Analyse d’un billet

Interpellée par un billet écrit par Leeloolène, je me dis qu’elle ne m’en voudra pas si je rebondis dessus, parce que je trouve la thématique intéressante.

Ou comment naît un billet de blog.

Ca fait plusieurs jours que cette idée me trotte dans la tête. Que j’essaye de rassembler des petits bouts de phrases, de tournures, d’idées. Plusieurs jours aussi que je repousse, avec l’impression que la tâche est trop ample pour moi.

Je ne travaille quasi jamais aucun billet. Je suis en écriture spontanée, il me faut une étincelle, un petit déclencheur, et ensuite, je laisse couler les mots. Le déclencheur peut être aussi bien une idée, un thème de départ (comme maintenant), qu’une phrase, un mot, un son.
Il faut que ça m’interpelle, que ça m’inspire, tout simplement, que ça me donne envie d’écrire. De me mettre devant mon clavier, de pondre un texte, qui va ou non me satisfaire, que je vais ou non publier.
Ma boîte à brouillons est quasi vide. Raison pour laquelle je blogge de façon assez décousue, avec plus ou moins de constance. Parce que généralement, lorsque je laisse reposer un texte, je sais qu’il est condamné. Le reprendre ne m’inspire plus, je n’ai plus la flamme, plus l’envie.

Le blog, chez moi, représente de l’instantané. De l’instantané d’une vie, ça c’est commun sans doute à tout le monde, mais de l’instantané d’écriture aussi. Ca doit être fluide et facile, sinon ça n’a pas d’intérêt. Je ne suis pas sur ces pages pour suer sur une tournure de phrase. Je peux très bien m’en vouloir d’avoir mal écrit, mais je ne reviendrai pas dessus, ou très peu. Je me relis à peine, pour corriger les fautes d’orthographe, de syntaxe et de grammaire (et j’en fais beaucoup, ce qui prouve à quel point je suis dans une forme d’urgence d’écriture, moi qui suis d’ordinaire si attentive à tout cela), mais je ne reprends pas mon texte. Ou alors pour tout effacer, arrivée à la fin du premier paragraphe. Et recommencer si je trouve une nouvelle inspiration, ou laisser tomber.

Je n’écris pas pour être lue. J’aime infiniment les commentaires, petites touches de personnes qui se baladent par-çi par-là, et qui provoquent des échanges. 90% des personnes qui commentent ces billets sont des gens connus, « en vrai ». Avec la petite dizaine restante, et qui se manifeste (j’ignore s’il y en a d’autres, peut-être), j’ai eu d’autres échanges, en parallèle, un peu plus personnalisés. Et j’espère qu’un jour, ils déboucheront sur des rencontres.
Mais je ne veux pas écrire pour être lue, je n’aspire pas à ça. C’est un paradoxe sur internet, certes, mais j’aime aussi cet anonymat qu’offre la toile: c’est tellement vaste qu’on préfère ne pas penser à ceux qui passent sur nos pages, ça donnerait le tourni…
Je n’ai jamais écrit pour être lue. J’ai même toujours détesté ça. J’ai dû noircir des centaines et des centaines de pages, avec une seule et fidèle lectrice, qui n’attend d’ailleurs qu’une chose: que je recommence. Elle-même sera prochainement publiée, et c’est un immense bonheur pour moi. Moi, je me demande quel sens pourrait avoir mon envie de recommencer à écrire ailleurs qu’ici, et je laisse tourner ce projet dans ma tête, sans le réaliser.
C’est comme la musique, je réalise depuis le retour du piano dans mon salon, que je n’aime pas jouer pour être entendue. La musique est un moment de décrochage pour moi, comme l’est l’écriture de ce blog. C’est un moment d’intimité entre moi et moi, où je laisse vagabonder mes pensées, mes ressentis, mes idées, que j’exprime sur le clavier, à touches blanches et noires ou à lettres. En sort ce qui veut bien en sortir, sans penser à ceux qui le réceptionnent. S’il y a du monde dans l’appartement au moment où je joue, je le ferai quand même, bien qu’un peu plus crispée car consciente d’avoir des oreilles attentives. Si je commence à réfléchir à la façon dont seront lus/perçus/interprétés ces billets, je pourrais fermer les portes de ce blog aussi sec, car il ne serait plus alimenté. C’est d’ailleurs ce qui a failli arriver, mais finalement, le besoin a été le plus fort.

Alors oui, je vous admire, vous qui parvenez à travailler vos notes, à les reprendre, à en faire des chefs d’oeuvre, des moments délectables et somptueux où l’on se régale de lire une belle langue, où l’on éclate de rire tant la tournure de phrase est bien trouvée. J’aimerais avoir le même génie, mais je suis trop paresseuse pour ça. Et je crois que je me suis faite à l’idée que non, ce blog n’était pas là pour que je me pose trop de questions, et que ça aurait nui à ce que j’aime le plus en lui: la spontanéité….

Ce contenu a été publié dans , Petits riens. Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *