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octobre 2007
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Archive pour octobre 2007

Grand huit

Ces jours-ci, quand avant de m’endormir, je fais le bilan de mes journées, j’ai un peu la sensation de passer du sommet de l’Himalaya au fin fond des océans.
J’exagère un peu, sachant que les fonds ne sont pas si profonds que cela, et que les sommets de l’Himalaya seraient plutôt des Alpes, mais il n’empêche….

Je suis toujours dans un long et difficile processus de compréhension, d’acceptation de ce que j’ai vécu, de ce qu’il faut que je laisse derrière moi. Un peu comme une mue, comme une peau dont il faut que je me débarasse en sachant précisément de quoi il s’agit, pour ne plus me tromper.

En parallèle, je vis des choses merveilleuses, et surtout en totale conscience, ce qui les rend certainement d’autant plus belles que je réalise pleinement ce qu’elles sont, leur fragilité, et combien il est important que j’en savoure chaque seconde. C’est une reconstruction progressive, pas toujours évidente, mais qui apporte de grands instants de sérénité.

Il faut maintenant que j’arrive à recoller les deux réalités, qui sont aussi importantes l’une que l’autre; mieux, il faut que je saisisse que l’une ne peut exister sans l’autre, que la première donne sa force à la seconde. C’était moi il y a quelques temps, dans tout ce que j’ai fui, supporté, accepté, et c’est moi aujourd’hui, avec ce que je dois affronter, et ce que je vis en pensant que ça ne m’arriverait jamais, que je ne le mériterais jamais.

Ainsi, selon les angoisses qui m’assaillent encore ponctuellement, j’envisage mon avenir plus ou moins sereinement, plus ou moins positivement. Mais à la différence près que de plus en plus, ces instants d’apaisement, de grand bonheur, me prouvent que ces angoisses feront bientôt, elles aussi, partie du passé, et qu’il ne tient qu’à moi de choisir ce que sera mon futur….

Ce qui me fait sourire (suite de la note d’hier)

A défaut de parvenir à écrire correctement ces temps-ci, petite note à caractère de liste-mémo

Ce qui me fait sourire (ou rire)…

Un réveil en douceur, le ronron de mes chats, bien au chaud blottis contre moi

Le soeil qui innonde mon chez-moi, et l’odeur de la soupe qui embaume la pièce

Un bon CD, une bonne musique, chanter à tue-tête ou juste à fredonner

Une promenade tranquille, pendant une journée ensoleillée, la douceur de l’air, et la légèreté environnante

Un si bon repas, avec des Amis, le partage en tout simplicité

Des projets, plus ou moins grands, plus ou moins réalisables, mais enthousiasmants

Les couleurs flamboyantes de l’automne, l’air cristallin dans un coucher de soleil somptueux, au milieu d’une campagne que je ne demande qu’à arpenter, découvrir

Assister à la naissance des cocons de mes Amis, qu’ils soient en travaux, en construction, en devenir. Etre le témoin privilégié de ces futurs remplis de joie

Savoir que je suis dans ma ville, que je ne vais pas la quitter, que bientôt je connaîtrai mieux tous ces lieux, que tout est à apprendre ici, mais que j’ai enfin posé mes valises et que tant de choses m’y attendent

Les bougies, le thé, après un dimanche en société, finir mon livre tranquillement et profiter de ma soirée solitaire

Ne pas travailler demain, et savoir que ce n’est pas exceptionnel

Que tout cela ne fait que commencer et n’est pas prêt de se terminer….

(liste non exhaustive, à prolonger dès qu’une nouvelle idée intervient, et surtout à lire et relire en cas de coups durs à affronter….)

Magie

C’est comme un petit miracle.
Comme enfin, la possibilité de remettre les choses à leur place, à leur juste place, de relativiser, de prendre une grande respiration et affronter ce qu’il faut encore assumer plus sereinement, plus calmement.

Une journée comme celle-ci, où je peux rire, plaisanter, rendre service, puis profiter de la légèreté de ceux qui m’entourent  pour occulter, pendant ces si bons moments, ce qui me pèse, ce qui n’est pas encore solutionné.

Cela fait si longtemps que je n’ai pas ri ainsi, aussi souvent surtout. Depuis que j’ai repris ma vie en main, le rire fait autant partie de mon quotidien qu’ il en était absent avant, en d’autres temps. Je réalise à quel point une journée sans éclater de joie, ou simplement sourire, mais sincèrement, et longuement, n’est pas une journée accomplie. Comme ces instants de bonheur innocent permettent un partage sincère.

Il reste maintenant à conserver cet optimisme, cet élan. le transformer en énergie pour faire face à tout ce qui m’attend, et puiser dans ces moments de légèreté et de partage ce qu’il me faut de forces pour aller encore de l’avant et me libérer pleinement.
Et savoir qu’à tout moment, une journée sombre peut s’illuminer sur un simple sourire….

Panne

Des sujets de note, j’en ai quelques uns, même si le moral n’est toujours pas franchement au beau fixe.
Mais rien à faire, j’ai beau essayer d’en écrire un ou deux, ça peine, ça ne veut rien dire, je m’embrouille dans mes propos, et quand j’en arrive au stade où je ne parviens plus à me relire, c’est que j’ai atteint un seuil critique.

