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8.9.2007 par Flo.
Les clés ont toujours été un symbole fort pour moi. Petite, j’étais une “enfant à la clé”, je me baladais la journée entière avec un gros et épais cordon bleu des plus seyants accroché à mon cou, la clé froide sur ma poitrine, sous mon tee-shirt.
Je ne compte pas le nombre de fois où, l’ayant oubliée, je me retrouvais coincée derrière la porte, à devoir attendre le retour de ma mère, en espérant qu’elle serait un peu en avance. De ces moments, j’ai appris à ne jamais sortir sans un livre sur moi, parce que je vous promets que deux heures sur le paillasson sans rien d’autre qu des exercices de maths déjà faits (de toute façon je n’y comprenais rien) ou de la grammaire, ou rien du tout d’ailleurs, c’est très, très long.
J’aime les clés, par la symbolique qu’elles offrent aussi: l’ouverture vers le nouveau, la fermeture derrière soi, parfois (et ça c’est un peu plus négatif) le verrouillage , le cadenassage.
J’aime aussi leur esthétique: grandes, lourdes et ciselées, petites et discrètes, solides, robustes ou alors fragiles, qu’on craint de casser au moindre coup un peu brusques.
Les porte-clés utilisés, parfois plus gros que ce qu’ils portent, autant de petits souvenirs, porte-bonheurs qu’on trimballe avec nous.
Si je devais citer l’objet que j’ai toujours sur moi, ce serait celui-ci, symbole de ma liberté, de ma possibilité d’aller où je veux, clé de voiture, de chez-moi, de chez d’autres….
J’ai perdu, une fois, mon porte-clés, sans le retrouver. Ca a été la panique, ça m’a mise dans un état impossible. Je me sentais dépossédée, sans compter l’inquiétude qu’on puisse, pour je ne sais quelle raison, retrouver mon adresse, rentrer dans mon appartement. J’ai perdu par la même occasion la petite main de fatma qui ne me quittait pas sur ce porte-clés, et j’ai beau ne pas être superstitieuse, ça m’a profondément affectée, d’autant plus qu’elle était un cadeau qui ne me quittait pas depuis des années.
Ces derniers temps, ma fatigue physique et psychologique se fait ressentir par des petits problèmes quotidiens, peu graves mais gênants: je me cogne partout, je me fais très mal, et j’oublie. Pas vraiment un manque de mémoire, mais plusieurs fois j’ai laissé ma clé de voiture sur la serrure de ma portière, ou j’oublie carrément de fermer la porte. Ca ne me ressemble pas, mais ce sont des automatismes qu’on conscientise si peu qu’ils sont le reflet de mon état de grand épuisement.
Ce soir, j’ai battu les records de bêtise et d’inquiétude: finir à 23H en plein aéroport, fouiller mon sac pour me rendre compte que mes clés d’appartement n’y étaient pas a provoqué en moi une grande panique et un immense moment de solitude. Non seulement j’y avais les clés de mon chez-moi, ce qui en soi était déjà passablement contrariant (dormir dehors, dans la voiture, squatter mais chez qui?) mais j’ai aussi eu la très grande idée d’accrocher au même porte-clé mes clés de travail, et les clés de chez mes Amis, que j’oublie toujours de laisser chez moi.
J’ai passé 2 heures à retourner tous les lieux où je pouvais avoir laissé ces clés. J’ai mobilisé mes quelques collègues encore présents et gentiment aidants, j’ai refait quatre fois les trajets que j’ai parcourus avec mon sac pendant l’après-midi, j’ai rouvert le garage de chez Petites Voitures et fouillé toutes les Polo qui étaient rentrées dans l’après-midi, vu que j’étais à un moment rentrée dans une Polo avec mon sac personnel. Un joli moment de recherches, en pleine nuit, à ouvrir une porte après l’autre dans un garage rempli de plus de 150 véhicules: allez-y pour retrouver une voiture précise, y entrer en se contorsionnant sans abimer la voiture à laquelle elle est collée, fouiller l’intérieur y compris sous le siège passager et recommencer. Tout ça après une belle journée de folie passée sous le soleil, dans la chaleur et le stress. Quand je fais les choses, je ne les fais pas à moitié…J’ai dérangé en pleine nuit la collègue heureusement couche-très-tard qui m’avait emmenée au resto pour le repas, pour m’assurer que je n’avais rien perdu dans sa voiture, suis retournée au-dit resto, j’ai tout tenté, en vain.
Pour finir, en désespoir de cause, par rentrer en me demandant déjà si j’allais tenter de pénétrer de force chez moi, ou véritablement dormir dans ma voiture le temps d’atteindre une heure décente pour appeler mes Amis et venir récupérer le double qu’ils détiennent.
Et arriver à la maison, et voir, ce que j’espérais secrètement tout en m’inquiétant de ce que cela signifiait, que mon trousseau de clés était resté sagement sur la porte, depuis le début d’après-midi, heure de mon départ.
…..
Franchement, je m’inquiète vraiment des soirs. Mais je suis quand même bien contente d’être bien au chaud dans mon lit, à l’heure actuelle et tardive.
Et sinon, les Français se sont lamentablement fait battre à leur match d’ouverture de rugby, ce qui en soit suffirait à faire un billet, si ma propre bêtise ne dépassait pas leur lamentable prestation (du moins pour le peu que j’en aie vu depuis mon comptoir).
Mais je m’en fiche, même ça, ça me passe au-dessus, parce que je signe ma promesse d’embauche mardi prochain!
Alors hein, tout le reste n’a aucune importance, si ce n’est peut-être, quand même, la perspective d’en arriver à dormir dans ma voiture!!!
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