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janvier 2009
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Archive pour janvier 2009

De la contestation…

J’ai eu ici et deux petits (longs!) billets que je ne regrette pas, mais certes virulents par rapport à ce que j’ai l’habitude d’écrire ici. Simplement parce qu’ils parlaient d’actualité, de politique, et qu’ils ont donc provoqué des réactions un peu plus vives que d’ordinaire - pour moi d’abord, mais également dans les commentaires.
Et j’en suis ravie, parce que ça fait vivre un peu ces lieux, et que j’aime qu’on s’exprime. Du moment que c’est dans le respect et l’écoute, je suis prête à (presque) tout entendre.

Je l’ai dit et répété plusieurs fois déjà, ce blog n’a aucun caractère politique, parce que je n’aime pas entrer dans ce genre de débats qui génèrent à choix ou successivement colère, frustration et contrariété. Je parle assez peu politique dans mon quotidien, ce qui ne m’empêche pas de m’informer avec plus ou moins de boulimie selon les périodes, et si j’évoque un point ou plusieurs de l’actualité, c’est avant tout parce que ça engendre chez moi des réactions épidermiques.

Néanmoins, depuis ces rédactions, et ces réactions, je m’interroge sur tout ce qui a trait à la contestation. Réaction profondément humaine et constructive si elle est bien faite, mais surtout pourquoi mon niveau de tolérance est assez bas ces temps-ci, tout particulièrement lorsqu’il s’agit d’une contestation de masse, et qui descend dans la rue.

Je pense que déjà, c’est lié à la liberté, à ma liberté personnelle. On est toujours très nombriliste et très égoïste, c’est bien connu, je ne déroge pas du tout à la règle, et j’essaye d’assumer du mieux possible cet aspect-là pas folichon de ma petite personne. 
Comme je l’ai déjà dit, j’ai vécu les “prises d’otage” en tant qu’usagère des transports publics parisiens. J’en ai souffert, à en pleurer quotidiennement, à en faire des malaises, à m’arrêter tant c’était insupportable. Et pourtant, ça n’a pas été long, et très faible par rapport à ce que d’autres peuvent vivre depuis si longtemps.
Mais c’est ma liberté de mouvements que je sentais entravée. Ma prise de décisions, mon quotidien qu’il fallait que je chamboule, et sans même en être l’initiatrice. Je suis dans une période où toute question touchant à la liberté, d’une manière ou d’une autre, me fait réagir de façon très vive, et cet aspect-là m’a forcément replongée dans la problématique.

Comme je l’ai répondu dans un commentaire, il y a également l’aspect culturel. Je suis d’un pays où les grèves ne sont pas, ou très peu connues. Où ce n’est pas du tout dans la mentalité du quidam de cesser de travailler, voire même de bloquer le bon déroulement du quotidien de chacun, pour se faire entendre.
Mais c’est aussi parce que d’autres moyens sont mis en place pour cela. Que le peuple est appelé à se prononcer à chaque décision politique, de petite, moyenne, ou grande ampleur. Qu’il a son mot à dire à tout moment, à chaque étape. Avec les avantages et les inconvénients que cela procure: devoir voter sur la couleur de la clôture du voisin (j’exagère à peine), mais aussi sur l’entrée ou non dans l’Europe, et la ligne économique que le pays va tenir. Alors forcément, quand les décisions prises ne conviennent pas, on ne peut plus rien dire: si on a voté et que ce qu’on espérait n’a pas été accepté, il faut se plier à la règle basique de la démocratie, et il y a même encore possibilité de relancer le débat.
Si on n’a pas voté, alors non, on peut encore moins critiquer: tout est mis en oeuvre pour qu’on puisse se prononcer, de la façon la plus libre et la plus aisée possible. Si ça n’a pas été fait, c’est qu’on ne le souhaitait pas. Et il paraît à tous hors de question de contester une décision dans laquelle on pouvait donner de la voix, mais sans l’avoir fait.

Je critique beaucoup mon pays d’origine. Comme beaucoup de personnes je crois. Mais je dois lui reconnaître ce talent-là, exceptionnel, et surtout source de beaucoup d’interrogations et d’étonnement chez les voisins (combien de fois ai-je été interrogée sur le fonctionnement du vote, sur les thèmes abordés, combien de fois m’a-t-on demandé d’expliquer et m’a-t-on écoutée avec de grands yeux ronds): il n’y a pas un moment, un choix politique, économique, social, qui n’implique pas la décision populaire. C’est lourd, pénible, tout ce qu’on veut. Mais ça permet d’assumer depuis le début et jusqu’à la fin du processus son choix, ses idées, et les défendre à la hauteur de l’énergie que l’on veut y consacrer. Les choses s’installent dans le débat, parfois dur, rigoureux, même violent, mais se décident en amont. Et du coup, en aval, personne ne peut se plaindre de ne pas être entendu, ni pris en compte.
Et surtout, l’éducation et le caractère un peu germanique aidant, il n’y a aucune forme de contestation au détriment d’autrui.

