CD pour me souvenir de ta cuisine”…
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2.3.2010 par Flo.
Samedi, c’était l’anniversaire de Miss Blondinette.
Pas la date officielle, qui elle avait déjà eu lieu 1 semaine plus tôt, mais le moment tant attendu où la demoiselle avait convié ses petits camarades en nos murs, pour fêter dignement l’occasion de ses 6 ans.
Autant dire que nous n’appréhendions pas la chose tout à fait de la même manière:
Elle, c’étaient sauts de puce et petits cris depuis le matin, malgré les 15 jours de vacances, elle était réveillée à 7H30 “pour le cas où ils seraient arrivés à l’avance” (on les attendait à 15H…)
La robe rose de princesse était pliée dans le sac, papa était allé acheter des collants en catastrophe et dernière minute la veille (taille 8-10 ans, parce que la taille juste en-dessous, c’était 4-6 ans, et forcément la marque ne fait pas le milieu, cherchez la logique, et imaginez le look), le petit boléro rose pailleté achevait de sécher, bref, il ne restait qu’à: gonfler les ballons, pousser les meubles, faire le gâteau au chocolat, ouvrir les bonbons (ni trop tôt pour éviter la tentation, ni trop tard pour être pris dans le stress), lui laver le visage parce qu’elle avait voulu se mettre du rouge à lèvre et a forcément trouvé celui qui tient très très bien, et convaincre la Miss d’avaler quelque chose au petit déjeûner ET au dîner, avec en échange la promesse qu’on ne lui ferait aucune remarque sur le nombre de bonbons avalés.
Et pour nous…tout cela et le reste encore, et désespérément trouver comment rester zen.
J’ai eu un petit moment de panique en plein milieu de la matinée, quand j’ai réalisé que mon cher et tendre, sous ses dehors super tranquilles “j’assume et je gère” paniquait en fait autant que moi. Oui, parce que bon, moi je n’avais pour souvenirs de ce genre d’anniversaire que les miens, à savoir une meute de gamins déchaînés qui hurlaient dans l’appartement, ne faisaient surtout pas ce qu’on leur demandait et saccageaient l’intérieur (grâce soit rendue à mes parents qui, pourtant, ont fidèlement perpétué la tradition pendant mes longues années d’enfance).
Et puis le dernier anniversaire auquel Miss Blondinette avait assisté ne m’avait pas franchement rassurée non plus: certes c’était dans une maison, certes ils étaient autrement plus nombreux que les 3 petits que nous attendions, mais lorsqu’on était allés la récupérer, nous avions retrouvés les parents hagards, et le père du garçon nous avait soufflé “je comprends maintenant pourquoi être instit est si fatiguant. Je n’en peux plus!”
Gasp.
Donc lorsque j’ai découvert que mon cher et tendre n’en menait finalement pas plus large que moi, j’ai tremblé. D’un coup, les jeux auxquels nous avions réfléchi, les suggestions que nous voulions lancer ne tenaient plus, tout me semblait dérisoire et courait à l’échec.
Ils sont arrivés pile à l’heure, tous. Et à peine la porte d’entrée fermée, les mamans pas encore parties, que les 4 étaient ensemble dans la chambre. Ca criait déjà un peu, mais la mayonnaise avait pris avant qu’on n’ait besoin de casser les oeufs.
On s’est donc retrouvés mon chéri et moi devant le seul cas de figure non envisagé: ils n’avaient pas besoin de nous! Alors quoi, on fait de la figuration, on attend leur bon vouloir?
Finalement, ces 3 heures n’ont pas filé, mais se sont très bien passées (oui, évidemment, je sais, mais n’empêche!) A cet âge, ils n’ont plus besoin d’être constamment couvés et occupés. Ils ont des moments d’indépendance.
Oui, ça a hurlé. Couru. J’ai mille fois craint pour leur tête, je les voyais partir en glissades contre les meubles, je me suis retenue, j’ai laissé faire. J’ai adressé une prière au saint patron des voisins qui a eu l’air de nous comprendre et de nous absoudre, une bonne chose de faite. On a fait un peu d’autorité, juste ce qu’il fallait.
