Le Père Noël est passé en avance chez nous.
Ce week-end, nous sommes partis en repérage pour un piano, puisqu’il était convenu que ce serait notre cadeau commun, longtemps attendu séparément que nous pouvions enfin nous offrir tous les 2.
Le repérage s’est transformé en coup de coeur.
Le coup de coeur s’est transformé en carton de 57 kilos.
Qu’il a fallu hisser tant bien que mal sur 3 étages (et au passage, je suis à la recherche de ma condition physique).
Puis monter, parce que oui, un clavier électronique, même de qualité, ça se monte un peu comme un meuble Ikea. Sauf que ouf, on nous épargne au moins le puzzle des touches noires et blanches!
Puis tester, ce que nous avons fait une bonne partie du week-end. Pour le prix où nous l’avons payé, on nous a royalement offert un livret d’une cinquantaine de partitions classiques z’et connues, permettant, en ce qui me concerne, de me remettre un peu le pied à l’étrier sur des morceaux qui m’étaient familiers, il y a 10 ans.
Et là, c’est le bonheur et la frustration.
Le bonheur, parce que même si je caressais cet espoir, je n’imaginais pas pouvoir à nouveau me régaler face à un clavier, pouvoir y jouer à mon rythme, et retrouver le plaisir de la musique au quotidien.
La frustration, parce que non vous ne me la ferez pas, le piano ce n’est pas comme le vélo: oui ça se perd, oui ça se perd même vite, et oui c’est la galère de s’y remettre. On oublie aussi vite que ça la synchronisation des 2 mains; la lecture de la clé de fa; la transposition d’un accord, la détection d’une ligne mélodique.
Ce qui étaient devenus pour moi, il y a une dizaine d’années, des petits morceaux ultra faciles et détentes, sont aujourd’hui des parois escarpées auxquelles il faut que je me réattaque. Je suis heureuse parce que je sais que je vais en baver, mais que je vais y arriver. Mon impatience chronique me donnerait envie de pouvoir, d’un claquement de doigts, repartir au point où je m’étais arrêtée pour me remettre à évoluer.
Mais ce n’est pas comme ça que ça marche. Et comme pour tout le reste, réussite va rimer avec travail. Mais travail avec plaisir!