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février 2009
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Archive pour février 2009

Au bout du rêve, c’est le début d’un autre…

Elle est allée jusqu’au bout. A force d’y croire, à force d’intégrité, à force de le vouloir, elle y est parvenue.
Dire que je suis fière d’elle, ce n’est pas le quart de la moitié de ce que je ressens.
Dire que je suis euphorique, c’est déjà s’approcher un peu plus de la réalité.
Dire que j’attends avec une impatience de gamine devant son premier cadeau, de tenir ce livre (Son livre) à la main, c’est le minimum de ce qui peut être exprimé.

Mon Amie, d’enfance, celle avec laquelle j’ai usé mes pantalons sur des pierres de cour de récré, un bloc sur nos genoux et dans la main un B*ic qui m’a laissé pour trace indélébile un cale au doigt, et une belle tendinite au poignet, publie son premier roman.
Elle a réussi à trouver sur sa route ce qu’elle méritait plus que tout: une éditrice enthousiaste, qui lui a donné sa chance, et qui ne devrait pas le regretter.
Mon Amie a eu le courage, la force de passer dans la lumière, et de se confronter aux regards extérieurs. D’offrir ce qu’elle a de plus intime, sa propre création, à la critique, aux jugements de parfaits inconnus.
Je l’admire, et je suis fière d’elle, parce que nous avons fait un petit bout de route ensemble, et que je l’ai laissée continuer, en m’arrêtant sur le bas côté. Parce que là où moi j’ai toujours dissimulé, gardé pour moi, retenu, elle a offert, tendu aux autres, accepté les remises en question.

C’est sa victoire, et l’une des plus belles qu’elle puisse avoir. Je lui en pique un tout petit peu, par procuration, même si je ne voudrais pour rien au monde être à sa place; mais j’ai envie de vivre ça avec elle, son bonheur, son incrédulité, puis son émerveillement, comme la fin d’un chemin, et le début d’un autre.
Et je lui souhaite encore une très très longue et belle route. Pleine de nouvelles découvertes, de rencontres avec ses personnages, et ses lecteurs désormais réels.

Et si vous voulez en savoir un peu plus, puisque son site n’offre pas encore de contact direct, n’hésitez pas à vous manifester dans les commentaires. Le moins que je puisse faire, c’est au moins lui offrir un peu de pub, et pourquoi pas quelques futurs fans inconditionnels?

La bal(l)ade du froid

C’étaient des paysages d’une beauté hivernale. Où les couleurs, déjà, tentaient de poindre, tout en se laissant rattraper par le gel, par le froid qui les fige.
Nous avons passé des vallées, escaladé des collines. Contemplés ces villages de pierres, taillés à la brute, faits pour résister aux grands frimas. La région est habituées aux températures hivernales, longtemps, et ça se constate à chaque virage, chaque détour de bosquet, chaque coin de campagne. Les chevaux ont la crinière plus épaisse, plus dense. Les vaches sont plus dodues, plus imposantes.
Pas vraiment d’aspect esthétique dans les demeures de pierres grises, dont les cheminées fument à journée durant. Mais un charme particulier, sauvage, qui s’exprime sans prendre en compte le regard des autres. J’ai eu la sensation de plonger au fin fond de l’Italie, là où m’attend la maison familiale. Si j’avais entendu les gens se haranguer dans une autre langue, d’un bout à l’autre de la petite place du village flanquée d’une simple fontaine, je me serais à peine retournée de surprise.

Nous avons roulé, provocateurs, par des températures qui coupaient la respiration et rendaient les cuisses rouges de froid. Juste par défi, par envie de retrouver les sensations à 2, de profiter du moindre rayon de soleil, pas assez chaud pour nous réchauffer, mais suffisamment présent pour nous donner envie de ne pas rester au bord de la route. Même le café soupière que j’ai pris n’a pas fait cesser les tremblements, il aura fallu quelques heures et une bonne douche chaude, interminable, pour relaxer les muscles endoloris, les courbatures du dos et cesser enfin de sentir l’air froid qui nous a accompagnés toute la journée d’hier.