Je suis très fière, je n’ai pas crié quand le verre de jus de fruit s’est retrouvé renversé sur la table, et forcément sur le sol.
On a joué un peu, on a rigolé. Fait une chasse aux trésors, c’était impressionant à 4 de voir tant de disparités dans la facilité de lecture. On a dessiné aussi, et là encore, la différence était bien là (et d’ailleurs Arthur, le champion hors catégories en lecture, est une poire absolue en dessin. Il faut bien un peu de justice dans ce bas monde d’enfants).
On était épuisés quand même. Mais heureux, parce que la reine de la journée l’était. Contente et fière.
Moi, je n’ai pas adoré la voir dans ce contexte. C’est une autre image de l’enfant que je connais que j’ai découverte: celle d’une petite fille autoritaire et très directive, elle mène sa petite troupe par le bout du nez et il lui faut du répondant (Arthur a bien essayé, mais en tant qu’amoureux devenu quasi officiel, il s’est bien rendu compte aussi qu’il ne pouvait pas tout avoir…)
Mais c’est leur monde, et je préfère les y laisser. Ne le voir que de loin. On a beau savoir qu’elle est ainsi, le constater sur faits, c’est autre chose.
L’année prochaine, on verra. Les joies de la garde en alternance, c’est peut-être aussi pour ce genre d’occasions, non? Mais s’il faut le refaire, ce sera sans hésitation, juste pour ses yeux qui brillent…
*Oui ok, c’est un mauvais jeu de mots. Jour de la tempête, mais chez nous, c’était plutôt à l’intérieur de l’appartement. Ca a beaucoup soufflé, mais on a fait partie des très chanceux qui sont passés à côté…
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25.2.2010 par Flo.
J’ai fait plus que souvent part de mes déboires administratifs sur ces pages, en ronchonnant allègrement, en me soulageant comme je le pouvais, en laissant éclater mon sale caractère et ma faculté à me mettre en rogne.
Si je veux être juste, il faut aussi que j’évoque les petites réussites, les quelques succès remportés, et sans effort qui plus est!
C’est ainsi qu’après le parcours du combattant qu’il m’a fallu franchir pour obtenir un nouveau passeport italien, et diverses toutes petites pièces administratives essentielles à ma tranquillité sur le territoire français, j’ai entrepris avec une certaine avance (ce dont je ne suis pas peu fière) de renouveler ma carte de séjour. Oui, j’ai l’immense chance de n’avoir à faire cela que tous les 10 ans, mais quand ça se profile, ça me stresse bien assez tôt.
J’ai donc débarqué guillerette et pseudo-détendue à la mairie de ma ville la semaine dernière, munie de ma meilleure volonté et mon grand sourire, pour prendre la température, récupérer le dossier et m’armer de courage. J’étais déjà psychologiquement préparée, on m’avait dit au téléphone “venez sur place, on vous remettra le dossier, il y aura pas mal de papiers à faire”.
Oui, bon, comme d’hab quoi.
Première dame qui me reçoit, m’interroge, sort une double feuille, me fait signer 3 cases (déjà?? Mais rien n’est rempli?), photocopie ma carte de séjour actuelle, mon passeport flambant neuf. Elle hésite, feuillette ses bouquins, finit par se lever: “on va demander à ma collègue, je ne sais pas vraiment dans quelle catégorie vous inclure”.
Hinhin, si vous saviez ma pauvre dame…
Je suis docile, trouve une autre personne tout aussi sympathique (ça, pour le coup, ça change de certaines préfectures, rien à dire), qui sort d’autres bouquins épais, feuillette, revient en arrière, regarde mon passeport, fronce les sourcils. “Je ne sais pas trop, vous êtes européenne, je n’ai jamais vu une carte de séjour comme celle que vous me montrez”…(et moi in petto “ah oui, ça c’est un peplum à raconter, mais je ne vais sûrement pas vous expliquer comment j’ai obtenu ce sésame, sinon je crois que je grille mes chances de renouvellement de suite” )
J’arme donc mon sourire colgate: “ben je comprends, c’est compliqué, j’ai le temps allez-y”…J’étais déjà en retard au boulot de 10 minutes, je n’étais plus à ça près!
