Je suis là mais ailleurs

Ca faisait un moment que ça me démangeait de reprendre l’écriture. Mais je n’arrivais pas à revenir ici. Comme s’il fallait tourner une page, une nouvelle. Sans rien renier ni oublier, mais prendre un autre virage, un autre ton.
Alors voilà, j’ai changé d’adresse et de titre. Pas de pseudo, j’y tiens trop, mais de titre de blog.
Je ne sais pas si cette adresse restera encore ouverte très longtemps, je tiens à garder toutes mes archives, mais désormais, je vais essayer d’être un peu plus assidue, et différemment.
Et ce sera là-bas. J’espère vous y revoir, pour les quelques uns qui peuvent encore passer par ici. Et arriver à tenir un peu mieux un certain rythme.

On repart avec entrain?
Je vous attends!

Publié dans Non class, renaissance | Laisser un commentaire

Petits cailloux d’octobre tardif

Il m’est extrêmement difficile de reprendre l’écriture après mon dernier article. Pour être honnête, il m’est extrêmement difficile d’ouvrir mon blog tout court, et puis tomber sur cette photo, et faire face à cette tristesse qui remonte encore en moi, même si je m’efforce de ne pas poser mes yeux sur les mots, ou sur l’image.
Je n’ai pas envie d’abandonner ces lieux, pas envie non plus d’y laisser ces mots tristes en première page. Même si c’est un hommage, c’est quand même trop douloureux.

Rien n’est terminé. Seul le temps permettra à cette blessure de s’adoucir. De se refermer. Me permettra aussi de trouver une juste place à ces souvenirs. Présents sans être trop douloureux, doux et agréables sans me mettre de suite les larmes aux yeux.

En attendant, je cherche la douceur dans le quotidien et de la légèreté…

*J’aime l’automne, et j’aime l’été indien plus encore. Par contre, un été indien avec des pointes à 29°, j’ai vraiment du mal, je vous le dis tout net. J’ai envie de jeans, de baskets, j’ai envie de m’enrouler dans quelques pulls doudoux. Et puis après tout, j’ai quitté le « grand sud » pour le « moyen sud » (je vous entends bien rire) aussi parce que j’avais besoin de retrouver mes 4 saisons, et pas que sur un cd de Vivaldi. Là, je me demande bien ce que les semaines à venir nous réservent: une chute brutale de la température et par conséquent des feuilles dorées? De la pluie à gogo? Un hiver à 15°?? Je sais que je ne peux pas prétendre au froid et à la neige comme si j’étais dans mon pays d’origine, mais pour le bien de la race humaine qui s’est fait dévorer par des insectes mutants ayant profité de la trop grande douceur de cette dernière année, j’aimerais qu’on remette le froid dans la case « hiver », le chaud dans la case « été », parsemer le tout d’un peu de pluie, pourquoi pas de neige et de givre. Et qu’on me laisse profiter de l’automne sans me dire que j’aurais dû habiller ma fille plus léger, lui mettre des sandales ou me demander si je dois aller bosser en shorts!

*Je cherche l’équilibre. C’est la quête d’une vie, on est bien d’accord, et rien de nouveau depuis quelques mois mais je dois vraiment traverser une phase aiguë. J’ai trouvé à peu près 100 ans après tout le monde un roman que je trouve merveilleusement inspirant. Il fait partie de ces livres qui nous tombent dans les mains, qu’on n’arrive plus à reposer (et croyez-moi c’est douloureux avec une gaminette de 2 ans de ne pas pouvoir s’échapper quand on le veut). A chaque page lue, j’ai envie de hurler à la terre entière « mais oui c’est ça, c’est ça que je veux, c’est ça que je cherche, c’est ça que je veux dire ». On peut dire ce qu’on veut de ce livre, le traiter de commercial sans doute, je ne suis d’ailleurs pas sûre d’avoir envie d’en lire les critiques ou d’ouvrir suffisamment les yeux pour comprendre que je fais partie des très nombreux lecteurs qui ont dû faire exactement la même chose que moi (d’où son succès que je crois planétaire). J’ai juste envie d’en tirer une leçon pour moi, à ma petite échelle, de m’en inspirer pour avancer dans ma quête personnelle. Et trouver mon chemin, et essayer de m’y tenir. Je sais que ça passe par de petites choses à mettre en place au quotidien. Le tout est d’avancer…

*Je continue à courir. Après quoi, je n’ai pas encore vraiment trouvé (et puis si je trouvais, arrêterais-je?) mais que ça fait du bien de reprendre une véritable activité physique. Et de se fixer des objectifs, et de s’y tenir. J’ai fait une course un peu débile en Septembre, je voulais en parler ici, ça me paraît un peu loin maintenant pour un compte rendu encore que ça pourrait être marrant même si ça devient flou. J’en retiens la fierté d’avoir bouclé une course de façon tout à fait honorable, le plaisir d’avoir trouvé une jolie équipe avec laquelle courir (et m’entraîner désormais), ce flottement dans un état un peu second qui m’a suivie toute la journée (coucou le shoot d’endorphines) et l’envie de continuer, de recommencer (sur du plus classique quand même) et de m’améliorer. Bref, c’est une partie de mon équilibre, et je cherche comment le compléter avec une pratique plus douce, même si je sais que je suis difficile dans mes exigences de lieu, horaires et prix…

*Ma fille grandit, papote de plus en plus et de mieux en mieux, je m’en émerveille. Les choses s’apaisent entre nous, parce que j’ai réussi à m’apaiser. Un peu comme si j’avais enfin chaussé les bonnes chaussures, que je n’étais pas restée avec le pied gauche sur un talon de 9cm et le pied droit en claquette. Je n’arrive pas vraiment à décrire les choses autrement. Je sais que nous avons encore du chemin à faire, j’accepte que certaines journées soient plus difficiles que d’autres. Je lâche du lest, je crois. Son père m’aide, nous aide énormément, comme toujours. Je l’admire, elle, d’arriver à s’adapter à tout ce qu’on lui demande de nouveau, et finalement, je me dis que si elle y arrive, je peux bien le faire aussi…

