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9.10.2008 par Flo.
Pour commencer, considérer que cette semaine, je suis une Marseillaise puissance 10. Mauvaise période pour moi, j’ai beau lutter, tout ce que je perçois est amplifié de façon exponentielle, et passe par un filtre de mélange hormono-physiologique qui a tendance à rendre le gris clair d’un noir de geai. Et pire, le jaune fluo n’en est pas plus lumineux, mais se pare d’un beau brouillard tout aussi déprimant.
Bref….
Réveil difficile, donc, et pluie. Donc circulation impossible; donc manque de motivation accru pour quitter les draps chauds et les bras confortables.
Arriver au boulot, et assister à une énième discussion devant machine à café avec des collègues, qui ne se lassent pas de taper sur le patron. Ca ne me concerne pas directement, n’empêche… Plus le temps passe, plus j’ai la sensation de jouer le rôle du fusible. Je me rends à l’évidence, je ne parviendrai pas, telle superwoman, à ramener la paix dans ce petit cercle sous tension, n’en déplaise à mon orgueil. Quel miracle va-t-il falloir pour réconcilier deux parties qui s’éloignent de plus en plus? Et surtout, quelle sera ma place là au milieu? Je suis pour l’instant au mieux avec tout le monde, mais est-ce que ça peut durer? Ca me travaille, ça me tracasse, de plus en plus…
Et puis la crise, dont on commence à nous rabacher les oreilles. Et puis les petits soucis de tout un chacun, et mon manque d’envie d’être diplomate, compréhensive, à l’écoute. Où est la grotte, que je puisse m’y terrer et commencer mon hibernation?
Retour à la maison, pleine de bonnes intentions. Arrivée, à peine posée, le réflexe habituel, ouvrir mon mail, lancer ma messagerie, et tout qui plante. Ce n’est pas mon pc, j’ai toujours peur d’y toucher, et W.indows y met son grain de sel: écran bleu, angoisse d’avoir bidouillé ce qu’il ne fallait pas, à l’heure où des données viennent d’être nouvellement stockées et où toute perte serait irréversible.
Ca aurait été ma machine, j’aurais commencé de la même manière: crier, m’insurger, fairer pleuvoir sur la chose tous les noms d’oiseaux qui me passent par la tête. De façon plus longue et plus soutenue au vu de la période, voire début de mon billet pour cela. Puis je me serais assise, j’aurais pleuré misère, invoqué tous les saints bidouilleurs de la terre, me serais résignée, aurais fini par en rire, parce que pas trop le choix de toute façon et qu’il vaut mieux terminer ainsi.
Prenez la recette, et répétez-la jusqu’à la dernière phrase. J’ai fini par m’asseoir, j’ai invoqué tous les saints bidouilleurs de la terre, et j’ai stressé, parce que ce n’était pas à moi, et que je déteste mettre le souk dans quelque chose qui ne m’appartient pas. Et que je ne suis pas capable de réparer, et qu’il faut que je lâche prise, et bon dieu, qu’on me fiche la paix avec cette idée totalement incompatible avec l’humeur du moment.
Cerise sur le gateau (si je puis m’exprimer ainsi), mes belles intentions de caresses au chat s’étant envolées avec ce contre-temps, celui-ci a su attirer mon attention à la manière qu’il maîtrise le mieux ces derniers temps. C’est ainsi que 10 minutes plus tard, après hurlements contre la bête qui ont dû résonner jusqu’en bas de l’immeuble et affoler les voisins d’en face (et je ne parle pas de l’état dudit chat, tant j’ai honte…), je me retrouve sur le plancher à nettoyer ce qu’il faut, en contemplant un bel écran bleu Windows.
C’est à ce stade que je comprends que le seul moyen de calmer la cocotte minute qui menace d’exploser dans ma poitrine et dans mon crâne est de chausser mes baskets et aller me défouler au bord du canal; je me retrouve dans la quasi obscurité à courir une quarantaine de minutes, ça me fait du bien, ça m’apaise, je reviens plein de bonnes idées et d’une jolie recette que j’entreprends, jusqu’au moment où je réalise que je n’ai plus d’oeufs alors qu’il m’en faut. Et forcément pas de oueb pour trouver une alternative.
C’est là, Messieurs Dames, qu’on se bénit quand même de garder de bons vieux livres de cuisine, certes antiques et dépassés, mais qui peuvent sauver ce qu’il reste encore à sauver.
Je finis de gratiner le plat, que je ne goûte même pas, écoeurée d’avoir trop grignoté et de m’être trop énervée.
Et je fais la seule chose intelligente qu’il me reste à faire: je vais me coucher, avec un bon bouquin, en me disant que la journée suivante ne pourra pas être pire, voire même ne pourra qu’être mieux.
C’était mieux, je confirme….
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