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7.8.2007 par Flo.
Après la mécanique, voici le bricolage!
N’ayant donc rien dans mon petit chez-moi, je suis en train de le meubler au fur et à mesure de mes moyens, assez faibles ces temps-ci. Mais bon, il faut bien que j’aie au moins un lit et une table.
Le clic-clac, je l’ai eu en kit à peine démonté, et une bienveillante aide masculine, un peu plus intelligente que moi sur les schémas d’un sommier, s’est chargé du reste. Autant dire que je l’ai eu clé en main.
La table, ça a été une autre histoire: je suis allée toute seule comme une grande avec mon petit chariot chez Ikea. Univers familier s’il en est pour moi, je viens d’un pays où ce magasin existe depuis que j’ai l’âge de tenir sur mes deux jambes (voir plus loin mais là, je ne m’en souviens pas), et je suis une enfant des grandes boules jaunes et rouges, du tobogan et de la garderie de l’entrée. Tous les week-ends, ou du moins très régulièrement, j’avais droit à la petite virée dans le grand magasin, où je piquais tous les crayons et les bloc notes. On ne revenait jamais sans rien (c’est un peu le traquenard, tout le monde le sait), et souvent s’en suivait la grande histoire du montage des meubles. En gros, une belle crise familiale, parce que rien ne marchait comme souhaité, qu’il manquait une vis, que la porte était de travers, que ce n’était pas stable. Mon père criait, ma mère rétorquait, ça partait en eau de boudin, et moi au milieu, je contemplais avec philosophie le chantier en me disant que ça finirait par se tasser, et qu’une fois la solution trouvée, on passerait à un autre meuble.
Et aussi étonnant que cela puisse paraître, j’en garde plutôt de bons souvenirs, malgré les cris: je regardais mon papa bricoler, il m’expliquait, je lui tenais les planches, lui triais les clous, lui passais les outils. Plus grande, c’est moi qui portais les pièces lourdes avec lui, pour épargner le dos de ma mère. Dès que je touchais un outil, ça virait à la catastrophe, ce qui me valait l’étiquetage paternel du “tu es bien une intello comme ta mère”, mais malgré tout, je restais le vaillant petit soldat qui continuait de lui tendre le tournevis et les chevilles.
Aujourd’hui, c’est moi qui ai tenu le marteau et le tournevis. Bon, à la décharge de mes parents, les schémas de montage, ainsi que les assemblages, se sont considérablement simplifiés. Du moins à mon sens, à moins que je ne sois tout simplement devenue adulte.
J’ai été aidée pour porter le carton jusqu’à mon chez-moi. Je ne sais d’ailleurs pas par quel miracle (en fait, c’était plutôt l’aide d’un ou deux clients Ikea qui ont eu pitié de moi en me voyant suer seule) j’ai réussi à trimbaler ce carton du rayon à mon chariot, puis jusqu’à ma voiture. Ne pouvant absolument pas l’amener dans mon appartement seule, j’ai donc appelé au secours.
Mais une fois là-bas, en femme futile que je suis, je n’avais pas pensé à prendre un seul outil. Résultat après ouverture de la boîte: quasi impossible de faire quoi que ce soit sans un marteau et un cruciforme. Tant pis pour moi, mon aide étant occupé par la suite, j’en ai été quitte pour récupérer lesdits outils, et revenir pour m’en sortir seule. On avait déjà fait un maximum, assemblé et trié les pièces, et ça j’avoue que ça m’a bien aidée. Parce que rien à faire, moi en “bonne intello comme ma mère”, je préfère quand même 10 lignes de description à un dessin improbable surtout suédois, que j’ai l’impression de devoir déchiffrer tel un hiéroglyphe avant de comprendre de quelle pièce il s’agit, ce qu’il faut en faire, et comment l’installer.
Bref.
Me voilà assise par terre à visser tout ce qui pouvait l’être (et il y en avait, des vis, je vous assure) et à assembler 6 tiroirs avec mes petits doigts et un marteau. Pas de fracture des doigts, mais 4 bonnes cloques qui sont apparues dès le dixième coup, je m’en tire avec les honneurs et le minimum requis pour une apprentie bricoleuse.
Je suis plutôt fière, je dois l’admettre. Fière aussi d’avoir arpenté les allées de Castorama à la recherche d’un bouchon (j’ai pris la mauvaise taille, mais j’ai trouvé), de feutrine, de petites choses que je ne pensais jamais trouver. C’est fou comme ça marche aussi un joli sourire auprès d’un vendeur, de suite il met plein de bonne volonté à vous aider!
Bon, c’est pas tout ça, entre la mécanique et le marteau, si ça continue comme ça, je risque de porter le costume-cravate dans peu de temps. La seule chose qui me rassure, c’est que la perspective de décorer mon appartement m’enchante quand même bien plus que celle d’y bricoler. Tout n’est pas encore perdu.
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