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15.4.2008 par Flo.
J’ai eu l’occasion de replonger récemment dans mes réminiscences d’histoires enfantines.
Sauf que cette fois, je suis de l’autre côté du miroir.
J’ai un souvenir ému et précieux de ces minutes magiques que je partageais avec mes parents avant d’aller me coucher. Cet instant tant attendu parce qu’il était synonyme de complicité totale, de moments que je leur volais loin de toute autre personne ou pensée, où je les gardais rien qu’à moi et qui me permettait d’appréhender l’instant du coucher, de la solitude dans ma chambre et du noir avec plus d’apaisement, de quiétude.
L’histoire était choisie avec un soin tout particulier, ni trop courte pour que ça dure le plus longtemps possible, ni trop longue pour ne pas avoir besoin de l’interrompre et attendre le lendemain pour connaître la fin ou batailler pour obtenir quelques pages de plus, quelques minutes supplémentaires.
Les soirs où ma marraine était là, elle prenait le relais et apportait un charme personnalisé aux narrations, en les mimant, en me les faisant vivre à sa manière. J’ai retrouvé récemment une photo qui résume à elle seule ces instants hors du temps: elle allongée sur le lit à mes côtés, mon chat roulé en boule sur la couette, moi tenant le livre avec sérieux et concentration.
Aujourd’hui, je suis heureuse de pouvoir vivre ces instants en étant l’adulte. Celle qui raconte, celle qui fait partager ce petit moment de bonheur, de tranquilité et d’enthousiasme pour les récits qui ouvrent la porte aux rêves. Ca m’émeut autant qu’à l’époque où je les recevais, et je me dis ça fait désormais partie des souvenirs que je porterai en moi jusqu’au bout, et que je chercherai faire perdurer, quoi qu’il arrive…
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11.4.2008 par Flo.
C’est d’abord le vent qui se lève. Un peu particulier, tout doucement puis qui augmente, balaye tout sur son passage, soulève les feuilles, la poussière, les odeurs aussi, celles printanières ou estivales, les odeurs de la chaleur encore présente et décroissante.
Vient peu à peu l’obscurité. Le soleil se noie progressivement sous les nuages, de plus en plus gris, de cette couleur de plomb coulé si spécifique, donnant à l’ambiance une luminosité métallique, magique.
Les senteurs deviennent plus fortes, la nature recrache son trop plein de chaleur, la libère et s’y mêle le parfum du macadam surchauffé que l’on goûte jusque sur la langue, propre à ces instants de grande tension où l’on n’attend plus que le paroxysme.
Et puis hop, un premier éclair zèbre le ciel, l’écartèle, le déchire dans un éblouissement. C’est un flash qui d’un coup relâche la tension poussée à son comble, me laisse souvent échapper un cri d’émerveillement. Soudain, à peine entrevu dans sa rapidité, je n’en conserve que l’impression rétinienne, et j’attends, le souffle coupé, en comptant comme une petite fille pour savoir où est l’orage…loin, près, dans quelle direction se déplace-t-il? Enfin vient le grondement libérateur, lointain, comme un puissant ronronnement de tigre, de lion, annonciateur du début des hostilités.
J’aime ces instants où la nature explose, implose plutôt, avant même la pluie. Où il ne manque que l’élément liquide pour que tout se rencontre, pour qu’une nouvelle cohérence s’installe. Et les gouttes tombent enfin, lourdes, bruyantes, plus qu’une simple averse, avec ce bruit particulier elles apportent la fraîcheur attendue, ou redoutée, selon….
Ces orages d’été ont un je ne sais quoi de magique, portent en eux une fascination angoissante qui me ravit. Je ne me lasse pas d’observer leur naissance, leur progression, les 5 sens en éveil, dans l’attente de la prochaine étape.
Ils me replongent dans les souvenirs, de bord de mer, où je sens encore la brûlure du soleil estival sur ma peau alors qu’il faut que j’enfile à la hâte un gros pull, un pantalon sur les coups de soleil. Ils me ramènent en mer, sur le pont d’un bateau, où je guettais avec appréhension et émerveillement à la fois leur arrivée, à la vitesse de chevaux au galop.
Hier, en guettant celui qui s’annonçait, printanier, surprenant, je me suis revue à Delphes, l’été dernier: au premier coup de tonnerre, je l’ai entendu rouler sur les parois des temples qui se dressaient sous mes yeux, je me suis enfuie dans la luminosité des montagnes grecques, dans l’odeur des champs méditerranéens, et l’espace de quelques minutes, j’ai quitté mon travail, je suis sortie sur le perron et je me suis laissée emporter par la magie que chaque orage emmène avec lui….
