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31.1.2008 par Flo.
Se réveiller avec une boule dans la gorge et l’envie de pleurer.
Se remettre en selle.
Reprendre les choses du début, repartir à zéro.
Ne pas envisager une minute de se poser, au moment où enfin un répit semble se profiler, et où tout s’écroule.
Il faut reprendre une respiration, replonger dans le bain, s’y remettre.
Se reposer des questions, encore et toujours. Refaire le tour, redéfinir les priorités. Faire des choix, accepter de renoncer ou non, et à quoi. A des rêves de toute façon, des envies; les différer au moins en espérant que la date ne corresponde pas aux calendes grecques.
Tenir la tête droite, les jambes solides, et y aller. Oublier l’épuisement, ressasser ne sert à rien, mais ne pas pouvoir s’en m’empêcher, trouver les réponses serait un tel soulagement.
Je n’en peux plus, mais je dois continuer. C’est un nouveau test, qu’il faut encore une fois, même difficilement, rendre constructif.
J’essaye d’oublier ce que ça chamboule en moi, tout ce que cela remet en cause aussi, tout ce que cela fait ressortir, de mes doutes profonds, de mes capacités.
Affronter et transformer. Puiser la force nécessaire, très loin, je ne sais où. Trouver les réponses, agir…
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30.1.2008 par Flo.
L’image s’est imposée à moi hier soir (comme quoi la nuit a une source d’inspiration toute particulière).
C’est une terre brute, une glaise que je suis en train de poser sur mon tour de potier, et que je tente de façonner, de transformer, non en chef d’oeuvre, je n’ai pas cette prétention, mais en un objet équilibré; une création qui allie l’équilibre, la force et pourquoi pas l’élégance. Qui soit fiable, simple, cohérente; qui tienne dans le temps.
L’image est valable pour certains projets précis, qui sont en train de naître entre mes mains, mais ne dépendent pas que de moi. Il y a cet émerveillement à constater que le déclic n’est jamais vraiment loin, et qu’il suffit de peu pour que le tour se mette en marche, et que la naissance devienne possible.
Et puis de façon plus globale, c’est aussi de ma vie qu’il est question. De ce que je veux en faire: il ne s’agit plus de pâte à modeler, on passe à l’étape supérieure. Ce n’est plus une simple matière première. C’est une prise en main, au sens propre et au sens figuré; une création qui n’appartient qu’à moi, qui prendra forme avec mes gestes, à mon rythme, même si j’ai du mal à le trouver.
J’ai toujours rêvé de faire de la poterie, je n’ai jamais osé, encore quelque chose que j’ai laissé de côté. Et qui me rattrape, comme tous les essentiels qui traversent ma vie.
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29.1.2008 par Flo.
Mal organisée hier. D’une chose à faire à l’autre, de fatigue en remise, de priorités à gérer en mauvais calculs, je n’ai pas pu aller courir.
Mine de rien, ça m’a manqué, plus que je ne le pensais.
Preuve en est que l’entraînement commence à faire son oeuvre. Preuve aussi que mon corps a résolument besoin de cette dépense énergétique, de ce défoulement, de cette fatigue provoquée afin de faire taire tout le reste.
Je n’ai jamais vraiment ressenti cette accoutumance aux endorphines, mais là elle appararaît pour la première fois de façon insistante. La frustration est importante, car je doute de pouvoir courir avant ce week-end, mes horaires de travail et mes obligations extérieures étant ce qu’elles sont, sans compter la nuit qui s’obstine à ne pas vouloir tomber suffisamment tard.
Je n’ai été que spectatrice de ce temps radieux et ce ciel bleu qui ont irradié une magnifique journée. J’ai vu au travers de ma fenêtre de plus en plus de traces de la nature qui secoue sa torpeur: rouge-gorges et mésanges viennent picorer devant mes fenêtres; le matin lorsque je lève mes rideaux, la terre rend sa fraîcheur au ciel sous forme de fumée, perdant dès les premiers rayons de soleil le givre qui la recouvre.