Peut-être le seuil du ras le bol, non pas de l’écriture, ça ne risque jamais d’arriver, mais d’avoir tant de choses dans la tête sans parvenir à être claire. Taper, effacer, reformuler, me relire, ne pas aimer, passer à autre chose, et finir par désespérer, c’est ce que je ressens à l’heure où je produis difficilement ces lignes.

Il est probablement temps pour moi de faire un grand ménage. Dans mes émotions, dans mes résolutions, et me débarasser définitivement des scories du passé pour continuer de l’avant, et n’en garder que le bon, que les leçons, que ce qui me rendra plus forte et me permettra de continuer à m’émerveiller dans la vie.

Ce lieu, après tout, est le véritable baromètre de mon état d’esprit…

Groggy

C’est étrange, cette sensation.

Il y a quelques mois, quand ce genre de tuile, voire de toiture entière me tombait sur la tête, je n’en dormais plus de la nuit. J’enchaînais les crises de panique, la colère explosive qui s’exprimait sur chaque incident du quotidien, et par enchaînement logique, je parvenais à transformer ma journée en une longue série de galères.

Là, c’est différent.
Déjà, oui il faut l’admettre, même si c’est une belle galère, même si je ne vois pas le bout du tunnel, même si je suis toujours incertaine sur mon avenir, je n’ai plus cette oppression totale sur la poitrine. Je me sens entourée, je n’ai pas l’impression d’arriver au bout du monde.

Mais c’est plus insidieux, peut-être tout aussi lourd; je me sens K.O, j’ai du mal à saisir toute l’ampleur, ou plutôt j’ai l’impression de flotter dans une autre réalité. Je suis tellement déconnectée que j’en ai oublié de mettre mon réveil pour ce matin, et me suis réveillée de moi-même comme une innocente à l’heure où je devais en théorie partir. Coup de chance, je suis arrivée pile à l’heure, parce que le dieu des bouchons m’a épargnée sur la rocade, mais c’est assez symptomatique, car s’il y a un geste que je fais machinalement le soir, c’est bien celui de brancher la radio pour le lendemain.
Néanmoins la journée s’est bien passée, malgré le réveil en sursaut il n’y a eu aucune catastrophe à l’horizon, preuve en est que j’ai quand même un peu évolué (ouf).

Une part de moi relativise, rien n’est absolument dramatique, ni irréversible. Ce qui m’arrive n’est que matériel, mais la blessure est plus profonde, et fait partie du deuil que je vis depuis plusieurs moi: c’est avant tout une prise de conscience, celle de m’être totalement fourvoyée pendant plusieurs années, celle d’avoir accordé ma confiance en vain, et de devoir payer aujourd’hui tout l’aveuglement entretenu par le passé.

Ecoeurement, c’est peut-être le mot qui résume le mieux ce que je ressens. C’est probablement pour cette raison que je n’arrive guère à avaler quoi que ce soit depuis hier.
Comment peut-on à ce point se tromper sur une personne, au point de se fourvoyer, de s’entêter dans l’erreur, et même de continuer à y croire?
Et surtout maintenant, quand vais-je enfin pouvoir tourner la page, et passer à autre chose?

Pas mieux

Pas mieux qu’hier, voire franchement pire.
C’est la chute libre, je viens d’encaisser quelques G en atterrissant lourdement sur la planète Terre.
Tenir bon et garder le cap.
Mais j’ai les boules, pour de vrai, pour de bon.

Positiver, méthode Coué, tout ça, et tout le reste.
Ca va passer, ça va passer, il le faut bien, je vais trouver une solution, j’en ai les moyens, la force, je peux le faire.

Et juste me rouler en boule tout contre mes chats, et tout oublier, au chaud….

Bataille après bataille

Il faut continuer d’avancer, vaille que vaille, en bon petit soldat que je suis. Mais il y a des jours, des moments, où malgré l’avancée, j’ai l’impression qu’une gigantesque main me tire vers l’arrière, me renvoie un bon revers, une bonne claque.

Il semble que je n’aie pas suffisamment ouvert les yeux, pas suffisamment entendu, écouté, pas assez pris conscience. J’ignore ce qu’il faut que je fasse encore; ce qui est sûr, c’est que je vais continuer, avancer, et affronter encore et encore.  Mais je suis fatiguée, dans les jours comme ça où je suis pleinement confrontée au mensonge, à la tromperie, où je dois me dresser face à mes grandes angoisses, où je sais que je ne peux pas faire confiance, et qu’il faut tout que je remette en question; c’est si peu dans ma nature….

Je sais que l’oxygène n’est pas loin, et que les garde-fous sont toujours là. C’est peut-être ça après tout, plus je solidifierai les fameux murs que je construis, plus je saurai quel cap tenir, plus le reste deviendra insignifiant. Mais dans l’immédiat, ça m’affecte, ça prend beaucoup trop de place, beaucoup plus que ce que je ne devrais lui accorder.

