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février 2008
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Archive pour 14.2.2008

Coupée en deux

Il y a d’un côté cette façon d’être complètement embrigadée, à l’image d’une secte il faut bien l’avouer: un lieu clos dont on ne sort qu’en groupe, où tout est à portée de main, où l’auto-suffisance est totale; pas d’autres contacts que téléphoniques, et très brefs. Le seul entourage est composé de collègues, qui partagent les mêmes expériences, mais pas forcément les mêmes opinions.
Et en avant pour le bourrage de crâne, les discours d’une simplicité totale mais qui mettent toutes mes alarmes à l’état de vigilance la plus élevée, tant est forte cette sensation de me faire manipuler; ça ne loupe pas, dès que j’arrive à voler 5 secondes pour poser mon esprit embrumé de fatigue sur tout ce qui m’a été dit, je réalise à quel point le mécanisme est puissant et vicieux.

Et puis de l’autre, il y a malgré tout ce poste intéressant. Ces responsabilités qu’il est question de nous proposer, le rôle que nous allons devoir jouer au quotidien, si tout se met correctement en place. Des collègues chaleureux, une réelle volonté d’entraide, de vouloir bien faire, de chercher à faire ses preuves. De très nombreuses erreurs de management mais une vraie disponibilité. Un emploi constructif, des connaissances à acquérir et un univers à maîtriser.

Tous ces constats qui font que ma décision n’est toujours pas prise. Que l’hésitation demeure, malgré un salaire inadmissible et des promesses de rémunération qui n’ont quasiment aucune chance de compenser le manque actuel. Je comptais sur ces deux jours pour me forger une réelle volonté d’action, et m’y tenir. Ils n’ont fait qu’accentuer mes questions.

Mais une image m’a marquée hier: lorsque je suis sortie de l’hôtel, en fin d’après-midi, les oreilles bourdonnantes, la poitrine oppressée par des heures de débats, éblouie par la lumière, j’ai été submergée par le bruissement de l’extérieur, la vie qui coulait à chaque coin de rue, et j’ai gonflé mes poumons de l’oxygène qui m’avait tant manqué. Comme si je remontais d’une très longue apnée, j’ai en une seconde repris conscience que le monde ne s’était pas arrêté de tourner, et que l’essentiel se trouvait autour de moi, quoi que je décide. Qu’il n’était pas normal que j’aie cette sensation de quitter le quotidien pendant 48 heures de formation professionnelle, et que je pouvais me rassurer: malgré tout ce qu’on essayait de me faire ingérer, mes essentiels restent dans le plaisir de faire quelques pas dans la chaleur d’une après-midi hivernale, et dans le bonheur de simplement goûter à la luminosité sur les façades de ma ville….

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