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10.4.2008 par Flo.
Au volant, je suis en mode ronchon. C’est dans ma nature, j’en suis moyennement fière, mais je ne peux pas m’en empêcher: je peste contre les obstacles, je râle sur les contre-temps, sans parler du comportement des autres véhicules.
Je suis particulièrement servie ces temps-ci, avec mes horaires identiques à la grande majorité de mes congénères, j’ai droit aux bouchons matin et soir sur la rocade.
Et j’ignore quelle est la météo qui gère ce genre de flux et reflux, mais toujours est-il que par je ne sais quel miracle du dieu de la circulation, je suis incapable de prévoir 24 heures à l’avance quel temps je mettrai pour réaliser le même trajet, à la centaine de mètres près. Il n’y a aucune règle, aucune logique, si ce n’est celle du “débrouille-toi comme tu peux avec ce que tu as”.
Pour preuve, j’ai mis l’autre soir 80 bonnes minutes pour rentrer, en première et le pied engourdi d’avoir enfoncé l’embrayage sans interruption, et je suis passée hier tout droit sans me poser de question (ou si, mais sans avoir d’explication bien sûr!).
Pour tuer le temps et alimenter ces pages, j’ai donc largement le temps d’observer autour de moi, de tirer quelques conclusions sur la merveilleuse façon de conduire de tout un chacun. A savoir:
-Que l’usage du clignotant est en général inversément proportionnel à la grosseur de la voiture: ça devient malheureusement une lapalissade, mais c’est vérifiable à chaque minute. Et je dirais même pire: inversément proportionnel au luxe du véhicule. Quand on roule en Mercedes ou en BMW, on ne s’embarasse pas de ces détails, on a l’habitude que les gens s’écartent sur notre passage (et ça m’énerve, mais je suis forcée d’admettre que Corsa contre Merco, c’est pas moi qui gagne, encore moins en porte-monnaie, mon sens de l’égalité des chances en prend un sérieux coup!)
-Que la vérification de l’angle mort est une denrée rare dont peu semblent mesurer les conséquences. En tant que motarde (ok sans moto, mais quand même!) ça m’énerver encore plus. En tant que conductrice d’une petite voiture aussi solide que du papier mâché et qui a surtout de beaux frais de carosserie (oui, là c’était ma faute mais ce n’était pas l’angle mort!!), ça me chatouille de plus en plus les narines de hurler un bon coup sur les pros du déboîtage intempestif d’une voie à l’autre. Et je hurle, hein, ok ça résonne dans mon tout petit habitacle, mais je hurle.
-Que l’idée de perdre une seule place dans une file de voitures arrêtées semble globalement du domaine de l’invivable pour la plupart: raison pour laquelle le comportement le plus logique et évident (pour eux), c’est d’accélérer, se rabattre en version queue de poisson juste avant le ralentissement, et ouf, attendre, en ayant gagné une seule place! Ouais, ça les fera arriver plus vite!
-Ah oui, et le pompom qui a été communément vérifié pas plus tard que le week-end dernier: rouler pile à la limitation de vitesse sur la voie la plus à gauche possible: obligeant la voiture qui suit (moi, ou d’autres qui ont toute ma compassion) à choisir entre l’infraction de doubler par la droite, ou se caler, résigné(e) derrière la tortue persuadée de son bon droit…
Je me soigne, j’essaye tout du moins: la musique est ma thérapie, en général quand je trouve un gros rock un peu bruyant, ça me permet de hurler en toute bonne conscience, ou alors je tente de m’imprégner d’une attitude zen et philosophe, et de m’amuser de ce que je vois autour. En général, quand je suis seule et que je souris béatement, j’ai remarqué que ça provoquait des regards noirs et contrariés de mes voisins qui semblent se demander ce que je trouve amusant au fait de plafonner à 10 à l’heure dans un embouteillage.
Et forcément, ça me fait sourire encore plus, c’est logique….
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9.4.2008 par Flo.
Révolution chez moi: depuis hier, je suis l’heureuse détentrice d’un splendide combiné micro-ondes-four-grill, s’il vous plaît!
A moi les tartes, les gateaux, salés, sucrés, les gratins, tout ce que j’ai presque oublié depuis que j’ai emménagé et que je vais redécouvrir avec émerveillement et impatience!
