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28.11.2008 par Flo.
Taggée par Zelda, donc, me voilà à devoir trouver un objet fétiche, un objet qui ne me quitte jamais, qui me rappelle des souvenirs…Si j’ai bien compris, une chose de tout ça, ou tout en même temps si possible.
Sauf que je crois que chez moi ce n’est pas aussi simple. Parce que je ne pense pas être matérialiste, du moins pas pour ça. Parce que la vie, chez moi, s’est chargée de me prouver qu’il ne fallait pas que je m’attache aux choses, et que si j’ai du plaisir à avoir certaines affaires, ne plus les avoir n’est pas un drame.
Peut-être que ça me manque, en fait, de ne pas avoir un point de repère. Un objet qu’on balade où qu’on aille, quoi qu’il arrive, qui traverse tempêtes, tourments et bonheurs.
Mes parents ont Belphégor. Belphégor, c’est un affreux, un immonde petit chien, minuscule, même pas en peluche, même pas en bibelot, un entre-deux du genre basset à poils ras. Qui a une histoire que j’ai oubliée, mais qui se retrouve dans chaque valise, chaque sac de voyage, qui a quand même le bon goût d’être planqué dans un tiroir à la maison, mais qui ressurgit dès qu’il y a mouvement des deux, de l’un ou de l’autre (c’est ainsi qu’il me suffit de partir en week-end avec eux et de passer dans leur chambre d’hôtel pour dire bonjour à Belphégor).
Ca m’amuse, ça fait partie des petites choses qui m’émeuvent chez mes parents, leur attention à des traditions, de petits liens qui sont présents et perdurent.
Quant à moi…Changer de ville, déménager, parfois dans l’urgence, toujours à l’arrache, en oubliant des affaires, en repartant de zéro, en laissant ma vie derrière moi, m’a prouvé que non, résolument, rien ne me retenait de matériel. Je prends soin de mes animaux, j’ai gardé des plantes, tant bien que mal, mais ce ne sont pas des objets fétiches.
Je n’ai rien reçu non plus comme bijou qui ne me paraisse indispensable. Certes, j’ai récemment cassé ma chaînette que je portais quasi en permanence, j’ai pesté, mais précieusement gardé mon pendentif, et je rachèterai une chaîne prochainement. Je regretterais la perte dudit pendentif (cadeau symbolique pour mes 30 ans), mais ce ne serait pas un déchirement. Ma mère m’a légué quelques bijoux familiaux, j’en prends soin, sans pour autant y avoir placé une immense valeur affective.
L’objet qui ne me quitte jamais, ce serait peut-être mes clés. Sur mon trousseau, j’ai des clés qui viennent de partout. Le trousseau fait le double de ce qu’il pourrait être: clés de chez mes Amis, clés de la maison. Des petites clés qui ne servent plus et que je ne pense pas à enlever, une clé qui date du coffret secret en bois que j’avais toute petite….
Ce n’est pas de l’affection, ça me rassure d’avoir ces clés sur moi. Symboliquement peut-être, mais aussi parce que j’ai toujours eu des clés sur moi, depuis très jeune, pour des raisons déjà évoquées dans ces pages.
Alors oui, je me sens vide quand je ne les ai pas. Je les ai perdues, une fois, il m’a fallu deux ou trois jours pour m’en remettre, tout autant pour me réapproprier ce nouveau trousseau, trop différent, nouvelles formes, nouvelles couleurs, moins patiné.
Peu m’importe le porte-clé, d’ailleurs je n’en ai plus, je me dis toujours que j’aimerais en racheter, et je n’y pense pas.
Ca ressemblait un peu à une réponse qui n’en est pas une….A mon tour d’interpeller donc Chiboum et Leeloolène, si elles ne le reçoivent pas d’ailleurs….
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27.11.2008 par Flo.
Je m’interroge quant au fait d’arriver, un jour, à remettre toutes les pièces du puzzle à l’endroit.
Il va bien falloir, dès lors que j’aspire à me libérer de l’histoire familiale pour prendre mon propre envol et enfin écrire mon histoire, en restant raisonnablement et juste ce qu’il faut liée à mes parents.
Je me demande si un jour, je saurai prendre la distance suffisante pour ne pas me sentir affectée lorsque j’apprends que mon père persiste dans ses rancunes, et que ma mère ne parvient pas à jouer d’autre rôle qu’un intermédiaire qui encaisse sans savoir rendre ou prendre le recul nécessaire.
