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31.12.2007 par Flo.
C’est vraiment une fin de route. Ou plutôt, une étape avant un carrefour, un moment où, quoi qu’on dise, quoi qu’on pense et quoi qu’on décide, il y a une pause; un arrêt pour reprendre son souffle, regarder en arrière, inévitablement, en avant, et voir ce qui nous attend.
Ne pas toujours parvenir à voir la route accomplie, mais voir celle qui est encore à faire; c’est un peu trop mon habitude, et j’ai beau essayer de me corriger, ce n’est pas forcément évident, pas tous les jours.
Il me tarde cette année 2008, tout ce qui m’y attend et que je sais pouvoir vivre pleinement et avec bonheur; je sais aussi que demain, lorsque je me réveillerai, rien n’aura changé de fondamental dans mon quotidien, à part mon agenda, la date, au chiffre duquel il nous faudra quelques jours pour nous habituer. Mais là, en cette aube du 31, j’ai une petite appréhension, comme chaque fois lorsqu’il s’agit de nouveauté, comme toujours lorsque je m’arrête et que je conscientise le point où je me trouve en ce moment même. Ca passera, dans l’activité de la journée, dans les préparatifs de la soirée, dans les rires du repas.
A demain, donc, à l’année prochaine, pour des voeux bien plus enjoués et moins réfléchis. Aujourd’hui, c’était juste un arrêt sur image…
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29.12.2007 par Flo.
Ce retour avait quand même tout d’une bonne expédition: à moitié malade, les jambes coupées, quasi rien dans le ventre et je ne sais combien de kilos à transporter. Je n’ai pas osé les peser, il valait mieux.
Forcément, quand on reçoit pour Noël un set entier de fondue suisse, ça ne pèse pas 500 grammes. Quand par-dessus ça il s’agit de ramener du fromage et du vin blanc pour honorer un pari, on peut s’attendre à se compliquer la tâche.
En bref, je suis partie avec les trois quarts d’un sac, je reviens avec un et demi. Mais pas plus de place attribuée dans le train, et pas de porteur attitré. Il a fallu composer, avoir un peu de chance, et attendre que ça passe.
Autant dire que le retour, même à 5 heures du matin, a été ultra bienvenu. Que j’ai une montagne de lessive, de ménage, de rangements, de courses à faire. Mais c’est bon de retrouver son chez-soi!
La bonne nouvelle, c’est qu’aujourd’hui je suis toujours au riz blanc, mais j’ai pu en manger deux bols! Youpi!
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27.12.2007 par Flo.
Je viens d’une ville qui compte 60 000 habitants à tout casser. Lorsque je m’y promène, même après 9 ans d’absence, j’y retrouve mes vieilles habitudes, les petits lieux que j’aime visiter, les repères que j’avais établis. Ce n’est pas toujours évident, bien des choses ont changé, une ville évolue, celle-ci ne déroge pas à la règle.
Et cet après-midi, en 3 petites heures de balade et shopping, j’ai réussi à croiser au moins 4 personnes que je connaissais, de près ou de loin, récemment ou depuis un moment.
J’ai toujours associé ce genre de rencontres fortuites à ma ville d’origine, simplement parce que je les ai toujours vécues ici, que je ne suis par la suite jamais restée suffisamment longtemps dans un lieu pour le revivre. Et à force, je ne suis plus certaine d’adorer ça; à la 4ème rencontre aujourd’hui, j’ai fini par développer un petit sentiment de malaise, une sensation de ne pouvoir me déplacer sans que soient connus tous mes faits et gestes. Avec mon bol habituel, je craignais aussi de tomber fortuitement sur le seul ami que je n’ai pas contacté pendant cette minuscule semaine de vacances, et à qui j’aurais dû déballer des prétextes plus ou moins bidons pour (ne pas) excuser mon silence. Ca ne s’est pas passé, heureusement, mais il est temps que je parte.
Plus sérieusement, aujourd’hui pour la toute première fois, je me suis clairement dit que mon choix était bon. Que bien des choses me manquaient ici, la moindre n’étant pas ma famille et peut-être aussi cette vie culturelle richissime à laquelle j’ai à nouveau goûté ce soir-même.