Forcément, à un ou deux bémols près, en toute logique:
La première, qui ne devrait normalement pas affecter la bonne marche de mon engin de guerre (encore que…), sa taille: disons que j’ai une cuisine aussi grande qu’un placard, et que mon acquisition fait une taille plutôt imposante. Je dois donc choisir entre les gratins ou la vaisselle, à peu de choses près, et surtout surtout ne pas envisager de me tourner de façon intempestive pendant que je suis en train de cuisiner….Mais j’ai beau chercher, je ne vois pas où je pourrais le mettre: dans la salle de bain pour surveiller la cuisson pendant que je me douche? Dans la pièce principale, sans avoir un sens esthétique à toute épreuve, ça me fait un peu râler….Et le choix s’arrête là. Donc je laisse en l’état pour l’instant et j’aviserai à l’utilisation.
La seconde, un poil plus gênante: trouver le mode d’emploi. Qui ne m’a pas été fourni avec l’objet (vente sur petite annonce, c’est une occase, on ne peut pas tout avoir non plus, hein). Il va me falloir bidouiller les différents boutons qui m’ont été succinctement décrits par le vendeur qui franchement s’en est tellement peu servi que c’est tout juste s’il savait l’utiliser en mode micro-ondes…pas de bol, ce n’est pas cette fonction qui m’intéresse en priorité!
Je me vois d’ici, avec angoisse, sortir une tarte grillée, un poulet au micro-onde et un bol de riz passé au four. Les premiers essais vont nécessiter de la patience et surtout une bonne dose d’aliments de réserve au vu des ratages qui seront probablement inévitables. Internet, mon ami de toujours, ne semble pas enclin à m’aider non plus sur ce coup, vu qu’il ne m’offre qu’un minimum d’informations sur mon achat, et surtout pas un mode d’emploi. Bref, ça va être le règne du “débrouille-toi toi-même”, ce qui devrait, au moins, provoquer la production de quelques petits billets humoristiques dans ces pages….Ou pas, si d’un coup je me découvre capable d’une maîtrise parfaite d’un combiné four-micro-ondes, sait-on jamais, je cache peut-être ça au fond de mes gênes….
Première étape, quand même: acheter un plat à tarte et gratin, ça peut aider!
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8.4.2008 par Flo.
Je suis ici, et ailleurs à la fois. Le corps présent, les pensées qui s’envolent à chaque instant de la journée vers d’autres lieux.
Je rentre chez moi après un week-end d’absence, je retrouve à la seconde mes habitudes, les gestes quotidiens, et pourtant je vois les choses d’un autre regard, comme si, subtilement, un peintre était venu changer la tonalité des couleurs, si délicatement que rien n’est visible au premier coup d’oeil. Mais les sensations sont présentes, un peu déroutantes et pourtant si chargées de positif.
Je me sens tel un papillon qui vole d’un endroit à l’autre, s’y pose, s’y délecte, repart, revient. J’aime ces sensations et ces découvertes, j’aime ces semaines remplies qui m’emportent dans un tourbillon. J’ai quitté ma chrysalide et je teste mes nouvelles ailes, avec prudence et émerveillement.
Je suis ici et ailleurs, la tête dans les nuages, contemplative, à vivre chaque seconde qui s’écoule en essayant de la savourer comme elle le mérite.
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4.4.2008 par Flo.
Ca fait quelques jours que je flotte dans cette autre réalité, dans cette forme d’entre-deux un peu surprenant…
Quelques jours que régulièrement, plusieurs fois dans la journée, j’ai des sensations de “déjà-vu”. Sur un paysage, une situation, une émotion, quelque chose de totalement fugitif, un peu comme une caresse, ou même plus un souffle d’air qui s’approche, me frôle, repart aussitôt, à peine mon esprit posé dessus. Ce n’est pas désagréable, c’est un peu intriguant, je ne cherche pas à comprendre plus que ça, mais ça me laisse interrogative.
Des souvenirs, aussi, reviennent à moi, mais tellement brefs que je serais incapable de les évoquer, d’en parler. De toutes les périodes, de ma plus petite enfance mêlée à mon adolescence, des visages qui s’approchent de moi, qui s’emmêlent. J’aurais envie d’en parler ici, d’écrire, peut-être est-ce le soleil, la douceur printanière de ces deux derniers jours qui me font penser à parler de mon enfance, je l’ignore, mais c’est encore trop léger, trop impossible à saisir. Des images si brèves, comme des instantanés qui me sont présentés, pour s’effacer, laisser place à tout autre chose, d’autres émotions, d’autres pensées.
