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Archive pour 12.9.2008

Dernier jour

Voilà, la semaine s’achève.
Dire qu’elle est passée très très vite, c’est vrai, et c’est de toute façon vrai dans ces lointaines contrées où tant de choses sont à faire quand on n’y monte qu’en moyenne deux fois par an.

Je repars ce soir, et j’aurai un peu le blues, c’est sûr, parce que quitter ces lieux paradisiaques et sereins me laissent toujours un pincement au coeur. Mais je me dis aussi qu’ils ne sont paradisiaques et sereins que parce que je n’y reviens que peu de fois; je le sais, si j’avais à gérer un quotidien ici, leur magie disparaîtrait rapidement.
Je repars avec impatience, l’impatience de ce qui m’attend là-bas, parce que mon chez-moi m’a manqué et que j’ai des choses à y construire, à y vivre, il est plus que temps.

Je repars sans avoir pu aller chatouiller les montagnes de plus près, je le regrette mais ce n’était pas propice. Le rendez-vous est donc pris pour notre prochaine venue, et ce sera soit à pied, soit sur des skis, mais il sera incontournable.
Je repars avec, comme dernière nuit, un splendide orage digne de ces contrées. Des éclairs qui ont dû illuminer le lac dans son ensemble, le tonnerre qui a roulé au milieu des parois montagneuses, je me serais volontiers relevée si ma nuque douloureuse ne m’avait pas intimé l’ordre de rester allongée (la tête pèse très lourd dans ces cas). Je me suis donc contentée d’écouter avec délectation, souvenirs de mon enfance.

Aujourd’hui pour mon dernier jour, le ciel d’orage, noir de rage, chatouille le lac qui se pare des couleurs de plomb et décline à sa manière si particulière la palette des gris. L’humidité est palpable et présente à chaque pas, et je m’amuse à essayer de deviner, au loin, la côte française, visible selon les humeurs du brouillard qui lèche les bandes de terre. J’espère que cet après-midi, pour une dernière balade, le temps se lèvera, me permettant de contempler une dernière fois la vallée au loin, et les derniers sommets, pour les emporter comme une photographie jusqu’à mon retour…

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