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Archive pour 1.7.2008

Des madeleines de Proust

Il y a d’abord eu ce fer à souder. Qui d’un coup, m’a reprojetée dans un passé complètement oublié. Ces moments où je pénétrais dans la pièce de mon grand père, surchargée d’appareils en tous genres, des plus vieilles télés aux premiers transistors. Semi-pénombre, et lui à sa table, la radio allumée, les lunettes sur le front ou devant les yeux qui travaillait avec une patience infinie, sans un mot, sur tous les fils qui débordaient de partout. Je me souviens précisément que je restais des minutes entières à côté de lui, silencieusement, à le regarder opérer. Il avait ce fer à la main, l’appliquait sur les câbles, et l’odeur devenait plus forte, cette odeur de métal surchauffé, si particulière.
J’ai réalisé, en retrouvant cet instrument ce week-end, que j’étais passée à côté d’un apprentissage. Et, plus tristement encore, que j’étais passée à côté de la relation avec mon grand père, qui a ressurgi ainsi au détour d’un établi.

Puis ce retour au milieu des champs, au milieu de la nuit. Une odeur de terre gorgée d’humidité si puissante, qui m’a rappelé mon pays natal, la campagne juste après la pluie. Les champs à perte de vue, les étoiles luisantes dans le ciel noir, les lumières de la ville au lointain nous permettant de chercher les constellations, tenter de les reconnaître. J’aime la région où je vis pour les flashs qu’elle me présente à chaque détour de petite route, face aux montagnes, à côté d’une rivière, si proche du pays où j’ai grandi, m’offrant les mêmes couleurs, les mêmes odeurs, les mêmes tonalités.

Enfin cette ballade au bord du canal avec mes parents. L’odeur de leur crème solaire me rappelant toutes mes vacances d’enfant avec eux. La chaleur étouffante, brûlante qui m’a fait chercher, quelques instants, la mer des yeux, le sable, le parasol. Les bruits étouffés par la canicule, l’impression d’avancer au ralenti, de laisser le corps s’adapter au rythme de la journée, passer sous la douche en fin de journée pour se rhabiller et sortir au restaurant dans une relative fraîcheur. Manger sur la terrasse en contemplant le ciel qui pâlit, le soleil qui s’enfonce dans l’horizon, en sentant une libération arriver avec la baisse de la chaleur, en voyant les gens revivre.

Oui, il y avait un goût très proche de vacances ce week-end, et une plongée dans le passé à laquelle je ne m’attendais pas un instant.

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