Pensées inabouties

Le plus dur, le lundi, est de réapprivoiser tous les manques de la semaine. Et dans ces manques, il y a tout ce qui pourrait être…
Comme par exemple, ces couples qui se baladent dans la douceur du soir, main dans la main, en s’offrant une transition entre le monde du travail, et celui du foyer.

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Ce n’est sûrement pas parce que je donne mon sang ou mes plaquettes que je suis une héroïne; bien au contraire, si j’avais un tant soit peu de volonté, je ferais plus, et je m’impliquerais dans bien d’autres causes.
Et pourtant, dans ces petits moments où j’offre le peu que j’aie, sans être vénérée, j’apprécierais que les personnes qui m’encadrent soient un minimum attentives à ce qu’il se passe. J’aimerais au moins me sentir rassurée, me dire que s’il m’arrive un malaise, on saura le repérer, et me prendre en charge.
Aujourd’hui, j’en ai douté. En soi ce n’est pas dramatique, et il y a plein de bonnes raisons à cela. Ce qui m’ennuie le plus, c’est que je sais que même si j’ai à coeur de ne pas renoncer au premier obstacle, le geste du don sera moins spontané et moins plaisant pour moi, et c’est fort dommage.

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Je m’interroge d’être aussi incapable d’être en paix avec mon corps, à une période où je me sais aimée pour celle que je suis, et où je n’ai aucune once de doute à ce sujet.
Quel mécanisme dois-je dérégler (ou réapprendre à régler) afin de pouvoir, enfin, offrir à mon corps la paix de mon esprit?

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Je me sens frustrée, frustrée de ne pas trouver les mots pour toute la beauté qui m’entoure. Celle que je vois, celle que je vis. Celle que je ressens, dont je m’imprègne.
La beauté de ces paysages que nous traversons, les couleurs printanières, pâles et hésitantes mais de plus en plus présentes. Le vert de l’herbe grasse, le bleu du ciel dans la chaleur plus franche….Les petites taches de couleurs, autant de fleurs qui pointent timidement leur nez avant d’éclore dans un festival arc en ciel.
Et puis celle que je trouve au fond de moi, insoupçonnée, dans ses yeux et son sourire, dans nos silences et nos échanges.
Pour tout cela, je me dis qu’il ne doit après tout pas y avoir de mots terrestres…

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