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octobre 2007
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Archive pour 24.10.2007

Groggy

C’est étrange, cette sensation.

Il y a quelques mois, quand ce genre de tuile, voire de toiture entière me tombait sur la tête, je n’en dormais plus de la nuit. J’enchaînais les crises de panique, la colère explosive qui s’exprimait sur chaque incident du quotidien, et par enchaînement logique, je parvenais à transformer ma journée en une longue série de galères.

Là, c’est différent.
Déjà, oui il faut l’admettre, même si c’est une belle galère, même si je ne vois pas le bout du tunnel, même si je suis toujours incertaine sur mon avenir, je n’ai plus cette oppression totale sur la poitrine. Je me sens entourée, je n’ai pas l’impression d’arriver au bout du monde.

Mais c’est plus insidieux, peut-être tout aussi lourd; je me sens K.O, j’ai du mal à saisir toute l’ampleur, ou plutôt j’ai l’impression de flotter dans une autre réalité. Je suis tellement déconnectée que j’en ai oublié de mettre mon réveil pour ce matin, et me suis réveillée de moi-même comme une innocente à l’heure où je devais en théorie partir. Coup de chance, je suis arrivée pile à l’heure, parce que le dieu des bouchons m’a épargnée sur la rocade, mais c’est assez symptomatique, car s’il y a un geste que je fais machinalement le soir, c’est bien celui de brancher la radio pour le lendemain.
Néanmoins la journée s’est bien passée, malgré le réveil en sursaut il n’y a eu aucune catastrophe à l’horizon, preuve en est que j’ai quand même un peu évolué (ouf).

Une part de moi relativise, rien n’est absolument dramatique, ni irréversible. Ce qui m’arrive n’est que matériel, mais la blessure est plus profonde, et fait partie du deuil que je vis depuis plusieurs moi: c’est avant tout une prise de conscience, celle de m’être totalement fourvoyée pendant plusieurs années, celle d’avoir accordé ma confiance en vain, et de devoir payer aujourd’hui tout l’aveuglement entretenu par le passé.

Ecoeurement, c’est peut-être le mot qui résume le mieux ce que je ressens. C’est probablement pour cette raison que je n’arrive guère à avaler quoi que ce soit depuis hier.
Comment peut-on à ce point se tromper sur une personne, au point de se fourvoyer, de s’entêter dans l’erreur, et même de continuer à y croire?
Et surtout maintenant, quand vais-je enfin pouvoir tourner la page, et passer à autre chose?

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