Je me pose ces questions assez posément, ce qui est probablement plutôt bon signe.
Je me les pose aussi à l’heure où plein de choses autour de moi font que je m’interroge sur le rôle de parent, ou plus largement d’être une adulte par rapport à des enfants.
On me tend plein de miroirs et de situations de manière à ce que je tire des conclusions. Tout ce que j’arrive néanmoins à faire, jusqu’ici, est de me sentir furieusement adolescente et sans aucune maturité pour assumer tout un tas de choses qui devraient, à mon âge maintenant respectable, me paraître naturelles.
Je mesure encore le chemin que j’ai à faire, la distance que j’ai à parcourir pour arriver, peut-être un jour, à cet apaisement.
Et ça commence là, au pas de ma porte, après un long téléphone qui a alterné entre légèreté et gravité…
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25.11.2008 par Flo.
Je travaille avec un Martien.
Il n’est pas vert, il n’a pas les oreilles de M. Spock ni la voix de R2D2, mais s’il arrivait un jour en soucoupe volante, je ne serais même pas surprise.
Pour vous planter le décors, l’homme qui partage donc 5 jours sur 7 mon petit espace vital, qui est à moins de 2 mètres de moi et qui est quasi mon binôme, ou du moins mon complément professionnel, est un garçon qui a décidé qu’au-delà des années 70, le quotidien n’avait plus franchement d’intérêt.
C’est quand même le mec qui m’a regardé un bon 15 octobre et qui m’a dit “mais au fait, c’est bientôt les élections américaines non? Et puis alors, qui se présente?” Obama, il avait vaguement entendu parler, Clinton ne lui était pas totalement inconnue, par contre il ne fallait pas lui parler du reste.
Je pense qu’il a été le dernier avisé qu’il se préparait quelque chose comme un furieux tremblement de terre financier dans le monde…Il a dû se réveiller d’un coup le 20 novembre et se dire qu’à force d’entendre parler de la bourse, oui, c’est qu’il y avait un sens. Il est arrivé tout fier le lendemain, après la pause de midi, et m’a dit quelque chose comme “ah, j’ai entendu, j’ai retenu il fallait que je te le dise, mais je ne sais pas ce que ça veut dire quand même: la bourse a perdu 6 points!”
…
Je vous jure, je n’exagère pas.
Et c’est un type qui me fait furieusement rire. Il a beaucoup d’humour, une très belle manière de relativiser et de prendre de la distance. Sa vie à lui, c’est le jazz de la côte est des Etats Unis des années 60 aux années 70. Il est fasciné par la musique, il adore la cuisine et tous les produits naturels. Ensemble, on s’est mis à goûter du chocolat en faisant la traque aux arômes artificiels.
Dans cet univers furieusement masculin, il apporte une touche de délicatesse et de sensibilité qui doit me permettre d’avoir un certain équilibre et de ne pas trop ressentir le manque d’une oreille féminine qui, même pour moi, peut parfois être agréable. Ensemble on parle de ses enfants, des dernières recettes qu’on a testées. Il me raconte qu’il fait le marathon, mais qu’il s’est pris une cuite la veille au soir avec ses invités.
Hier, j’ai osé faire une minestrone contre son avis, à savoir sans pistou et sans parmesan. Ca n’a pas loupé, il n’avait pas oublié et m’a demandé si je l’avais réussie, je lui ai avoué mon forfait du bout des lèvres en pensant qu’il allait me bannir de toute conversation culinaire.
Mais bon, il n’est pas comme ça.
Et puis, quand on touche à des sujets qu’il aime et qu’il maîtrise, c’est un puit de culture. S’il aime avant tout le jazz (et depuis que je travaille avec lui je n’ai jamais autant écouté de morceaux inaudibles…mais de belles choses aussi, puisqu’il est branché via le web sur une radio américaine spécialisée dans sa période de prédilection), il a une culture musicale digne des plus grands musicologues universitaires. Il joue du Sax mais ne doit pas être loin d’avoir l’oreille parfaite et reconnaît n’importe quel instrument, dans n’importe quelle oeuvre.
