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Archive pour 30.9.2008

Basilic vs Estragon

Oui, donc j’essaye tant bien que mal de cuisiner selon mon inspiration du moment, plus ou moins originale.
Je m’y efforce aussi parce que j’ai plaisir à faire plaisir, parce que c’est aussi un moyen de laisser une petite trace pendant la semaine, de petits gestes, de petits messages. Et que cuisiner pour d’autres apporte une saveur et un bonheur supplémentaires, sans aucune hésitation.

Je fais des essais, pas tous réussis et de loin, je goûte à ces moments de détente, et un peu aux plats aussi, quand même. Sauf que j’ai généralement la manie de grignoter pendant chaque phase de ma préparation, et que lorsque tout est enfin prêt, cuit, mijoté, je n’ai plus du tout envie ni faim.

Mais dans tout ça, il faut bien que je pousse mon petit coup de gueule.
Maintenant que je me prends pour un grand chef, que j’ai les chevilles qui enflent et la toque qui pousse, j’exprime haut et fort ma rébellion: chaque fois qu’il me vient une idée de bon petit plat, celui-ci est fatalement accompagné d’une épice ou d’une petite herbe fine. C’est logique, après tout c’est ce qui fait la différence entre le fade et le goûteux, le plaisant et le commun. J’aime découvrir ces mariages, utiliser ces ingrédients un peu au hasard et me rendre compte que c’est complétement foiré, ou alors une pure réussite (la 2ème proposition me satisfaisant quand même bien plus, on le comprend).
Or, il est totalement impossible de trouver autre chose que le basic persil, ciboulette, basilic ou thym dans les magasins. C’est à s’arracher les cheveux, dès qu’il s’agit de sauge, d’un peu d’estragon ou d’ ingrédients aussi hallucinants que des graines de moutarde, c’est mission impossible! J’arpente les allées, je fouille dans tous les stands, en vain.
Alors oui , je sais, quand on aime et qu’on cherche ce genre de subtilités, on fait l’effort d’aller au marché, de tâter du frais, de humer et de choisir des bouquets entiers. J’en suis bien consciente, mea culpa d’ailleurs de ne pas encore l’avoir fait.
N’empêche.
N’empêche, de là où je viens, ça se trouve dans les rayons de chaque moyenne surface (je ne parle même pas des grandes!). J’y suis retournée il y a peu, et me suis émerveillée devant l’embarras du choix que le rayon frais proposait. Je me suis une fois de plus demandé ce qui changeait dans la culture culinaire, alors que la France est quand même plus que réputée pour être le pays du goût, mais dans lequel le moindre ingrédient un tant soit peu original devient introuvable au-delà des étals du marché ou boutique ultra spécialisée.
C’est certes merveilleux pour la pérénité et la tradition de ces lieux de magie, mais quand même tout à fait dommage pour la popularisation des nouvelles saveurs…

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