D’un coup, la lumière semble se faire: “ah mais attendez, oui, vous êtes européenne, il y a eu un nouveau décret récemment, voyons que je retrouve ça”…Je me crispe.
Et quelques pages plus loin:
“Ah ben oui, voilà, j’avais bonne mémoire, vous n’avez pas besoin de carte de séjour”
“….??!!??”
Euhh, alors là comment dire: non, ce n’est pas possible; je m’attendais à devoir longer la muraille de Chine, moi. Escalader les montagnes administratives. Souffrire dans la chaîne des démarches. Sceller tout cela d’un “ce n’est pas utile”, c’est louche, c’est impossible, c’est inimaginable! Pas comme ça, pas ici.
Elle voit bien que je ne suis pas convaincue, me lit le texte à haute voix, stipulant que tout ressortissant européen justifiant d’un titre d’identité en règle n’a plus besoin de demander une carte de séjour. C’est mon cas. Et donc le renouvellement devient caduque.
Pendant ce temps, moi je m’efforce de réfléchir à toutes les situations dans lesquelles on pourrait m’exiger une pièce française, et je ne vois pas.
Gentiment, elle me propose de me photocopier le papier qu’elle m’a lu, afin que je l’aie sur moi et puisse le présenter en cas de problème. Il n’a rien d’officiel, je ne ferai pas le poids avec, mais j’accepte, ça rassure.
C’est ainsi qu’après une bonne demi-heure d’échanges, hésitations, je me retrouve dehors. Soleil radieux, température printanière. Coeur léger: je n’y crois pas tout à fait, mais il semblerait bien que pour une fois, on m’épargne un sacré nombre d’ulcères potentiels. Verdict définitif en août, lorsque ma carte sera périmée, mais n’empêche…
Le pied!
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24.2.2010 par Flo.
Je ne sais pas, c’est un terme à la mode, et puis je trouve qu’il me correspond bien ces temps-ci.
Je me débats dans mon planing. Je ne suis ni la première, ni la dernière me direz-vous, mais comme ici c’est chez moi, eh bien je décide de ce dont je vais me plaindre, et vous en subissez les conséquences. Mes sincères et plates excuses.
Donc oui, je me laisse bouffer. Et pourtant je ne suis pas maman. Ni ministre. Ni présidente, ni rien. Qu’est-ce que ça serait sinon.
Il s’avère simplement que je suis dans une période bilan. Bilans même, au pluriel.
Sur ma vie professionnelle et le tournant que je veux lui donner (ça, ça fait un moment que ça dure)
Sur les projets et les priorités que je veux mettre en place (conséquence de la phrase précédente)
Sur mes manques personnels également (professionnels forcément, puisque j’essaye de changer les choses)
Comme souvent dans la vie, les opportunités arrivent par grappes. Par trains ou wagons entiers comme ça, paf. On traverse de longs longs déserts, dans lesquels on désespère de pouvoir faire bouger un seul petit cactus. Et quand arrive l’oasis, d’un coup, c’est le tremblement de terre. Des choses inimaginables peu de temps avant nous tombent dessus, et le pire, c’est que ça nous paraît tout à fait cohérent, logique, faisable. Donc on saisit l’opportunité, parce qu’on le sait tous, quand ça se présente, il ne faut pas laisser passer. On ne sait jamais si (et quand) ça pourrait revenir.
Fin 2009, début 2010, j’ai donc saisi des opportunités. Une, essentiellement: celle de me former dans ce qui m’intéressait, d’enfin concrètement me décider, oser, me lancer. Moyennant une coquette et substantielle somme (soit, bon, le jeu en valait la chandelle et je pouvais plus ou moins le tenter), mais aussi le sacrifice de 2 soirées par semaine. Ce qui, au moment de l’inscription, ne me posait guère de souci: cher et tendre travaillait de soirée toute la semaine, j’avais donc largement de quoi remplir mon planing pas trop chargé (à l’époque).