*J’ai un retard totalement éhonté dans ma correspondance. Pour vous dire, écrire un seul mail relève de l’exploit et provoque en moi une satisfaction profonde. Tant mieux hein, mais c’est au détriment des dizaines d’autres qui attendent. Et certains plus urgents que d’autres, certains plus sympas que d’autres. J’y mets pêle-mêle mes démarches administratives, des contacts personnels mais avec des échéances qui se rapprochent, et des mails amicaux qui attendent….certaines de mes correspondantes doivent d’ailleurs se demander si j’ai disparu dans les abysses du grand ternet, ou si j’ai changé d’univers (mais coucou, du coup je blogue!). La bonne nouvelle, c’est que c’est la conséquence d’avoir du boulot au travail, et d’arriver à se poser le soir pour les essentiels familiaux. La mauvaise, c’est que pour le coup, je le dégage quand ce temps pour ma correspondance à laquelle je n’ai pas envie de renoncer, hein? Je vais rallonger la liste interminable des personnes qui militent pour des journées de plus 24H. Et des semaines inversées, avec 2 jours de travail et 5 de week-ends. Quoi? Si on ne demande pas, on est sûre de ne rien avoir non?

*Il y a de belles choses qui arrivent…Des congés, des escapades. Et puis d’autres projets un peu plus lointains, qui se rapprochent pourtant vite. Qui demandent du temps, de l’énergie et provoquent parfois du stress mais ce n’est au final qu’un but de joie et de bonheur. Peut-être plus de détails ici ou pas, ce n’est pas encore tout à fait décidé….

201014

 

 

 

 

 

 

Aucun montage dans cette photo. Elle a eu un « vrai ballon » et ne l’a même pas laissé s’envoler…. (et c’est elle qui en a choisi la couleur. Ma fille de 2 ans, cette fashionista qui sait assortir ses accessoires à ses chaussures et qui ne tient pas de sa mère pour ça!)

Publié dans En bref, Manie des listes, Petits plaisirs & petits bonheurs, Petits riens | 2 commentaires

Beaucoup trop tôt….

A ma naissance, on lui a demandé, telle une fée, de se pencher sur mon berceau. Elle fut la plus merveilleuse des marraines que l’on puisse souhaiter à une petite fille, à une adolescente, à la (jeune) femme que je suis. Elle a été là, infaillible et comme un roc tout au long de ma vie. Aussi loin que mes souvenirs me portent, elle n’est pas loin. Au centre de la photo ou juste en bordure, mais elle est toujours là et présente, si ce n’est physiquement, au moins dans mes pensées.

Elle est celle qui a passé de longues heures à me lire des histoires le soir, à m’apprendre les jeux de société auxquels n’avaient pas envie de jouer mes parents. A m’apprendre à perdre aussi, ce qui ne fut pas une mince affaire. Elle est celle qui m’a encouragée sur les pistes. Et puis dans l’eau. Sous son regard, j’avais envie de me dépasser. De faire aussi bien que ses neveux plus grands que moi, mais dont elle me racontait tout.
Elle avait tout lu, sur tout. On lui parlait d’un livre qui venait de sortir, elle l’avait déjà fini. Depuis quelques temps, j’arrivais à la surprendre en lui offrant des romans qu’elle ne connaissait pas et qu’elle appréciait, et c’est l’une de mes petites fiertés.

Elle est celle, baroudeuse au plus profond de son âme, qui a semé le désir et la passion du voyage en moi. Elle revenait 2 fois par an avec des kilos de photos plus merveilleuses les unes que les autres, qu’elle nous commentait et nous détaillait. L’Afrique n’avait plus de secret pour elle, elle savait tout de l’Asie, l’Europe était son terrain de jeu. Elle a posé les pieds en Amérique du Nord sans forcément trop s’y arrêter, un peu plus en Amérique du Sud mais je sais qu’elle voulait se rattraper. Je rêvais avec elle de ses nouvelles destinations, elle lisait tout sur le sujet avant de partir, avait une culture incroyable des populations, des pays et de tout le reste.

Je me souviens de soirées entières de fou-rires. Où ma mère et elle me narraient leurs aventures de jeunesse. Leurs bêtises, leurs folies passagères. Ces autres moments aussi où elles m’emmenaient découvrir le théâtre, l’opéra. Nos longues discussions qui suivaient, pour analyser la pièce ou l’oeuvre, et expliquer pourquoi ça nous avait plu, ou déplu.
Et puis ces merveilleux cadeaux d’anniversaire, où elle m’emmenait arpenter la Suisse. Avec elle, j’ai couru derrière tous les trains, tous les bateaux possibles. On avait beau partir en avance, il y avait toujours un contretemps. Et ça se terminait en rires, en sueur et in extremis.

Elle venait 1 à 2 fois par semaine à la maison. Toujours plus tard que l’heure fixée. Ma mère me disait « ta marraine vient ce soir. Je lui ai dit 19H, je pense qu’elle sera là vers 19H30 ». C’était exact. Elle arrivait, sonnait, je me précipitais vers la porte pour lui ouvrir. Elle déboulait, petite femme souriante, très vite plus petite que moi. Et me disait « Bonsoir. Oui ça va mais je suis é-pui-sée ». C’était un rituel immuable, on en riait tous. Et puis on s’installait dans la cuisine pour l’apéro. Avec elle, on avait droit aux flûtes, aux petits biscuits salés. Quand j’ai grandi, j’ai pu partager un verre d’alcool quand elle était là. On se racontait les potins. Je lui parlais de l’école, puis de la Fac. De mes interrogations, de mes sujets, de mes examens. Tout l’intéressait, elle m’aidait, me donnait des pistes. Elle m’a forgée. Elle m’a éduquée, à sa manière. Non pas comme une maman, mais comme une marraine, prenant son rôle au sérieux et tellement à coeur même si ça semblait si naturel pour elle.