C’est ainsi que tout fier, il s’est pointé ce matin en me disant qu’il avait été écouter un concert fabuleux hier soir, et que l’orchestre avait repris, à sa sauce et avec beaucoup d’humour, le “Carnaval des Animaux” de Saint Saens.
Et là d’un coup, vouf, j’ai pris dans la tronche une bonne vingtaine d’années. Je me suis revue assise devant le bon vieux tourne-disque de mes parents, avec dans les mains le 33 tours de cette musique qui m’amusait follement, parce que je jouais à reconnaître tous les thèmes, tous les animaux.
L’oeuvre dure une vingtaine de minutes, autant dire un temps tout à fait honorable pour un enfant et son temps de concentration. Elle a ceci d’accessible qu’elle parle énormément à l’imaginaire, et qu’elle est parfaitement mélodieuse. La preuve, j’en fredonne encore volontiers des passages lorsqu’ils me reviennent en mémoire, et elle m’a marquée au point que j’en avais les larmes aux yeux ce matin, lorsque je me suis réécouté la totale depuis mon pc.
Donc ni une ni deux, je pense que l’acquisition prochaine du cd se profile à l’horizon. Et ça tombe super bien, parce que dans la foulée, certains proposent sur le même opus “Pierre et le Loup” de Prokofiev, qui est une autre madeleine de Proust musicale pour la gamine que j’étais…
Alors non, je n’ai pas beaucoup travaillé ce matin, l’esprit happé par autre chose. Mais j’en ai profité pour découvrir que ce chef d’oeuvre de St Saens était accompagné d’un texte follement amusant écrit par Francis Blanche, et ça m’a fait beaucoup de bien, avec mon ovni de collègue, de replonger un peu dans la culture musicale classique, que je vais bientôt réapprivoiser de toute façon….
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24.11.2008 par Flo.
C’était un week-end à l’odeur de chocolat et de tarte aux pommes.
Un week-end placé sous le signe de la gourmandise, et puis aussi de la chaleur humaine.
Deux jours où nous avons guetté et savouré le moindre rayon de soleil, frissonné des premiers frimas de l’hiver et des dernières feuilles qui tombent.
Balade dominicale au bord d’un canal aussi sombre que le ciel, retour à l’enfance, le temps de nourrir une canne plus sociable qu’un chien, et qui avait repéré la bonne crèmerie.
Un dimanche soir aux chandelles, avec l’envie d’arrêter le temps, de tout suspendre dans cette minute de bonheur et de simplicité absolus.
Et puis un petit déjeuner ce matin, en tête à tête, pour prolonger encore un peu, jusqu’au bout, le plaisir d’être à 2, raccourcir cette nouvelle semaine qui s’ouvre, rapprocher le plus possible le vendredi soir et profiter de chaque minute qui nous est offerte ensemble.
Et me permettre, à moi, de partir au travail avec le sourire aux lèvres….
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20.11.2008 par Flo.
C’est la seconde partie de l’automne. Celle où il fait humide, frais, sombre…Où l’on sent que la terre a épuisé ses ressources de lumière, et si elle nous offre encore quelques flamboiements magiques, ils sont bien plus brefs, éphémères….je vois une lumière plus métallique désormais, qui annonce l’hiver, les arbres sont presque tous libérés de leurs feuilles, c’est maintenant la mise en sommeil de la nature.
Curieusement, ou peut-être pas tant que ça, je suis à l’image de cette période. Je ressens le besoin de buller, le besoin d’hiberner, moi qui n’ai pourtant jamais eu peur de l’hiver, qui ai même toujours adoré cette saison.
Mais là, j’ai envie de chaleur, d’un feu dans un coin de salon, d’un bon thé chaud sous un plaid, recroquevillé. Je suis fatiguée et je puise dans des ressources qui s’affaiblissent pour me lever le matin, j’aspire en rentrant à aller me mettre au lit devant un livre et avec de la musique, mais je prolonge, un peu bêtement et sans forcément d’utilité, le moment d’aller me coucher. Parce que je sais aussi que je lirai 3 lignes, une page dans les grands jours, avant de sombrer en 2 minutes, en écoutant toujours les mêmes morceaux du cd que je me repasse inlassablement, faute d’en entendre la fin.
Le sommeil n’est guère réparateur, et les week-end trop courts et trop intenses pour que je puisse recharger mes batteries pleinement, malgré tout le merveilleux qu’ils m’apportent.