Non, le système n’est pas idyllique. Il a ses failles, ses inconvénients, ses imperfections, bien entendu. Il a le mérite d’exister, néanmoins. Après avoir tourné et retourné tout cela dans ma tête ces derniers jours, j’ai compris que dans le pays que j’ai choisi comme lieu d’adoption, que j’aime infiniment et qui m’a apporté tant de joie et d’émerveillement, il était très difficile de discuter. Et pire même, de s’écouter et de s’entendre. A tel point que c’en est devenu un fait historique: pour se faire entendre, il faut hurler, et taper le plus fort. Et priver les autres du fondamental le plus absolu: leur liberté, de mouvements souvent, pour qu’ils se rendent compte que certaines personnes existent, qu’elles souhaitent s’exprimer, et qu’on ne leur a laissé aucune autre option que celle-là.
Ca m’attriste, mais il va falloir que j’apprenne à être fataliste sur ce plan: je ne vois pas, à ce jour, ce qui pourrait arranger le système. Je ne vois pas comment on pourait changer les mentalités, et les habitudes en place, alors pour le coup, il faut que j’apprenne, moi, à comprendre ce que tout un chacun essaye d’exprimer, avec les moyens qu’il y a à disposition…quitte à être le dindon de la farce, de temps en temps, et en m’organisant en conséquence….

Trop plein

Je suis fatiguée. Et prête à tous les petits conseils de grand mère ou autre pour arriver à sortir de cet état.
J’ai de plus en plus de mal à me lever le matin, l’impression que mes yeux sont de plomb. Et poutant je me couche tôt. Mon sommeil est agité, je continue à avoir le nez plein, à me sentir vaseuse le matin. Je mange des kiwis, des légumes, des vitamines, je déteste les machins effervescents à boire à jeun, alors quoi d’autre?

Je suis contrariée aussi. Pour plein de petites raisons absolument sans importance prises séparément, mais forcément mises bout à bout, c’est un trop plein. Qui explose, d’une manière ou d’une autre.
Contre un collègue (qui l’a bien cherché, quand même, c’est pas mon style de m’énerver contre quelqu’un sans raison, mais les autres doivent trouver que je donne facilement de la voix, et en plus c’est toujours contre le même).
Contre le chat, qui miaule et me prend la tête le soir en rentrant au lieu de ronronner et de câliner, alors que pourtant il n’attend que ça.
Contre une connexion qui ne marche pas.
Contre un patron imbécile et irresponsable.
Contre ma trop grande gentillesse qui se transforme en bêtise, et je ne peux m’en prendre qu’à moi-même, je n’ai qu’à dire non dès le départ.

Demain c’est vendredi, et mon dieu que j’aspire à ce week-end. Juste un peu de repos, décrocher, profiter et apprécier chaque instant qui va passer beaucoup trop vite.
Je rêve de vacances, qui seront je ne sais quand. En tête à tête, juste lui et moi, juste pour savoir que j’ai un peu plus que 2 jours pour me réveiller dans ses bras, et qu’on aura tout notre temps pour penser à tout autre chose avant de revenir, les batteries rechargées.
C’est pas pour tout de suite, voire pour je ne sais quand. Mais j’essaye de m’accrocher à cet espoir, parce qu’après tout, il faut bien que je me dise que toutes ces petites contrariétés finiront par disparaître, tôt ou tard….

Panorama à caractère greluchesque

Les nombreux déménagements récents, les grands rebondissements de ma toute petite vie et les impératifs pécuniers divers et variés m’ont obligés, depuis un bon bout de temps, à faire l’impasse sur tout ce qui est mode et garde-robe. Je ne m’habillais pas d’un sac de jute, mais pas loin, je n’allais pas rechercher le compliqué, et j’avais beau passer à côté de quelques petites boutiques dont les pièces m’accrochaient le regard, j’achetais rarement.

