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Archive pour 8.10.2008

Interrogations félines

Mon bon gros matou ne se fait pas aux changements.
De nous tous, c’est celui qui ne profite pas de tout ce que nous vivons actuellement.
Et ça a l’air idiot comme ça, mais ça met une grande ombre au tableau, devant laquelle je me sens totalement démunie.

Oui, c’est sûr, il a perdu en espace vital. D’un coup le voilà contingenté à un appartement, certes grand (bien plus que tout ce qu’il a pu expérimenter jusqu’ici, mis à part une jolie maison de campagne provisoire), mais plus du tout au rez de chaussée. Donc adieu chasse aux oiseaux, insectes et autres taupes qui passaient dans le coin.
Mais je me disais qu’inversément, ce qu’il allait perdre en territoire, il le gagnerait en présence; c’est un chat qui a toujours été très casanier, et surtout très demandeur de présence humaine. Et au vu de mon rythme et de mes absences répétées de ces derniers mois, je craignais qu’il en souffre, au point de faire son baluchon et prendre la tangeante.
C’est vrai aussi, quand on a trouvé cet appartement, j’ai pensé au problème du chat. Je me suis demandé comment il vivrait l’exil à l’étage. Mais je n’ai pas hésité longtemps, d’abord parce que l’opportunité était telle qu’on ne pouvait pas se permettre de passer à côté pour des considérations félines, et parce que je me disais que royalement, il allait bénéficier d’une présence quasi 24h sur 24 au vu de nos roulements décalés, ou pas loin.

Prise en flagrant délit de raisonnement bien trop humain, probablement.
Depuis que nous avons emménagé, je le sens un peu stressé, avec du mal à prendre ses marques.
Au premier caca (désolée pour la poésie, mais c’est ça) hors de sa caisse, je n’ai rien dit, sachant que c’était souvent son moyen d’exprimer son bouleversement.
Au deuxième, j’ai haussé le ton et pris encore sur moi; au vu du temps qu’on passait à tout déballer, je n’arrivais pas à lui offrir un lieu intime pour sa caisse, et il continuait à être baladé.

Sauf que ça a commencé à devenir récurrent. Et que même maintenant, alors que tout est en place et qu’il est supposé avoir ses marques, il continue d’exprimer son mécontentement de la même manière. Et de façon de plus en plus fréquente.
Et je continue, moi, à être complètement prise au dépourvu.
Balançant entre la tristesse de ne pas trouver de solution pour mon compagnon de route, fidèle et témoin de tant de choses, et l’option qui se profile et à laquelle je suis totalement incapable, à l’heure actuelle, de me plier.
Alors oui, si dans un moment (ne me demandez pas d’en définir la durée, je vous en supplie) je réalise que malgré ma meilleure volonté je ne parviens pas à une solution, il faudra que je pense à son bonheur, son bien-être avant le mien. Que j’accepte de rentrer le soir et ne pas trouver sa présence, parce qu’il sera plus heureux chez d’autres, qui sauront lui offrir ce qui lui manque probablement trop aujourd’hui: un jardin, une campagne, une présence encore plus attentive, qu’en sais-je…
En attendant, il faut que j’essaye d’inverser ce rapport de forces que nous commençons à systématiquement avoir. Lui consacrer encore plus de temps et d’attention, de câlins et de moments de jeu; devoir comptabiliser du temps passer avec mon chat est quelque chose qui m’est assez étranger, mais si c’est à ce prix-là que je peux sauver notre relation, alors ça en vaut le coup.

Et je suis preneuse, aussi, de tout conseil ou témoignage. Parce que j’avoue, je suis triste, et je ne sais surtout pas quoi faire…

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