avril 2008
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Oxygène

La journée a été dure hier. Bataille chez Petites Maisons, bataille pour trouver un juste milieu entre un boulot qui exige toujours plus et qui offre toujours moins. Bataille parce que malgré ces constats tristes et un peu déprimants, il faut garder le moral, et surtout lutter contre le ras le bol généralisé des collègues qui finit par déteindre.
Lutter aussi contre des questionnements récurrents, des remises en question de choix, contre une douleur physique récurrente.

Alors en sortant du travail, quand je me suis accordée cette petite heure en faisant fi des piques dans mon épaule et de mon armure de béton dans le dos, je l’ai savourée de la première à la dernière seconde. Mon jogging a été une catastrophe, mais j’ai réussi à atténuer la déception de ces contre-performances régulières par des instants magiques et hors du temps.

Pas un bruit pendant une heure, si ce n’est mon souffle et mes pas sur le bitume, quelques ronronnements de vélos me dépassant, le chuintement lointain de la route à quelques kilomètres. Le canal était d’un calme de miroir, il n’y avait que la très légère brise dans les feuillages au-dessus de ma tête pour me rappeler que les minutes continuaient de s’écouler dans ce qui ressemblait à un petit paradis…C’était si facile de tout oublier en ces lieux et pendant ces instants de sérénité absolue, de revenir à l’essentiel: le soleil déclinant sur l’horizon et qui offre une lumière que seul le printemps sait dessiner, le vert intense et fluorescent des feuilles fraîchement nées et arrosées d’une trop récente pluie, le tressaillement de l’air à l’approche du crépuscule. Et puis, au détour d’un chemin, dans le silence le plus total, deux oreilles pointues, un chiffonnement de brindilles et un petit lapin qui s’est laissé regarder quelques minutes, symbolisant par sa seule présence toute la magie du moment.
L’espace de cette course, j’ai eu la sensation de pleinement respirer, de pouvoir remettre chaque chose à sa place; de parvenir à vivre pleinement chaque seconde qui s’écoulait dans tout mon corps, moi qui attendais depuis si longtemps de tels instants.

L’espace de cette course, j’ai oublié mes questions, j’ai éloigné mes angoisses, j’ai repoussé mes démons.
Je me suis contentée de respirer.

2 réponses pour “Oxygène”

  1. zelda indique :

    J’aime la chute :)

  2. Flo indique :

    C’était le plus agréable en effet, malgré le terme utilisé ;)

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