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3.9.2007 par Flo.
Dans ma salle de bain, j’ai un miroir en pied, qui était là avant même mon arrivée.
Et ce qu’il me renvoie, à la sortie de ma douche, ne me plaît vraiment pas beaucoup .
Je n’ai jamais eu un rapport très serein à mon corps, c’est une évidence. Je l’ai totalement ignoré, délaissé pendant mon adolescence, ce qui a dû me sauver, tant j’avais peu idée de l’image que j’offrais. Le fait d’avoir toujours pratiqué beaucoup de sport, et d’avoir une silhouette plutôt athlétique m’a également permis d’éviter les grands problèmes de poids, surpoids, et autres pièges que nous tendent les années de passage entre l’enfant et l’adulte.
Je n’ai jamais été consciente des regards qu’on portait sur moi. Je les interprétais selon mon humeur, selon mes attentes ou même, encore plus souvent, je passais à côté. Je me suis progressivement transformée en femme, grâce aussi aux quelques regards masculins qui ont fini par compter. Et pourtant, à passé la trentaine, j’ai toujours l’impression d’être une adolescente, une jeune fille, une enfant même.
Aujourd’hui, j’ai doublé quelques caps importants dans ma vie privée. Le fait d’être à nouveau célibataire conduit inévitablement à des remises en question, qui portent entre autres sur l’image que j’ai de moi, et surtout celle que je renvoie.
Je n’aime pas la réponse que m’offre ce miroir.
En me regardant, j’ai la sensation d’avoir pris d’un coup ces dizaines d’années que je n’ai pas vu passer, ces dizaines d’années que je n’assimile déjà pas psychologiquement. Et que pourtant mon corps révèle de façon de plus en plus flagrante. En me regardant, je réalise que désormais, il faut que je lutte pour ma silhouette. Que tout ne me sera pas dû et qu’un certain laisser-aller se marque bien plus vite qu’il y a peu. Mon corps me dit sans concession l’âge que j’ai, et se manifeste par des symptômes que je suis incapable d’assumer et même d’accepter.
Je sais que j’ai quelques excuses, explications à tout cela. Je sais aussi à quel point le sport me manque, et à quel point il est important que je le reprenne. Mais plus que tout, il faut que je trouve comment apprivoiser ce moi, cette personne dans le miroir, que je refuse à ce point d’adopter, et que je puisse peut-être, enfin, faire concorder les deux images qui entrent en conflit.
Et m’aimer, un peu….
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