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Archive pour 14.9.2007

Gazzzzz

Je devais avoir 6 ans, 7, peut-être 8…A vrai dire je ne me souviens pas, je ne me souviens de rien.
Juste de mon parrain, cet homme qui respirait la liberté, qui a débarqué chez nous au guidon de sa moto. Laquelle, je ne peux même plus le dire. En cuir, en casque, et son parfum qui sentait les routes, les campagnes, les pointes de vitesse qui se reflétaient à peine aussi bien dans ses récits. Mais au fond de ses prunelles, une vraie passion.

Il m’a emmenée, pour faire le tour du pâté de maisons. Juste 3 minutes, devant lui, à rouler à 20 à l’heure, il m’a emportée dans son univers, l’espace d’une respiration, qui a probablement changé tant de choses pour moi, malgré mon père accroché à la fenêtre de peur de me perdre de vue et me retrouver par terre.

Depuis ce jour, la moto était le symbole de la Liberté pour moi. Et quelque chose d’inaccessible, dans une famille où le simple mot de scooter était banni de toute discussion. Et ne m’intéressait de toute façon pas. Pas de demi-mesure en ce qui me concernait, j’avais vaguement songé à la 125 à l’époque de la Fac, pour me faciliter les déplacements. Financièrement, c’était ça ou mon année à Paris. Ce fut Paris, pour une autre forme de liberté, et d’avenir.

Qui, ironie du sort, me conduisit en cette année 2005 où le rêve devint réalité avec le passage de mon permis gros cube, alors que la moto était enfouie un peu plus loin sous les envies, pas tant que ça, mais me paraissait malgré tout toujours intouchable.
Plus de 60 heures de cours, de sueur, de hargne, de combat. Des dizaines de chutes, des minutes de stress. Des découragements, des sensations de dépit, de grands moments de pur bonheur.
J’ai eu ce permis, qui fait probablement partie de mes plus grandes fiertés, de mes plus grandes réussites. J’ai dépassé mes limites, en ce jour de juin 2005, d’une façon dont je ne me croyais pas capable.
Et puis dans la foulée, cette première sortie, à piloter par moi-même, le coup de coeur pour une moto, la découverte de ce qu’était la véritable liberté au guidon, sans cours, sans prof, sans rien d’autre que soi, et la moto de devant que je suivais.

Sommeil, ces 2 dernières années. Pas assez d’argent, pas les moyens de me payer mon véhicule, d’autres priorités, qui m’ont obligées à mettre cela de côté. Tristement, je voyais passer d’autres congénères, je me rêvais à leurs côtés, et me disais que ça allait finir par arriver.

Aujourd’hui, j’ai découvert l’autre face de la moto, et j’ai réveillé, pour de bon, ce qui sommeille en moi, et risque de ne pas se rendormir de si tôt: Mérignac, son circuit, la piste. Les combis, les moteurs qui hurlent, la vitesse pure, la recherche de l’angle, de la trajectoire. Et moi au bord, d’abord impressionnée, fascinée, puis totalement conquise dès le premier contact mis. Et enfin en passagère, pour 3 petits tours qui m’ont donné l’impression de décrocher une nouvelle fois la lune. Qui m’ont convaincue qu’un jour, dans pas longtemps, je serai moi, pilote de mon engin, et que je tenterai simplement de boucler ce trajet sans me mettre dans les graviers, juste pour me dire que je l’ai fait, avec ma bécane, et que j’en suis capable. Dépasser mes appréhensions, repousser encore une fois mes limites.
Et le tout entourée de personnes qui maîtrisent, qui rassurent, qui aident, qui montrent, qui encouragent. Généreux et unis par la passion de cet univers auquel j’espère pouvoir appartenir, peut-être.

Oui, si j’ai eu ce nouveau boulot, c’est bien pour réaliser mes projets. Et dans ces projets, la moto ne peut pas être reléguée très loin, aujourd’hui j’en suis convaincue….

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