Il y a pile un mois, j’étais avec elle. Merveilleusement heureuse qu’elle me permette d’offrir à ma fille ce qu’elle m’a offert. Ce temps si paisible au bord de la mer, dans cet endroit incroyablement spécial et paradisiaque. On parlait encore de tout.
Il y a un mois, je partais nager avec elle en mer. Et je la laissais finir, elle nageait au minimum 30 ou 40 minutes 2 fois par jour. Moi je décrochais, je retournais à la plage pour retrouver ma fille, libérer mes parents.
Il y a un mois, on papotait sur la plage, on faisait des châteaux avec ma mini-miss. Je lui redisais combien ce lieu était porteur de souvenirs d’enfance fabuleux pour moi. Je la remerciais, au moins ai-je pu le faire.
Il y a un mois, j’ai encore loupé un bateau avec elle. J’ai éclaté de rire, je lui ai dit que décidément l’histoire se répètait. Et que grâce à elle, j’avais droit à un tour supplémentaire, en sa compagnie, et que ça me plaisait.
Il y a un mois, je l’ai embrassée avant de remonter dans la voiture. Je lui ai dit « je pense qu’on se reverra à Noël, je pense qu’on le passera chez mes parents cette année ». C’était inconcevable de ne pas la revoir à chaque occasion de remonter chez moi. Du moment qu’elle n’était pas en vadrouille quelque part au bout du monde. Et que je savais, dans ce cas, que je recevrais immuablement une carte postale splendide et soigneusement choisie. Avec quelques mots au dos narrant les principales étapes, les émotions qui s’en dégageaient. Et pour me faire rêver, bien sûr, elle le savait.

Et puis il y a une semaine il y a eu ce coup de fil. C’est peut-être la première fois de sa vie qu’elle a été en avance. Elle est partie pour le dernier, le plus long des voyages, et cette fois c’était beaucoup trop tôt. Elle n’a même pas eu à courir.
Et moi je suis là, à écrire des mots à son sujet, mais je n’arrive toujours pas à le croire. Toujours pas à imaginer que je ne l’embrasserai plus, que je ne lui raconterai plus jamais les derniers événements de ma vie. Qu’elle ne sera plus là pour voir grandir ma fille, ni pour tout ce qui va venir et que je voudrais partager avec elle…

PG3Et ce regard perçant mais si bienveillant sur moi  qui va tant me manquer….

Publié dans Bugs, Oui je crie fort | Un commentaire

La place du père

Titre volontiers un peu provocateur, parce que de nos jours, la société change, heureusement, aussi dans le bon sens, et qu’il vaudrait mieux parler de « parent » au lieu de père.
J’en suis la preuve vivante.

Depuis Janvier donc, nous avons désormais inversé les rôles à la maison: je suis le parent qui part travailler tous les matins, du lundi au vendredi, et qui revient le soir. Mon homme est celui qui reste à la maison, et s’occupe de notre fille. Jusqu’à fin Juillet, il ne faisait « que » ça (les guillemets devraient être en gras et souligné, on sait tous à quel point c’est un full time job), depuis début Août, il est passé au level supérieur en rajoutant un 2ème enfant dont il a la garde officielle, et rémunérée.

Je suis donc celle qui voit le moins notre fille. Mais aussi celle que notre fille voit le moins, avec toutes les conséquences qui en découlent.
Tous les parents qui travaillent connaissent le fameux effet « double journée », il ne s’agit pas de parler de ça, on cherche tous l’organisation idéale qui permette de combler à la fois l’envie de profiter de nos têtes blondes histoire de remplir le réservoir affectif (le leur comme le nôtre) tout en gérant la fatigue engendrée par la journée de boulot, en combinant les obligations ménagères ou intérieures qui sont incontournables, même si on les réduit au strict minimum. Une forme de tetris doublé d’un casse-tête plus ou moins réussi ou frustrant selon les jours, les périodes et les impondérables.

Même si l’aspect logistique n’est pas négligeable, c’est surtout le côté relationnel qui me pose actuellement le plus de problème, et me laisse interrogative. Parce que fatalement, notre fille voit bien plus son père que moi, et ne se comporte donc plus du tout de la même façon avec l’un ou l’autre (si même elle l’a un jour fait. Et j’ignore si ce serait identique ou différent si nous travaillions tous 2 « à l’extérieur » en la confiant à une tierce personne, nous n’aurons pas l’occasion de tester, ce que je vais dire est donc forcément subjectif et issu uniquement de notre expérience).
Ainsi le soir dès mon retour, elle se transforme en véritable tornade. Je  n’ai pas eu le temps de poser mon sac qu’elle court partout en criant, sollicitant mon avis (même si je peux me gratter pour le bisou de bienvenue que j’ai à peu près un jour sur 10), m’apportant sa bibliothèque entière à lire, demandant mes bras.
Ca, c’est pour l’aspect plutôt rigolo et sympa, même si épuisant. Là où ça devient moins funky, c’est lorsque je dois lui répéter 50 fois les mêmes consignes sans qu’elle ne les suive, alors que son père hausse la voix une fois et est à peu près certain d’être entendu.
Lorsqu’elle fait volontairement quelque chose qui n’est pas autorisé en me regardant droit dans les yeux histoire d’assurer que ma réaction sera bien celle qu’elle attend. Lorsqu’elle geint, pleurniche pour un rien alors que j’ai déjà passé du temps avec elle, l’ai câlinée, lui ai répété plusieurs fois que j’étais prête à lui offrir tout le temps qu’elle souhaite, mais que je devais aussi aller aux toilettes / finir de préparer le plat / discuter avec son père / descendre la poubelle, etc.
Son père prend énormément de tâches quotidiennes en charge. J’essaie, dans la mesure du possible le soir, de simplifier tout ce qui tourne autour de l’organisation ménagère (cf ce billet), mais je ne peux pas tout laisser de côté. D’abord parce que je ne trouve pas ça juste pour mon homme, mais aussi parce que j’ai également besoin de décompresser de ma journée de travail. Et si j’ai depuis un moment compris que je ne pouvais pas le faire en prenant un bain / lisant un livre ou autre avant que la mini miss ne soit couchée (je l’ai compris ET accepté, même si c’est parfois un peu dur), les tâches ménagères mécaniques peuvent m’aider dans cette transition. Et me permettre d’être là, de parler avec mon homme et voir ma fille tout en faisant autre chose et en me rendant utile.

