Je ne pensais pas écrire ça un jour, mais j’ai réalisé hier que je prenais plaisir à cuisiner.
Pourtant je reviens de loin, n’ayant jamais eu dans mon enfance de goût marqué pour tout ce qui était nourriture. Limite on m’aurait proposé une capsule pour me nourrir, ça m’aurait convenu. Je considérais les repas comme des pertes de temps, et je n’avais aucun intérêt pour les saveurs ou dégustations.
Et puis il a fallu que je vive avec un gourmand, aussi bien capable de se baffrer de spaghettis au ketchup que de passer une demi-journée aux fourneaux pour préparer un repas de fête. Qui aimait l’invention, la recherche des combinaisons de goût, la découverte des épices, de nouvelles recettes. Il ne m’a vraiment pas laissé grand chose de positif, mais cet héritage-là, je l’ai conservé, et je ne le regrette pas.
Hier en rentrant tard après une journée dense de travail, j’ai réalisé que j’avais besoin de me détendre. J’avais de quoi manger déjà, je n’avais même pas spécifiquement faim, mais j’ai spontanément pris mes casseroles, mes couteux, et me suis concoctée un tout petit plat sans aucune prétention; il m’a occupée une demi-heure et m’a permis de faire la transition entre le stress professionnel et le calme de mon chez-moi. Je suis très loin d’être une bonne cuisinière, ça ne m’arrive pas quotidiennement, ce qui implique que je peux également passer une bonne dizaine de minutes désespérée devant mon frigo rempli, sans inspiration, et terminer au mac do. Je n’aime pas la contrainte de devoir trouver au moins un repas par jour, que je n’ai pas encore dans ma vie de célibataire. Mais j’aime cuisiner pour d’autres, aider à préparer aussi, sans avoir à prendre d’initiative.
J’ai su découvrir la cuisine comme un moment chaleureux, de partage et de détente.
Il ne me manque maintenant que le talent et l’originalité quotidienne.