Ce matin, une nouvelle semaine de travail recommence. Avec au bout, la perspective d’un week-end où je participerai pleinement au rythme des journées, et où je pourrai prendre pour moi ce temps d’effort, au bord du canal, l’esprit léger à goûter à tout ce qui m’entoure….
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28.1.2008 par Flo.
Je ne suis pas une noctambule.
J’aime l’aube, le lever du soleil porteur d’espoir, d’une journée nouvelle et remplie de découvertes, de petits et grands bonheurs. J’aime les couleurs délicates et pastels du début de journée, qui contrastent si bien avec le flamboiement d’un coucher de soleil, dans les pourpres et la sauvagerie d’une fin d’après-midi.
Et pourtant, depuis quelques temps, je ne parviens pas à me coucher. Je suis sensible à la clarté métallique de la lune, aux étoiles qui s’allument une à une juste en-dessus de mon toit, au silence de plomb (d’or?) qui entoure mon immeuble, me donnant la sensation d’être loin de tout, de tous.
Je n’aime pas vraiment la nuit, je ne parviens pas à l’apprivoiser, je ne sens qu’une forme de fascination inquiétante pour l’univers qu’elle ouvre à mes yeux, à ma porte.
Mais je n’arrive pas non plus à aller me coucher, parce que le sommeil me fuit, m’évite, joue avec moi. Parce que je suis incapable de trouver l’apaisement suffisant pour clôturer les 24 heures que je viens de vivre, et me lancer dans celles qui sont à venir.
Je ne redoute rien, pas plus qu’il y a quelques mois, pas moins non plus. J’ignore ce qui m’agite, je ne suis pas capable de m’écouter suffisamment pour faire taire ce grondement, cette fébrilité.
Alors j’attends. Ca finira par passer, je retrouverai un rythme, je reprendrai le dessus. Ca a toujours été ainsi, j’essaye de rester confiante; il y a trop de choses à venir, trop de projets qui m’habitent.
Je trouverai aussi une béquille, un moyen de reprendre le contrôle d’une mécanique qui s’est emballée. Et peut-être même une recette qui marche, pour parer aux prochaines fois. Ou alors mieux encore, une solution, un fil enfin, que je suivrai, même au milieu d’un labyrinthe, afin de parvenir au coeur du problème….
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26.1.2008 par Flo.
L’autre jour, après avoir chargé mon panier dans un petit magasin de douceurs, la vendeuse m’a tendu en cadeau un énorme St Nicolas en pain d’épices.
Je ne sais pas très bien ce qu’il en est en France, je pense que c’est quelque chose qui parlera plutôt aux Alsaciens, mais en ce qui me concerne, la simple image de ce bonhomme tout rouge collé sur un biscuit d’au moins 30 centimètres m’a projetée dans ma plus petite enfance.
A l’époque, comme pas mal de gamins je crois, je n’aimais pas du tout le pain d’épices. Par contre j’adorais ces bonshommes qu’on offrait surtout le 6 décembre, jour de la fête du sus-nommé; j’avais adopté une technique qui devait être commune à la plupart des petits: je décollais l’image de haut en bas et je léchais consciencieusement tout le sucre déposé en décoration ou pour faire tenir le papier. Ce qui donnait assez vite du biscuit en question une chose gluante très peu ragoûtante qu’on se faisait ensuite un plaisir à tendre à nos parents en prétendant qu’on n’aimait pas ça et qu’on n’en voulait plus. Bonheur des adultes qui, pour peu qu’on soit à l’extérieur, devaient se balader avec la chose jusqu’à la prochaine poubelle et en avait plein les doigts alors que nous en avions plein le visage.