Mais c’était beau. Splendide. De replonger ainsi dans les paysages, de se délecter ensemble de cette paix, de ce calme, de cette sérénité. Et se dire que ça nous avait manqué.
Oui, on attendra des jours meilleurs pour y retourner. A moins que ça nous prenne à nouveau, de façon impromptue, et totalement irrésistible….

Janus

Je me sens comme Janus, ce personnage aux 2 visages de la mythologie romaine, qui me fascinait tant. Celui qui regardait vers la Vie et vers la Mort, celui qui gardait la porte du Passé et du Futur, selon les interprétations.

D’un côté, à ma droite, une équipe soudée. Certes ils sont bourrins, certes ils sont brut de décoffrage. Ce sont des mecs, le terrain ils connaissent, il faut arrêter de leur faire de beaux blablas, ils y vont franco de port et (parfois) réfléchissent après. Je découvre ce que c’est de ne travailler qu’avec des hommes, je réalise, avec effarement, que parfois une note féminine me manque, mais j’apprécie leur simplicité, leur loyauté les uns envers les autres. Je sais qu’il n’y aura pas de coup bas, ça gueule parfois, ça s’explique porte ouverte ou porte fermée, et globalement ensuite, c’est archivé. Pas de prise de tête.

A ma gauche, le boss. Qui m’aime bien, qui a besoin, pour son petit satisfecit et pour se sentir moins seul, de me faire des confidences. Je suis une nana, il semblerait que malgré mes grands mots et hauts cris, je sois perçue aussi comme quelqu’un de relativement doux et tempéré (mouhahaha), j’écoute donc, puisque c’est ce qu’on me demande. J’aquiesce, je modère, je suggère. J’ai le vague sentiment que je peux avoir une toute petite influence, et en user, parce que côté communication entre un côté et l’autre, c’est fin de non recevoir et c’est peu dire. La guerre de tranchée est proche.
Et pourtant je comprends aussi sa position, mais pas forcément toutes ses réactions: il est coincé entre les tableaux excel du haut patronnat, les obligations de résultats, l’impératif des chiffres. Il défend un budget, on lui dit “faites comme vous voulez, mais coupez, on veut tant”. Il n’y a pas des tonnes de solutions, elles seront toutes impopulaires, comment les faire passer?

Je suis un peu des deux. D’un côté je comprends les obligations, de l’autre côté j’ai cette fidélité à une équipe, et je ne veux pas les lâcher. Jusqu’ici, je compose, mais je m’inquiète. Je sais qu’il faudra faire passer des messages peu agréables. Je les sentais venir, j’en ai la confirmation, parce que la “crise”, comme on dit, ce n’est pas que chez le voisin. On fait le dos rond, mais il faut encaisser un peu aussi, même si on n’a pas à se plaindre. Sauf que lorsqu’on se ramène à notre petite personne, on n’a pas envie d’encaisser, on est bien dans nos pantoufles, changer oui, mais seulement dans une direction.

Les bouleversements qui s’annoncent vont être compliqués. De fait, et en prévision. J’essaye de me positionner au mieux, je n’ai pour l’instant pas grand chose à y gagner, un peu à y perdre quand même. Mais j’aimerais bien avoir la sagesse de ce dieu romain, et j’espère juste parvenir à rester à ma place…

Double journée ou journée double

J’en ai beaucoup entendu parlé. Beaucoup lu. Un peu vu. Jamais expérimenté, ou de très loin.
C’est devenu une évidence de dire que les femmes dites “actives” (comme si c’était à mettre en opposition aux “passives”, que c’est ridicule!), qui doivent donc gérer un travail à plein temps ou même temps partiel avec des enfants, ont des double journées: celle qui est professionnelle, avec des horaires quasi fixes, et définis. Et puis l’autre, avant, après, au milieu aussi parce qu’il y a les pensées qui s’évadent, les préoccupations qui restent, les petits coups de fil passés en vitesse pour s’assurer que tout va bien.

