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janvier 2009
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Archive pour janvier 2009

Tu causes patois ou bien?

Ca m’arrive encore, rarement et de façon plus ou moins volontaire: emportée dans la discussion, dans le feu de la conversation, j’utilise un mot tout à fait naturellement, et je vois d’un coup les visages se figer, une forme de stupeur marquer les expressions, et un long silence s’installer. Ma question ou mon affirmation restent en suspens….je mets un peu de temps à percuter, si même d’ailleurs je percute.
“Tu peux répéter? Mais de quoi tu parles??”

Depuis presque 10 ans que je suis en France, j’ai pris l’habitude de faire attention. Compter ”à la française”, sauf lorsque c’est dans ma tête, repérer les termes qui peuvent être incompris, rectifier de suite le tir.
Alors oui, quand je croise ces mots au détours d’une phrase, et qu’en plus ils ne viennent pas forcément de moi, ça me fait chaud au coeur:
Une panosse, une crousille, une rave, béder (vous savez vous, ce que ça peut vouloir dire, mmh?)….

Ce matin, en regardant 3 tout petits flocons tomber devant les fenêtres, tourbillonner avec insistance alors qu’ils n’auraient pas fait de mal à une Smart, j’ai repensé avec une pointe de tendresse à l’expression de chez moi “il neige de rage”. Je ne l’aurais pas utilisée spontanément (plus maintenant), tout comme j’ai désormais oublié de dire que le ciel était “grand bleu”, mais je le garde dans un coin de mon esprit, au moins pour le faire partager. “Chez moi, on dit comme ça….”

Il m’a fallu parfois du temps pour trouver des synonymes, me faire comprendre. Certains termes étaient tellement évidents que je n’imaginais pas qu’ils puissent être incompris. D’autres étaient trop usuels pour que je réalise avant de les utiliser qu’ils pouvaient faire réagir. Enfin pour certains, je les garde, de temps en temps, en les utilisant avec le sourire, pour provoquer un tout petit peu, juste histoire de rappeler que je ne suis pas d’ici et que je m’autorise aussi mes libertés.

Je ne me suis jamais forcée non plus à perdre mon accent, je ne l’avais déjà pas vraiment; je le reprends lorsque je m’énerve, lorsque je m’emporte, ce qui arrive le moins possible, j’essaye d’y veiller. Quand on me demande d’où je viens, ça me fait rire, parce que c’est une question vide de sens pour moi. Je soigne la tournure de ma réponse: “Je suis née à…, mais je suis également originaire de…et je vis à…seulement depuis quelques temps”. J’ai toujours considéré que ma richesse était cette multiplicité de choix: mes origines, mon lieu de naissance, mon lieu de vie.

Manque d’ancrage? Oui c’est possible. Mais je ne le ressens pas ainsi. Je sélectionne, j’ai la chance de garder ce que je veux, de pouvoir mettre de côté ce qui me dérange. Je transmettrai à mes enfants ce que j’ai le plus aimé, et je les laisserai choisir, à leur tour, sans m’en offusquer.
Pourquoi est-ce que ça me ferait souffrir?

Ces petites traces ténues et si importantes

Le rythme a repris, très vite.
C’est la vraie rentrée.
Même si je n’ai pas été réellement en vacances, ces 3 dernières semaines de l’année 2008 ont eu un parfum particulier, par leurs nombreux congés d’abord, et puis par un quotidien rompu dans nos horaires habituels. Mon homme a travaillé en horaires décalés (pour lui, ce qui les recalait pour moi), me permettant de le voir, de profiter de lui en soirée, même juste une 2ème partie de soirée, mais n’empêche.
J’ai accueilli ces moments inespérés comme autant de cadeaux de Noël et de fin d’année, en les savourant comme on se délecte d’une boîte de pralinés grand cru.

Là, c’est à nouveau le chassé croisé: je me lève alors qu’il dort encore, il rentre alors que je dors déjà. Nous avons à peine plus de 5 minutes téléphoniques par jour pour échanger l’essentiel, je tente de sortir de ma torpeur de premier sommeil pour papoter un peu à son retour, mais à passé minuit, et dans mon état actuel, je peine un peu.

