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mars 2009
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Archive pour mars 2009

Se retourner brièvement

J’ai reçu aujourd’hui une lettre dont l’en-tête m’a justefait manquer un battement de coeur.
M’a fait remonter 2 ans plus tôt.
C’est au final plus interrogative qu’inquiète que je l’ai ouverte, pour découvrir une simple demande de renseignements assez amusante somme toute.
Mais tout ça m’a rappelé que les choses ne sont pas encore totalement achevées. Qu’il y a encore quelques démarches que je vais devoir faire, à commencer par répondre à cette missive. Et voir quelles en seront les conséquences.

Je mesure aussi tout le chemin que j’ai parcouru, combien la reconstruction est avancée, et d’autant plus maintenant que j’ai un soutien, un appui d’une solidité à toute épreuve. Je réalise pourtant que dans un coin de ma tête, tout n’est pas tout à fait solutionné.
J’ai tourné la page, mais d’un simple coup de vent, elle peut revenir rapidement. Et maintenant, j’aimerais réussir à fermer le livre, et le ranger une bonne fois pour toutes.

Pendant que je me défoulais ce soir en courant, je me suis demandée ce qui pouvait me manquer pour cela. Une ultime confrontation? Celle où, enfin, je pourrais lâcher toute la colère qui peut encore m’habiter quand je plonge trop loin dans mes souvenirs? Mais je sais à quel point ce serait inutile, futile…Soulageant sur le moment, et non pas à la longue. Et je risquerais d’en ressortir plus affaiblie que renforcée. Alors quoi? Les papiers, l’administratif, oui, certes. Achever les dernières étapes symboliques que j’ai encore à passer, sans aucun doute.
Peut-être aussi, continuer dans ce chemin que j’ai emprunté malgré moi: parce que, curieusement, depuis quelques temps cette expérience que j’essaye d’assimiler se rappelle à moi sous des formes diverses et variées. Par des témoignages, des échanges de points de vue, et puis de l’aide aussi, à des personnes qui traversent ma vie, qui vivent plus ou moins le même genre d’expérience, que je peux parfois juste encourager par un témoignage (je n’ai pas la prétention d’aider, non, mais déjà rien que d’en parler, de dire “tu sais moi aussi je l’ai vécu, et aujourd’hui je suis heureuse”, c’est tellement important).

Et puis certainement, laisser le temps faire, encore et encore. Comme un ressac vient polir une pierre remplie d’arrêtes. Me laisser envahir par la sérénité que j’ai trouvée, le bonheur et la plénitude que l’on m’offre.  Continuer à être à l’écoute, présente si besoin. Et attendre que ça passe, que ce ne soit plus qu’un tout petit point du passé, qui sera devenu tellement minuscule face à la grandeur et la densité de tout le reste qu’il en sera franchement dérisoire….

Lapsang et autres souchongeries

-Retrouver le bonheur et le délice du goût d’un thé que je n’avais plus bu depuis longtemps
-Déguster une crêpe dans un lieu toujours aussi hors du temps. Essayer de me souvenir de la dernière fois où j’y suis venue, revenir à l’instant présent
-Me lever le matin avec l’aube, et regarder le soleil émerger derrière la colline, une tasse à la main. Me dire que dans 3 semaines, ce sera le retour au noir absolu, et qu’il faudra à nouveau guetter ce moment magique avec impatience
-Sentir l’herbe fraîchement coupée, penser à tout ce que cela évoque. Regarder les pies s’ébattre, entendre chanter l’oiseau de l’arbre à côté de la chambre, qui me propulse dans d’autres lieux, d’autres temps, et me lover dans les bras de mon homme pour profiter des dernières minutes avant le réveil
-Penser aux vacances d’été, déjà. Tout qui s’organise parfaitement, de la meilleure manière. Avoir enfin des dates à attendre avec impatience, m’en réjouir
-Câliner la miss blondinette avant de la coucher, rigoler avec elle, la chatouiller, profiter de quelques minutes volées au timing de pleine semaine, aimer la sérénité qui se dégage de tout cela

Oui, il y a comme un air de printemps…

Rendre grâce

Ce matin, dans ce passage aussi brumeux que délicieux, entre le sommeil et l’éveil….La conscience effleurant à peine la surface, ces instants que l’on souhaite prolonger plus que tout, dans la chaleur du lit, de ses bras.
Ce matin s’est imposée à moi une phrase, des mots d’une perfection absolue. Qui savaient résumer ce bien-être, ce bonheur difficilement exprimable, d’une seule et unique expression. Qui savaient tout dire, avec une telle justesse que j’ai senti en moi ce désir de remercier, de rendre grâce.
Et surtout, j’aurais voulu retranscrire ces mots. Vite les noter, pour en offrir toute la perfection, toute la richesse.

