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2.11.2007 par Flo.
Cela fait 8 ans, je crois, que je ne me suis pas sentie à ce point chez moi.
Pas forcément en rapport à mon chez-moi actuel, encore tant en devenir, que j’espère pouvoir vraiment aménager pleinement dans les plus brefs délais, si les contre-temps daignent cesser.
Pas non plus parce que je sais que j’ai posé mes valises, et que je suis appelée à ne pas les reprendre ces prochains temps. Ca, je l’ai déjà vécu, et ce n’est pas pour autant que je me sentais intégrée dans le lieu élu.
Non, c’est un autre constat, sur lequel j’essaye, depuis plusieurs jours, de mettre des mots, afin d’en faire un billet le plus juste possible, mais qui continuent de me fuir, comme pour beaucoup de notes ces temps-ci. Impossible d’exprimer clairement ce qui me tourne dans la tête, qui est pourtant loin d’être vide!
C’est, encore une fois au risque de me répéter, la nature qui évolue autour de moi, et dont je suis spectatrice avide. Un peu comme si ces changements extérieurs reflétaient mes mutations intérieures, un peu comme si je me retrouvais dans l’image de ces paysages environnants.
Moi et mes états d’âme, oui, mais aussi le pays dans lequel j’ai grandi. Qui ne me manque jamais vraiment, mais dont je ne me suis jamais non plus coupée. Et pour la première fois, j’ai la sensation de retrouver ici les repères que j’ai quittés là-bas, il y a 8 ans.
Je reconnais ces paysages brumeux du matin, dans le petit froid automnal, gris et triste, un peu comme si la région se réveillait après une longue nuit de fête, engourdie et frissonnante d’un sommeil qu’il est si difficile de délaisser alors que les jours raccourcissent inexorablement. Et puis malgré tout, les rayons de soleil ne sont pas loin, et je les guette, avide de leur chaleur, pour enfin sentir la vie palpiter autour de moi, tout comme j’attendais la lumière sur les bords du lac, il y a quelques années.
Je me retrouve dans cette nature apaisée et emplie des odeurs d’humidité, de pluie et des premiers gels, lorsque je pars courir au milieu des arbres, le long du canal qui, sous certains aspects, ressemble tant au bord du lac que j’ai fini par connaître par coeur. Je guette le chant des oiseaux, les écureuils qui font bruire les feuilles déjà rousses et flamboyantes comme leur pelage, je vois les canards se laisser gagner par la douce somnolence des frimas.
Je sens, dans les fibres de mon corps, l’appel de la montagne, j’attends la neige, je me projette déjà face aux sommets, dans un froid piquant et sec, les muscles fatigués des efforts de la journée, et impatiente de retrouver un feu de bois, un repas partagé, et la chaleur engourdissante et annonciatrice du repos mérité.
J’évolue enfin, à nouveau, dans un univers qui m’est familier, et dans lequel je me sens totalement à ma place, avec mes repères. Et en point d’orgue, je sais également que j’ai tout à y découvrir et y ancrer, et que je vais pouvoir le faire en toute sécurité.
Oui, pour la première fois depuis de longues années, j’ai la sensation que je suis revenue chez moi, et que j’ai enfin découvert mon véritable foyer…
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