Entre temps, eh bien beaucoup de choses ont changé: cher et tendre est passé de journée (et même plus encore mais c’est un autre débat), nous offrant enfin des soirées ensemble, une “vraie” vie de couple (je mets cela entre guillemets, cette définition étant aussi variable que le nombre de couples sur cette planète, je le sais bien), et les finances deviennent un tout petit peu plus aléatoires. Rien de grave, mais de quoi faire attention en tout cas pendant un petit moment.
En attendant, je ne regrette pas un seul instant mon choix, ma décision. Mes envies n’ont pas changé, j’ai même mis en plein dans le mille sur cette formation, et je suis ravie.
J’ai quand même hâte d’être au mois de Juin, date de fin, et de retrouver une certaine liberté de toutes mes soirées, afin de pouvoir mieux les répartir. Mais je ne me fais pas plus d’illusions non plus: après cette formation, d’autres obligations surviendront, ce n’est que l’arbre qui cache la forêt.
Je reste donc sur ma faim. Sur le temps que j’offre à mon couple (et à la vie familiale, je n’oublie pas Miss Blondinette), parce que mon boulot m’épuise, et ne me laisse pas suffisamment d’opportunités de rtt et de vacances partagées, mais aussi beaucoup sur le fait que mes amis, là au milieu, peinent à se retrouver au centre de mon quotidien. Enfin, au centre avec tout le reste.
Voilà donc le problème posé: comment offrir une attention, et du temps égal à: une reconversion professionnelle, un couple heureux et harmonieux, une petite fille de 6 ans, et des amis qui n’ont jamais fait défaut?
Sachant qu’une journée fait 24 heures, une semaine 7 jours, un mois entre 28 et 31, une année 365, et moi là au milieu, ça me fait trop de mathématiques et je suis perdue!
Je le prends sur le ton de la plaisanterie, mais la question reste grave. Luc parle merveilleusement bien des notions de priorités, du temps, de la motivation. Je vous invite à lire ses articles, qui font particulièrement écho en moi actuellement.
Les recettes, je les ai: trouver et définir mes impératifs, comment aussi mieux équilibrer mon planing (souvent, de bien petites choses -je vous interdis de dire bloguer!!- nous font perdre un temps dont on a peu conscience) et consacrer plus de temps à mes essentiels.
J’ai la recette, donc, et les ustensils. Mais j’ai beau goûter, pour l’instant, ma soupe a franchement un goût amer et il y manque un sacré nombre d’ingrédients!!
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23.2.2010 par Flo.
Je n’aime pas trop aller dans le sens des idées générales, de ces grandes remarques qu’on lance avec emphase devant la machine à café ou à la caisse du supermarché: “non mais vous vous rendez compte? A force d’en parler, voilà tout ce qu’ils gagnent, des gens qui font des réserves de guerre, c’est une honte ma bonne dame”, mais de temps en temps, enfoncer une porte ouverte, c’est quasi inévitable, n’en déplaise à M. de la Palisse.
Donc oui, un peu trop souvent à mon goût, nos chers médias supposément informatifs décident de faire la pluie et le beau temps, et parviennent à créer des psychoses qui dépassent le bon sens. On a eu droit à un joli entraînement avant les fêtes, avec un bon tour de chauffe des politiciens qui avaient passé des contrats juteux avec de grands groupes pharmaceutiques. Aujourd’hui, ce sont les groupes pétroliers qui sonnent à nos portes.
Je n’entrerai pas dans la polémique de base, du pourquoi, du comment, de la validation ou non des comportements des salariés de la rafinerie de Dunkerque. Je n’ai pas les tenants et les aboutissants de l’affaire, je constate simplement que comme tout pékin moyen habitant l’hexagone, je subis de plein fouet le battement d’aile du papillon.