Et replonger dans l’instant présent, dans ce que j’ai interrompu une brève fraction de seconde pour me laisser porter par ce courant; revenir à un geste suspendu, continuer la journée, un sourire un peu étonné aux lèvres, jusqu’à la prochaine pause…
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2.4.2008 par Flo.
13 ans de permis, un peu moins de conduite, il fallait bien que je baptise mon assurance un jour.
Un 1er avril pour avoir le sens de l’ironie, pour le sens de l’humour on repassera, du moins quand j’aurai digéré la pilule, la facture de l’assurance et celle du carrossier probablement, malheureusement.
Journée confuse, fatigue latente, lutte contre une migraine insistante et persistante, contre un mal de dos non moins accroché et douloureux, contrariété passagère et ce mélange plus tard, il a suffi d’un moment d’inattention (forcément), d’une errance dans des rues inconnues pour tenter désespérément de retrouver mon chemin (en général j’arrive à atteindre un point, mais en repartir pour rentrer chez moi reste toujours du domaine très aléatoire, j’y parviens hein, 3 tours de périph plus tard et après des kilomètres de détours) pour que ma Corsa fonce aile droite la première dans le pare-choc du type que j’avais civilement laissé passer devant moi 3 secondes auparavant. Qui a eu l’excellente idée de vouloir tourner à droite, mais de piler devant une autre voiture issue de je ne sais où et que je ne pouvais absolument pas voir, au vu de mon état personnel ainsi que de la situation géographique.
Bref.
Peu importe, j’ai goûté aux joies du constat à l’amiable, et je m’apprête à entreprendre le long et douloureux chemin des démarches d’assurances, du malus que je vais me payer (à une période où j’envisage de m’assurer en moto, c’était la meilleure chose qui pouvait m’arriver, sans aucun doute), et du garagiste à qui je vais devoir céder une partie de mes finances. J’en tremble d’avance, et sincèrement, pour commencer le mois d’avril, j’aurais apprécié avoir des nouvelles un peu plus ensoleillées et joyeuses…
Y’a des poissons d’avril qui font un peu plus rire que d’autres, là j’ai tiré la mauvaise carte. Moral un peu en berne, ça passera…
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1.4.2008 par Flo.
L’heure d’été et moi, on n’a jamais vraiment été copines. Ca paraît ridicule à dire comme ça, pour une petite heure, mais rien à faire, j’ai toujours eu du mal. Si mon organisme s’adapte sans broncher à l’heure d’hiver, le passage du mois de mars est beaucoup plus aléatoire.
Déjà, et non des moindres, le fait de me réveiller à nouveau en pleine obscurité. C’est un peu comme replonger en hiver, la difficulté de se tirer du lit alors que je commençais à peine à me faire aux joies d’ouvrir les yeux aux rayons de soleil, de laisser la clarté envahir ma chambre, et écouter les premiers pépiements d’oiseaux. Et je ne parviens pas à compenser cette sensation par la luminosité plus longue et plus tardive du soir; j’en profite, oui, j’en profiterai de plus en plus même, mais les 2-3 jours qui suivent le changement d’heure me voient ronchon, déphasée, décalée, une vraie gamine.
Pourtant je n’ai jamais autant espéré les beaux jours, appelé le printemps que ces dernières semaines. J’ai besoin de soleil, envie de longues balades dans la tiédeur et la nature qui se réveille, j’aspire à ce réveil général, je le guette, je l’attends. L’illusion de régression que me donne ce petit bouleversement n’est peut-être qu’un prétexte pour exprimer mon impatience, mais je ne peux que constater que physiquement et moralement, il me faut quelques jours pour m’adapter, là où le retour à l’heure d’hiver se fait bien plus naturellement et dans la fluidité. Et chaque année, je me dis que ma réaction est particulièrement exacerbée, pour finir par me résigner à l’idée que j’ai un mauvais moment à passer, et que je vais finir par prendre le pas, parce que de toute façon, hein, on n’a pas le choix.
Bon, pour éviter de jouer la mauvaise foi jusqu’au bout, j’ai de la chance: je ne me lève pas si tôt que ça, je n’ai que quelques minutes nocturnes encore à supporter, le temps en gros de sortir de la douche. Et je vais avoir droit à de beaux levers de soleil sur la route du boulot, ça devrait au moins me consoler le temps que les jours rallongent encore et que je n’aie plus d’excuse pour râler un peu.
On refait le point dans quelques temps!
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