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mars 2008
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Archive pour mars 2008

Ca ne tient à rien

De transformer un samedi de boulot un peu ronchon en sourires…

Déjà le soleil. Ca n’a l’air de rien, mais après des semaines, des journées entières de grisaille et de pluie, se réveiller sous un ciel bleu et un soleil rayonnant, ça met du baume au coeur. Je me suis prise à passer 10 minutes ce matin avant de partir à contempler la rosée dans les champs devant ma fenêtre, les pies qui se baladent, provocatrices, sous mes yeux (et le regard goguenard de mes chats) en se dandinant.

Se retrouver sur la rocade sans une seule voiture. A rêver d’être en moto pour accélérer un peu, mais au lieu de ça, monter le son de la radio, et se mettre à chanter à tue-tête parce que, ô bonheur, les 2-3 radios sur lesquelles je zappe quotidiennement ne passent pas un trop mauvais programme et qu’il y a moyen d’avoir une mélodie plutôt agréable dans la tête pour la journée…

Le calme des lieux de boulot. Du travail en perspective, juste ce qu’il faut, sans se prendre la tête, en papotant avec mon collègue, prendre le temps d’écrire ce billet en sirotant mon café, imaginer et espérer que ce soir arrivera très vite.

Je mentirais si je ne disais pas qu’il me tarde ce week-end. Mais savoir qu’il est à ma porte dans ces conditions, me sentir légère et joyeuse pour la journée, contribue à faire de cette journée de travail une étape un peu moins pénible avant la liberté….

La vie des choses

J’ai passé hier ma soirée entière à coudre 12 petits bouts de plastique
provocateurs et énervants à un rideau. Un truc que n’importe quelle
personne normalement constituée avec une aiguille et du fil aurait mis
une demi-heure à faire, mais non, moi il m’a fallu au minimum 3 heures,
le temps de me débattre avec les noeuds, les fils, les épingles, ces
machins qui glissent des mains et ont une furieuse tendance, malgré leur
légèreté, à répondre à l’attraction terrestre et disparaître dans tous
les plis et replis des tissus et vêtements qui m’entourent.

J’ai cassé mon appareil photo: un shoot intempestif a eu raison de son
écran, après avoir fait à peine 3 photos. Et pour un numérique,
photographier ce qu’on ne peut pas voir, je mets au défi n’importe qui
de le tenter. Tout espoir n’est pas perdu, il faut que j’essaye de voir
si je peux remplacer ledit écran, mais fallait le faire, surtout que
c’est un cadeau, surtout que je me gargarisais ici même de vous arroser
d’images…vous avez droit à un répit, ou alors vous m’avez fait
comprendre de cette manière que non, vous vous en passeriez bien (je
peux le comprendre, notez).

Y’a pas à dire, j’ai toujours 2 mains gauches. Ca me laisse parfois en
paix un petit moment, le temps pour moi de me dire que je peux arriver à
changer, mais ça me rattrape vite.
Ca fait rire du monde autour de moi, heureusement, c’est un peu ma
consolation. Parce que parfois, vraiment, je me désespère,
et je me dis que j’aimerais bien trouver le contre-sort et savoir
manipuler les objets sans qu’ils reprennent le contrôle à mes dépens..
Trop dur hein!

C’est quoi?

Ce n’est pas du manque d’inspiration. Du moins je ne crois pas, je ne vois pas au nom de quoi d’une semaine à l’autre, je ne trouverais plus autour de moi, dans mon quotidien, chez ceux qui m’entourent, la même facilité à extraire ce petit détail, ces instants qui font que je pourrais en rédiger un billet, même 3 lignes. Surtout quand mon quotidien s’embellit, devient de plus en plus joyeux, souriant, heureux.

Ce n’est pas du manque d’envie non plus, ça non. Au contraire, même, ça me manque. Je suis devant cette page blanche, à souhaiter pouvoir la remplir, à chercher les mots, la façon de les organiser, à trouver quel angle utiliser pour aborder tout ce qui me passe par la tête et que je ne parviens pas à apaiser.