Donc, vendredi dernier, quand ma radio du matin a commencé à expliquer que ça chauffait là-bas dans le Nord, que ça concernait la pompe à essence et que ça risquait de tourner au vinaigre, j’ai tendu l’oreille. Pas franchement parce que je me sentais très en phase avec les revendications (ni que je les rejetais, encore une fois, je ne connais pas assez bien l’affaire), mais parce que j’ai réagi comme toute bipède égocentrée: je voyais ma jauge à essence descendre, on arrivait en fin de mois, j’avais à peu près épuisé ma réserve de kilomètres, à quelques tours de roues près, et il allait falloir de toute façon que je passe bientôt à la pompe.
Sauf que pour des raisons de budget personnel et de fierté parfois mal placée, il me paraît totalement hallucinant de me précipiter dans une station quand j’entends que potentiellement-éventuellement-peut-être on serait supposément-susceptibles d’arriver à un tout petit manque de carburant d’ici un bon nombre de jours.
Donc, j’ai laissé passer le week-end, pendant lequel j’ai totalement déconnecté des infos. Pas trop de radio, pas du tout de télé, un petit tour de temps en temps sur la toile, rien de plus.
Hier, reprise de la semaine, radio allumée de bon matin, chaîne d’info. Rebelotte, avec un discours un peu plus catastrophiste. Plus que tendre l’oreille, là je fronce les sourcils. Parce que j’ai une relative confiance en ma radio, et je me dis que si eux commencent à insister sur le sujet, je n’ose imaginer les images et les discours de la télévision à heure de grande écoute: “bientôt la ville et le pays seront paralysés, bientôt on sera tous obligés de prendre le vélo, c’est la catastrophe, l’économie qui (re)vacille. ”
(Je vous en prie, dites-moi que j’ai tort, parce que je n’ai pas du tout envie d’allumer le poste pour vérifier moi-même.)
Bon, là, ça commençait à chauffer. Mon voyant de jauge est depuis longtemps décédé de sa belle mort, mais je sais combien de kilomètres je peux me permettre de faire sans trop chatouiller la panne d’essence. Et je m’en rapprochais. Sauf que pas moyen dans la journée d’aller faire le plein. Qu’à cela ne tienne, j’avais de quoi tenir jusqu’au soir. Ce que j’ai fait, en conduisant cool, en passant les vitesses en douceur (qui dans la salle ose dire que ce n’est pas toujours le cas?).
Hier soir, donc, 21H30, heure de retour au foyer. Je passe devant une station sur le chemin. Je vérifie toujours les prix au passage, et ceux-là me convenaient, tant mieux. Hâte d’être rentrée, mais je prends le temps de m’arrêter. Armée de ma carte bleue, je sors de la voiture, constate que l’appareil est désespérément éteint, capte le regard d’un pauvre automobiliste un peu perdu devant sa propre pompe, et je n’ai pas besoin qu’on me fasse un dessin: il n’y a pas eu de livraison, c’est à sec.
Là, ça commence à me chauffer. Je rentre de fort mauvaise humeur, parce que j’ai la vague sensation de commencer à jouer le dindon de la farce, et qu’en plus le lendemain, je suis bonne pour partir plus tôt, faire un beau détour et prier pour ne pas partir à la chasse à l’essence, vu que j’ai un peu autre chose à faire de ma matinée.
Ce matin, donc, je passe sans illusion devant la station en bas de chez moi: toujours en rade et à sec, sauf que je vois du coin de l’oeil qu’en plus, les prix ont augmenté, et pas qu’un peu (qui d’ailleurs peut m’expliquer l’intérêt d’afficher des prix sur un article qui n’est pas en rayon? M’enfin bon). Quelques kilomètres plus loin, devant un grand centre commercial, c’est un peu la cohue: sur les 10 pompes, 5 sont fermées. Et tout le monde semble avoir décidé qu’il fallait faire la queue…Moi aussi, d’ailleurs, parce que là je n’ai plus le choix. Même pas sûre d’arriver au travail sans être en rade!
C’est ainsi qu’il m’a fallu une bonne demi-heure pour faire le plein de ma pépette! D’un carburant que j’ai payé les yeux de la tête (encore plus cher que les prix affichés dans l’autre station)! Ironie de la chose, c’était au moment où à la radio passaient quelques témoignages sur le même sujet “ooooh non, moi je ne suis à la pompe que parce que je pars en vacances et qu’il faut que je fasse le plein ” “sisi, ben oui j’ai bien entendu ce qu’on disait aux infos, alors je suis venue, par précaution, parce que j’ai encore de l’essence hein, mais j’ai peur”.