Il y a 4 mois, nous avons emménagé, mon homme et moi, dans un bel appartement avec un propriétaire très gentil qui nous a laissé à disposition son immense armoire avec nombreux casiers et penderie. Je me suis dit que pour une fois, mes affaires n’allaient pas se retrouver coincées au fond d’un tout petit placard et que le problème “rangement de fringues” venait de trouver de lui-même sa solution. J’en ai profité pour faire un tri ultra drastique entre tout ce qui ne m’allait plus, ce que je n’avais plus envie de mettre, ce qui me rappelait de mauvais souvenirs et qui était fichu, j’ai jeté ou donné plus de 3 sacs pleins, et toute gaillarde, j’ai commencé à ranger.
Et si, je vous l’assure, je dois être une des seules nanas de l’Ouest dont le mec prend plus de place qu’elle dans l’armoire!
Pas parce qu’il a de grosses affaires, non non! Il a des dizaines de pulls ,des vingtaines de tshirts, des tonnes de pantalons et shorts, si bien que je me suis retrouvée sans voix et les bras tombants, devant les 4 casiers et les 3/4 de la penderie qu’il occupait, et moi, péniblement, à remplir le peu de place restante…

J’en ai tiré une double conclusion: qu’il ne fallait plus jamais me faire la remarque qu’une nana était une accro au shopping et ne savait pas ce qu’elle avait dans sa garde robe (et je me rattrapais à peine sur les chaussures, j’en ai 8 paires et lui 3, hein, qu’on ne vienne pas me chatouiller avec ça!), et que là, j’allais quand même devoir empoigner le problème par la racine, si je ne voulais pas terminer l’hiver en maillot de bain (qui d’ailleurs est fichu et ne me va plus).

J’ai donc lancé une première salve entre Noël et Nouvel An. Oui, follement, et bravant l’avant-soldes, par obligation absolue: mes derniers pulls rendaient l’âme, il faisait un froid de canard, j’avais besoin d’un minimum de pièces basiques pour la fin des fêtes et la reprise.
Et puis, n’écoutant que mon courage, j’ai également tenté les soldes la semaine dernière. Avec bonheur au final, parce qu’entre midi et 2 heures, passée la première folie furieuse, il n’y avait pas grand monde dans les boutiques, et ma fois des rabais pas trop mal.
J’ai trouvé certaines choses. En même temps, quand on a besoin de tout, c’est moins compliqué d’être satisfaite. Je commence à refaire un semblant de garde robe, ça reste du très basique, mais au moins je me sens moins honteuse quand je m’habille le matin.
Par contre rien à faire, je continue à être consternée par ce que la mode nous propose: les gros imprimés façon année 70, désolée, je ne me résous pas à l’idée de ressembler à ma mère lorsqu’elle m’attendait.
Le velours côtelé me propulse 30 ans en arrière, les genoux usés à me traîner par terre, avec mes couettes, mon doudou et mes dents qui manquaient. J’ai passé l’âge de la nostalgie d’être une toute petite fille, et je suis preneuse de tout bon conseil pour éviter l’horreur de l’usure de cette matière, qui fait très vite cheap et mal coupée…Et pourtant côté confort, moi qui suis attentive et sensible à ça, j’admets qu’il n’y a rien à dire.

Et puis alors les couleurs, ma parole, mais ça respire la joie de vivre tout ça! Il y a quelques temps, à des amies désespérées de mes goûts fades et mon manque d’intérêt à ressembler un tant soit peu à une fille (j’espère quand même avoir évolué depuis sur ce plan là au moins), j’avais fait une sorte de promesse d’éviter tant que faire se peut le noir ou le gris, sauf pour les pièces vraiment basiques. Mais là, j’ai repensé à elles en parcourant les rayons: je suis prête à colorer mon armoire, mais toujours pas en mauve pétard, vert caca d’oie ou orange tapisserie, donc que me propose-t-on en alternative? J’ai paresmé mes achats d’un peu de blanc, mais je continue à me salire de façon exponentielle lorsque je porte cette couleur, tenté un peu le beige clair mélangé au jaune, mais j’ai vite replongé dans mes vieux démons. Même les rouges, couleur qui ne me déplaît pas, sont passés et délavés, le bleu commence à me fatiguer par sa banalité, je ne me fais absolument pas au vieux rose de nos grands mères ni au rose tout court. J’aime le brun et le roux, mais là encore, c’est difficile de trouver le bon ton.

Demain j’y retourne, pour une dernière salve, et ce sera tout pour cet hiver. Pour l’été, tout est à refaire aussi, et je commence les incantations pour m’éviter le jaune pipi et le fuschia, vous croyez que ce sera possible?

Puis dimanche…

Le week-end était à la hauteur des espoirs.
Il a été traversé par des bourrasques de vent, tempêtueux, une météo bouleversée, et le dimanche, contre toute attente et venu de nulle part, un ciel bleu à perte d’horizon.
Réveil trop tard pour aller en montagne et garder ce projet pour la prochaine occasion.
Sortir la moto un 25 Janvier, se perdre dans les petites routes de campagne, en évitant les troncs d’arbre et en réalisant l’ampleur des dégâts pour les autres, dont je n’aurai confirmation qu’en rallumant ma radio ce matin. Et la chance que nous avons eue.

Balade au bord du lac, guettant le moinde rayon de soleil pour se réchauffer de la fraîcheur de l’atmosphère, palpable avec la vitesse. M’ennivrer des accélérations en me collant contre son dos, et en gardant un sourire béat sur les lèvres.

Rentrer juste à temps, au moment où les nuages deviennent bien noirs, et finir la journée en cocoonant devant un film, un bon thé, une partie de scrabble, une série, tous les prétextes pour prolonger encore et encore ces instants trop fugitifs, trop vite passés.

Savourer, apprécier, déguster, se délecter…Ces dimanches sont tellement merveilleux qu’ils devraient être des mots compte double, et durer deux fois plus de temps….

Vendredi soir

Il est 20H30. Je suis en week-end depuis 3 bonnes heures, je me pose enfin. Toute la semaine, je me répète que je vais distiller ce que je veux faire pendant les différentes soirées histoire de ne pas avoir tout à faire le vendredi, et rien n’y fait, c’est toujours la course.

Je souffle, et surtout depuis quelques demi-heures, je regarde l’horloge avec une impatiente grandissante. Dans moins d’une heure, c’est l’autre partie de la semaine qui commence, c’est le vrai week-end. C’est entrer enfin dans le bonheur à 2, le retrouver, prendre le temps de se raconter, de savourer ces 2 jours remplis de projets qui nous attendent. Et avoir l’impression d’avoir le monde à nos pieds.

C’est vendredi soir, j’ai mis une petite bougie et e l’huile essentielle de lavande pour rendre un appartement tout propre encore plus accueillant. J’ai préparé une jupe, ce soir on sort, et il ne me reste plus qu’à m’habiller.

Bon week-end, à tous, qu’il soit aussi savoureux et heureux que celui qui s’annonce pour moi….

Ce qui m’énerve - la suite

M’étant un peu attardée sur Madame Bling Bling l’autre jour, je n’ai pas fait complètement le tour des quelques infos qui m’avaient toutes fait réagir à la même période.
Je continue donc, histoire de me soulager un peu.

-Poussant de plus en plus loin l’irrespect du quotidien de tout un chacun, des petits syndicalistes malins (je n’aime pas les syndicalistes, je n’aime pas les contestataires qui ne trouvent que les extrêmes pour soi-disant se faire entendre et surtout imposer leur point de vue) ont fait mumuse pendant plusieurs jours avec de pauvres quidams qui ne cherchaient qu’à aller travailler sans embêter leur monde; ils ont même été tellement loin qu’une gare parisienne a été fermée.
Je ne sais pas pourquoi cet épisode-là, au milieu de tant d’autres, m’a si particulièrement marquée. Peut-être parce que cette gare, j’y passais quotidiennement, au minimum deux fois par jour pendant 4 ans. Que j’y ai fait mes premières crises de nerfs devant les multiples retards/annulations du RER que je devais prendre (qui pourtant était l’une des lignes les plus “stables”).
J’ai compris la rage, le désespoir qui a pu s’emparer de ces usagers lorsqu’ils se sont retrouvés devant des grilles hermétiques, et ont réalisé qu’il allait leur falloir 3, 4 heures de trajet dans des transports surpeuplés pour simplement rentrer chez eux, alors que quotidiennement c’est déjà épuisant. Je me suis souvenue de mes états à moi, de nerfs usés, à en arriver à pleurer tous les soirs en arrivant chez moi, à me falloir un bain quotidien pour réussir à me détendre un tout petit peu et pouvoir imaginer recommencer le lendemain.
La grandeur de ma compassion n’a eu d’égale que la rage que j’ai pu ressentir à cette info: contre des petits contestataires qui sont déjà bourrés d’avantages, qui oublient que les temps actuels et le quotidien, c’est aussi faire des sacrifices, et non pas obtenir le beurre, l’argent du beurre, la crémière et toute la crémerie dans la foulée!
Soutenir des gens qui débrayent pour sauvegarer leur poste, leur peu de reconnaissance ou un salaire tout juste égal au Smic, s’ils en sont poussés à cette extrêmité, me paraît une évidence. Mais là, pour cette catégorie de travailleurs, je ne peux pas un instant concevoir et envisager que le jeu en vaille la chandelle. Dans mon innocence (certes totalement ridicule et puérile) je peux d’autant moins concevoir qu’avec un minimum d’intelligence humaine, on puisse laisser une situation pourrir au point d’en arriver à fermer une gare de cette importance dans le trafic de la capitale…