Quand j’ai reçu ce biscuit de la vendeuse, j’ai eu je pense, un sourire de gosse, et j’ai résisté à l’envie de le déballer immédiatement pour goûter le sucre et voir si tout avait toujours le même goût. A l’heure où j’écris ces lignes, je tente de me comporter en adulte, et je picore petit bout par petit bout, en continuant à soigneusement choisir les coins où il y a le plus de blanc. Je confirme: le biscuit n’est vraiment pas bon. Il y a des dizaines de pains d’épice qui valent mille fois mieux que celui-ci; l’image n’a toujours pas changé, et j’ai toujours droit au regard rieur d’un bonhomme goguenard en rouge portant des cadeaux (que beaucoup prennent éhontément pour le Père Noël alors qu’il n’en est rien), et qui est aussi décalé un 26 janvier que ne l’est ce billet.
Il n’empêche: à le contempler, je retrouve le souvenir de toutes les douceurs qui nous attendaient le 6 décembre derrière notre porte, alors que nous apprenions que nous avions été sages et qu’une année de plus, nous avions évité la visite du Père Fouettard.
Et je continue de manger ma Madeleine de Proust version hivernale.
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25.1.2008 par Flo.
L’autre jour en courant le long du canal du midi, il y avait dans l’air un petit goût printanier.
Une lumière d’une douceur caressante, qui dorait les moindre contours et les plus petites couleurs nichées au creux d’une nature qui ne demandait qu’à se réveiller.
Le bleu d’un ciel de fin d’après-midi qui se reflétait dans l’eau miroir.
J’ai senti une atmosphère de vacances, une envie de s’allonger dans l’herbe, de profiter de la chaleur naissante, en sachant qu’à peine le soleil disparu, le froid reprendrait sa place, et rappellerait qu’on n’est qu’au début de l’année.
Je me suis surprise à sourire à tous les enfants qui avaient sorti leur vélo, leurs patins, leur ballon. A chercher le chant des oiseaux, à guetter les bourgeons sur les branches d’arbres, à imaginer les pic nic, les sorties en t-shirts, et bientôt les baignades.
J’ai terminé mon jogging trop tard, mais j’aurais volontiers paressé à la terrasse de ce petit bistrot qui me fait de l’oeil depuis si longtemps, en face de l’écluse.
Rendez-vous est pris aux beaux jours, à l’heure où le coucher de soleil sera plus tardif, lorsqu’en admirant le flamboiement d’un ciel rempli d’une chaleur plus fidèle, on aura l’impression d’avoir passé une deuxième journée depuis l’heure où on aura quitté le travail. Ou alors d’avoir prolongé un peu le week-end…
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24.1.2008 par Flo.
A Petites Voitures, qui est réapparu dans un cauchemar, et qui me laisse un goût d’inachevé: pas tant les derniers mois que lorsqu’il a fallu que j’en parte si vite, dans mon ancienne ville. Un peu comme si je n’avais pas dit au-revoir de la bonne manière…
A la conscience que tant que je ne ferai pas ce qui correspond à ma nature profonde, je ne serai que dans de l’alimentaire. Et qu’il faut que je cesse de chercher à tout prix à m’épanouir dans un domaine qui n’est pas fondamentalement le mien, même si le souhait de trouver un équilibre professionnel est réel et quand même justifié.
A ce qui n’est pas réglé, reste en suspens et sur lequel je ne peux plus avoir de prise. A l’idée que je ne peux pas tout contrôler, qu’il me faut rester attentive et en éveil, mais que je cesse de faire confiance à quelqu’un qui n’en vaut pas la peine, et que je sois plutôt confiante en l’Avenir. Et en mes ressources…
A cet homme contre lequel je suis incapable d’être véritablement en colère, sauf par flambées puissantes, plus douloureuses et épuisantes pour moi que constructives, et qui le mérite pourtant, mille et une fois. Qu’il serait bon que je fasse ce deuil une bonne fois pour toutes, afin de respirer, enfin.
A cette histoire qui n’a eu que l’ébauche d’un début et une fin qui n’en est même pas une. Faite de non-dits et de dépits, de ratages, de culpabilité et qui ne me pousse plus désormais vers l’avant.