Il y a un moment où tout cela se terminera, où il n’y aura rien d’autre devant moi que mes projets, mes envies que je pourrai pleinement réaliser, sans me faire rattraper par le passé. J’essaye de rester confiante; certains jours néanmoins, garder cette confiance ressemble plus à gagner une bataille.

Brique à brique

L’autre soir, en rentrant d’une soirée bien sympathique et toute simple avec mes Amis, j’ai eu la sensation, pour de bon, que je construisais désormais ma vie brique après brique. Et surtout, que chacune d’elles, je pouvais les choisir, les poser où je le voulais, les cimenter comme je l’entendais avec les voisines. Les enlever si je le voulais, les remettre, continuer, bâtir ma maison intérieure, mon cercle extérieur.

Cette notion de choix me semble primordiale, et c’est comme si j’avais dû attendre d’avoir plus de 30 ans, et pris une décision essentielle dans ma vie, pour réaliser que je pouvais choisir ce que je voulais faire, devenir, être.
Non pas que je n’aie pas eu le choix jusqu’ici; tout ce qu’on fait, chaque jour, même ce qui nous paraît imposé, est à un certain niveau notre propre choix, du moins c’est ma croyance.
Mais là, aujourd’hui, je réalise l’ampleur des choses, et je goûte au plaisir de ces décisions, de cette faculté de prendre la route, le chemin que je veux. De pouvoir organiser ma journée comme je l’entends, faire ce que je veux de mes soirées. Décider, de moi à moi seule, ce que je vais faire de ma vie.
Et tout cela se met en place, tel un mur que je construis patiemment.

Au-delà du sens des responsabilités qui m’angoisse toujours, c’est surtout euphorisant, un peu comme si d’un coup ça y était, j’étais devenue une vraie adulte, en pleine conscience de ce que cela représente.
Mais une adulte qui continue néanmoins à avoir du mal à se reconnaître dans le miroir….

Flemme

Je suis trop fatiguée, trop épuisée, trop décalée, trop tout, même pour regarder le match!
Ce qui n’est pas une perte, vu le résultat catastrophique affiché.
Je n’ai rien perdu, et du coup je n’ai pas du tout le courage d’écrire.

La seule réussite des Français ce soir, c’est de m’offrir une belle excuse bidon pour une note au rabais!

Relations sociales

Hier soir, en rentrant chez moi, j’ai été attirée par la complainte désespérée d’un petit chat coincé sur le toit du bâtiment en bas de chez moi.
Je l’avais déjà entendu la veille, sans trop me faire de souci, généralement un chat qui monte  quelque part sait en redescendre, même si ça ne lui plaît que moyennement (la fonction descente semble plus compliquée que la montée chez ces quadrupèdes).
Là par contre, deux jours de suite, ça m’a mis la puce (c’est le mot) à l’oreille, et c’est ainsi que je me suis retrouvée en bas de l’immeuble à appeler le chat qui me répondait sans cesse. A tourner et virer pour observer par quel arbre il avait pu passer, et si j’avais, moi, une option pour l’aider: sonner chez les voisins, demander s’il y a un vasistas/où est le propriétaire/ si quelqu’un a une idée, une solution.

Deux étudiantes, que je n’avais encore jamais vues (j’ai appris dans le feu de l’action qu’elles étaient en Fac de Médecine) sont passées dans le coin, je me suis empressée de les héler pour leur demander si elles connaissaient ledit chat et si elles avaient une solution. Non à la première réponse, non à la seconde (enfin si, appeler les pompiers, mais ils les ont envoyées sur les roses, je les avais prévenues), mais je n’avais pas du tout envie de me retrouver à gérer la situation seule, si bien que je suis parvenue à les faire culpabiliser et rester. Je n’ai pas eu trop de mal cela dit, et je suis très sournoise quand je m’y mets.

On a mis une bonne demi-heure, on a dérangé les baraques voisines pour trouver une échelle. Qui nous a été fournie par un très gentil vieux monsieur, qui nous l’a amenée sous le bâtiment pour réaliser qu’elle était trop courte. Et finalement, coup de chance, la propriétaire du chat, qui s’était absentée pendant deux jours, est arrivée pile au bon moment pour nous révéler que la minette s’appelle Salsa, qu’elle a 4 ans, qu’elle semble tout à fait coutumière du fait et que cela semble être pour elle un bon moyen d’exprimer haut (c’est le mot!) et fort (aussi je le confirme) son mécontentement à l’idée d’être délaissée pendant quelques jours. Que non, il n’y a aucune solution, la propriétaire a déjà essayé, et que la rebelle finit par redescendre, on ne sait comment, quand elle a vraiment trop faim et qu’elle en a marre. Elle a des réserves, hein, pour y rester plus de 2 jours, mais c’est vrai, elle n’y est plus depuis hier soir.

Comme quoi c’est utile un chat, j’ai enfin fait connaissance avec plein de gentilles personnes dans le quartier. Maintenant, quand il me manquera des oeufs, du lait ou une échelle, je saurai chez qui aller sonner! Merci Salsa!