Mais avec la meilleure imagination du monde, je ne peux envisager de vivre mon quotidien ici. C’est un sentiment diffus, que j’ai du mal à analyser, et même à formuler, je n’arrive pas à mettre des mots clairs dessus. Depuis toujours, je ne me suis sentie que touriste dans ma ville natale, et aujourd’hui où je le suis vraiment, je sais que cela ne pouvait pas être autrement. C’est vrai aussi que le cercle se referme: plus je m’enracine dans mon pays d’adoption et moins je me sens appartenant à cette ville.
Je partirai demain soir avec un pincement au coeur, et même un fort sentiment de tristesse et de nostalgie. Il sera dû aux gens que je laisse derrière et qui sont trop loin de moi, mais je ne garde de cette région que le plaisir d’y revenir pour m’y ressourcer, pour m’aérer la tête et me détendre, pour y cocooner. Ceux qui me manquent sont ceux qui comptent dans mon quotidien, les autres ne sont devenus que des passants croisés au hasard d’une boutique ou d’un coin de rue et l’anonymat que j’ai acquis ailleurs m’est finalement bien plus confortable.
Mais un jour peut-être, au hasard des rencontres, des chemins que j’emprunterai, pourrai-je revenir m’installer ici. Je ne refuse pas cette éventualité, mais elle n’est pas d’actualité, et je sais qu’il est important que je creuse mon trou ailleurs, en y postant mes valises.
A ce qu’il semble, je suis loin d’avoir résolu la problématique paternelle du déracinement et de l’exil. Ma tâche à moi étant de la vivre le plus sereinement possible, puique c’est avant tout mon choix…
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26.12.2007 par Flo.
C’était bon de retrouver la neige.
L’essouflement après une bonne descente, remonter en crawlant sur la pente, prendre de la vitesse sur la luge, rater un virage, se retrouver le nez par terre, terminer l’après-midi avec une bataille de boules de neige.
Je réalise aussi à quel point j’aime tout ce qui gravite autour de ce monde hivernal. Se réfugier dans un café surchauffé pour se réchauffer, déguster un chocolat chaud ou un thé en laissant sécher l’anorak, sentir l’odeur de fondue, de raclette, voir le rouge monter aux joues des voisins, s’asseoir sur un banc de bois, contempler par la fenêtre les flocons tomber, et les bruits assourdis par le drap blanc.
Ca m’avait manqué, c’est peut-être ce qui me manque le plus depuis que je suis partie d’ici. Savoir que je dois calculer avant de profiter d’une après-midi de luge ou de ski, et même si je me suis rapprochée désormais des montagnes, je doute de pouvoir partir aussi facilement pour 3 heures vers une piste de luge d’un kilomètre. Mais ça ne m’empêchera pas de chercher.
Les vacances ont une saveur particulière lorsque je peux ainsi retrouver cette atmosphère, cet univers qui m’est si cher et pour lequel j’ai dû partir si loin avant de comprendre à quel point j’y étais attachée.
Je ressens ce soir une fatigue que je n’avais plus eue depuis fort longtemps. Proche de celle des grandes randonnées, les poumons remplis d’un air vivifiant, les yeux brillants des sourires et des cris d’excitation.
Et écrire ce billet avec un chaton de trois mois roulé en boule sur les genoux et ronronnant de bonheur, c’est proche de l’extase…
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25.12.2007 par Flo.
Ce n’est pas très aisé de venir blogger ici en toute tranquilité.
De par la topographie des lieux avant tout, l’ordinateur étant à la vue de tout un chacun et ne me permettant pas une intimité que j’apprécie pour rédiger, mais aussi par le rythme effréné imposé par les fêtes, le retour familial après un an d’absence, le marathon inévitable dû à la période.
Il n’empêche, je ne vais pas me plaindre, je suis choyée comme un coq en pâte.
La soirée du Réveillon a été un petit concentré de l’historique familial délectable et humoristique. Mais on a bien mangé, on continue tout à l’heure, il n’y a pas de neige mais le temps est hivernal à souhait.
Que demander de plus?
J’en profite donc pour venir faire, comme il se doit, mes voeux à tous ceux qui passeront lire ce billet. Que vos fêtes soient aussi remplies de rire et de bonheur que le mien, que ces fêtes vous offrent de beaux moments de retrouvailles, et une pause dans le tourbillon du quotidien.
Je repasse, dès que possible…
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23.12.2007 par Flo.
Me voilà donc chez moi.
Ou plutôt chez mes parents, dans mon chez moi d’origine, de retour au bord du lac et proche de montagnes noyées dans le stratus de la région, hivernal et persistant.