C’est nouveau pour moi. Et même pas réel, je fais de l’interim. Un CDD prolongé, ou un CDI je l’espère bien, ça ne dépend pas que de moi.
Miss blondinette est en vacances, cette semaine, et chez son père. Donc chez nous. Et nous travaillons tous les 2, alors comme beaucoup d’autres couples n’ayant pas la chance d’avoir autant de vacances que leur progéniture, nous avons choisi l’option “centre aéré”. Même pas en demi-journée, ce n’était pas possible, ce qui signifie qu’elle y est depuis tôt le matin, jusqu’à 18 heures. Et ne peut malheureusement qu’à peine profiter de son père, qui lui travaille de 16 heures à minuit, passés!

Le soir, c’est donc moi qui prends le relais. Pas d’heures sup, pas même de demi-heure sup. A l’heure quasi pétante (je me laisse 10 minutes de marge, vu que la route est moins galère puisque moins fréquentée) je file la récupérer, avec en tête l’inquiétude de ne pas la laisser trop longtemps seule. Les réflexes viennent vite, oui.
Et commence la deuxième partie de journée pour nous 2: rentrer, trouver surtout quoi faire à manger: quelque chose de rapide, de bon pour qu’il n’y ait pas de chamaillerie (et encore, elle n’est pas trop difficile, mais je ne peux quand même pas lui faire des huîtres tous les soirs!), qui soit suffisamment sain pour avoir bonne conscience (comment cuisiner au mieux les légumes, et pas trop de viande, ou alors blanche). Moi qui suis facilement salade et bout de pain sans me prendre la tête le soir, quand je ne me lance pas dans un petit plat pour le lendemain, c’est différent.
Au milieu, caser la douche, ou le bain, câliner, crémer la peau sèche, qui tire, consoler les chagrins, écouter les grandes joies, rassurer écouter, rester attentive. Garder des plages de jeu, de détente, mais ne pas la coucher trop tard, elle doit se lever le lendemain aussi, pas question de la faire rentrer à l’école déjà épuisée!
Et puis ne pas penser à ma propre journée, essayer d’évacuer mes tracas, mes tensions pour qu’elle n’y soit pas perméable (elle le sera toujours, je le sais), essayer, quand même un peu, de me garder une petite plage de détente.
Globalement je me pose à 21 heures. Epuisée, avec le dos et les épaules douloureux. Et moins d’une heure plus tard, j’ai les yeux qui se ferment tout seuls!

Je ne ferai ça que 4 jours. Vendredi, elle repart chez elle. Lundi prochain, on reprend le rythme hebdomadaire habituel, jusqu’aux prochaines vacances auxquelles on n’a même pas encore réfléchi (et qui pourtant sont proches, je le sais).
Alors oui, je m’incline bien bas devant ces super-mamans. Parce que ce que je fais moi, ce n’est pas le quart de la moitié de ce qu’elles font elles: c’est toujours plus facile de le faire sur une courte durée, quand on sait que ça s’arrête à une date précise. Et je n’ai rien à gérer le matin, je fais ma propre tambouille, à mon rythme, silencieusement. Pas à la réveiller, à lutter contre mon sommeil et le sien, ses contrariétés et mes stress. Elle peut dormir un peu, son père prendra la relève en temps et en heure, ce sera leur moment à eux.

Ca ne me fait pas pour autant changer d’avis sur l’évidence que jamais je n’arrêterai de travailler, même en étant maman. Je sais qu’il faudra que je m’organise, du mieux possible. On verra en temps voulu, quand ça se présentera. Ca ne me donne pas envie de ne rien faire d’autre que ça, j’ai trop besoin des défis professionnels, aussi épuisants et parfois frustrants soient-ils, j’ai trop besoin aussi, je crois, de ces 2 pans dans ma vie: personnel, et pro. Mais ça pointe les difficultés, les complications. Les lourdeurs organisationnelles, et financières. C’est un avant-goût, tout le monde n’a pas la chance de l’avoir, je le prends comme une chance.
Mais ça fait réfléchir, au-delà de ma petite personne, sur tout ce qui concerne la structure et l’encadrement familial, débat récurrent et tellement d’actualité…

Asphyxie

Etre dans un état second, brumeux et cotonneux, sans rien d’agréable à toutes ces sensations.
Gérer sans y parvenir le contraste des week-ends lumineux, souriants, heureux et somptueux, et des semaines ternes, stressantes, épuisantes.