-Le pays est en manque cruel de sang, les demandes de dons fleurissent de partout. Depuis quelques temps, je donnais mes plaquettes, après discussion lors d’un don du sang où l’on m’avait expliqué que certes, le sang était essentiel, mais que les plaquettes manquaient encore plus, puisque l’opération est plus longue et plus contraignante. J’ai dû arrêter depuis plusieurs mois pour diverses raisons de santé, et je commençais à sérieusement penser à reprendre.
Jusqu’à ce qu’au détour d’une discussion et de l’écoute de la radio, j’apprenne 2 points qui n’avaient jusqu’ici pas attiré mon attention, n’étant pas directement concernée: on manque donc de sang, on fait appel à toutes les bonnes volontés, excepté: toute personne n’ayant pas de rapports sexuels avec un partenaire fixe, qu’il soit protégé ou non(!!) depuis au moins 6 mois, et excepté de la part d’homosexuels!
Ce qui exclut donc une bonne partie de ladite population tant sollicitée, et qui serait certainement pleine de bonne volonté.
Je ne suis pas sûre d’avoir envie de longuement commenter ce genre d’info, tant elle me révolte. Au point que je me suis sincèrement demandé si j’allais continuer, moi-même, à donner mon sang ou mes plaquettes. Mais refuser de le faire, sans pouvoir réellement motiver ma décision, serait tout aussi absurde dès lors que malheureusement, ce ne sont pas les idiots qui instaurent ce genre de règles que je vais priver, mais de pauvres malades qui n’ont rien demandé à personne et ont urgemment besoin d’aide….
Alors on fait quoi, on en arrive à mentir sur le questionnaire de départ, afin d’être sûr de pouvoir rentrer dans les cases, ou alors on envoie tout balader devant tant de manque de tolérance, ce que je ferais sans hésitation?
N’est-ce pas pitoyable d’être en 2009 et d’avoir encore de pareils constats à faire?

Où va-t-on, dites-moi?

Huîtres et compagnie

J’ai mis 30 ans, quasi tout rond, avant de pouvoir envisager de manger une huître. Un peu moins de temps pour les crustacés, nettement moins pour les moules, je n’ai jamais été rébarbative au poisson. Mais les huîtres, rien n’y faisait, gratinées ou crues, je ne pouvais pas comprendre une seconde l’engouement des amateurs et ceux qui pouvaient en gober 2 douzaines en un repas.

Ca m’a pris donc dans ma trentième année, ou à peu près. Comme une envie de pisser, excusez de la vulgarité, mais je crois qu’il n’y a vraiment pas d’autre expression. Ca faisait quelques mois que j’en servais plateaux et assiettes avec un certain dégoût, que je cuisais ces choses au foie gras, au roquefort ou à la crème. Et puis un beau soir, après avoir déposé une douzaine devant un client, je suis revenue en cuisine, et j’ai dit “aller, ouvrez-moi une huître, je (re)goûte”. Et j’ai aimé, mais le plus étrange, c’est que je savais déjà que j’allais apprécier avant même de l’avaler.

Depuis ce jour, je me délecte ponctuellement de ces coquillages. J’ai même appris à les ouvrir, et il m’arrive, comme ça, de m’offrir une douzaine d’huîtres, que je goûte de préférence au vinaigre. J’en gratine parfois, je suis moins fan, mais ça m’amuse.

