Bilan

Je suis fatiguée, épuisée. Et le pire, c’est que j’ignore pourquoi. Oui, il y a la saison. Oui, il y a les changements brusques de température, l’arrivée du printemps sans vouloir vraiment y croire, la méfiance face à une rechute météorologique brutale qui ne manquera sûrement pas d’arriver.
Mais autre chose, aussi, que j’arrive difficilement à analyser.

Je dors mal. Je me réveille 4 à 5 fois par nuit. 2 fois, c’est un impondérable: retour de mon homme, et lorsqu’il vient se coucher. Seuls instants brefs, très brefs, où dans un demi-sommeil je peux lui communiquer ce que j’ai omis de lui dire dans les 5 minutes quotidiennes de téléphone. Ou alors les dernières nouvelles. Ou alors l’état d’esprit, sommairement. Ou simplement l’enlacer, l’embrasser, et voler tout ce que je n’ai pas dans la semaine et que le week-end m’offre de façon trop courte.
Parfois, je me souviens à peine de ce que je lui dis, parfois je ne le sens même pas se coucher.
Et puis à partir de 3 heures commencent à s’égrener les heures. J’ouvre les yeux une fois par heure jusqu’à ce que le réveil sonne. Quand j’ai de la chance, je me rendors de suite. Parfois pas.
6 heures, le chat lance sa sérénade, ça m’exaspère, je me crispe à l’idée de l’entendre encore, qu’il réveille tout le monde, les 50 dernières minutes sont quasi fichues, et pourtant pas moyen de se lever plus tôt.

Les soirées seules me laissent dans un épuisement absolu. Tant de choses que j’ai envie de faire, si peu que je parviens à réaliser. Un minimum pour l’appartement, toujours trop peu quand je constate le vendredi soir tout ce qu’il reste pour avoir le week-end serein. Un minimum de cuisine si je veux manger décemment, déjà que c’est du grand n’importe quoi à midi.
Et puis je suis fâchée avec mon corps, ces temps, sans arriver à faire la paix. Je suis lourde, gauche, mal dans ma peau, mal dans mes fringues, mal dans mes baskets. J’ai pourtant essayé d’être régulière sportivement, sans trop mal y parvenir en plus. Mais la piscine devient un véritable carnage, et si ça ne l’est pas, c’est moi qui vais le faire: finir à 10 dans la même ligne, c’est tout bonnement impossible sans faire monter de sérieuses envies de meurtres. Le soleil dehors ne décourage pas les nageurs de tous bords, et plus ça va, pire c’est. Alors je bâcle, au bout d’une demi-heure et de mon kilomètre difficilement bouclé en évitant les écueils, les maladroits, les dépassements intempestifs, les coups de pied.
Pas grave, les jours rallongent, je me remets à la course. Et là, je souffle comme un boeuf, je me traîne. 35 minutes péniblement avalées en m’arrêtant deux fois. Pliée de douleur avec des chevilles qui tirent comme si, à la place des tendons, j’avais des barres de fer. Je termine en ne sentant plus mes jambes. Oui, il faut que je change de chaussures, ça ou courir nu pied, c’est pareil. Oui, il faut que je retourne voir un ostéo, encore….

Et la musique? La lecture? Où est-ce que je parviens à les placer? A 21h, je m’effondre sur le canapé, à bout de forces, incapable d’ouvrir le piano, ou un livre. Frustrée mais tenant les yeux courageusement ouverts, jusqu’à 22h, le temps de manger, faire un brin de toilette, me mettre au lit devant une série. C’est la seule chose que je peux regarder, parce que ça ne dure pas trop longtemps -quand encore j’arrive au bout.

Tout cela me laisse si interrogative. Il n’y a pas de raison que je sois dans cet état. Aucune raison psychique. Pas vraiment de raison physique non plus. Peut-être, cette envie d’ultra-meubler ma semaine, pour oublier que je suis seule, et avoir 2 jours de week-end totalement libres et disponibles? Peut-être pas assez à l’écoute de mes envies profondes? Après tout, si actuellement le sport est ma priorité, il faut j’apprenne à assumer, et que je cesse d’avoir les regrets de tout ce que je dois laisser de côté. Mais ai-je raison de m’obstiner dans cette voie, et de cette manière-là?
Heureusement, je vois d’un très bon oeil les mois arriver avec des week-ends prolongés. Pour me faire tenir jusqu’aux vacances, qui me paraissent se situer environ au bout de la terre. D’ici là, j’espère avoir récupéré, un minimum. Et surtout, m’être suffisamment recentrée pour m’écouter de façon sage….
Et en attendant, c’est vendredi. Et ce qui s’annonce ce week-end, ce sont une, voire 2 grasses matinées et surtout des balades pour m’inonder du soleil qui nous fait le bonheur d’être présent en cette fin de semaine…

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2 réponses à Bilan

  1. Florensse dit :

    En fait tu es tout à fait prête à avoir un bébé avec cet entraînement de nuits hachées 😉

    Je te rejoins dans le club des fatiguées mais moi je sais pourquoi 😉

    Et pendant ce temps ta filleule dort paisiblement dans son écharpe depuis plus d’une heure 😉

    Bisous 🙂

  2. Flo dit :

    Huhu Florensse 🙂 En même temps, avant de penser à un bébé, j’aimerais bien expérimenter les nuits normales en tant que telles :p 😉
    Ma filleule a tout compris, elle 🙂 Elle sait se faire comprendre et arriver à ses fins, sans trop se poser de questions 🙂 C’est la meilleure bien sûr 🙂

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