Garder mon self contrôle, en permanence, tout intérioriser, parce que rien ne peut sortir, ou si peu: en journée au boulot, alors que tout s’accumule, qu’il faut trier les priorités, faire du mieux possible sans y parvenir: le 3 en 1 ne marche visiblement que dans les pubs. Avec les collègues, qui aident et font de leur mieux eux aussi, on ne scie pas la branche sur laquelle on est assis(e).
Le soir, avec la miss, qui n’a rien demandé à personne, surtout pas de devoir assumer la difficulté de ma (mes) semaine(s) et qui a besoin, elle, de s’exprimer, de s’affirmer à sa manière. Manière que je ne maîtrise pas, qui me dépasse parfois, alors oui, je me laisse déborder, parce que je réfléchis à tout ça en même temps, je m’interroge probablement trop, me remets trop en question, ne sais pas vivre juste ça, comme ça, quoi qu’il arrive, en confiance.
Pas d’exhutoire dans l’immédiat: le chat ne comprend rien aux petits problèmes humains bien dérisoires, parler dans le vide a ses limites. Pas de piscine pour cause de vidange, pas de jogging pour cause de coucher de soleil trop tôt et surtout de ”baby sitting” quotidien.

Je cherche mon oxygène, cette semaine, remplie de points d’interrogations de toutes parts. Je continue de cauchemarder et je finis par bosser 24H sur 24.
Et cette sensation physique, dès que mon visage est trop près des draps, d’étouffer….

Quand je serai grande…

Il y a 2 mois, la miss nous racontait dans la voiture:
“-Vous savez, quand on sera grands avec Jules (ah tiens, un petit prétendant? Calme-toi mon homme, c’est juste une passade), on aura une grande maison, avec des fenêtres rouges, et puis un jardin, avec une barrière blanche. Et puis on aura 3 chiens, et on habitera à côté de chez Louisiane”
Et nous, de nous regarder en souriant: “Oui oui ma puce, tu as le temps de voir venir, et puis pour avoir tout ça, il faudra bien travailler à l’école”.

Il y a 2 mois, alors que je la ramène à la maison, mais aussi à chaque moment possible avec moi ou son père: “Ah oui et quand on sera dans notre maison avec Jules (eh beh, quelle fidélité!), finalement on aura 2 chiens et puis 1 chat, et la niche des chiens eh ben elle sera à côté de la maison, et la barrière sera très grande pour qu’ils ne puissent pas s’échapper. Et vous viendrez nous rendre visite, on n’habitera pas loin, on promènera les chiens ensemble si vous voulez. Et puis le chien femelle, il sera blanc, avec une tache noire sur le nez, et un peu de brun aussi.”.
Et moi: “Mais tu sais, tu ne peux pas déjà savoir à quoi ressemblera ton chien: si tu veux ton chien petit, il change de couleur après, comme Peewee (mon matou à moi), quand il était petit, il était moins tigré que maintenant tu comprends?”
“-Mais oui mais moi je veux un chien blanc avec une tache noire sur le nez, et puis du brun”
“-Eh bien il faudra essayer de trouver un petit chien qui y ressemble, mais tu ne pourras pas être tout à fait sûre qu’il deviendra comme ça quand il sera grand, ce sera une surprise, c’est ça qui est amusant aussi chez les animaux.”