Ce ne sont pas des plaintes, juste des constats. Qui prouvent que je n’ai pas encore trouvé mon rythme, et peut-être plus largement, le juste chemin qui devrait me porter plutôt que d’être douloureux. Je continue à chercher, et j’essaye d’agir petit à petit, ça viendra, je suis confiante, mais interrogative aussi….
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18.11.2008 par Flo.
Que j’ai pourtant réalisées ces derniers temps:
-J’ai cuisiné un rôti de boeuf avec un peu d’aide quand même; mais moi, je l’ai fait de mes petites mains, et je l’ai plutôt bien réussi. Bon ok, Madame la bouchère m’a gentiment donné le timing, ce qui est quand même l’une des clés de la réussite du rôti, mais n’empêche, je m’en faisais un monde, et puis voilà.
-Je suis montée sur une moto Royal Chestersfield (ce serait pas plutôt une marque de cigarettes ça?) datant de la guerre de Sécession voire plus loin encore, qui fait un bruit pétaradant et avec un casque en demi-bol! J’ai eu l’impression d’entrer dans un film italien pendant le petit kilomètre du trajet, je riais comme une folle toute seule à l’arrière et je devais du coup avoir l’air encore plus ridicule!
-J’ai donc, comme j’en ai longuement parlé ici créé un personnage et joué à un jeu que je ne pensais jamais toucher! Et pire encore, j’ai continué toute seule, avec bien moins de réussite mais n’empêche, je n’ai pas tourné toute seule comme une idiote deux heures durant dans une pièce sans savoir comment en sortir (juste un bon quart d’heure quand même); ok, je suis morte et ressuscitée deux fois (qui a dit tricheuse??), je suis lamentable en terme de timing et de tactique, mais bon, n’empêche, la petite minute d’auto-satisfaction est bien là
-Je m’impose au boulot: je pose les limites, je les fais clairement comprendre, je n’hésite pas à provoquer des explications, voire même je rentre bille en tête dans mes collègues. Seule nana au milieu d’une bande de mecs parfois un peu sauvages, c’est soit ça, soit je me fais bouffer. Et puis pas de bol, il y en a un dans la bande qui a la sale idée d’avoir un comportement qui me rappelle trop une certaine période, et là pas moyen: il paye pour les 8 années que j’ai encaissées, et je suis bien trop intransigeante désormais pour laisser passer ça
-Je vais enfin, d’ici une semaine, avoir une voiture quasi toute réparée, et qui ne fera plus un bruit de formule 1! J’ai fini par empoigner le problème à bras le corps, après une bonne surprise sur le verdict du contrôle technique, j’essaye de garder l’élan et de solutionner le reste…Pourvu que ça dure comme ça, et puis après, il faudra s’atteler au problème de l’administratif italien, qui est une grosse partie à jouer!
-Pour l’instant je tiens le rythme à la piscine, et je n’ai encore noyé personne….Je ne garantis pas néanmoins la pérennité de l’une ou l’autre de ces 2 affirmations!
-Mon chat est enfin à nouveau propre!! Je n’ose pas en dire plus tant j’ai peur de reprovoquer le mauvais oeil sur lui, ses intestins et mon parquet!!!
Ah ben là, il va falloir que je me creuse la tête pour trouver des bonnes résolutions pour 2009…
Quoique, en y réfléchissant…et puis ça fera un sujet pour un autre billet haletant!
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17.11.2008 par Flo.
Il faut le savoir, je ne suis pas une joueuse. Du moins en ce qui concerne les jeux vidéo, jeux pc, je regarde avec intérêt, j’écoute lorsqu’on en parle, mais j’ai beau rester ouverte d’esprit, ça ne m’accroche pas du tout. Je suis globalement, et sans honte, totalement nulle à la manipulation d’une manette ou d’une souris, lorsque je dois conduire une voiture je pars généralement très vite tondre le gazon de mieux en mieux dessiné sur les bords de route, et j’avoue avoir une aversion assez marquée pour n’importe quel jeu de guerre; qui deviennent accessoirement de plus en plus violents, et de plus en plus réalistes, je ne peux pas nier le talent graphique de ces nouvelles versions.