Et puis surviennent ces petites traces ténues, petites traces de l’autre que nous guettons ou inventons, au fur et à mesure des journées, des envies, des besoins. Pas de tableau à post it, pas d’habitudes qui deviendraient routinière, non, il peut se passer de longs moments sans rien de particulier, puis d’autres d’un coup, avec de petits échanges de-çi de-là, presque tombés du ciel, d’autant plus merveilleux qu’ils ne sont pas forcément attendus..
Comme son message msn (sisi, nous sommes geek jusqu’au bout), sachant que je consultais mon ordinateur avant de partir. Comme 3 lignes par mail en milieu de journée pour prendre des nouvelles (alors? Combien de paquets de mouchoirs? Combien de nouvelles victimes au boulot? Le chef t’a-t-il laissé(e) tranquille?)
Des listes de courses complétées à 4 mains, qui se baladent d’un bout à l’autre du salon, un petit mot déposé sur son clavier ou même un texto, qui arrivera quand le portable ne sera ni déchargé, ni éteint. Quelques infos “pour mémoire”: j’ai la carte bleue, n’oublie pas la lessive. Pas des plus romantiques, mais dites, écrites avec tendresse et sincérité.
Et ce matin, à ma portière de voiture, alors qu’il s’était garé la veille au soir juste à côté de moi, ce ticket de carte bleue griffoné pour m’encourager sur une nouvelle journée.
J’ai glissé le papier au fond de ma poche, précieusement. En me disant que j’avais une chance folle, que j’étais heureuse. Et que ce petit mot possédait la magie de m’aider à faire passer la semaine en vitesse, afin que les retrouvailles de vendredi n’en soient que plus délicieuses.

….
Et sinon, à l’heure où je vous écris, il neige. Ce qui rend la sensation de cette journée encore plus douce et plus ouatée.

Rentrée

Y’a mieux, comme retour pour cette nouvelle année.

Je traîne un début de grippe, qui m’a laissée sur les rotules ce dimanche.
Sauf que, pour ne pas faire comme tout le monde, je me retrouve avec tous les symptômes de la fièvre: froid, chair de poule, grelottements intempestifs, tête dans un étau et courbatures, mais sans un seul degré de température! J’en suis quitte à carburer au paracétamol et attendre que ça passe.
Seule consolation: je ne suis pas seule au boulot à éternuer et tousser, à croire que l’épidémie a son épicentre ici même!

Et puis bien entendu, arrivée ce matin avec une demi-heure de retard: plus moyen de mettre la main sur mes clés de voiture, je sais que je les ai récupérées hier, je pensais les avoir mis dans mon sac, et c’est forcément en arrivant tout à l’heure devant ma portière, les mains surchargées de sacs en tous genres que je suis incapable de les trouver!
Résultat: remonter 3 étages, retourner l’appartement et mon coin bureau (en vain), attraper au vol et en catastrophe le double (que je me bénis de garder à portée de main), et partir sur les chapeaux de roue. En moulinant à toute allure, pas moyen de savoir où j’ai pu égarer cette clé!
Et puisque vous commencez à me connaître un peu, vous savez qu’une clé dans la nature, ça fait partie de mes plus grands stress…

Boudiou, va falloir redresser la barre si je veux passer cette première semaine sans plus de casse!

Les voeux d’usage

J’ai délaissé ces lieux bien plus que je ne l’aurais voulu, pour des semi vacances et surtout des fêtes qui furent chargées, du point de vue du programme comme de l’estomac.

Je reviens en catimini, simplement pour vous souhaiter à tous une merveilleuse année 2009, comme l’usage le veut, mais aussi le plus sincèrement du monde.

En ce qui me concerne, cela faisait des années que je n’avais pas passé des fêtes aussi sereines et joyeuses. Simples et remplies de sourires, dans la confiance de ce qui s’achève, mais aussi de ce qui va s’ouvrir. Et qui me fait prendre conscience, un tout petit peu, de tout le chemin parcouru, et de l’immense chance de ce que je vis aujourd’hui.
Et j’espère, pour vous tous, que cette sérénité, cet espoir et ces plaisirs simples auront fait partie de ces instants charnières, afin de pouvoir entrer de plein pied dans une année heureuse.

Je vous souhaite à tous de la légèreté, de l’enthousiasme pour les petites et grandes choses, et avant tout…une bonne digestion!