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11.4.2008 par Flo.
C’est d’abord le vent qui se lève. Un peu particulier, tout doucement puis qui augmente, balaye tout sur son passage, soulève les feuilles, la poussière, les odeurs aussi, celles printanières ou estivales, les odeurs de la chaleur encore présente et décroissante.
Vient peu à peu l’obscurité. Le soleil se noie progressivement sous les nuages, de plus en plus gris, de cette couleur de plomb coulé si spécifique, donnant à l’ambiance une luminosité métallique, magique.
Les senteurs deviennent plus fortes, la nature recrache son trop plein de chaleur, la libère et s’y mêle le parfum du macadam surchauffé que l’on goûte jusque sur la langue, propre à ces instants de grande tension où l’on n’attend plus que le paroxysme.
Et puis hop, un premier éclair zèbre le ciel, l’écartèle, le déchire dans un éblouissement. C’est un flash qui d’un coup relâche la tension poussée à son comble, me laisse souvent échapper un cri d’émerveillement. Soudain, à peine entrevu dans sa rapidité, je n’en conserve que l’impression rétinienne, et j’attends, le souffle coupé, en comptant comme une petite fille pour savoir où est l’orage…loin, près, dans quelle direction se déplace-t-il? Enfin vient le grondement libérateur, lointain, comme un puissant ronronnement de tigre, de lion, annonciateur du début des hostilités.
J’aime ces instants où la nature explose, implose plutôt, avant même la pluie. Où il ne manque que l’élément liquide pour que tout se rencontre, pour qu’une nouvelle cohérence s’installe. Et les gouttes tombent enfin, lourdes, bruyantes, plus qu’une simple averse, avec ce bruit particulier elles apportent la fraîcheur attendue, ou redoutée, selon….
Ces orages d’été ont un je ne sais quoi de magique, portent en eux une fascination angoissante qui me ravit. Je ne me lasse pas d’observer leur naissance, leur progression, les 5 sens en éveil, dans l’attente de la prochaine étape.
Ils me replongent dans les souvenirs, de bord de mer, où je sens encore la brûlure du soleil estival sur ma peau alors qu’il faut que j’enfile à la hâte un gros pull, un pantalon sur les coups de soleil. Ils me ramènent en mer, sur le pont d’un bateau, où je guettais avec appréhension et émerveillement à la fois leur arrivée, à la vitesse de chevaux au galop.
Hier, en guettant celui qui s’annonçait, printanier, surprenant, je me suis revue à Delphes, l’été dernier: au premier coup de tonnerre, je l’ai entendu rouler sur les parois des temples qui se dressaient sous mes yeux, je me suis enfuie dans la luminosité des montagnes grecques, dans l’odeur des champs méditerranéens, et l’espace de quelques minutes, j’ai quitté mon travail, je suis sortie sur le perron et je me suis laissée emporter par la magie que chaque orage emmène avec lui….
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