A tout ce qui me passe par la tête sans que j’aie de prise dessus, ne m’apporte aucun repos et m’empêche de me concentrer sur l’essentiel, le constructif et l’apaisement. A la réflexion au lieu des actes, encore et toujours….
Ca pourrait presque ressembler à une liste de bonnes résolutions pour cette nouvelle année….
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23.1.2008 par Flo.
Ca fait quelques matins que je me réveille en retrouvant cette petite chose rampante dans mon ventre. Une sale bête, qui tournoie, prend de plus en plus de place, remonte dans ma gorge, m’empêche de respirer.
Aucune raison pour qu’elle soit présente, du moins aucune raison visible, et claire dans ma tête. Ce qui la rend encore plus difficile à dompter. J’ai beau respirer, me détendre, caresser mes chats, qui d’habitude me permettent de me raccrocher à la vie, à l’instant présent, rien n’y fait. Je me réveille en sursaut, elle est là, cette bonne vieille crise d’angoisse, celle qui a bercé mon adolescence, une partie de ma vie, et que je pensais avoir fait disparaître en prenant enfin en main les rennes de mon quotidien. Elle paralyse mes réveils, tant que je suis allongée je ne contrôle rien, il n’y a guère que la douche qui m’apporte un minimum d’apaisement.
Je ne sais pas, je ne comprends pas. J’ai avancé, et j’en suis toujours au même point: submergée par quelque chose qui me dépasse, dans son fonctionnement et son déclenchement. Comme si toutes les armes que j’avais affûtées devenaient de caoutchouc à l’approche de ces crises, qui m’empêchent de m’écouter, de me centrer, de sentir ce qui est juste ou faux. Une vraie panique à bord, l’errance et le sauve-qui-peut général.
Peut-être qu’écrire ces lignes m’aidera à combattre cette sensation, à la diminuer, à la remettre à sa juste place.
Peut-être….
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22.1.2008 par Flo.
+1 souris sauvée.
Petit mulot cette fois, adorable, trouvé planqué sous la table à mon retour hier soir encadré par deux chats toutes griffes et crocs dehors.
J’adore les chats, mais y’a des fois où leur cruauté m’insupporte.
Après une nouvelle course dans l’appart et des ruses de sioux pour l’attraper sans qu’il file droit dans la gueule des monstres ou sous un meuble encore plus inacessible, je l’ai relâché, et sans avoir à l’aider à retrouver son terrier.
Non mais franchement, c’est marqué SPA sur la porte de mon appart ou quoi??
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21.1.2008 par Flo.
Hier pour la première fois, j’ai touché du doigt ce que serait mon avenir. A quelques différences près bien entendu, à ma façon, à ma sauce quoi.
Mais j’ai expérimenté ce que je voulais faire par la suite, j’ai enfin concrétisé quelque chose qui me trottait dans la tête.
Ce n’est que le début d’un long chemin parsemé de rencontres, de formations, peut-être aussi de retours en arrière, mais le direction générale est donnée, et ça provoque une forme d’enthousiasme mêlé à de l’appréhension qui me paraît relativement légitime, pour une fois.
Après tout, je mets des tierces personnes en jeu, je prends sur mes épaules des responsabilités, et j’espère être à la hauteur.
Mais il y a eu une vrai exhaltation hier, l’impression d’être dans mon univers, d’agir selon ce qui me convenait le mieux, ce qui était fait pour moi.
Ne me reste maintenant qu’à continuer, à avancer sans me laisser rattraper par l’inertie des résistances, des doutes et des inquiétudes. A trouver comment me conforter encore plus solidement dans cette voie, à prendre confiance en moi, parce qu’à nouveau, on en revient là, et que c’est la clé de chaque acte.
Je sais que je suis bien entourée, et je sais aussi que souvent, le premier pas est le plus difficile à faire. J’espère que les autres vont suivre aussi facilement….
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