Ce n’est pas non plus de l’auto-censure. Oui, j’ai des limites aux sujets que j’aborde dans ces lieux. Je m’y livre déjà bien plus que ce que je ne le réalise, je crois, je pense que ces écrits sont le reflet de ce que je suis. Ou plutôt de ce que je peux être, pas forcément les aspects les plus joyeux de ma personnalité, mais c’est aussi moi, et je l’assume pleinement. Une photographie, à un instant T, de ce qui occupe mon esprit, pour passer à autre chose ensuite. Je ne réalise pas ce qui se dégage totalement de ces pages, mais c’est peut-être mieux ainsi. Il y a des sujets que je ne fais qu’effleurer, que je me contente de sous-entendre. Ceux qui savent comprennent, ceux qui ignorent se disent peut-être que le billet ne veut rien dire, mais quelle importance…

J’écris égoïstement. Pour moi avant tout, comme je l’ai fait tout au long de ma vie. Je n’ai jamais, jamais fait lire toutes les pages que j’ai noircies dans mon adolescences, à en attraper une tendinite au poignet. Une seule personne a eu ce privilège, c’était un partage, un échange entre nous, elle a continué, j’ai arrêté, elle a réussi à dépasser la barrière de l’intimité, à s’ouvrir au public. Moi pas, jusqu’à ouvrir mon blog.

Alors aujourd’hui où je suis incapable de trouver ce petit détail qui va faire que je vais me précipiter sur mon clavier, et laisser couler les mots entre mes doigts, je me demande simplement ce qu’il me faut pour récupérer cet élan, cette facilité. Je me mets sans aucun doute trop de pression sur cette pause, et tout reviendra en temps voulu, d’une façon ou d’une autre. Mais oui, je m’interroge, parce que, comme il y a 10 ans lorsque quasiment du jour au lendemain j’ai cessé d’écrire, je me demande ce qui provoque ce brusque arrêt, cette pause…

J’atterris

J’atterris d’un week-end prolongé où le temps s’est arrêté.
Où chaque seconde passée n’a été que sourire et plaisir.

Quelques trop courtes journées de découverte, de partage, de bonheur.
Où même le temps et ses giboulées de mars n’a pas pu troubler le moral. Au contraire, il invitait au cocooning, à la paresse, au repos.

Un week-end où il a neigé à gros flocons, comme en plein mois de décembre.
Rempli de projets, d’envies, d’idées.

J’atterris, mais c’est bien malgré moi, je serais volontiers restée encore longtemps en apesanteur….

Intermezzo

C’est un mot à la sonorité chantante, et qui résonne à mes oreilles depuis un ou deux jours. Depuis à vrai dire que je n’ai plus posté ici, et que je me demande quelle sera la teneur de mon prochain billet.
A cette question, j’imagine un orchestre, une scène de théâtre. La fin d’un morceau, la pause, remplie d’un silence aussi mélodieux que les notes qui viennent de s’éteindre, et l’attente de la reprise.

C’est ce que je ressens aujourd’hui. Je suis dans ce silence, dans cette pause, dans l’écriture, dans ma vie aussi, même si j’ai une belle idée du prochain mouvement: un allegretto sans aucun doute, aussi piquant et joyeux que le Printemps de Vivaldi. Une sarabande, une farandole.
Ce qu’il va en ressortir en ces lieux, je l’ignore encore. Mais je ne serai jamais loin, et l’écriture sera toujours un passage indispensable, quelle qu’en soit sa fréquence….

Le temps du thé…

Quelques minutes matinales et précieuses pour moi: l’eau qui chauffe, le thé qui infuse….
Le temps pour moi de faire le point sur ce qui m’attend dans la journée.
Le temps de m’assurer que je n’ai rien oublié, que j’ai tout préparé (tête de linotte et fatigue n’aidant pas toujours à la bonne réalisation de ce point)
Le temps que je m’accorde, rien qu’à moi, avec de la musique, les chats qui ronronnent et me font bien comprendre qu’ils ne veulent pas se lever, le soleil qui se lève
Le temps de me balader sur quelques sites, de prendre des nouvelles, blogs, actualités
Le temps de venir vous écrire, et vous répondre aussi
Le temps de croiser quelques personnes et leur souhaiter une douce journée
Le temps de terminer de me réveiller en douceur…

Et souffler sur l’eau trop chaude, déguster, se dépêcher parce que finalement, la tiédeur du liquide me montre que je suis en retard, prendre une immense inspiration, et y aller….

Constats futiles

Ouvrir les stores le matin pour profiter de la lumière du soleil levant avant de partir bosser.
Rentrer le soir, et se baigner dans les rayons d’une fin de journée, en regardant les couleurs scintiller et s’intensifier avant de s’éteindre.
Oublier le manteau à midi pour aller manger, et se dire qu’en fin de compte, on n’en a plus vraiment besoin.
Prévoir des sorties qui s’allongent avec les journées.
Retrouver le sourire facilement, et aborder l’année avec sérénité.

Ca faisait si longtemps que je n’avais pas envisagé le printemps de cette manière….

