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7.11.2008 par Flo.
Je n’ai actuellement, pour toute activité sportive, que la possibilité d’aller à la piscine 2 fois par semaine.
C’est une option qui n’est pas des plus réjouissantes en ce qui me concerne; j’adore nager, j’aime l’eau, que je considère comme mon élément de prédilection, mais faire des longueurs de façon basique et mouton, c’est nettement moins mon trip. D’autant moins lorsqu’il s’agit d’une petite piscine ultra chlorée et bondée.
Mais bon, ça fait quelques temps que je cherche une alternative ou un complément, en vain: courir n’est pas l’envie qui me manque, mais je n’ai pas de douches à disposition à ma pause de midi (à mon grand regret, ça occuperait mieux que bien mes 2 très longues heures d’interruption). Et le soir, la nuit tombe désormais bien trop vite, et sans être une franche peureuse, aller me balader seule au bord d’un canal dans le noir m’inspire assez moyennement.
Salle de gym, je ne demande que ça, surtout que j’en ai une qui est à côté du boulot, et sa petite soeur à côté de chez moi, mais pour le coup, c’est mon banquier qui y met de la mauvaise volonté.
Donc, pour l’instant et à défaut, piscine.
J’ai déjà décrit, en ces lieux, le grand parcours d’obstacles que représente l’arrivée dans une piscine et l’accès aux bassins.
Aujourd’hui, après quelques tasses et de bons coups de pied, je me disais que faire son kilomètre et demi tant bien que mal relevait un peu du “fight or die”, et qu’il n’est pas rare que je sorte du bassin, après 35 minutes, et une féroce envie de couler deux ou trois bonnets de bain et lunettes de nage! Pas top pour l’aspect “détente et bien être du sport”, mais l’homme est un requin pour l’homme, c’est bien connu.
Déjà à l’arrivée j’ai beau chercher la meilleure ligne possible (pas trop de monde, pas de fou furieux en vue, mais à l’inverse, éviter à tout prix la mamie du dimanche qui vient faire sa brasse indienne et raconte à sa voisine de la ligne d’à côté la recette de la dernière tarte aux pommes), je finis toujours par déchanter: l’aspect mouton fait que j’ai à peine sauté et pris ma place dans la file que 3 personnes trouvent que j’ai eu une bonne idée et s’y mettent derrière moi; rompant ainsi le fragile équilibre qui avait à peine eu le temps de s’instaurer: bon rythme, bon écart entre chaque nageur, personne ne gêne l’autre, on arrive à tenir un certain tempo.
Inévitablement, je me retrouve après une dizaine de minutes à lutter soit contre les dépassements intempestifs (de gros malabars qui se la jouent, qui forcément, avec leurs muscles, kilos et centimètres de plus que moi, vont bien plus vite et font 2 mètres en un coup de jambes quand moi il m’en faut 3!), soit contre les tortues décrites plus haut!
Et assez rapidement, je l’avoue également, tout mon côté civil et respectueux s’envole: après avoir manqué de rentrer une petite dizaine de fois contre le même poisson rouge qui s’amuse à doubler tout le monde sans regarder en face, et qui se rabat à la sauvage balançant par là même les jambes dans la tête de celle qui le précède (moi en l’occurrence), je me dis qu’il n’y a aucune raison que je fasse, moi, attention en gardant bien ma droite, en collant la ligne, et en laissant passer les plus pressés.
Quand, après plusieurs dépassements des plus prudents, la mamie dont j’ai déjà parlé n’a toujours pas compris non plus qu’il serait préférable pour elle de changer de ligne ou carrément finir sa discussion dans le jacuzzi du coin, là je deviens moi-même requin, et je fais nettement moins attention quand je m’élance devant elle, ou que je la suis.
La piscine, c’est un peu la sélection naturelle. On se ressemble tous, dans le bassin: même bonnet, même tête avec nos lunettes, on a tous oublié le sens du ridicule sinon on ne sortirait même pas des douches. On n’y a pas d’amis, on est là pour nos performances personnelles: arriver au bout de notre kilomètre et demi (ou plus), battre le record de vitesse sur la longueur, au détriment de tous les autres poissons, tenir la distance sans s’arrêter (et hurler intérieurement et extérieurement contre l’idiot qui n’a rien compris et nous oblige à faire une pause pour laisse la distance s’installer), peu importe, je pense que la seule manière de tenir le coup dans la monotonie des longueurs, c’est de se lancer son propre défi: et de ne pas en dévier, d’arriver au bout, coûte que coûte et peu importe s’il y a des morts.
Et curieusement, une fois sortis de la douche, plus ou moins séchés, rhabillés, remaquillés, on redevient des humains un brin civilisés.
Et je les vois bien, ces regards échangés à la sortie, à se demander qui avait le maillot noir ou le bonnet bleu là-bas parmi toutes les têtes, et essayer de repérer qui on a tenté de couler ou qui nous a donné le plus de coups de pied.
Je les vois, parce que je suis la première à me poser ces questions….
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