Challenge

Je ne suis pas une compétitrice. Je n’ai jamais aimé la course, je suis une mauvaise perdante qui se soigne, même si j’aime les défis, parfois un peu fous, ce n’est jamais « contre » quelqu’un; à la rigueur « avec », ou alors de moi à moi, parce qu’il n’y a pas, selon moi, de plus grande compétition que celle que l’on fait avec soi-même.

Mais j’apprécie avoir un but, et si possible me dépasser, un minimum. Je n’aime pas rester sur mes acquis, et je m’ennuie vite. Et c’est un défaut, je le sais.

Aujourd’hui, en ce lundi de reprise particulièrement douloureux pour des raisons que j’ignore, si ce n’est toujours les mêmes, j’ai réalisé que c’était ce qui me manquait dans mon boulot du moment. Certes je n’ai jamais été aussi bien payée. Certes j’ai trouvé un bon poste, et il y a sans aucun doute des perspectives, quelles qu’elles soient.
Mais dans l’immédiat, je n’arrive pas à y trouver de l’intérêt.
L’équipe est sympa, je suis reconnue, appréciée (je crois), j’ai été adoptée en un temps record. Mais où est le challenge? Que vais-je apprendre que je ne sache déjà, comment puis-je rajouter de l’eau à mon moulin? Jusqu’ici, mon parcours professionnel, aussi décousu et anarchique qu’il ait pu être, m’a toujours apporté quelque chose de nouveau. C’est aussi grâce à ça que j’ai été embauchée à mon poste actuel.
Alors, maintenant?
Maîtriser le sujet qui est traité jour après jour? Quasi impossible, non pas que je ne veuille pas, mais c’est entrer dans un domaine dont je ne connais même pas l’alphabet de départ, et qui nécessite plus qu’un simple intérêt et quelques heures d’écoute attentive pour être un tant soit peu maîtrisé. J’ai beau tendre l’oreille, tenter de m’y familiariser, je sais que je ne serai jamais à la hauteur de mes collègues, et quelque part tant mieux, ça prouve leur spécificité à eux, leur valeur. Je les écoute parler, et j’ai l’impression que le Russe me serait plus familier.
Alors?
Alors je ne sais pas; ou plutôt j’ai bien idée, celle de me résoudre au fait que le challenge doit désormais être trouvé ailleurs. Mon boulot restera « relativement » intéressant, je serai à l’affût de toute nouveauté et progression possible, mais le véritable défi, celui qui me mettra une bonne fois pour toutes face à moi-même et à mes limites, se situera en-dehors des heures légales de travail, du moins du travail actuel.

C’est splendide d’avoir un but à long terme, et je ne vais surtout pas m’en plaindre. N’empêche, dans l’immédiat, ce n’est toujours pas ça qui me motive à me lever le lundi matin….(et les autres jours de la semaine malheureusement)

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