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6.11.2007 par Flo.
C’était une plongée dans l’arrière-pays, qui m’était encore inconnu.
Une grande traversée des vallons flamboyants des couleurs d’automne, des collines à perte de vue, l’envie à chaque virage de m’arrêter pour savourer l’aube sur ces lieux sauvages et puissants. Le regret de ne pas avoir le temps de stopper dans le petit café des villages traversés et assister à l’éveil de la nature, de m’imprégner d’une région dont j’ignore tout et qu’à chaque dizaine de mètres parcourus, j’avais envie de découvrir. Il me manquait un appareil photo, et un carnet, un simple crayon pour parvenir à coucher sur le vif les émotions qui me traversaient face à ce spectacle auquel j’assistais sans pouvoir me l’approprier.
Les habitants de ces lieux sont à l’image du reste: bruts de décoffrage, spontanés dans leurs rires, leurs colères, leur authenticité. Je m’y sentais décalée, moi petite citadine, perdue au milieu d’une immense famille dans laquelle tout le monde se connaît, se tutoie, se fait la bise. C’est le règne de la débrouille, des arrangements à l’amiable, des poignées de main qui valent certainement plus qu’une signature sur un papier, mais où l’on se méfie des autres parce qu’on ignore parfois ce qui peut se cacher derrière les sourires.
Le retour s’est fait dans une nuit noire que seuls les phares de voitures perçaient, lézardaient. Une heure et demi de route dans l’obscurité la plus absolue, dans laquelle n’apparaissait même pas une lumière de chaumière. A chaque tour de roue je m’attendais à voir surgir devant mon capot un lièvre au mieux, une biche, un sanglier au pire; jamais depuis longtemps je ne m’étais sentie à ce point immergée dans la campagne profonde, loin de tout.
Et puis d’un coup, j’ai ressurgi dans la ville, un peu hébétée de cette journée hors du temps, hors de tout, qui m’a donné la sensation d’un dépaysement digne d’un voyage à l’autre bout de l’Europe, et qui pourtant m’a permis une fois de plus de toucher à la diversité de ma région, à tout ce que j’ai à y découvrir.
Ce n’était qu’une première approche, j’y reviendrai bientôt…
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