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19.1.2009 par Flo.
Faut pas croire. Je n’ai quasi pas écrit la semaine dernière, trop occupée à faire la peau à mes microbes (qui l’avaient très dures, je dois l’avouer), ce n’est pas pour autant que je n’ai pas réfléchi à un retour sonnant et fracassant.
Et je l’avoue, dans ma voiture tous les matins, j’ai suivi une polémique qui m’a passablement fait réagir, et pas en bien, je regrette de le dire.
Polémique dont le centre a été cette fameuse ministre bling bling, connue de tous et dont on n’a même plus besoin de prononcer le nom pour savoir de qui on parle.
Que je n’aime pas, je tiens à le préciser. Tout juste pourrais-je être admirative de son parcours, et encore, une admiration teintée d’une pointe de scepticisme, de mon avis propre et qui n’appartient qu’à moi, fondé sur du pur ressenti, ça ressemblerait plus à de l’arrivisme qu’à de la réussite, mais bref.
Il lui est donc arrivé, à cette dame, une chose qui arrive à quasi toutes les femmes, et qui est plutôt une bonne nouvelle: elle a eu l’excellente idée de devenir maman, malgré (oui oui, c’est ça le pire, on dit “malgré” dans cette situation) son statut de ministre.
Et puisque c’est une carriériste, on peut l’affirmer sans trop se tromper, elle a pris également la décision de ne pas vraiment s’arrêter, de recommencer à travailler quasi instantanément.
Et tout aussi instantanément, s’est retrouvée à faire les gros titres de la presse (ce qui en soi ne la dérange que rarement, mais pour le coup, je doute qu’elle avait prévu que ce soit pour ces raisons-là) et avec sur le dos toutes les associations de pseudo femmes bien pensantes qui savent mieux que personne ce qui est bon ou non pour une femme et son enfant.
Et là, j’ai été puissamment agacée, oui je l’avoue, même si ça ne change rien au schmilblick.
Alors d’entrée de jeu, et pour parer à tous ces arguments redondants, oui je ne suis pas maman, non je ne peux pas savoir ce que c’est, ok je peux donner mon avis mais si possible pas trop fort et pas trop haut.
Je le donne quand même. Parce que même si je ne suis pas encore passée par ce chemin-là, je pense que le jour où ça arrivera, je serai la première à essayer de me reposer et profiter de mon enfant, je chercherai à l’allaiter et j’espérerai ce qu’il y a de mieux pour lui. Mais au nom de quel droit peut-on juger le choix d’une autre femme, qui ne correspond pas aux soi-disants canons et dogmes du moment? Si cette femme a choisi, pour être sûre de ne pas mettre sa carrière en péril, de se priver du bonheur de voir sa fille ouvrir les yeux sur le monde, qui est-ce que ça dérange? Y a-t-il quelqu’un pour dire de façon sûre et évidente qu’une femme épanouie et absente assez longuement pour raisons professionnelles serait plus “mauvaise” qu’une mère bloquée chez elle et en plein baby-blues d’être privée de ce qu’elle veut faire et n’ose pas de peur de choquer??
Il n’y a péril ni pour la mère ni pour l’enfant que je sache. De quel droit vient-on se mêler du choix le plus personnel qu’une femme soit tenue de faire une fois (ou plus) dans sa vie? Sous le prétexte fallacieux qu’elle mettait en danger des droits chèrement et difficilement acquis pour les femmes? Facile, tellement facile!
Je militerai jusqu’au bout pour le droit aux femmes, mais pour le droit au Choix, pas l’obligation de suivre des impératifs qu’une certaine caste qui croit détenir la vérité absolue au nom de je ne sais quelles études qui pourraient changer dans 10 ans veut imposer à tout le monde.
Alors oui, ça, ça m’a fait monter les tours. Parce que j’ai toujours dit, moi, que je ne sacrifierai jamais une vie professionnelle pour un enfant, qu’idéalement j’aimerais pouvoir concilier les deux, et qu’il est hors de question que je sacrifie un poste pour un bébé. Raison pour laquelle je ne suis pas encore maman, entre autres. Et que je me sens peut-être concernée par tous ces dogmes qu’on assène et qu’on impose.
Les choses changeront peut-être lorsque ça arrivera, mais bon dieu, j’aimerais qu’on me laisse ce choix-là, sans venir se mêler de me critiquer si d’aventure j’ai l’intention d’arrêter d’allaiter aux 3 mois de mon bébé, et reprendre un plein temps aussi sec. Que je décrète que je tiens à conserver un minimum d’indépendance et que je m’organiserai en conséquence.
Je souhaite beaucoup de bonheur à cette femme, dans le choix qu’elle a fait. Pour elle et sa fille avant tout, bien sûr, mais de façon tout à fait mesquine également, pour rabattre le caquet à la clique des râleurs, et leur prouver qu’elle peut avoir raison sans suivre leurs avis à eux; et moi en silence, je triompherais, sans aucun doute.
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