Et puis quasi chaque semaine, elle revenait à la charge, avec la maison, la barrière, les volets.
Il y a peu: “Et tu sais notre maison avec Jules, elle sera rouge”
“-Ah bon?? Mais je pensais que ce seraient les volets qui seraient rouges”
“-Non non, ce sera la maison, comme celles d’ici, et on sera voisins de Louisiane avec Jules (toujours, toujours…il faut que je songe à sérieusement préparer son père à cette idée) Et puis on aura 2 chiens tu sais, mais comme les animaux ils changent de couleur quand ils grandissent, ben je sais pas trop à quoi ils ressembleront, comme le chat”
Moi, riant sous cape et un peu fière aussi, parce que je prends conscience que les messages passent:”aha, mais c’est bien tout ça. Et donc, tu as parlé de tout ça à Jules, il est d’accord, d’avoir les chiens, le chat?”
“-Non”
“-?!? Comment ça non?? Vous n’avez jamais parlé de tout ça ensemble, de tous ces projets?? Mais tu ne peux pas décider toute seule tu sais, quand on vit avec quelqu’un, il faut savoir ce qu’il veut, ce qu’il préfère. Moi je ne prends pas de décision seule, quand on veut quelque chose, on en discute papa et moi, je ne vais pas décider à la place de papa.”
“-Mais je m’en fiche, moi j’ai envie, et puis Jules il s’en fiche, il ne m’écoute pas”
“-Aaaah (diantre, déjà?)…Mais tu devrais essayer quand même d’en parler un peu avec lui…C’est quand même des choses importantes tout ça”

L’une des dernières fois où je l’ai vue:
“-Ben quand on aura notre maison avec Jules (bon, a priori il n’y a pas eu de brouille entre eux, c’est déjà ça), on aura une piscine. Sauf que Jules, ben il est d’accord pour qu’on ait des vaches (dans le jardin? ça se complique!!) ”
“-…..euh…..C’est bien ma puce, je vois donc que tu as discuté de tous vos projets avec Jules!”
“-Oui oui, mais par contre il ne veut pas du canard dans la piscine”
“-!!!Ahem (pragmatique ce petit, il est sérieux comme prétendant)…C’est sûr, c’est chouette un canard, mais si tu mets un canard dans la piscine, tu ne pourras plus t’y baigner. Alors il va te falloir soit une mare, soit un canard en plastique dans la piscine, il faudra que tu voies ça avec Jules”
“-Ah oui tiens, c’est chouette le canard en plastique”!!

De ces conversations hilarantes, je tire plusieurs enseignements:
La demoiselle a une très nette suite dans les idées, ce qui n’est pas un scoop, mais se confirme fortement au vu de l’insistance dans les mêmes projets et l’idée très précise qu’elle en a!
Ne me parlez pas d’infidélité chez les enfants: c’est Jules, depuis au moins 3 mois, voire même plus longtemps! C’est même tellement Jules qu’elle m’a dit l’autre jour “Mais je sais bien que Simon il est amoureux de moi, sauf qu’il ne peut pas.”
“-Aha, pourquoi donc?”
“-Parce que c’est Jules mon amoureux, et je ne veux pas de 2 amoureux en même temps”
(bien…très bien ça!)
Donc, c’est Jules. A tel point que j’ai dit à son père:”Non mais on peut se fiche d’elle, c’est sûr. Sauf que les 2 idiots, dans 18 ans (arrête de pâlir!), ce sera nous, quand elle l’épousera vraiment, tu verras, elle en serait capable la pitchoune, et on aurait l’air de quoi nous, si elle nous invite vraiment dans sa maison rouge avec 2 chiens, une piscine et un canard au milieu???”

Je tiens à préciser que cette note m’a été inspirée par Aude. Qui m’a réellement émue au récit du mariage de sa petite Nectarine. La demoiselle avec laquelle je partage mon quasi-quotidien n’a pas vraiment d’idée de mariage, elle dessine moins bien que Nectarine, mais l’imagination semble tout aussi fertile!