Il s’avère que mon cher et tendre est, lui, un absolu féru de tous ces jeux. Qu’ils soient d’une simplicité totale ou d’une complexité absolue, il les maîtrise en deux minutes chrono, avec une facilité qui écœure toute personne le regardant. Il a une longue maîtrise et expérience de la chose, et n’empêche, j’avoue sentir un petit pincement de fierté lorsque je le vois se balader aussi aisément dans ces univers variés et compliqués. Mais je me contente de regarder.
Il a, comme beaucoup de joueurs sans doute, une affection toute particulière pour un jeu que je ne nommerai pas ici, mais qui est globalement désigné comme l’un des plus aboutis dans l’univers du fantastique, et qui regroupe aujourd’hui (dixit ma moitié hein), plus de 11 millions de joueurs; un monde recréé et qui ressemble de très près à tout ce qui s’apparente au Seigneur des Anneaux, qui a ses règles propres, son fonctionnement spécifique, et qui happe de très nombreux assidus chaque jour, quelle que soit l’heure.
Je m’amuse, depuis que je le connais, à l’écouter parler des quêtes et de ses évolutions au sein de cet univers avec ses amis. Je peux m’asseoir dans un coin et tendre l’oreille, je ne comprends souvent qu’un mot sur deux, n’étant pas moi-même intronisée comme il se doit et ne connaissant donc pas toutes les abréviations qui prouvent leur maîtrise de la chose. Mais j’ai l’impression de les entendre raconter leur dernier voyage dans un lieu totalement inconnu, et ça m’amuse autant que ça m’émeut.
Etant un peu facétieux et coquin, je sentais pourtant mon homme tourner depuis quelques jours autour du pot par quelques circonvolutions et allusions qui devenaient de plus en plus précises; en gros, la proposition était de me faire passer de l’autre côté du rideau, de devenir actrice et non plus spectatrice ou auditrice. De me frotter au jeu, de tâter du terrain et de voir ce que j’en pensais.
Il sait mon peu d’enthousiasme pour tout cela (c’est son univers, je le respecte et l’observe en tant que tel, mais ça reste le sien), il sait aussi ma méfiance à l’idée de plonger dans un jeu qui est très immersif et peut rapidement et sournoisement happer n’importe qui et se transformer en réelle obsession. J’espère avoir un caractère assez fort pour éviter ce genre de chose, je doute que ces tendances puissent se manifester chez moi en ce qui concerne un jeu, aussi réaliste soit-il, mais je connais aussi, un peu, mes démons, et je n’ai pas envie de trop les tenter.
Mais j’ai accepté. Parce que ça me faisait plaisir de toucher d’un peu plus près ce qui le passionnait tant, parce que (je pense), ça lui faisait plaisir, et que ça m’amusait. Persuadée de ne pas être capable d’assimiler un seul de tous les concepts qu’il me décrivait patiemment, j’ai créé hier soir un personnage, en m’attachant bien plus aux aspects et au futile qu’à l’essentiel (on reste girly quand même hein) et je m’y suis lancée. Bien encadrée quand même, mon cher et tendre m’accompagnait avec son personnage dans l’univers, et me servait de guide.
Je me suis bien amusée, je l’avoue sans honte. Les circonstances ont fait que la partie a été très agréable, que je n’ai pas vu passer cette heure et demi à comprendre comment je pouvais éviter de me prendre des murs, et comment tuer les affreux monstres qui se présentaient les uns après les autres devant moi. J’ai râlé en voyant l’épouvantable tenue de mon personnage (il paraît que je peux en changer, mais il faut que je continue les quêtes pour cela, hahaha, ils savent même parler aux femmes!), j’ai hurlé en me confrontant à des araignées qui allaient me poursuivre jusque dans mes pires cauchemars, j’ai eu une franche nausée plusieurs fois dans la soirée, parce que je bougeais la souris trop vite, et que la subtilité du jeu veut qu’on puisse choisir n’importe quel point de vue de n’importe quelle manière.
Savoir ce que donnera cet essai, je l’ignore. Je vais tenter de reprendre le jeu un peu toute seule, juste pour dire, et parce que ce sera bien différent et peut-être bien moins rigolo. Je pense que je continuerai à bien plus écouter qu’agir, et maintenant lorsque les discussions se dérouleront devant moi, je me la péterai en me sentant un peu plus intronisée.
Mais bon, n’empêche, j’ai quand même un tout petit peu l’impression d’avoir croqué dans une drôle de pomme pour le coup!