Depuis 36 heures que je suis arrivée, j’ai déjà réussi:
-A faire les boutiques une avant-avant veille de Noël, soit au moment où TOUTE la ville se souvient qu’il manque un cadeau sous l’arbre
-A réussir, dans la cohue et le brouhaha, à trouver LE manteau de mes rêves sur un coup de coeur après repérage maternel
-A sortir le soir même après une nuit approximative dans le train, chaperonnée par Frérot et à visiter les 2 coins les plus en vue de ma ville, soit 2 lieux qui n’étaient forcément pas ceux que je fréquentais dans ma folle jeunesse (haha)
-A faire honneur à mon entreprise en prouvant que grâce à leur entraînement, j’ai pu tenter les mélanges blanc suisse-bière et petite spécialité du lieu en tenant vaille que vaille le choc (mais bon, heureusement qu’ensuite il y avait de la musique et que je pouvais faire semblant de danser pour cacher le mal que j’avais à tenir vraiment droite)
-A prendre un sale coup de vieux (vraiment douloureux) lorsque le gamin copain de mon frère se jette à mon cou en me claquant la bise et en se souvenant de moi alors que je ne le remets aboslument pas: forcément, la dernière fois que je l’ai croisé, il devait mesurer un mètre vingt et à peine cesser de sucer son pouce! Et le voilà habillé en petit cadre et une bière à la main, grand moment de solitude…
-A prendre à passé 2 heures du matin un dernier train dans le wagon duquel Frérot et moi avons dû faire grimper la moyenne d’âge d’au moins 15 ans (re-coup de vieux)
-A éviter de justesse (mais vraiment limite) une gueule de bois qui frappait au coin de la tête avec insistance
-A ramener dans le foyer familial un petit monstre poilu et roux en cadeau de Noël anticipé de mon père, et qui est en train de monter partout et explorer la moindre faille de l’appartement! C’était un pari, il semble gagné, par contre je commence à craindre le pire pour le calme de nos nuits à venir (et pour le beau sapin fraîchement décoré)…
Et ça ne fait que commencer, demain on attaque les préparatifs de Noël et l’enchaînement des fêtes.
Je refais un point prochainement sur les dernières péripéties du pays du grand froid, à vous les studios!
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21.12.2007 par Flo.
Retour en forme de transition.
Une soirée, puis une journée, avant de refaire une valise, plus grosse cette fois, et direction le Nord, du côté de la neige, du lieu où le Père Noël vient avec un âne et non des rennes, et boit un petit verre de rouge pour se réchauffer avant de repartir faire sa tournée.
Comme prévu, supposé et attendu, c’était aussi trash que le mois dernier, voire pire. Pire parce que je savais ce qui allait arriver, et que je ne l’ai pas pour autant évité. J’ai même plongé dedans, parce qu’à ce stade, il vaut mieux y aller en apnée plutôt que de tenter de surnager et boire la tasse.
Je suis devenue vaguement schyzophrène, entre un discours qui m’intéresse et me fascine et la puissante sensation que tout cela n’est que poudre aux yeux, écran de fumée. Persuadée que les notions présentées voire matraquées ces 3 derniers jours me serviront au quotidien, et dans l’avenir que je tente de me construire, et contrariée de ce sentiment d’arnaque, de ce qu’on tente de m’inculquer qui me paraît aller à l’encontre de mes valeurs fondamentales.
Les 10 jours de vacances qui arrivent vont me faire le plus grand bien. Je vais prendre du recul, géographique et mental, je vais pouvoir me ressourcer. Je vais remettre chaque chose à sa place, et retrouver les ronds qui vont dans les ronds, et les carrés dans les carrés. Et cela, aussi bien dans ma vie professionnelle que ma vie privée.
Et aussi, me préparer à la prochaine session de janvier. Ben oui, histoire de fêter la nouvelle année et la nouvelle organisation, il paraît qu’on rempile dans un bon mois…Purée, ça ne s’arrêtera jamais!
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18.12.2007 par Flo.
Absence de trois jours à nouveau.
Cette fois, c’est la dernière ligne droite de formation: show devant la caméra, techniques de vente, tout ce que j’aime et que je ne pourrai pas éviter.
La carotte, c’est qu’à la fin de cette formation et après une toute petite journée de boulot, je suis en vacances pendant presque 2 semaines. Que je repars dans mes montagnes, enfin, et que je revois ma famille. Et que donc cet intermède de 3 jours va faire passer le temps bien plus vite.
