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février 2009
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Archive pour 4.2.2009

Malice des dates

4 Février 2007: un coup de fil tardif en soirée; je décroche de façon impromptue alors que j’étais déjà plus ou moins couchée et ma vie bascule. C’est le début d’un cataclysme qui couvait et s’annonçait depuis des années déjà, et que je ne peux désormais plus ignorer. D’une minute à l’autre, cette sensation d’être prise dans un vortex, de lutter pour garder les commandes, mais surtout surtout, de ne pas trop savoir où tout cela va me mener. Angoisses, décisions, détermination, le virage est à 180°. Une fois de plus, tout planter là pour retrouver de l’oxygène et espérer, enfin, reprendre le contrôle et savoir mener sa barque.
C’est si proche, et si loin à la fois.

4 Février 2008: les choses s’apaisent peu à peu, je prends mes marques. Ca fait un an, certains jours tellement plus, d’autres tellement loin. Sensation d’être un peu flottante, en cette date anniversaire que je ne peux m’empêcher de retenir et que pourtant je voudrais tant oublier.
J’ai déjà changé de boulot, changé d’appartement. Je suis enfin maître de ma vie, et elle en prend une tournure plutôt pas mal, même si tant de choses sont encore à régler.
Il fait beau ce jour-là, je suis seule à l’agence avec mon collègue. Je quitte mes dossiers, 5 minutes avant d’aller manger, pour vérifier mon mail perso. Je tombe sur ce courrier, d’un parfait inconnu pas tant que ça, ça faisait quelques semaines que je sentais le cercle amical s’agiter et manipuler pour me caser. J’étais à des années lumière de cette idée, simplement parce que je n’en avais pas envie, que je ne me sentais pas prête, si loin de ça…
Je lis, hébétée, ces quelques lignes. Je me dis d’abord “il est gonflé”. Et puis ensuite “il est courageux, je n’aurais jamais osé”. Je sors de l’agence en titubant un peu, j’entends mon collègue sans l’écouter. Je repasse ces mots en boucle dans ma tête, avec cette sensation très précise que tout est à nouveau en train de basculer. Si je réponds, je pars dans un engrenage que je ne contrôlerai plus totalement, malgré ce qu’on veut bien me dire, malgré ce que je veux croire. J’ai peur, mais de cette peur exhaltée par une étincelle d’espoir. Pas la même peur qu’il y a un an, c’est un nouveau virage de 180°, mais pas un retour à la case départ, ça non.

4 Février 2009: j’ai encore changé de travail, à nouveau déménagé. J’ai posé mes valises, pour longtemps je l’espère. Avec lui, parce que même si ça a été une nouvelle lutte acharnée contre moi-même et mes démons, j’ai accepté de laisser à nouveau quelqu’un rentrer dans ma vie.
Et que de cette année passée, ce doit être la meilleure des décisions que j’aie prises.
Rien ne va changer, si ce n’est évoluer, comme ça évolue depuis maintenant une année ou plus. Il n’y aura pas de grand scoop aujourd’hui, parce que je ne veux rien changer d’autre, que simplement savourer ce que nous construisons, ce bonheur fragile et solide à la fois, la chance dont nous sommes tous deux si conscients. C’est l’apaisement.

Ce matin, quand j’ai vu le soleil se lever dans un flamboiement rosé et doré, j’ai pris le temps de me souvenir, de remercier, et souhaité vivre encore de très nombreux 4 Février à ses côtés et avec le sourire d’une oreille à l’autre.

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