Oui madame, bravo. C’est comme ça qu’on fait flamber les prix. Comme ça que les personnes qui ont vraiment besoin d’essence (vous avez le droit de dire “qui sont assez stupides pour attendre d’être au bout de leur réserve pour se décider à faire le plein”, j’assume à 100%), se retrouvent à arriver au boulot avec une demi-heure de retard, parce que ce matin à la station, sans doute la moitié des automobilistes se servaient pour de mauvaises raisons (quand on voit un Espace faire un plein pour 20 €, on se doute que sa jauge n’était pas vide), et que d’autres étaient un peu pris en otage par la psychose engendrée par des médias qui ont parfaitement réussi leur coup!
Franchement: a-t-on vraiment besoin à ce point-là de toujours se torturer l’esprit et de s’inventer des catastrophes à venir? Que faut-il pour faire appel au minimum de sens commun de tout un chacun??
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22.2.2010 par Flo.
Ce matin, lever de soleil dans les tons roses et la poudre d’or. Des nuages noirs et les rayons qui perçaient difficilement. Une campagne de plus en plus verte, comme après une averse purificatrice. Un sentiment de tranquilité profonde, de sérénité incroyable, doublé par le peu de trafic sur la route.
C’est la 2ème semaine de vacances.
Ces vacances ont toujours un goût particulier. Parce qu’elles me rappellent celles que je passais gamine, dans ce vieux chalet de bois en montagne, ces moments de pur bonheur et d’innocence enfantine. Ces partages sur les pistes de ski, en luge, les jours au grand air, dans le froid. Je crois que de toutes les vacances que j’ai pu vivre petite, ces semaines magiques m’ont forgées au-delà de ce que je pourrais imaginer.
Et puis parce que j’ai allumé ma radio, et que la plupart des commentateurs habituels étaient eux aussi en congé.
Ils ont bien le droit (je suis ravie pour eux) mais moi, ça me perturbe dans ce petit cérémonial matinal que j’aime par-dessus tout car il est comme un second réveil: cette demi-heure sur la route (moins, à cette période) est un passage en douceur, tunnel entre la chaleur du foyer et la difficulté du travail. Ce sont des minutes rien qu’à moi pendant lesquelles je me projette dans ma journée - Ai-je déjà une idée de billet? Comment vais-je écrire? Papier léger, futile ou plus sérieux, concerné? Souvent, c’est en répondant ou non à cette question que je mesure mon état d’esprit du jour.
Je souris de ma maniaquerie, mais n’empêche…Entendre de nouvelles voix, me réhabituer, suivre leur style, et voilà que me manquent quelques points de repère, comme pour appuyer encore plus sur la rupture de rythme.
Ce matin, le ciel était tourmenté à l’image de mon humeur. Ce midi, les nuages noirs ont repris le dessus, mais chez moi, c’est plutôt le soleil qui a gagné….
Pas grand chose à voir (si ce n’est avec un billet précédent), mais que ça fait bien de lire ça! On se dit qu’il reste quand même un peu de bon sens dans le monde politique….
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18.2.2010 par Flo.
De ma parenthèse de vie qui n’en était pas franchement une parce que jusqu’ici, ce fut quand même parmi les événements majeurs de ma petite existence, je n’ai pas gardé grand chose. J’ai même au contraire essayé de m’alléger au maximum, ce qui n’était pas toujours facile.
De ces 8 années, j’ai néanmoins conservé la fidélité à un couple d’amis. Communs, mais qui sont devenus les miens par des circonstances qui à elles seules hurlaient tellement qu’elles font partie des très nombreuses choses qui auraient pu me faire fuir très loin et bien plus vite.
Nous avons vécu à 500 mètres les uns des autres pendant 3 ans, nous soutenant en toutes circonstances, et il ne pouvait pas passer une semaine sans qu’au moins une soirée soit commune, à nous 4 ou moins, selon les obligations des uns et des autres.