J’ai lu, relu, parcouru Filliozat dans tous les sens. Elle est ma bible, mais je comprends aussi les limites que peuvent ressentir les parents lorsque rien ne fonctionne. Je sais que l’attitude de ma fille est normale. Que c’est de son âge, qu’elle exprime son besoin d’autonomie, de se faire entendre, d’attirer l’attention. Qu’elle teste les limites et se rassure en voyant que ce sont toujours les mêmes règles.
C’est normal qu’elle le fasse encore plus avec moi qu’avec son père. Elle me voit moins, elle a sans doute besoin de plus de « preuves ». De mon amour, de mon attention, de ma présence, qu’en sais-je….
Et puis il y a son caractère. Et le mien. Nos compatibilités, nos différences. Mon manque de patience, mes doutes, ma crainte de ne pas bien faire, mon fichu perfectionnisme, mes difficultés à parfois lâcher prise, mes doutes sur ma légitimité de mère. Tout ça, je le sais mais n’empêche….

N’empêche oui, ces temps, j’en bave et je me sens en échec avec elle. Rares sont les soirs où, lorsque je ferme la porte de sa chambre, je me sens satisfaite de notre relation, de mon comportement avec elle. Je ne la remets pas en question, elle, parce que je sais qu’elle fait ce qu’elle peut et comme elle peut du haut de ses 2 ans.
Je me pose des questions sur moi. Sur comment je peux améliorer ça. Comment je peux faire mieux, être plus patiente. Mieux la comprendre. Etre vraiment présente à elle, lorsque nous sommes ensemble. Ne pas avoir envie de prendre mes jambes à mon cou et fuir très loin lorsque je sens les choses m’échapper. Ne pas constamment m’appuyer sur mon homme pour temporiser et souffler.

Je n’ai pas les réponses. Je cherche, je termine trop souvent avec les larmes aux yeux. Je sais que ça passera, et que je ne suis pas seule dans cette situation. Qu’on finira par se trouver, elle et moi, et que notre relation s’apaisera, qu’elle s’harmonisera. En attendant, j’essaie de faire du mieux que je peux, mais pour moi, ce n’est vraiment pas suffisant…

photo

Quelqu’un pour me dire comment elle peut être si explosive et contemplative à la fois?
Ok. Je sais. Les chiens ne font pas des chats….

Publié dans Babybouchette, Bugs | 3 commentaires

Le temps d’un été

Voilà. On est le 20 Août, je m’entends encore distinctement répondre à mon amie, il y a 2 mois qui me disait « je sens que cet été va passer à la vitesse de l’éclair » quelque chose comme « rhooo mais pfff, pourquoi tu dis ça, on en a pour 2 bons mois, je ne comprends pas que tu penses déjà à la rentrée ».
De me taire j’aurais mieux fait de…

On est le 20 Août (à force de le répéter, je finirai peut-être par l’intégrer), j’ai fait ce midi un tour à la grande surface du coin, le rayon Rentrée bruissait de monde et d’enfants qui choisissaient de façon plus ou moins motivée leurs nouveaux cahiers et autres fournitures. Je me sens encore épargnée pendant 1 année (pour la plus grande), un peu plus pour la petite, et finalement je crois que je vais savourer ce sursis.

Quant à moi, j’ai repris lundi. Un peu péniblement, mais j’ai eu la chance d’avoir une belle coupure. 5 jours à la mer avec ma mini-miss, épuisants et exigeants mais remplis également de beaux moments, de satisfaction, de fierté, de saveurs et de petits plaisirs simples. Puis 1 semaine quasi pour moi, de retour à la maison, mon homme qui travaillait et qui pouvait garder la mini-miss (eh oui, il est désormais assistant maternel agrémenté, son boulot est entre autre de garder notre fille, avec un petit copain, quel luxe!) et donc la possibilité de profiter d’eux, tout en décrochant quand je le voulais.
J’ai savouré cette chance dont j’ai pris conscience en la vivant. J’ai dégusté ces jours pour moi, où j’ai pu mener ma barque, faire les choses à mon rythme, profiter de tout à chaque instant, et j’ai regretté un peu que ça ne dure pas plus.
J’ai pu faire en 1 semaine plus de choses que je ne l’avais essayé en plusieurs mois, je m’étais établi quelques objectifs menés à bien . J’ai pris le temps de tout, juste pas assez de me reposer….Et ça fait du bien au moral, ça remplit le niveau d’auto-satisfaction. Je crois que je ne remercierai jamais assez mon homme pour ce beau cadeau qu’il m’offre.

J’ai repris la course. J’ai pris le temps de repenser sérieusement à la façon dont je voulais me remettre au sport, qui est finalement un point essentiel et important dans ma vie, trop négligé, trop longtemps délaissé, et qui manque à mon équilibre. Je suis tout le temps épuisée, mais à choisir, autant essayer de transformer cette fatigue en quelque chose de sain qui a une raison d’être que de m’en morfondre. En attendant de trouver une solution qui traîne à se manifester.

J’ai enfin mis à jour ma correspondance. J’avais des mails en attente, des courriers, même pas forcément administratifs et pas du tout désagréables, mais je ne pouvais pas m’y atteler, trop lasse le soir pour me remettre devant l’écran. Cette semaine, je me suis offert une après-midi sur mon lit, mon portable sur les genoux, et j’ai enchaîné. Et la satisfaction est grande, même si je connais bien la suite: je vais recevoir plein de réponses, j’en serai ravie, et il va falloir que je tienne le rythme pour ne pas reprendre trop de retard!

J’ai repris le temps de lire, de dévorer un bouquin devant lequel je rechignais et qui m’a happée dès la première page. J’ai même savouré le luxe de pouvoir ouvrir un magazine, pris le temps de lire des articles de fond.