La beauté d’une éclaircie

Ca fait deux nuits que je rêve que je suis, ou vais être licenciée. Je n’ai jamais expérimenté ça, et c’est tellement déplacé par rapport à la situation actuelle que ça me laisse perplexe…inquiète et interrogative malgré tout.
J’ai rêvé cette nuit aussi que je forçais presque la main à mon patron pour engager une intérimaire et m’aider à rattraper le retard dans le classement et rangement en souffrance…
Je n’aime pas.
Je n’aime pas ces moments où le boulot prend trop de place dans ma vie, bien assez pour que je l’inclue même dans mes plages de repos, qui ne sont plus si reposantes que ça.
Malgré moi, parce que si la période est bouleversée, mouvementée, j’ai la sensation de relativement bien gérer ce qui me tombe dessus. Je refuse de me mettre trop de pression sur les épaules, je fais au mieux, on le sait au-dessus, et je me protège pour que rien ne puisse me retomber sur les épaules.
Mais, dans une autre dimension que je ne contrôle pas aussi bien, il semblerait que le petit vélo continue de rouler à toute allure.

Alors ce soir, quand je suis rentrée un peu exténuée et vaguement contrariée, que j’ai vu ce splendide cadeau, les larmes me sont montées aux yeux. De bonheur cette fois. Parce que ce qui m’était offert là n’avait pas de prix, et m’a rendu le sourire, le rire même, en une fraction de seconde. Ca illumine ma soirée, le reste de la semaine et me fera tenir jusqu’au week-end plus sûrement que n’importe quelle autre bonne nouvelle…

6 choses totalement futiles

Grâce à Zelda, j’ai eu droit à quelques jours de réflexion intense, sisi.
Parce que mine de rien, trouver 6 choses à dire sur soi qu’on n’estime pas si essentielles que ça, c’est arriver à définir ce qui est, ou non, important pour nous. Et en ce qui me concerne, l’exercice ne m’a pas paru si facile, j’avais l’impression que tout était essentiel, ou presque!
Mais j’essaye quand même.

-Systématiquement ou quasi, lorsque je me sers un thé, je fais plonger la ficelle ET l’étiquette dans la flotte. Quitte ensuite à me brûler le bout des doigts (devenus insensibles à force) pour aller les rechercher. En grognant. Ce qui ne m’empêche pas de recommencer le coup d’après, puis le suivant. Masochiste, et joueuse, et je perds à chaque coup, je pense cela dit que ça vaudrait la photo: je dois avoir la langue qui dépasse, concentrée pour verser mon eau bouillante, et la contrariété qui s’affiche sur mon visage juste après est sans doute très marquée.
Et pour rester dans le domaine du thé: au grand dam de mon entourage, je ne jette jamais le sachet, qui reste comme un truc qui ne ressemble à rien au fond de ma tasse, et surtout, je ne bois généralement pas la, ou les 2 dernières gorgées. Aucune explication rationnelle à cela: ça oblige à passer par la case “évier” avant ”jetage de sachet”, c’est tout un rituel chez moi, le thé…

-Je suis capable de magistralement rater une fondue, ET sa religieuse. Suisse la fondue, j’insiste. Une fondue savoyarde étant une fondue suisse ratée (cette définition est marquée d’un copyright de mon homme, que j’ai trouvé fort pertinent sur le coup). Donc imaginez une fondue suisse ratée, c’est une fondue savoyarde inmangeable. Quant à la religieuse, qui est la croûte de fromage qui se forme au fond avec la chaleur, généralement on aime ou pas. Ben moi j’adore, sauf la dernière que j’ai faite, qui partait en miettes. J’ai failli y laisser quelques doigts à force de m’énerver dessus avec un couteau pointu, le caquelon a manqué de décéder, et mon homme en face a pris une douche de fromage. Il a aimé, bien sûr, et j’ai dû renoncer, non sans grognements de frustration appuyés.

-Pour rester gastronome, j’aime le fromage sous toutes ses formes. Je crois que jusqu’ici, il n’y a pas un fromage, ou plat à base de fromage, qu’on m’ait présenté et que je n’aime pas. J’ai mes préférences, et pour terminer de me fâcher avec les Français après le coup de la fondue savoyarde, le camembert qui est arrivé à pied et s’effondre sur la table, je passe mon tour. Je ne suis pas très fan de l’Epoisse, pour ce que j’en ai senti (je ne crois pas en avoir goûté en fait), mais pas du tout réfractaire à l’idée de tenter le coup quand même. Chèvre au miel, ou avec confiture, ou chaud sur salade, même l’emmental, s’il est bien présenté et que surtout on ne me dit pas que c’est du gruyère, j’aime!