Aussi, lorsque la pitchoune pour Nouvel An m’a annoncé, du haut de ses moins-de-5-ans qu’elle voulait manger des huîtres, j’ai fait la moue puis souri. Et mené ma petite investigation.
-Des huîtres? Explique-moi ce que c’est que des huîtres, dis-moi?
-Ben tu sais, les coquillages qu’on avale
-Oui ma puce, tu parles de ceux qui sont oranges et qu’on fait cuire et qu’on mange en sauce? (pas folle la guêpe hein, je n’allais pas manquer de me trouer les mains pour m’entendre dire que non, ce n’était pas ça qu’elle voulait une fois dans l’assiette)
-Mais noooooooon, pas des moules, des huîtres, qu’on mange avec le citron! (l’air de dire “tu comprends rien idiote, faut vraiment tout t’expliquer”)
-……Avec du citron? Et un peu de pain? Pas réchauffées donc?
-Non non, on les ouvre, ensuite on met du citron dessus, on vérifie que c’est vivant et on pique avec la fourchette pour manger
-!!! Ok…Bon…Je vais te faire des huîtres dans ce cas…

J’ai oublié, il a fallu qu’elle me le rappelle. Quand elle a une idée dans la tête, elle ne l’a pas ailleurs. J’ai donc fini par prendre mon courage à deux mains, et envoyé son père en mission. Et toujours prudente, je lui ai demandé d’en prendre une douzaine: lui n’en mange quasi pas, il n’adore pas, la pitchoune, avec son appétit de demi-moineau, allait se lasser dès la deuxième (et je restais toujours quelque peu perplexe à l’idée qu’une si petite fille puisse aimer un plat pareil), et moi j’en avais envie, mais pas assez pour m’ouvrir une vingtaine de coquillages comme ça.

Lorsqu’on les a sorties du sachet, déjà, la puce m’a confirmé que oui oui, pour la centième fois comment fallait-il qu’elle me le dise, c’était bien ça. Que non elle ne voulait pas tester au vinaigre, mais qu’elle, c’était au citron! Et pas chaudes non plus, merci, qu’on reste nature et puriste!
Sur la douzaine, donc, j’en ai jeté une, résolument mauvaise. Gratiné 2, pour son père, qui les mange plus ou moins comme ça. Me disant donc que sur les 9 restantes, j’en aurais largement 6, voire selon moi un peu plus.
La bataille a été féroce et je l’ai perdue.
Je l’ai vue se jeter sur le plat, goulue et gourmande, et avaler les uns après les autres les coquillages qui n’avaient rien demandé! Au point que j’ai dû quand même me dépêcher d’en prendre 2, histoire de me souvenir du goût que ça avait. Et abdiquer devant son enthousiasme! Il y en aurait eu le double, elle les aurait mangés, sans demander son reste.

Et le pire, dans l’histoire, c’est que son père avait décidé, lui, de se faire des escargots. Son pêché mignon, une chose que je ne peux pas envisager une seule seconde d’avaler tant ça me répugne et me repousse. Elle ne connaissait pas, mais une fois sa demi-douzaine d’huîtres avalée, elle a commencé à lorgner sur la vingtaine de mollusques qui baignaient dans le beurre aillé. Elle a goûté. Elle a aimé.
Et moi, j’ai depuis ce jour définitivement rendu les armes sur la compréhension des goûts alimentaires d’un enfant!!

Ce qui m’énerve

Faut pas croire. Je n’ai quasi pas écrit la semaine dernière, trop occupée à faire la peau à mes microbes (qui l’avaient très dures, je dois l’avouer), ce n’est pas pour autant que je n’ai pas réfléchi à un retour sonnant et fracassant.
Et je l’avoue, dans ma voiture tous les matins, j’ai suivi une polémique qui m’a passablement fait réagir, et pas en bien, je regrette de le dire.