Je n’ai pas assez pris le temps de l’introspection, ni de réfléchir aux échéances que je voulais me poser (oui, je fonctionne comme ça et non, même si j’en ai déjà quelques unes pas anodines, j’ai besoin d’autre chose). Je cherche dans mon emploi du temps à rajouter cette partie-là, un temps pour souffler, un temps d’apaisement, mais entre ma tornade de fille, mon homme dont j’ai envie de profiter, mon boulot, le sport auquel je veux me tenir, disons que le timing devient tendu. J’espère néanmoins trouver comment concilier tout ça (en courant pourquoi pas, même si ce n’est pas toujours compatible).

C’est un article sans queue ni tête je vous le concède volontiers. Mais je crois que j’avais besoin de mettre par écrit certaines réflexions, et savourer la chance que j’ai. En témoigner, pour ne pas toujours me plaindre.
Au départ, je voulais juste faire des petits cailloux…..

bynight

Et la douceur de ma ville de nuit, regarder les lumières, écouter mes amies discuter, sentir le calme s’installer…

Publié dans Non class | 2 commentaires

Revenir aux fondamentaux

Je suis la fille qui arrive à se pourrir la vie avec des détails.
Je suis la fille qui, pour se donner l’impression qu’elle garde le contrôle, préfère rentrer le soir et faire le ménage plutôt que de profiter de sa fille qu’elle n’a pas vue de la journée.
Je suis la fille qui se noie dans un verre d’eau.
Je suis la fille qui retrouve ses vieux démons des années passées (qui s’étaient pourtant apaisés) et qui termine ce mois de Juillet en ayant la sensation (qui n’est pas qu’une sensation, je le crains) d’être la belle-mère la plus moisie de l’univers et ses galaxies adjacentes (ok, j’ai un léger sens de l’exagération, mais pas tant que ça).
Je suis la fille qui aurait toutes les raisons du monde et même plus d’être la plus heureuse: une fille merveilleuse, une belle-fille (objectivement) super chouette, un amoureux fabuleux. Un boulot sûr qui et s’annonce rempli de promesses une fois l’adaptation passée. Un re-déménagement dans le lieu qu’on aime. Plein de belles choses à venir.

Mais.
Je ne parviens parvenais plus à toucher terre. J’étais sans cesse tiraillée par toutes mes obligations, mes sentiments d’impératifs, tout ce que je voulais et veux toujours concilier, en le faisant le mieux possible, merci le perfectionnisme qui s’insinue comme un poison.
En résultaient des fins de journée remplies de frustrations, d’impressions d’échecs, de dénigrement, d’agacement pour tout et rien.

Et puis.
Comme toujours ou souvent avec moi, je dois m’enfermer au plus profond de mes démons pour arriver au fond, toucher du pied et remonter.
Et puis, pour la première fois peut-être, je crois que vais remercier la maman de miss B.
Parce que quand mon amoureux m’a fait part de sa demande hier, j’ai eu comme un clic qui s’est distinctement manifesté dans ma tête, et je me suis dit que non, vraiment, je ne voulais pas être comme ça. Pas comme elle, jamais.
Vendredi, miss B. rentre chez elle, après un mois chez nous. Sauf exception très rare (je ne saurais même pas les mentionner), on s’est toujours appliqués à terminer les vacances en rendant un maximum de vêtements propres à sa mère. Avec un léger décalage quand on devait les faire sécher en les suspendant. Quasi en totalité depuis qu’on a investi dans Son Immense Sainteté l’Indispensable Sèche-Linge (je mettrais volontiers les majuscules en gras pour vous dire).
Sauf que la maman de miss B, ça ne lui suffit pas. Hier, elle a envoyé un texto à mon amoureux pour lui dire qu’elle apprécierait qu’on lui ramène des vêtements propres ET repassés.
Repassés. La dernière fois que j’ai sorti le fer depuis qu’on a acheté Son Immense Sainteté l’Indispensable Sèche-Linge, c’était il y a 2 semaines parce que mon pantalon en lin était franchement trop froissé pour être décemment porté au boulot après un aller-retour dans un sac de voyage sans avoir été déplié. J’ai aplati, j’ai débranché le fer, je l’ai rangé.

Alors non. Je ne veux pas être cette fille. Cette fille qui se préoccupe des vêtements repassés d’une gamine de 10 ans qui va les mettre, aller courir dans les champs (j’espère) et qui a priori n’a pas de soirée mondaine prévue dans la semaine à venir (et quand bien même ce serait le cas, je lui souhaite de ne pas devoir y aller en shorts et tshirts).
Non je ne veux pas être une maman qui se préoccupe d’un intérieur plus ou moins rangé plutôt que du livre que lui tend sa fille.
Non je ne veux plus compenser mon insécurité par une volonté de tout contrôler. Je sais que je n’y arriverai pas, je sais que c’est illusoire.Non je ne veux plus pourrir la vie de ceux qui m’entourent (et la mienne) parce que je suis frustrée de trop vouloir et pas assez réussir à faire, et que je ne regarde pas ce qui a déjà été accompli.

Je sais que j’ai besoin d’un minimum de rangement intérieur parce que c’est aussi pour moi un moyen de souffler et de me réapproprier les lieux, une fois passée ma tornade de 2 ans (et sa grande soeur qui parfois y contribue).
Je sais que mon caractère impulsif me rend bien souvent pénible, mais j’espère que miss B se souviendra de ces mois de Juillet avec nous pour les jolies choses qu’on lui offre, et pas pour mes cris et râleries.
Je sais que j’ai aussi des raisons de stresser, parce qu’il semble quasi acquis qu’en Septembre 2015, elle viendra s’installer chez nous. Et que ça ne sera pas toujours facile, et que j’ai le droit de trouver ça compliqué et peu évident. Mais nous, on ne demandera pas à sa mère de nous rendre des vêtements repassés. Pas même pour se venger.