-Je ne suis pas une folle furieuse du ménage. J’ai un seuil de tolérance que je suis incapable de définir d’ailleurs, qui fait qu’à une moment ça va m’énerver et je vais m’y mettre. Je suis incapable, comme je me le promets quasi une fois chaque mois, de le faire par petites touches quotidiennes, généralement c’est le grand ménage, et comme ça j’ai vraiment l’impression que tout est propre. Par contre, une chose que je suis incapable de laisser en souffrance, c’est la vaisselle: rien à faire, dès qu’il y a plus d’un verre et une tasse dans l’évier, ça me rend aussi stressée que la fameuse Monica. Je suis une accro de l’éponge, une folle du liquide vaisselle. Je tourne, je vire, je pleure si ça s’entasse sans être pris en main. Les ptits malins qui me fréquentent ont compris le truc, ils savent qu’ils n’auront pas à se battre pour s’installer devant l’évier, même si je cède volontiers ma place. Mais je ne la cède que si je suis certaine que c’est fait dans l’heure.
Alors quand dimanche soir mon homme a exigé et imposé que je lui laisse pour le lendemain les 3 assiettes, 6 couverts, 2 tasses, 2 verres, caquelon et autres, j’ai cru que j’allais imploser. Cela dit, vous pouvez admirer sa force de persuasion et son courage, il y est parvenu. Vous dire que j’ai mal dormi de dimanche à lundi serait mentir. Mais quand je suis partie lundi matin, j’ai jeté un regard noir à l’évier, ça m’horripilait. Et c’est la première chose que j’ai vue en rentrant le soir: il était nickel, ouf!

-J’adore manger dans des bols. Je dois avoir des origines très, très lointainement asiatiques, je suis une fana des petits ou grands bols. Quand je suis seule, je préfère manger dans 3 bols différents plutôt qu’une grande assiette: un bol de salade, un bol de légumes, un bol de féculents, ou peu importe. Dès qu’il faut couper, ça me contrarie, d’ailleurs je cuisine assez peu de viande pour moi seule. C’est loin d’être pratique sur une petite table, mais je m’organise, je les aligne, je mange successivement, ou je pioche à droite et à gauche. Avec ma tasse de thé, je mange toujours avec une boisson chaude: thé qui bien entendu a été servi en faisant tomber l’étiquette dans l’eau chaude, et que je ne boirai pas jusqu’au bout, haha….

-Et au final, parce que j’ai mis mon cher et tendre à contribution pour cette liste, je me devais d’évoquer ce qu’il m’a dit:”Tu mets ton réveil 11 minutes à l’avance”. C’est qu’il le sait le bougre, je le réveille en même temps, et il faut qu’il puisse se rendormir derrière. Alors non. J’ai contredit “Je ne mets pas mon réveil en avance, ça je le faisais quand je vivais seule, et c’était 30 minutes d’avance, et je le laissais sonner en plus! Non, il avance de 11 minutes (13 maintenant, mais je ne le lui ai pas dit, s’il ne lit pas ce billet il continuera de se faire des illusions…), et je ne le règle pas. Ca m’arrange, c’est pour rester dans tes bras plus longtemps (SI, c’est vrai!!), et de toute façon j’ai beau le remettre à l’heure, il reprend systématiquement de l’avance, on ne contrarie pas une machine de mauvaise volonté”

Mine de rien, une fois qu’on a trouvé le filon, il y a des choses à dire sur du parfaitement inutile…. 