Et puis vinrent les déménagements, dans le Sud mais pas le même. Plutôt central pour nous, plutôt Est pour eux. Nous avons tenté de conserver des relations, la distance est cruelle à l’amitié, mais nous avons tenu bon, tant bien que mal.
Le clash est arrivé, pas avec moi, mais avec cette autre partie de ma vie à laquelle je restais attachée, prisonnière faut-il dire. Je ne leur en ai jamais voulu. Et curieusement, même si cela m’a beaucoup affectée et que je me sentais déjà déchirée, arrachée, je gardais une étonnante sérénité: des amis comme ça, ça ne se perd pas.
J’ai survécu, j’ai nié, puis j’ai regardé, j’ai affronté. Et re-déménagé. Encore plus à l’Ouest, encore plus loin d’eux. Mais de temps à autres, un signal faible se manifestait, de l’Est au loin, qui disait en substance “on est là, encore. On sera là pour toi; et quand viendra le moment, on le sera encore plus”.
Les appeler, leur raconter, fut parmi les actes symboliques que j’ai posés lors de ma période de transition. Et j’ai senti que je ne m’étais pas trompée, que quoi qu’il arrive, nous ne pouvions pas perdre ce que nous avions tissé, construit ensemble, et qui était si puissant. Malgré les remous, malgré les négations, malgré la distance.
Nous nous sommes revus, assez peu, bien trop peu. Plusieurs heures de voiture ou train nous séparaient, des obligations respectives compliquées. En 3 ans, nous n’avons même pas tenu le rythme d’une rencontre par an, mais qu’importe. Je n’aime pas trop le téléphone et eux assez peu l’écrit, mais vaille que vaille, les nouvelles circulaient, et c’était bon, comme à chaque fois.
L’été dernier, je leur ai présenté mon amoureux, lors d’une occasion provoquée et trop vite passée. J’ai été heureuse, c’était une autre page qui se tournait, un autre symbole et de quelle importance!
Hier soir, après une séance de formation éprouvante mais toujours enrichissante, je l’ai eue, elle, en ligne. Plus de 2 heures! Tous ceux qui me connaissent savent que coller les termes “téléphone” et “2 heures” côte à côte relève d’un défi himalayen! Mais ces 2 heures sont passées aussi vite qu’une brise sur le visage. Une réminiscence du passé, où elle et moi passions des soirées incroyables, devant une bouteille de rosé ou de blanc, des gateaux apéritifs (on constate au passage le fabuleux régime que nous tenions et assumions), à refaire le monde, nos couples, notre vie, nos rêves, nos envies, nos déceptions. A commencer les phrases et terminer celles de l’autres, à deviner à demi-mots sans avoir besoin d’expliquer, à ouvrir les yeux grâce à des remarques. Tout ce qui fait la magie d’une amitié, d’une re-connaissance mutuelle (le mot est plus explicite écrit ainsi).
Hier, j’ai terminé la conversation téléphonique en lui disant “il ne nous manquait que cette bouteille de vin, ces gateaux apéro, et la possibilité de rire juste à côté de toi pour me sentir comme à l’époque, et pourtant il y a bien peu de raisons pour lesquelles j’aurais envie de replonger dans ce passé”.
Hier, nous avons décidé que nous allions nous consacrer mutuellement plus de temps. En s’appelant plus souvent. En se revoyant. En faisant vivre cette amitié qui a déjà la force, la magie de survivre sans être bien entretenue, comme ces plantes solides qui poussent malgré un environnement difficile. Mais que maintenant, à partir de cette année, cette amitié méritait de recevoir son terreau et son arrosage, et qu’il serait bon d’arriver à la chouchouter un peu plus.
Hier soir, j’ai raccroché avec un léger vertige, comme si j’avais à digérer de splendides choses que je n’avais pas vues venir.
Et aujourd’hui, comme en écho à ce moment un peu hors du temps, brillait un soleil printanier, une chaleur de mois de mars, et mon coeur était léger, léger du bonheur de l’amitié, de la chance d’être si bien entourée….
