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Archive pour 9.9.2008

Petites considérations antropologiques

Je devisais il y a plusieurs mois avec une amie d’enfance, vraiment d’enfance, de celles qu’on a connues au berceau.

Expatriées toutes les 2, mais largement pas dans le même pays, nous parlions de notre contrée natale, de nos ressentis lors de nos retours plus ou moins fréquents, de la façon dont nous percevions nos ex-compatriotes, de l’idée que nous nous faisions de la vie là-bas (enfin ici pour ce qui concerne le moment où je vous écris), si nous pouvions envisager d’y (re)vivre.
La réponse était fermement négative en ce qui me concernait, sans pour autant parvenir à aligner des arguments très convaincants, si ce n’est “je ne m’y sens pas à ma place, ça ne me correspond pas”, celle de mon amie était plus mitigée, il faut dire aussi que cette perspective semble plus ou moins se concrétiser, pour une durée encore inconnue.

Et puis je me souviens aussi qu’elle m’avait fait une réflexion sur la tyrannie du look. L’obligation qu’elle ressentait, à chaque fois qu’elle revenait, d’être bien fringuée, bien sur elle, d’avoir une ligne parfaite, un beau maquillage, une belle coiffure. Les apparences avant tout, le jugement du regard extérieur, la pression des autres quand on ne correspondait pas aux canons de la mode et du moment.
Je ne l’avais pas ressenti aussi fort, je n’y avais pas pris garde, je n’avais pas relevé si ce n’est pour comprendre ce qu’elle m’expliquait.

Et puis aujourd’hui, à une période où l’apparence physique est un sujet délicat pour moi parce que je peine à faire la paix avec moi-même, mon image et mon corps, je me retrouve dans ces rues, et chaque personne, homme ou femme que je regarde, me semble tiré à 4 épingles et répondre à toutes les “normes” en vigueur dans tout bon magazine de mode qui se respecte. Et d’un coup me revient à l’esprit cette discussion, et la justesse et la pertinence des réflexions qu’avait eues mon amie. Et je réalise que je n’aime pas ce qui se dégage, je n’aime pas ces attitudes de m’as-tu vu, et que tout cela pourrait apporter encore plus d’eau à mon moulin sur le fait de me sentir incapable de revivre ici dans un avenir proche ou même plus lointain (et puis de toute façon j’ai bien d’autres arguments encore plus importants qui donnent de l’eau à ce sujet).
Cela dit, j’ai bon espoir de pouvoir rapidement m’apaiser en ce qui concerne ma petite personne et mon reflet dans le miroir, et donc parvenir à passer sur ce sentiment de gêne et de malaise que je ressens, mais n’empêche, ça reste très présent à mon esprit.

Cet après-midi je vais quand même faire les boutiques, et 2 scénarios vont se présenter: soit le désespoir le plus absolu parce que rien ne m’ira et ça ne fera que me conforter dans mon schéma négatif, ou alors je me venge, de rage…A suivre!

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