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12.11.2008 par Flo.
A force de temps, de patience…De petits détails ici et là, de petites choses changées, améliorées. De quelques discussions, d’images et d’idées, de balades et de fins de week-ends…
Les cartons ont tous disparu, le rangement est quasi bouclé. On a attaqué la décoration, qui prend forme, petit à petit, pas à pas, de façon aussi simple que le reste.
Et je rentre désormais le soir en sentant d’autant plus fort que je suis chez moi. Que j’y suis bien, comme dans un cocon, dont j’ai tant besoin, qui m’a tant manqué.
Toutes ces années à passer d’un lieu à l’autre sans les habiter, tel un fantôme, une ombre. Tous ces lieux dans lesquels je n’aurais pas pu m’investir, parce que je n’étais pas à ma place, parce que je n’étais pas dans la justesse. A subir le désordre, l’anarchie d’un autre, sans parvenir à m’imposer, à y mettre ma touche, à poser réellement mes valises…
Et puis l’année dernière, ce petit appartement, ébauche de ma vie nouvelle. Un chez-moi, rien qu’à moi, pour la première fois, que j’ai tenté d’organiser à ma façon. Sans aller jusqu’au bout non plus, mais bien plus loin que je n’avais jamais été.
Alors oui, symboliquement, ce lieu que nous avons choisi ensemble, qui nous représente, qui nous relie, m’importe particulièrement. Je me découvre une âme de (petite) fée du logis (il ne faut pas exagérer quand même, je ne deviendrai jamais une parfaite femme au foyer), je prends plaisir à ranger, nettoyer, cuisiner, à ne me poser que lorsque tout est fait à la façon dont je le souhaite. Un peu trop peut-être, je finis mes journées éreintée, mais lorsque je m’affale sur le canapé, que je contemple cette baie où je rêve désormais d’accrocher des rideaux, lorsque je regarde ces bougies qui scintillent et apportent de la chaleur, je suis heureuse, simplement. Je hume les odeurs du lieu, j’aime la lumière douce de notre nouvelle lampe, je m’émerveille d’avoir réussi à garder quelques plantes en vie, suffisamment pour qu’elles apportent de la vie à ce petit nid.
Notre petit nid, et ce n’est qu’un début…
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7.11.2008 par Flo.
Je n’ai actuellement, pour toute activité sportive, que la possibilité d’aller à la piscine 2 fois par semaine.
C’est une option qui n’est pas des plus réjouissantes en ce qui me concerne; j’adore nager, j’aime l’eau, que je considère comme mon élément de prédilection, mais faire des longueurs de façon basique et mouton, c’est nettement moins mon trip. D’autant moins lorsqu’il s’agit d’une petite piscine ultra chlorée et bondée.
Mais bon, ça fait quelques temps que je cherche une alternative ou un complément, en vain: courir n’est pas l’envie qui me manque, mais je n’ai pas de douches à disposition à ma pause de midi (à mon grand regret, ça occuperait mieux que bien mes 2 très longues heures d’interruption). Et le soir, la nuit tombe désormais bien trop vite, et sans être une franche peureuse, aller me balader seule au bord d’un canal dans le noir m’inspire assez moyennement.
Salle de gym, je ne demande que ça, surtout que j’en ai une qui est à côté du boulot, et sa petite soeur à côté de chez moi, mais pour le coup, c’est mon banquier qui y met de la mauvaise volonté.
Donc, pour l’instant et à défaut, piscine.
J’ai déjà décrit, en ces lieux, le grand parcours d’obstacles que représente l’arrivée dans une piscine et l’accès aux bassins.
Aujourd’hui, après quelques tasses et de bons coups de pied, je me disais que faire son kilomètre et demi tant bien que mal relevait un peu du “fight or die”, et qu’il n’est pas rare que je sorte du bassin, après 35 minutes, et une féroce envie de couler deux ou trois bonnets de bain et lunettes de nage! Pas top pour l’aspect “détente et bien être du sport”, mais l’homme est un requin pour l’homme, c’est bien connu.