Depuis plusieurs jours, je me demande ce que sont mes fondamentaux. Ce n’est pas que je n’en trouve pas, mais plutôt que j’ai du mal à faire le tri, et c’est bien mon souci. Tout me paraît essentiel: ma famille, mes amis, mon boulot, mon temps personnel, du sport. Je ne peux décemment pas accorder tout le temps que je veux à tout ce monde, mais je peux faire du mieux que je peux, et c’est bien là le mot clé. Et puis surtout, être satisfaite de ce que j’ai accompli. Verre à moitié plein et non à moitié vide.
L’autre jour lors de l’une de mes formations, l’intervenant nous proposait de finir nos journées en listant tout ce qu’on avait réussi à faire et non tout ce qu’il restait à réaliser. Simple, évident, mais pas forcément tellement spontané…
Après tout, les recettes je les connais. Mais il faut juste que je retrouve le chemin de la cuisine….

Hier, pour fêter cette prise de conscience, j’ai repris mon carnet de petits bonheurs depuis trop longtemps délaissé. Et j’ai rempli une page et demi, rien que ça!

chaton1
Ah oui, sinon je suis la fille qui se noie dans un verre d’eau (à moitié plein!) mais qui envisage sérieusement d’adopter un chaton d’un mois et demi tombé du ciel d’un amortisseur de voiture sur le parking devant chez elle. Mais qui vit en appartement. Et qui a déjà un chat de 1 an. Voilà.

Publié dans Non class | 6 commentaires

Elle pousse

Elle a un peu plus de 18 mois, et si je suis relativement fidèle à ce que je note dans mon document word sur ses évolutions et ses inventions, je suis incapable d’en parler ici de façon régulière, parce que je m’étais juré que je ne ferais pas de ce blog un blog uniquement sur la maternité.
Du coup c’est simple, j’ai quasi arrêté d’écrire ici, je ne suis pas sûr que c’était le résultat que j’espérais…

Elle a un peu plus de 18 mois, elle court et marche comme une grande, sauf quand elle est fatiguée, qu’elle s’emmêle les pinceaux, on dirait qu’elle a plus de deux jambes, ne sait plus quoi en faire, s’étale, râle, se relève, retombe, râle à nouveau. Les promenades avec elle durent des heures puisqu’elle fait des tours et des détours, elle voue une passion aux vélos et tricycles et veut tous les essayer.

Elle a un peu plus de 18 mois et quasi 12 dents (j’ai dû recompter dans ma tête, pour vous dire à quel point c’est facile pour elle), elle mange de tout et a décidé désormais que ce qui était dans l’assiette de ses parents était forcément plus intéressant que dans la sienne. Ce qui a pour conséquence de nous faire manger la même chose qu’elle, et de devoir faire assiettes communes tout au long du repas. Je pense que bientôt, on posera le plat au milieu et on s’y servira directement, ça nous économisera de la vaisselle! Et forcément, on essaie de moins saler, et manger relativement équilibré, tant mieux pour notre ligne.
Sauf que bien entendu, elle adore la viande rouge, le fromage, tout ce qui est sucré, qui ressemble de près ou de loin à du chocolat, des biscuits. Elle est la fille de son père. Mais un peu celle de sa mère quand elle exige des chips qu’on n’a pas bien su lui cacher.

Elle a un peu plus de 18 mois et trouve que parler, c’est totalement surfait. Elle signe énormément, sait parfaitement se faire comprendre avec 2 ou 3 gestes clés, elle dit « oui » et « non », mais juste avec la tête. Elle a ses mots à elle, explore ses consonnes et voyelles et se fabrique un alphabet, accepte d’appeler sa grande soeur mais juste elle, son père aussi quand même, parce que c’est son père, mais le « maman » est tombé aux oubliettes, à part peut-être quand elle a un peu faim.

Elle a un peu plus de 18 mois, elle adore lire et me kidnappe dès mon retour à la maison le soir pour me sortir sa bibliothèque en entier, avec obligation de rester sur le canapé tant qu’on n’a pas lu tous ses livres. Et il y en a de plus en plus. Et parfois il faut même les lire deux fois, surtout ceux des B@rbapap@s (ça tombe bien, ce sont mes préférés!).
Sa chambre déborde de doudous et de jeux, mais elle aime toujours s’emparer d’affaires qui ne sont pas à elle et s’amuser avec. Aux dernières nouvelles, c’était le panier du marché qui servait de défouloir.

Elle a un peu plus de 18 mois, elle dort quasi comme une grande fille, s’endort seule, fait des nuits plus que correctes au regard de là où on vient, ce qui me prouve à quel point nous avons eu raison de lui laisser son rythme, même si purée que c’était dur, je ne le souhaiterais pas à mes pires ennemis!

Elle a un peu plus de 18 mois, elle ne va pas en collectivité parce qu’elle a la chance inouïe de pouvoir rester avec papa (son idole), mais elle adore les autres enfants, elle adore le monde, elle est sociable, souriante, facétieuse et pas farouche. On en est fiers, et elle ira à la halte garderie ponctuellement à la rentrée, parce que la faire passer brutalement de la maison à l’école dans un an et demi (mon dieu!!) c’est peut-être un peu dur et qu’on peut bien lui offrir une transition en douceur.

Elle a un peu plus de 18 mois, je n’imaginais pas que cette période serait si merveilleuse et que c’était si magique de voir grandir son enfant….

IMG_0146

Publié dans Non class | 8 commentaires

Virtual Life

(J’ai bien dû écrire une note ou deux par le passé à ce sujet. Mais soyez gentils, on ne va pas trop chipoter, déjà que j’écris, je ne vais pas aller chercher dans mes archives ce que j’en ai dit, même si ça risque d’y ressembler pas mal!)

Une note en forme d’hommage à Lizly qui, pour des raisons bien tristes, s’interroge sur sa famille et ses amis, parfois virtuels….

