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Archive pour 18.2.2009

Double journée ou journée double

J’en ai beaucoup entendu parlé. Beaucoup lu. Un peu vu. Jamais expérimenté, ou de très loin.
C’est devenu une évidence de dire que les femmes dites “actives” (comme si c’était à mettre en opposition aux “passives”, que c’est ridicule!), qui doivent donc gérer un travail à plein temps ou même temps partiel avec des enfants, ont des double journées: celle qui est professionnelle, avec des horaires quasi fixes, et définis. Et puis l’autre, avant, après, au milieu aussi parce qu’il y a les pensées qui s’évadent, les préoccupations qui restent, les petits coups de fil passés en vitesse pour s’assurer que tout va bien.

C’est nouveau pour moi. Et même pas réel, je fais de l’interim. Un CDD prolongé, ou un CDI je l’espère bien, ça ne dépend pas que de moi.
Miss blondinette est en vacances, cette semaine, et chez son père. Donc chez nous. Et nous travaillons tous les 2, alors comme beaucoup d’autres couples n’ayant pas la chance d’avoir autant de vacances que leur progéniture, nous avons choisi l’option “centre aéré”. Même pas en demi-journée, ce n’était pas possible, ce qui signifie qu’elle y est depuis tôt le matin, jusqu’à 18 heures. Et ne peut malheureusement qu’à peine profiter de son père, qui lui travaille de 16 heures à minuit, passés!

Le soir, c’est donc moi qui prends le relais. Pas d’heures sup, pas même de demi-heure sup. A l’heure quasi pétante (je me laisse 10 minutes de marge, vu que la route est moins galère puisque moins fréquentée) je file la récupérer, avec en tête l’inquiétude de ne pas la laisser trop longtemps seule. Les réflexes viennent vite, oui.
Et commence la deuxième partie de journée pour nous 2: rentrer, trouver surtout quoi faire à manger: quelque chose de rapide, de bon pour qu’il n’y ait pas de chamaillerie (et encore, elle n’est pas trop difficile, mais je ne peux quand même pas lui faire des huîtres tous les soirs!), qui soit suffisamment sain pour avoir bonne conscience (comment cuisiner au mieux les légumes, et pas trop de viande, ou alors blanche). Moi qui suis facilement salade et bout de pain sans me prendre la tête le soir, quand je ne me lance pas dans un petit plat pour le lendemain, c’est différent.
Au milieu, caser la douche, ou le bain, câliner, crémer la peau sèche, qui tire, consoler les chagrins, écouter les grandes joies, rassurer écouter, rester attentive. Garder des plages de jeu, de détente, mais ne pas la coucher trop tard, elle doit se lever le lendemain aussi, pas question de la faire rentrer à l’école déjà épuisée!
Et puis ne pas penser à ma propre journée, essayer d’évacuer mes tracas, mes tensions pour qu’elle n’y soit pas perméable (elle le sera toujours, je le sais), essayer, quand même un peu, de me garder une petite plage de détente.
Globalement je me pose à 21 heures. Epuisée, avec le dos et les épaules douloureux. Et moins d’une heure plus tard, j’ai les yeux qui se ferment tout seuls!

Je ne ferai ça que 4 jours. Vendredi, elle repart chez elle. Lundi prochain, on reprend le rythme hebdomadaire habituel, jusqu’aux prochaines vacances auxquelles on n’a même pas encore réfléchi (et qui pourtant sont proches, je le sais).
Alors oui, je m’incline bien bas devant ces super-mamans. Parce que ce que je fais moi, ce n’est pas le quart de la moitié de ce qu’elles font elles: c’est toujours plus facile de le faire sur une courte durée, quand on sait que ça s’arrête à une date précise. Et je n’ai rien à gérer le matin, je fais ma propre tambouille, à mon rythme, silencieusement. Pas à la réveiller, à lutter contre mon sommeil et le sien, ses contrariétés et mes stress. Elle peut dormir un peu, son père prendra la relève en temps et en heure, ce sera leur moment à eux.

Ca ne me fait pas pour autant changer d’avis sur l’évidence que jamais je n’arrêterai de travailler, même en étant maman. Je sais qu’il faudra que je m’organise, du mieux possible. On verra en temps voulu, quand ça se présentera. Ca ne me donne pas envie de ne rien faire d’autre que ça, j’ai trop besoin des défis professionnels, aussi épuisants et parfois frustrants soient-ils, j’ai trop besoin aussi, je crois, de ces 2 pans dans ma vie: personnel, et pro. Mais ça pointe les difficultés, les complications. Les lourdeurs organisationnelles, et financières. C’est un avant-goût, tout le monde n’a pas la chance de l’avoir, je le prends comme une chance.
Mais ça fait réfléchir, au-delà de ma petite personne, sur tout ce qui concerne la structure et l’encadrement familial, débat récurrent et tellement d’actualité…

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