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27.12.2007 par Flo.
Je viens d’une ville qui compte 60 000 habitants à tout casser. Lorsque je m’y promène, même après 9 ans d’absence, j’y retrouve mes vieilles habitudes, les petits lieux que j’aime visiter, les repères que j’avais établis. Ce n’est pas toujours évident, bien des choses ont changé, une ville évolue, celle-ci ne déroge pas à la règle.
Et cet après-midi, en 3 petites heures de balade et shopping, j’ai réussi à croiser au moins 4 personnes que je connaissais, de près ou de loin, récemment ou depuis un moment.
J’ai toujours associé ce genre de rencontres fortuites à ma ville d’origine, simplement parce que je les ai toujours vécues ici, que je ne suis par la suite jamais restée suffisamment longtemps dans un lieu pour le revivre. Et à force, je ne suis plus certaine d’adorer ça; à la 4ème rencontre aujourd’hui, j’ai fini par développer un petit sentiment de malaise, une sensation de ne pouvoir me déplacer sans que soient connus tous mes faits et gestes. Avec mon bol habituel, je craignais aussi de tomber fortuitement sur le seul ami que je n’ai pas contacté pendant cette minuscule semaine de vacances, et à qui j’aurais dû déballer des prétextes plus ou moins bidons pour (ne pas) excuser mon silence. Ca ne s’est pas passé, heureusement, mais il est temps que je parte.
Plus sérieusement, aujourd’hui pour la toute première fois, je me suis clairement dit que mon choix était bon. Que bien des choses me manquaient ici, la moindre n’étant pas ma famille et peut-être aussi cette vie culturelle richissime à laquelle j’ai à nouveau goûté ce soir-même.
Mais avec la meilleure imagination du monde, je ne peux envisager de vivre mon quotidien ici. C’est un sentiment diffus, que j’ai du mal à analyser, et même à formuler, je n’arrive pas à mettre des mots clairs dessus. Depuis toujours, je ne me suis sentie que touriste dans ma ville natale, et aujourd’hui où je le suis vraiment, je sais que cela ne pouvait pas être autrement. C’est vrai aussi que le cercle se referme: plus je m’enracine dans mon pays d’adoption et moins je me sens appartenant à cette ville.
Je partirai demain soir avec un pincement au coeur, et même un fort sentiment de tristesse et de nostalgie. Il sera dû aux gens que je laisse derrière et qui sont trop loin de moi, mais je ne garde de cette région que le plaisir d’y revenir pour m’y ressourcer, pour m’aérer la tête et me détendre, pour y cocooner. Ceux qui me manquent sont ceux qui comptent dans mon quotidien, les autres ne sont devenus que des passants croisés au hasard d’une boutique ou d’un coin de rue et l’anonymat que j’ai acquis ailleurs m’est finalement bien plus confortable.
Mais un jour peut-être, au hasard des rencontres, des chemins que j’emprunterai, pourrai-je revenir m’installer ici. Je ne refuse pas cette éventualité, mais elle n’est pas d’actualité, et je sais qu’il est important que je creuse mon trou ailleurs, en y postant mes valises.
A ce qu’il semble, je suis loin d’avoir résolu la problématique paternelle du déracinement et de l’exil. Ma tâche à moi étant de la vivre le plus sereinement possible, puique c’est avant tout mon choix…
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