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17.11.2008 par Flo.
Il faut le savoir, je ne suis pas une joueuse. Du moins en ce qui concerne les jeux vidéo, jeux pc, je regarde avec intérêt, j’écoute lorsqu’on en parle, mais j’ai beau rester ouverte d’esprit, ça ne m’accroche pas du tout. Je suis globalement, et sans honte, totalement nulle à la manipulation d’une manette ou d’une souris, lorsque je dois conduire une voiture je pars généralement très vite tondre le gazon de mieux en mieux dessiné sur les bords de route, et j’avoue avoir une aversion assez marquée pour n’importe quel jeu de guerre; qui deviennent accessoirement de plus en plus violents, et de plus en plus réalistes, je ne peux pas nier le talent graphique de ces nouvelles versions.
Il s’avère que mon cher et tendre est, lui, un absolu féru de tous ces jeux. Qu’ils soient d’une simplicité totale ou d’une complexité absolue, il les maîtrise en deux minutes chrono, avec une facilité qui écœure toute personne le regardant. Il a une longue maîtrise et expérience de la chose, et n’empêche, j’avoue sentir un petit pincement de fierté lorsque je le vois se balader aussi aisément dans ces univers variés et compliqués. Mais je me contente de regarder.
Il a, comme beaucoup de joueurs sans doute, une affection toute particulière pour un jeu que je ne nommerai pas ici, mais qui est globalement désigné comme l’un des plus aboutis dans l’univers du fantastique, et qui regroupe aujourd’hui (dixit ma moitié hein), plus de 11 millions de joueurs; un monde recréé et qui ressemble de très près à tout ce qui s’apparente au Seigneur des Anneaux, qui a ses règles propres, son fonctionnement spécifique, et qui happe de très nombreux assidus chaque jour, quelle que soit l’heure.
Je m’amuse, depuis que je le connais, à l’écouter parler des quêtes et de ses évolutions au sein de cet univers avec ses amis. Je peux m’asseoir dans un coin et tendre l’oreille, je ne comprends souvent qu’un mot sur deux, n’étant pas moi-même intronisée comme il se doit et ne connaissant donc pas toutes les abréviations qui prouvent leur maîtrise de la chose. Mais j’ai l’impression de les entendre raconter leur dernier voyage dans un lieu totalement inconnu, et ça m’amuse autant que ça m’émeut.
Etant un peu facétieux et coquin, je sentais pourtant mon homme tourner depuis quelques jours autour du pot par quelques circonvolutions et allusions qui devenaient de plus en plus précises; en gros, la proposition était de me faire passer de l’autre côté du rideau, de devenir actrice et non plus spectatrice ou auditrice. De me frotter au jeu, de tâter du terrain et de voir ce que j’en pensais.
Il sait mon peu d’enthousiasme pour tout cela (c’est son univers, je le respecte et l’observe en tant que tel, mais ça reste le sien), il sait aussi ma méfiance à l’idée de plonger dans un jeu qui est très immersif et peut rapidement et sournoisement happer n’importe qui et se transformer en réelle obsession. J’espère avoir un caractère assez fort pour éviter ce genre de chose, je doute que ces tendances puissent se manifester chez moi en ce qui concerne un jeu, aussi réaliste soit-il, mais je connais aussi, un peu, mes démons, et je n’ai pas envie de trop les tenter.
Mais j’ai accepté. Parce que ça me faisait plaisir de toucher d’un peu plus près ce qui le passionnait tant, parce que (je pense), ça lui faisait plaisir, et que ça m’amusait. Persuadée de ne pas être capable d’assimiler un seul de tous les concepts qu’il me décrivait patiemment, j’ai créé hier soir un personnage, en m’attachant bien plus aux aspects et au futile qu’à l’essentiel (on reste girly quand même hein) et je m’y suis lancée. Bien encadrée quand même, mon cher et tendre m’accompagnait avec son personnage dans l’univers, et me servait de guide.
Je me suis bien amusée, je l’avoue sans honte. Les circonstances ont fait que la partie a été très agréable, que je n’ai pas vu passer cette heure et demi à comprendre comment je pouvais éviter de me prendre des murs, et comment tuer les affreux monstres qui se présentaient les uns après les autres devant moi. J’ai râlé en voyant l’épouvantable tenue de mon personnage (il paraît que je peux en changer, mais il faut que je continue les quêtes pour cela, hahaha, ils savent même parler aux femmes!), j’ai hurlé en me confrontant à des araignées qui allaient me poursuivre jusque dans mes pires cauchemars, j’ai eu une franche nausée plusieurs fois dans la soirée, parce que je bougeais la souris trop vite, et que la subtilité du jeu veut qu’on puisse choisir n’importe quel point de vue de n’importe quelle manière.
Savoir ce que donnera cet essai, je l’ignore. Je vais tenter de reprendre le jeu un peu toute seule, juste pour dire, et parce que ce sera bien différent et peut-être bien moins rigolo. Je pense que je continuerai à bien plus écouter qu’agir, et maintenant lorsque les discussions se dérouleront devant moi, je me la péterai en me sentant un peu plus intronisée.
Mais bon, n’empêche, j’ai quand même un tout petit peu l’impression d’avoir croqué dans une drôle de pomme pour le coup!
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