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20.2.2009 par Flo.
Je me sens comme Janus, ce personnage aux 2 visages de la mythologie romaine, qui me fascinait tant. Celui qui regardait vers la Vie et vers la Mort, celui qui gardait la porte du Passé et du Futur, selon les interprétations.
D’un côté, à ma droite, une équipe soudée. Certes ils sont bourrins, certes ils sont brut de décoffrage. Ce sont des mecs, le terrain ils connaissent, il faut arrêter de leur faire de beaux blablas, ils y vont franco de port et (parfois) réfléchissent après. Je découvre ce que c’est de ne travailler qu’avec des hommes, je réalise, avec effarement, que parfois une note féminine me manque, mais j’apprécie leur simplicité, leur loyauté les uns envers les autres. Je sais qu’il n’y aura pas de coup bas, ça gueule parfois, ça s’explique porte ouverte ou porte fermée, et globalement ensuite, c’est archivé. Pas de prise de tête.
A ma gauche, le boss. Qui m’aime bien, qui a besoin, pour son petit satisfecit et pour se sentir moins seul, de me faire des confidences. Je suis une nana, il semblerait que malgré mes grands mots et hauts cris, je sois perçue aussi comme quelqu’un de relativement doux et tempéré (mouhahaha), j’écoute donc, puisque c’est ce qu’on me demande. J’aquiesce, je modère, je suggère. J’ai le vague sentiment que je peux avoir une toute petite influence, et en user, parce que côté communication entre un côté et l’autre, c’est fin de non recevoir et c’est peu dire. La guerre de tranchée est proche.
Et pourtant je comprends aussi sa position, mais pas forcément toutes ses réactions: il est coincé entre les tableaux excel du haut patronnat, les obligations de résultats, l’impératif des chiffres. Il défend un budget, on lui dit “faites comme vous voulez, mais coupez, on veut tant”. Il n’y a pas des tonnes de solutions, elles seront toutes impopulaires, comment les faire passer?
Je suis un peu des deux. D’un côté je comprends les obligations, de l’autre côté j’ai cette fidélité à une équipe, et je ne veux pas les lâcher. Jusqu’ici, je compose, mais je m’inquiète. Je sais qu’il faudra faire passer des messages peu agréables. Je les sentais venir, j’en ai la confirmation, parce que la “crise”, comme on dit, ce n’est pas que chez le voisin. On fait le dos rond, mais il faut encaisser un peu aussi, même si on n’a pas à se plaindre. Sauf que lorsqu’on se ramène à notre petite personne, on n’a pas envie d’encaisser, on est bien dans nos pantoufles, changer oui, mais seulement dans une direction.
Les bouleversements qui s’annoncent vont être compliqués. De fait, et en prévision. J’essaye de me positionner au mieux, je n’ai pour l’instant pas grand chose à y gagner, un peu à y perdre quand même. Mais j’aimerais bien avoir la sagesse de ce dieu romain, et j’espère juste parvenir à rester à ma place…
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