Juste une histoire de dates

Ca fait pile poil un an.
Un an aujourd’hui que j’ai embarqué chats et quelques bagages, dans ma petite Corsa blanche, et que j’ai changé de ville.
Et de vie.

Une année qui a filé à une vitesse hallucinante. Où j’ai essayé de goûter à chaque moment, dur ou heureux, plaisant ou moins agréable. De me reconstruire sur les bases qui étaient les miennes, mes valeurs, que j’avais laissées trop longtemps de côté.
Une année pendant laquelle j’avais la sensation de tout avoir à réapprendre. Et où je sais que je ne suis pas encore au bout (s’il existe?), mais probablement sur le bon chemin.

Une drôle d’année bouclée. Aujourd’hui, une nouvelle recommence; c’est un nouveau début, un nouveau départ. Dans lequel j’aimerais, pour commencer, cesser de penser à ces dates anniversaire. Repartir à zéro, balayer les mauvais souvenirs, ne conserver que ce qui est bon, positif.
Et continuer d’avancer, en gardant le sourire que j’ai déjà ce matin …

L’impro du carillonneur

J’ai été voir l’autre soir, comme semble-t-il à peu près 9 millions d’autres Français, le film des gens de tout là haut dans le Nord. J’ai ri, je m’y suis amusée comme la salle entière, même si je n’en suis quand même pas ressortie, comme certains, avec la volonté absolue d’y passer mes prochaines vacances.

Donc, quand ce matin à 9H15 les cloches de ma petite église du coin se sont mises à sonner “Vive le vent d’hiver”, je me suis dit que le film avait dû inspirer plus d’un carillonneur en mal d’improvisation.

Je remercie donc celui de mon quartier de cette note météorologiquement optimiste (on en avait bien besoin) et de m’avoir mis cette mélodie dans la tête pour la journée; et je lui suggérerai, si je le croise, de tenter Stevie Wonder dimanche prochain, ça a quand même plus de cachet!

“La terre est bleue comme une orange”

Allez savoir pourquoi cette phrase me trotte dans la tête depuis hier soir, et particulièrement en voulant écrire une note ici.
Allez savoir parce que franchement, même si j’adore la poésie, je ne suis pas une grande lectrice de cet art (à tort je le sais), et encore moins une personne qualifiée pour citer Eluard ainsi, de façon brute.
Ca m’arrive comme ça, des mantras qui me tournent dans la tête dont je ne peux me défaire, mais en général, j’aime comprendre pourquoi.
Go.ogle est mon ami, et comme je suis dans un grand jour de bonté (et d’inactivité criante), je suis donc allée rechercher ce poème dont j’ignore tout, et je vous le fais partager de ce pas:

“La terre est bleue comme une orange
Jamais une erreur les mots ne mentent pas
Ils ne vous donnent plus à chanter
Au tour des baisers de s’entendre
Les fous et les amours
Elle sa bouche d’alliance
Tous les secrets tous les sourires
Et quels vêtements d’indulgence
À la croire toute nue.

Les guêpes fleurissent vert
L’aube se passe autour du cou
Un collier de fenêtres
Des ailes couvrent les feuilles
Tu as toutes les joies solaires
Tout le soleil sur la terre
Sur les chemins de ta beauté”

Et moi qui espérais un grand éclair de génie, un retentissant “ah mais bon sang, c’est bien sûr”, là je suis encore plus perplexe, ce qui semble être une réaction courante et récurrente devant un poème d’Eluard, mais il n’empêche…Ca me laisse sans mot.
Faut-il vous dire que cette phrase me trotte dans la tête depuis que j’envisage d’évoquer ma soirée d’hier, qui fut une parenthèse dans mes remises en question incessantes, un instant où il devenait si simple de parler de tout, des petites et grandes choses, des joies et des tristesses, des interrogations, des peurs et des bonheurs, de la vie quotidienne et des aspirations?
Faut-il que je m’interroge sur cette image qui s’imprime sur ma rétine, dès que je ferme les yeux, du globe terrestre en plein milieu d’un ciel noir d’étoiles, et que cette sphère se découpe avec précision, bleue, blanche, verte, et granuleuse comme une orange?
Ou alors simplement, je me laisse porter par une phrase dont j’aime la sonorité, je relis ce poème pour tenter de me l’approprier, et je me dis qu’il n’y a pas besoin de toujours comprendre. Que c’est peut-être la leçon que j’ai à apprendre ces temps-ci: le lacher-prise, me laisser porter et cesser de tout vouloir maîtriser, et si même il y a besoin d’une explication, elle saura venir en temps et en heure…