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17.2.2010 par Flo.
*Mon grand yaka n’a pas une once de fierté. Ca n’a l’air de rien comme ça, mais quand on y réfléchit un peu plus longuement, on réalise à quel point déjà c’est rare, mais surtout c’est handicapant.
Bien souvent, on réagit par excès de fierté, on se met dans des situations délicates parce qu’on ne fait pas assez preuve d’humilité. Mais ne pas en avoir?
Ne pas en avoir, c’est accepter de se contredire, de façon littérale et évidente devant ses collaborateurs. De dire blanc à 10H05, et noir à 10H30, aux mêmes personnes. Le tout, sans sourciller, en regardant droit dans les yeux, et en se demandant pourquoi les autres les font si gros, ces yeux.
Ne pas en avoir, c’est prendre un rendez-vous avec un client difficile, reposer le téléphone en fanfaronnant “je ne céderai pas d’un pouce, il n’y a pas moyen, ce type se fout de nous, il ne se rend pas compte de l’énormité de ce qu’il nous demande”.
C’est revenir du rendez-vous en disant “on va faire un avoir, on va écrire tel courrier et comprendre ce qui ne fonctionne pas”. Précision étant que le rendez-vous n’a pas du tout permis de clarifier une situation (ou révéler une erreur de notre part), mais simplement pour notre grand yaka de retourner sa veste, parce que la confrontation frontale n’est jamais à son avantage, puisqu’il se fiche de l’issue. Et au passage, donc, il désavoue publiquement un collègue, le ridiculise devant son propre client, le foule aux pieds des principes les plus élémentaires d’une relation commerciale.
Ne pas avoir de fierté, c’est laisser toute son équipe partir en vrille tant qu’il sauve sa peau, c’est accepter devant une assemblée entière d’être moqué, c’est ne pas réaliser qu’il est traité de façon méprisante alors que bon dieu, il est directeur d’agence.
Ceci n’étant qu’un exemple flagrant de nombreuses autres petites ou grandes actions qui surviennent quotidiennement. Et qui hurlent toutes ce même message: comment travailler avec quelqu’un, quand sa façon de faire, d’être, est aussi loin de nos propres fondamentaux, de nos essentiels? Et pire encore, quand en plus il est supposé être un responsable??
*Au-delà de ma petite personne, j’assiste, consternée, à l’esprit contestataire généralisé qui se manifeste dans une région que je ne peux pas prétendre bien connaître, mais dans laquelle j’ai habité pendant 4 ans.
Je parle de ce sujet d’actualité .
Que, là aussi, la provocation publique fasse partie de l’esprit de la région, que ce soit un moyen pour les habitants de faire passer un message qui soit en substance “fichez-nous la paix et mêlez-vous de vos oignons”, c’est déjà pour moi contestable (dans sa façon de faire), mais soit. Que cet homme ait fait de grandes choses pour Montpellier et la région, je ne le nierai pas, je les ai vues de mes yeux, appréciées pendant de longs mois, comprises brièvement au cours de mon passage là-bas.
Mais lui offrir une telle impunité, faire fi de telles déclarations, pousser la provocation jusqu’à laisser se représenter cet homme public supposément donc responsable de ses actes et ses dires, et qui plus est le plebisciter, non, je ne peux pas comprendre.
Je ne peux que déplorer l’image que la région offre aux regards extérieurs, mais aussi la généralisation que beaucoup doivent faire (et que je combats moi-même difficilement) en parlant de l’état d’esprit qui y règne. Non vraiment, si un montpellierain pur souche passe par ici, qu’il n’hésite pas à expliquer, à justifier, à m’offrir des arguments qui me permettraient de défendre une prise de position que je ne peux actuellement cautionner dans aucun cas de figure, malgré ma meilleure volonté. Et j’ai beau savoir qu’il ne faut pas se fier aux sondages, ces résultats doivent quand même vouloir dire quelque chose, non?
Et de ces 2 sujets, je ne préciserai pas lequel est une petite consternation, et l’autre la grande. Je ne saurais le trancher moi-même à vrai dire…
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