Polémique dont le centre a été cette fameuse ministre bling bling, connue de tous et dont on n’a même plus besoin de prononcer le nom pour savoir de qui on parle.
Que je n’aime pas, je tiens à le préciser. Tout juste pourrais-je être admirative de son parcours, et encore, une admiration teintée d’une pointe de scepticisme, de mon avis propre et qui n’appartient qu’à moi, fondé sur du pur ressenti, ça ressemblerait plus à de l’arrivisme qu’à de la réussite, mais bref.
Il lui est donc arrivé, à cette dame, une chose qui arrive à quasi toutes les femmes, et qui est plutôt une bonne nouvelle: elle a eu l’excellente idée de devenir maman, malgré (oui oui, c’est ça le pire, on dit “malgré” dans cette situation) son statut de ministre.
Et puisque c’est une carriériste, on peut l’affirmer sans trop se tromper, elle a pris également la décision de ne pas vraiment s’arrêter, de recommencer à travailler quasi instantanément.
Et tout aussi instantanément, s’est retrouvée à faire les gros titres de la presse (ce qui en soi ne la dérange que rarement, mais pour le coup, je doute qu’elle avait prévu que ce soit pour ces raisons-là) et avec sur le dos toutes les associations de pseudo femmes bien pensantes qui savent mieux que personne ce qui est bon ou non pour une femme et son enfant.
Et là, j’ai été puissamment agacée, oui je l’avoue, même si ça ne change rien au schmilblick.
Alors d’entrée de jeu, et pour parer à tous ces arguments redondants, oui je ne suis pas maman, non je ne peux pas savoir ce que c’est, ok je peux donner mon avis mais si possible pas trop fort et pas trop haut.
Je le donne quand même. Parce que même si je ne suis pas encore passée par ce chemin-là, je pense que le jour où ça arrivera, je serai la première à essayer de me reposer et profiter de mon enfant, je chercherai à l’allaiter et j’espérerai ce qu’il y a de mieux pour lui. Mais au nom de quel droit peut-on juger le choix d’une autre femme, qui ne correspond pas aux soi-disants canons et dogmes du moment? Si cette femme a choisi, pour être sûre de ne pas mettre sa carrière en péril, de se priver du bonheur de voir sa fille ouvrir les yeux sur le monde, qui est-ce que ça dérange? Y a-t-il quelqu’un pour dire de façon sûre et évidente qu’une femme épanouie et absente assez longuement pour raisons professionnelles serait plus “mauvaise” qu’une mère bloquée chez elle et en plein baby-blues d’être privée de ce qu’elle veut faire et n’ose pas de peur de choquer??
Il n’y a péril ni pour la mère ni pour l’enfant que je sache. De quel droit vient-on se mêler du choix le plus personnel qu’une femme soit tenue de faire une fois (ou plus) dans sa vie? Sous le prétexte fallacieux qu’elle mettait en danger des droits chèrement et difficilement acquis pour les femmes? Facile, tellement facile!
Je militerai jusqu’au bout pour le droit aux femmes, mais pour le droit au Choix, pas l’obligation de suivre des impératifs qu’une certaine caste qui croit détenir la vérité absolue au nom de je ne sais quelles études qui pourraient changer dans 10 ans veut imposer à tout le monde.
Alors oui, ça, ça m’a fait monter les tours. Parce que j’ai toujours dit, moi, que je ne sacrifierai jamais une vie professionnelle pour un enfant, qu’idéalement j’aimerais pouvoir concilier les deux, et qu’il est hors de question que je sacrifie un poste pour un bébé. Raison pour laquelle je ne suis pas encore maman, entre autres. Et que je me sens peut-être concernée par tous ces dogmes qu’on assène et qu’on impose.
Les choses changeront peut-être lorsque ça arrivera, mais bon dieu, j’aimerais qu’on me laisse ce choix-là, sans venir se mêler de me critiquer si d’aventure j’ai l’intention d’arrêter d’allaiter aux 3 mois de mon bébé, et reprendre un plein temps aussi sec. Que je décrète que je tiens à conserver un minimum d’indépendance et que je m’organiserai en conséquence.

Je souhaite beaucoup de bonheur à cette femme, dans le choix qu’elle a fait. Pour elle et sa fille avant tout, bien sûr, mais de façon tout à fait mesquine également, pour rabattre le caquet à la clique des râleurs, et leur prouver qu’elle peut avoir raison sans suivre leurs avis à eux; et moi en silence, je triompherais, sans aucun doute.

En vrac

Au sens propre comme au figuré.
Ce qui était un bon gros rhume de début d’année s’est transformé en sale virus résistant et à effet boomerang. Un week-end à 38,5, ce qui pour moi est plus loin que le bout du monde, et une visite chez le toubib hier pour m’entendre dire que oui, c’est normal, c’est ce qui fait le charme de ce petit machin: on tombe malade et puis on remet ça en deuxième couche dans la foulée.

Je suis sur les rotules. Pas question de m’arrêter (merci les 3 jours de carence), alors je tire sur la corde: je me lève en n’ayant qu’une idée en tête: compter le nombre d’heures qui me séparent du moment où je vais me recoucher.
Ca fait 10 jours maintenant que je n’ai pas respiré par le nez et à pleins poumons, 10 jours que je ne sais plus ce que c’est que de dormir sans tousser ni avoir la gorge desséchée.

Alors autant dire que mes activités sont réduites à leur strict minimum: j’assure tant bien que mal ce que je dois faire au boulot. J’essaye de faire le nécessaire vital à l’appart. Pour le reste, je ressemble à une patate avachie devant la télé/sur le canapé/au lit - cocher la bonne case, ou les 3 en même temps.