J’ai réellement découvert la vie virtuelle au début 98, ou fin 97, je ne sais plus exactement. Internet et ses infinies possibilités, je ne m’en souviens guère, mais les chatroom, les sites interactifs, c’était à cette période.
16 ans, en tout cas…

En 16 ans, j’ai:
-Rencontré 2 hommes qui ont rempli ma vie amoureuse. L’un de façon très clairement virtuelle, l’autre via le net, mais sans que ça ne dure trop.
-Rencontré mon Amie, une soeur de coeur.
-Rencontré un nombre incalculable d’Amis, copains, connaissances, par blogs, par mails, par twitter, par d’autres moyens que j’ai déjà oubliés.
-Tissé des liens professionnels
-Tissé des liens associatifs

A tel point que lorsque je parle à ceux qui m’entourent, je ne réfléchis plus si c’est quelqu’un que j’ai d’abord connu virtuellement, ou pas. De la façon dont on s’est rencontrés. Ca n’a aucune espèce d’importance pour moi, tout s’est fondu dans mon esprit.

J’ai pu me tromper sur des personnes que j’ai rencontrées « irl » dès le départ, et avec lesquelles ça a fini par ne plus du tout coller. De même pour le virtuel, que ce soit amical ou amoureux. Je peux balayer par des dizaines d’exemples et contre-exemples l’argument du « tu ne sais pas à qui tu t’adresses ». A l’ère Facebook, twitter et autres réseaux, on ne l’évoque d’ailleurs plus trop.
Oui, les premières années j’étais prudente. J’évitais d’expliquer à mes amis de Fac que je connaissais plein de personnes via les réseaux sociaux, irc notamment. Je n’avais pas envie de me lancer dans de grandes explications ni de convaincre ou réfuter. Ce n’était pas dans les moeurs, je scindais donc plus volontiers ma vie, et ce façon d’autant plus aisée que je m’apprêtais à déménager et changer de pays, je pouvais donc effectuer une forme de transition en douceur. Si je pousse le raisonnement jusqu’au bout, je peux même dire que mes connaissances « virtuelles » m’ont permis d’effectuer ce déménagement et cette transition. Je me construisais peu à peu des points de repère en France, je n’arrivais pas sans rien.

Pour la timide que j’étais, internet était une passerelle rassurante. J’ai toujours été à l’aise devant un écran et sur un clavier, bien plus prompte à la répartie par écrit que par oral, au calme chez moi. J’arrivais à apprivoiser les uns et les autres, et le passage à la rencontre physique se faisait plus aisément par la suite, même s’il engendrait une grosse montée d’adrénaline dans les minutes qui précédaient les présentations. Je ne pense pas non plus avoir joué un rôle derrière mon écran. J’ai été moi, sincère dès le départ, que ce soit par mail, par chat, j’ai peut-être exprimé certaines facettes plus que d’autres, mais qui ne le fait pas, quel que soit le lieu?

Aujourd’hui, tout cela est tellement naturel et même passé dans les moeurs que je suis presque surprise qu’on puisse encore s’interroger et différencier des connaissances virtuelles ou …. ou quoi d’ailleurs? Réelles ne convient pas, « physiques » c’est nier qu’on s’adresse à des personnes en chair et en os derrière son écran….
Forte de mon expérience, de mon assurance gagnée également (qui a dit « de mon âge »??), j’essaie dans la mesure du possible de rapidement franchir le pas entre l’écran et la réalité. Bien entendu, lorsque la géographie et les obligations respectives le permettent. Si, à l’époque, je me complaisais à des discussions par claviers interposés sans forcément aspirer à découvrir mes interlocuteurs, aujourd’hui je me dis que la finalité est quand même une rencontre. Histoire aussi de pouvoir avancer dans la relation, lui donner du corps, de la matière, même si là encore, je pense qu’on ne peut pas prétendre qu’un lien (autre qu’amoureux bien sûr) qui continue au niveau virtuel ne peut pas être dense, profond et sincère. Mais de façon personnelle, j’aime voir, j’aime entendre aussi, j’aime passer au level supérieur lorsque j’accroche avec quelqu’un via un écran, et je cherche à le concrétiser encore plus, même si je sais que ce n’est pas toujours évident. Et ce n’est pas ma chère Lizly qui me contredira!

J’aime l’idée de consulter ma TL en sachant que je connais irl une partie de mes contacts, et que les autres, ce n’est peut-être qu’une question de temps et d’opportunités. J’aime savoir que mon écran n’a été qu’un allié et un soutien me permettant des rencontres, et non pas un échappatoire et une « planque ». J’aime l’infini des possibilités que ces réseaux offrent, j’aime jouer avec l’idée qu’internet n’est finalement qu’un tout petit microcosme, que les coïncidences et les recoupements ne sont pas si rares et sont tellement faciles. J’ai depuis fort longtemps cessé de croire en l’anonymat tout relatif qu’il offre, même si j’évite d’exposer ouvertement des prénoms et des noms de lieux, je sais qu’on peut très vite casser ces rideaux de fumée, mais ça ne me dérange pas, parce que je le prends comme une porte d’entrée, justement.

Une porte d’entrée vers de belles rencontres, des échanges riches et nourrissants, de belles amitiés à nourrir et à venir….
Pourvu que ça dure!

Publié dans Be a geek! | 6 commentaires

Vous savez quoi?

Vous savez quoi?
Un jour je reviendrai par ici, et je prendrai le temps de vous pondre un vrai article.
Un jour, j’inaugurerai comme il se doit la nouvelle interface wp qui ne me convient vraiment qu’à moitié, parce que même mon captcha laisse passer des spams, qui visiblement sont suffisamment intelligents pour savoir compter!

Un jour, je vous raconterai un peu plus en détails cette première année avec notre babybouchette. Et cette sensation d’enfin, à peine, un tout petit peu, commencer à la connaître, et à profiter d’elle, et à lâcher prise et me régaler. Au moment où il faut que je reprenne le boulot, au moment où la frustration est la plus grande. Oh, je ne dis pas que ceci n’entraîne pas cela hein, mais quand je regarde par-dessus mon épaule, que j’essaie de penser à cette dernière et première année, c’est un énorme flou artistique alors que pourtant je sais qu’il y a eu des centaines de moments intenses. Juste…ils sont brouillés, et je ne peux même pas dire que ces pages sont là pour laisser des traces indélébiles.