En aparté

L’air de rien, comme ça…Les statistiques qui s’affichent sur mon tableau de bord quand j’ouvre mon interface, me l’annoncent fièrement: passés 300 billets, mais surtout depuis peu la barre des 500 commentaires. J’ai juste manqué le bon moment pour réagir en direct.
Mais n’empêche, je suis contente. Certes, il y a mes réponses qui sont comptabilisées. Mais ça me fait juste penser que ce blog est quand même passablement lu. Et qu’on s’y manifeste. Pour de grands ou petits commentaires, mais chacun d’eux est constructif, et me fait chaud au coeur.

Alors simplement merci, et continuez à alimenter ces pages. C’est aussi grâce à tous ces petits mots que je trouve de l’inspiration pour continuer. Et j’aime l’idée d’un lieu interactif qui, chaque jour, dévoile de nouvelles belles surprises…

Malice des dates

4 Février 2007: un coup de fil tardif en soirée; je décroche de façon impromptue alors que j’étais déjà plus ou moins couchée et ma vie bascule. C’est le début d’un cataclysme qui couvait et s’annonçait depuis des années déjà, et que je ne peux désormais plus ignorer. D’une minute à l’autre, cette sensation d’être prise dans un vortex, de lutter pour garder les commandes, mais surtout surtout, de ne pas trop savoir où tout cela va me mener. Angoisses, décisions, détermination, le virage est à 180°. Une fois de plus, tout planter là pour retrouver de l’oxygène et espérer, enfin, reprendre le contrôle et savoir mener sa barque.
C’est si proche, et si loin à la fois.

4 Février 2008: les choses s’apaisent peu à peu, je prends mes marques. Ca fait un an, certains jours tellement plus, d’autres tellement loin. Sensation d’être un peu flottante, en cette date anniversaire que je ne peux m’empêcher de retenir et que pourtant je voudrais tant oublier.
J’ai déjà changé de boulot, changé d’appartement. Je suis enfin maître de ma vie, et elle en prend une tournure plutôt pas mal, même si tant de choses sont encore à régler.
Il fait beau ce jour-là, je suis seule à l’agence avec mon collègue. Je quitte mes dossiers, 5 minutes avant d’aller manger, pour vérifier mon mail perso. Je tombe sur ce courrier, d’un parfait inconnu pas tant que ça, ça faisait quelques semaines que je sentais le cercle amical s’agiter et manipuler pour me caser. J’étais à des années lumière de cette idée, simplement parce que je n’en avais pas envie, que je ne me sentais pas prête, si loin de ça…
Je lis, hébétée, ces quelques lignes. Je me dis d’abord “il est gonflé”. Et puis ensuite “il est courageux, je n’aurais jamais osé”. Je sors de l’agence en titubant un peu, j’entends mon collègue sans l’écouter. Je repasse ces mots en boucle dans ma tête, avec cette sensation très précise que tout est à nouveau en train de basculer. Si je réponds, je pars dans un engrenage que je ne contrôlerai plus totalement, malgré ce qu’on veut bien me dire, malgré ce que je veux croire. J’ai peur, mais de cette peur exhaltée par une étincelle d’espoir. Pas la même peur qu’il y a un an, c’est un nouveau virage de 180°, mais pas un retour à la case départ, ça non.

4 Février 2009: j’ai encore changé de travail, à nouveau déménagé. J’ai posé mes valises, pour longtemps je l’espère. Avec lui, parce que même si ça a été une nouvelle lutte acharnée contre moi-même et mes démons, j’ai accepté de laisser à nouveau quelqu’un rentrer dans ma vie.
Et que de cette année passée, ce doit être la meilleure des décisions que j’aie prises.
Rien ne va changer, si ce n’est évoluer, comme ça évolue depuis maintenant une année ou plus. Il n’y aura pas de grand scoop aujourd’hui, parce que je ne veux rien changer d’autre, que simplement savourer ce que nous construisons, ce bonheur fragile et solide à la fois, la chance dont nous sommes tous deux si conscients. C’est l’apaisement.

Ce matin, quand j’ai vu le soleil se lever dans un flamboiement rosé et doré, j’ai pris le temps de me souvenir, de remercier, et souhaité vivre encore de très nombreux 4 Février à ses côtés et avec le sourire d’une oreille à l’autre.