L’idée même de blogger, pardonnez-moi, me semble au-dessus de mes forces. Même si j’avais tout plein d’idées et de petits bouts d’articles dans des neurones qui, depuis, ont fondu dans les multiples kleenex partis à la poubelle.
Sinon:
-En parlant de kleenex, je tiens à préciser que je suis officiellement devenue leur actionnaire principale au vu de ma consommation quotidienne. Je n’ose penser à la sauvegarde des arbres à laquelle je suis loin de contribuer.
-Je suis désespérément à la recherche d’une bonne crème bien grasse et nourrissante pour me permettre de retransformer cette chose rouge, irritée et douloureuse du milieu de mon visage en un nez à peu près visible (mais ne servant à rien dans l’immédiat, je l’admets)
-Mon chef, qui est un modèle d’empathie et compréhension humaine, n’a pas daigné relever le fait que je viens travailler alors que mon toubib m’aurait signé sans broncher un arrêt de travail d’au moins 2 ou 3 jours (mais bon, c’est moi qui suis trop bête aussi); et pour me remercier comme il se doit, me demande de faire une intervention de 30 minutes à la réunion de jeudi sur un sujet que je maîtrise à peine et qui n’est pas vraiment de mon ressort. Avec ma douce voix de crécelle, ce sera un vrai bonheur et so glamour!
-Réunion de jeudi suivie d’un bon repas que je ne goûterai sans doute pas à sa juste valeur et d’une sortie en boîte prévue: autant dire que pour moi, ça va se résumer à de la participation juste ce qu’il faut, avant d’aller retrouver, telle une petite vieille, ma bouillotte et mon lit.

A tantôt donc (d’où je tiens cette expression, moi??), pour des billets peut-être un peu moins remplis de microbes.
Portez-vous mieux que moi! 

Paradoxe

Depuis hier soir, je contemple le paysage et je me dis que je n’ai pas vu ça depuis bien 10 ans. Voire plus, parce qu’en quittant mon pays natal, je n’avais plus eu de neige en plaine depuis un petit moment déjà.

Tapis blanc, voitures au ralenti, traces de pneu, 4 ou 5 centimètres de neige sur le pare brise en descendant ce matin. Tout était ouaté, les silences encore plus doux et palpables, la torpeur de ces journées si particulières se détachait et me faisait rêver d’une journée buissonière, où j’aurais mis mon anorak, mon bonnet à pompom, et je serais allée déambuler dans la nature, guettant les traces de pas des petits animaux, des oiseaux qui s’ébrouent les ailes, rêvant de ces horizons figés par le givre qui découpe chaque silhouette d’une dentelle nette et précise.

Il m’a fallu affronter la route, loin, bien loin des conditions idéales: pas de pneus neiges, des pneus d’ailleurs aléatoires, pas de routes dégagées autour de chez moi, 1 bon kilomètre sur du verglas à peine recouvert d’une toute fine couche de poudreuse, des conducteurs aussi hésitants et stressés que je l’étais.
J’ai réalisé avec un peu de honte que j’avais beau être originaire d’un lieu où la neige en ville était loin d’être une exception, je ne savais pas rouler dans ces conditions extrêmes, parce que je suis partie de là-bas sans avoir pu expérimenter, tester, que je n’avais pas de véhicule et que je ne me sentais pas vraiment concernée. J’ai dû improviser, j’ai failli partir au tas une ou deux fois, au moment où je me disais “si ça continue tant pis, j’abandonne” j’avais enfin rejoint des passages mieux dégagés; j’ai rallongé mon trajet, faisant la concession de l’hypothèse des bouchons plutôt que des routes enneigées. Les autres usagers ont dû être encore plus frileux que moi, je suis passée sans encombre, avec une circulation digne d’un dimanche matin en terme d’affluence.

Aujourd’hui, on le sentait, tout tournait au ralenti: à juste titre ou par prétexte, certains ne se sont pas privés d’en profiter pour prendre la tangeante, d’autres malheureux sont restés coincés un bon moment avant de pouvoir arriver, ceux qui ont fini leur route dans un talus, je leur souhaite de la casse uniquement matérielle.
Quant à moi, je guette la fin de la journée, le coucher du soleil et le retour du froid avec appréhension: les doux rayons qui ont illuminé de façon splendide un paysage brillant de blancheur ont leur botte secrète et dangereuse: l’arrivée du verglas avec la chute des températures dans la nuit, et le funambulisme à 4 roues qui s’annonce pour les retardataires du soir…et comme moi ceux qui repartiront dès demain à l’aube.