Un jour, j’arriverai aussi, peut-être, à retrouver le goût des toutes petites choses si simples et délicieuses, et me dire que je vais les lister pour me prouver que chaque jour est divin, mais que je ne vois vraiment que le verre à moitié vide et qu’il faut y remédier. Je crois qu’il ne se passe pas une soirée sans que je ne me dise « demain tu commences tes petits bonheurs », et chaque matin j’ai une bonne mauvaise raison de ne pas le faire. Et puis j’aimerais bien, aussi (voeu pieux?) que ces petits bonheurs ne concernent pas que ma fille, parce que je sais bien que là ce serait facile, peut-être un peu trop….alors pourquoi ne pas m’estimer chanceuse de cela me direz-vous, mais il faut maintenant que je reprenne pied dans la réalité des adultes aussi, celle dans laquelle on m’attend, et qui me manque un petit peu, si je gratouille sous la surface.

Un jour je ferai tout ça, et puis le reste. Je me suis demandé 100 fois ou plus pourquoi je ne fermais pas ces pages. D’abord parce qu’un fenix, c’est un peu indestructible par essence, alors l’effacer me gêne. Et puis aussi parce que je n’ai pas cessé de me dire que je reviendrai de façon plus constante.

Un jour.

Et chaque jour qui passe nous en rapproche plus, n’est-ce pas?

IMG_0064

Publié dans Manie des listes, Petits plaisirs & petits bonheurs, Petits riens, renaissance | 8 commentaires

On a TOUT essayé

On a essayé le cododo, et puis dans sa chambre. Un lit tout près du nôtre, ou dans son lieu à elle. Le début de la nuit chez elle, la fin avec nous. Toute la nuit chez elle, toute la nuit chez nous.
On a essayé de laisser pleurer (trop très longtemps!), ou de consoler immédiatement. De lui permettre de trouver son rythme ou de l’aider plus activement.
On a essayé l’homéopathie, l’éviction des plv, les huiles essentielles. Les massages, le bain, les rituels, les comptines, les histoires.
La sucette, le biberon.
On a essayé l’allaitement, puis le sevrage. L’eau, le lait, le lait de riz.
La veilleuse, sans la veilleuse. Avec lumière et musique, avec lumière sans musique, dans le noir.
On a essayé de la coucher plus tôt. Ou plus tard. On a essayé de guetter les micro réveils.
On a vérifié si elle avait trop chaud. Ou trop froid. Avec ou sans la turbulette.
Sur le dos, sur le ventre. Sur le côté. Mais à 11 mois, elle se tourne toute seule maintenant.
Avec doudou. Avec t-shirt qui sent maman. Ou papa. Ou les deux.
On a essayé la kiné, l’ostéo. L’énergétique. On n’en est pas encore arrivés au vaudou, ni aux prières (encore que…) mais pourquoi pas.
On a dit « c’est les dents ». Puis « elle est trop fatiguée ». Ou « pas assez fatiguée ». On s’est dit « elle découvre de nouvelles choses, elle est trop excitée ». C’était tout ça. Ou le reste. Ensemble ou séparément. Mais pas que.
On a essayé de se remettre en question. En même temps, on le fait en permanence. On a essayé de la comprendre elle. On le fait tout le temps aussi. Mais on n’y arrive pas toujours.
On l’a diversifiée le soir, tôt. Pour être sûrs qu’elle n’avait pas trop faim. Ah ça, elle mange. Elle dévore! Mais elle ne dort pas vraiment mieux.
On a essayé les médecins, la pédiatre. Mais ils sont aussi désemparés que nous désormais.
On nous a dit « quand elle se déplacera, ça ira mieux ». Elle fait du 4 pattes, ça va à peine mieux, selon les nuits. On nous dit « quand elle marchera »….mouais…
On nous a dit « le cap des 6 mois ». Puis « le cap des 9 mois ». Je pense qu’on attend celui des 12 maintenant….
On nous a dit « c’est parce qu’il faut qu’elle sorte du cocon, du giron, qu’elle ait son univers ». On l’a mise en garderie, 2 après-midi par semaine. Ca ne va pas mieux, et elle ne dort pas mieux là-bas non plus.

J’ai lu tous les articles trouvés sur le sommeil des bébés. J’ai envie de hurler et taper ces bien-pensants qui pontifient en expliquant qu’un bébé « doit » faire ses nuits à partir de 3, 4, 6 mois en fonction de la théorie. Oui, je sais que notre fille a les capacités physiologiques à tenir une nuit sans boire ou manger. De toute façon, elle ne réclame son lait que pour se rendormir, comme une sucette, pas comme besoin. C’est un réconfort. Dont elle a encore besoin.

Pour être parfaitement honnête, il y a quand même de l’amélioration. Il y a un réveil systématique en milieu de soirée, mais elle se rendort dès qu’on lui redonne la sucette et qu’elle nous sent à ses côtés. La nuit…..ça peut être catastrophique, ou bien mieux. Une bonne nuit pour nous, c’est 2 réveils maximum, dont 1 pendant lequel on lui prépare son biberon.
Les siestes ne sont pas mieux. Rapport de cause à effet, peut-être, mais il est tout aussi impossible d’inverser la vapeur là aussi. Les bons jours, elle fait une demi-heure le matin, 1H30 l’après-midi. C’est rare. Globalement, elle plafonne à une demi-heure le matin, et entre 30 et 50 minutes l’après-midi…

Alors oui, je sais qu’un jour, notre fille fera ses nuits d’une traite. Et une grosse sieste. A 15 ans. A 10 même. Oh, plus tôt, il semblerait, mais ça nous paraît presque irréel!
Ce n’est pas un article pour se faire plaindre. On n’en est plus là. Oui on est épuisés, voire au-delà, mais résignés aussi. On s’y fait, on se fait à tout. C’est un article témoignage. Pour dire que ma fois, parfois, on ne trouve pas ce qui coince. Et c’est comme ça, il faut faire avec, tenir le coup, et attendre le petit détail qui, peut-être, changera tout, d’un coup.
Ou pas.

IMG_0905

 

Publié dans Babybouchette, Bugs | 19 commentaires