Déjà à l’arrivée j’ai beau chercher la meilleure ligne possible (pas trop de monde, pas de fou furieux en vue, mais à l’inverse, éviter à tout prix la mamie du dimanche qui vient faire sa brasse indienne et raconte à sa voisine de la ligne d’à côté la recette de la dernière tarte aux pommes), je finis toujours par déchanter: l’aspect mouton fait que j’ai à peine sauté et pris ma place dans la file que 3 personnes trouvent que j’ai eu une bonne idée et s’y mettent derrière moi; rompant ainsi le fragile équilibre qui avait à peine eu le temps de s’instaurer: bon rythme, bon écart entre chaque nageur, personne ne gêne l’autre, on arrive à tenir un certain tempo.
Inévitablement, je me retrouve après une dizaine de minutes à lutter soit contre les dépassements intempestifs (de gros malabars qui se la jouent, qui forcément, avec leurs muscles, kilos et centimètres de plus que moi, vont bien plus vite et font 2 mètres en un coup de jambes quand moi il m’en faut 3!), soit contre les tortues décrites plus haut!
Et assez rapidement, je l’avoue également, tout mon côté civil et respectueux s’envole: après avoir manqué de rentrer une petite dizaine de fois contre le même poisson rouge qui s’amuse à doubler tout le monde sans regarder en face, et qui se rabat à la sauvage balançant par là même les jambes dans la tête de celle qui le précède (moi en l’occurrence), je me dis qu’il n’y a aucune raison que je fasse, moi, attention en gardant bien ma droite, en collant la ligne, et en laissant passer les plus pressés.
Quand, après plusieurs dépassements des plus prudents, la mamie dont j’ai déjà parlé n’a toujours pas compris non plus qu’il serait préférable pour elle de changer de ligne ou carrément finir sa discussion dans le jacuzzi du coin, là je deviens moi-même requin, et je fais nettement moins attention quand je m’élance devant elle, ou que je la suis.
La piscine, c’est un peu la sélection naturelle. On se ressemble tous, dans le bassin: même bonnet, même tête avec nos lunettes, on a tous oublié le sens du ridicule sinon on ne sortirait même pas des douches. On n’y a pas d’amis, on est là pour nos performances personnelles: arriver au bout de notre kilomètre et demi (ou plus), battre le record de vitesse sur la longueur, au détriment de tous les autres poissons, tenir la distance sans s’arrêter (et hurler intérieurement et extérieurement contre l’idiot qui n’a rien compris et nous oblige à faire une pause pour laisse la distance s’installer), peu importe, je pense que la seule manière de tenir le coup dans la monotonie des longueurs, c’est de se lancer son propre défi: et de ne pas en dévier, d’arriver au bout, coûte que coûte et peu importe s’il y a des morts.
Et curieusement, une fois sortis de la douche, plus ou moins séchés, rhabillés, remaquillés, on redevient des humains un brin civilisés.
Et je les vois bien, ces regards échangés à la sortie, à se demander qui avait le maillot noir ou le bonnet bleu là-bas parmi toutes les têtes, et essayer de repérer qui on a tenté de couler ou qui nous a donné le plus de coups de pied.
Je les vois, parce que je suis la première à me poser ces questions….
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5.11.2008 par Flo.
Même si je n’ai pas particulièrement cherché, je crois que la signification de ce rêve s’impose peu à peu à moi.
Que tout est affaire de rythme, ce dont je me doutais déjà, mais qui semble se confirmer de façon toujours plus forte.
Ecouter ma voix intérieure, et trouver le juste tempo.
Celui qui me permettra d’aller à l’essentiel, et de m’occuper de tout ce qui me tient à coeur, sans frustration, sans stress, sans tristesse, et avec bonheur, surtout.
J’ai déjà tous les ingrédients, je le sais. Je ne peux pas demander plus que ce que je n’ai déjà, il me reste à trouver la recette, et je suis la seule à la détenir.
Ce silence, qui reste si présent à mes oreilles et à ma poitrine, est au plus profond de moi.
Ce qui m’importe, maintenant, c’est de parvenir à le recontacter à chaque instant. Et le porter en moi, pouvoir le partager. Probablement l’une des choses les plus difficiles à faire, je me laisse si souvent happer par le quotidien, la moindre petite contrariété.
Oui, c’est une question de rythme, comme ces battements de tambours qui nous touchent tellement puissamment qu’ils deviennent le tempo du sang qui bat dans nos artères, dans nos oreilles.
Trouver la bonne respiration, et avancer, en douceur…
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