Le côté moins folichon, c’est qu’une bonne insomnie m’a laissée avec les yeux grands ouverts les trois quarts de la nuit, et que le quart restant a été visité par de sympathiques cauchemars. Tout ce qu’il me fallait pour me mettre dans une forme olympique pour les exercices qui m’attendent!!
Pas de billets préprogrammés, je laisse un tout petit fond de chauffage pour garder une température confortable ici, et je reviens très vite.
Soyez aussi sages que moi! (c’est dire…)
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17.12.2007 par Flo.
Clouée au lit par une migraine.
C’est une vieille copine, qui me suit depuis bien longtemps, il faut le dire, et que j’ai plus ou moins appris à dompter au cours des années.
Cela faisait un moment néanmoins qu’elle ne m’avait pas vrillé le crâne de cette manière, avec la nausée qui l’accompagne de très près, et m’empêchant de regarder un écran, ouvrir un livre ou même suivre quoi que ce soit à la télé.
Il faut dire que je suis très rarement malade, que je n’ai jamais non plus été une malade docile. Le peu de fois où j’ai de la fièvre, j’ai les jambes coupées à 38°, mais ça ne m’empêche que peu de pouvoir m’occuper par de la lecture ou des émissions télé. Mon frère était le malade de rêve qui dormait du soir au matin et du matin au soir, moi je faisais certes de nombreux sommes, mais je m’ennuyais ferme assez vite également.
La migraine a été l’exception à cette attitude. Elle m’attaque en général brusquement, et je ne peux pas faire semblant. Je dois lâcher tout ce que je fais, tout ce que j’ai, pour aller me coucher immédiatement, et prendre mon mal en patience.
J’avais trouvé un médicament qui permettait de l’atténuer, la raccourcir, un peu par hasard, et qui est devenu l’un des objets que j’emmène partout avec moi par sécurité.
Ce qui m’inquiète plus aujourd’hui, c’est que le mal de tête n’est plus le même. J’ai perdu mes repères, je ne sais pas ce qui m’attend. Pire, trois cachets m’ont à peine atténué la douleur, qui sourde encore et n’est pas loin de se manifester de façon plus précise au moindre mouvement trop brusque. Et surtout, la nuit ne m’a pas effacé l’ardoise. C’est très rare pour moi (heureusement, je le sais), d’avoir des migraines sur plusieurs jours, surtout si je prends le mal à temps. Or là, j’y ai droit depuis hier après-midi, j’ai passé une douloureuse nuit, et je n’émerge que maintenant, en fin de matinée, pouvant enfin me lever mais sûrement pas aller courir un 100 mètres.
Faut pas déconner, hein, je dois aller faire mes cadeaux de Noël tout à l’heure, et franchement, ce n’est pas du tout la semaine pendant laquelle je peux me permettre d’avoir une tronche de migraineuse!!
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15.12.2007 par Flo.
Je ne me lasse pas d’observer les changements que mère nature nous offre ici.
Le matin, lorsque je pars bosser, j’ai l’impression d’être en pleine féérie de carte postale. Ces cartes de Noêl, aux couleurs pastels, représentant les arbres finement ciselés de givre, immobiles dans le grand froid du matin et guettant désespérément un premier rayon de soleil plus chaud pour s’ébrouer, jusqu’au soir où à nouveau tout redeviendra figé.
Je longe le fleuve pendant quelques kilomètres, qui se déroule délicatement le long de berges blanches désormais, la moindre expiration provoque une fumée qui rajoute encore un mystère à l’atmosphère silencieuse.
Les bruits sont adoucis, écrasés par le gel, et le paysage, comme ceux qui s’y meuvent, semblent en suspension, au ralenti, dans l’attente d’un réveil plus doux, plus chaleureux.
Cela fait si longtemps que je n’ai pas vécu un hiver où la neige semble si proche, sur le point de tomber. Au point que mes yeux se lèvent régulièrement vers le ciel, guettant le premier flocon. Au point que le gris des nuages me donne le sourire, et que je m’émerveille de la luminosité fantômatique dans laquelle je découvre ma ville.
Il me manque un appareil photo, qui pourrait témoigner des changements d’un même lieu, encore synonymes des saisons qui se déroulent, immuablement. Et qui portent chacune sa magie et sa beauté…
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