Et puis forcément, à peine les yeux ouverts, à peine le pied posé par terre, ils se sont envolés, si même j’avais réussi à les attraper. Ils m’ont fui, ils se sont échappés, j’ai juste conservé en moi ce sentiment d’être pleinement habitée d’une Joie immense.
J’ai attendu, ce matin, et aujourd’hui. J’ai contemplé les cîmes enneigées, je me suis laissée envahir par les sourires, avec l’espoir ténu que je pourrais les retrouver, au détour d’une pensée venue de nulle part.

En vain. La seule chose qu’il me reste de cet instant magique et matinal, est l’idée que je rends grâce.
Alors je m’y efforce, sans forcément être à la hauteur…

Folle journée

Je pars à Paris. En version très working girl, aller avec le premier avion navette, retour ce soir, à des heures indues.
Je monte pour une journée, au siège, pour une formation qui va m’en mettre plein la tête, plein les bottes sans aucun doute.

J’ai pas envie d’aller à Paris! Ca fait 6 ans que j’ai quitté cette ville sans regret. Je n’y suis retournée qu’une seule fois, très vite rattrapée par de mauvais souvenirs. A chaque fois que j’y remets les pieds, j’ai la sensation de déterrer d’un coup des années pas forcément reluisantes, et de reprendre de vieilles habitudes en quelques secondes, là où j’ai mis des semaines à les oublier.
Le seul moment agréable dans l’histoire, du moins j’espère, c’est cet aller-retour en Goldwyn que je vais m’offrir entre l’aéroport et le terminus. Matin, et soir, en moto au milieu des bouchons, histoire de tenir un horaire à peu près décent. Oui, je me la pète, mais là pour le coup, c’est limite la motivation à me lever ce matin, et celle de revenir à des heures pas possibles.

Dire que je ne ressemblerai probablement à rien ce soir, quand je rentrerai avec l’impression d’avoir fait 2 journées en 1, c’est sans doute un véritable euphémisme.
L’autre bonne nouvelle, c’est que demain c’est vendredi, c’est à dire à une encâblure du week-end.
Haut les coeurs!

Sociable, moi?

Interpellée par un billet de Chiboum, que j’aurais pu écrire quasi à la virgule près, je me suis replongée depuis sa lecture dans mes souvenirs d’adolescence, et pas des plus plaisants.
Je me revois, depuis ce matin, dans toutes les situations sociales où je devais lutter parce qu’il “paraissait normal” aux gens qui m’entouraient, qui se souciaient de moi, que je m’intègre dans tous les groupes de jeunes de mon âge qui passaient à proximité, soit dans une périphérie de plusieurs kilomètres.

Je revois mon père me pousser à “chercher des partenaires au tennis”. Au point que ça m’en a presque dégoûtée. Au point que lorsque je décrochais une partie avec un copain ou une copine, je m’empressais de le dire, et savourais les quelques jours de répit qui s’en suivaient. Jusqu’à ce que l’inévitable question revienne sur le tapis: “pourquoi tu ne referais pas une partie? Pourquoi, si ça s’est si bien passé, vous n’avez pas repris rendez-vous?”

J’ai encore en mémoire, comme une photographie figée, comme ces instants qui marquent une vie sans qu’on s’en rende compte sur le moment, cet été du tout début des années 90. Arrivée au club de vacances en Italie. Première soirée, fraîcheur et douceur du crépuscule qui tombe sur des bâtiments d’un blanc éclatant et éblouissant. Prise de repères, apprivoiser les lieux, l’ambiance. Petite balade d’avant dîner avec ma mère, jusqu’à tomber à proximité du “groupe de jeunes” réuni comme chaque soirée à la même heure, au même endroit. Je me tends, je me crispe, sachant ce qui allait suivre, qui n’a pas manqué: “oh regarde, génial, c’est pour toi ça, pourquoi n’irais-tu pas, pourquoi ne les rejoins-tu pas, profites-en, il doit y avoir plein de nouveaux, tu peux te présenter, ce serait chouette”.
Non.
Non et non, pour rien au monde. Pourquoi, je ne le sais pas. Parce que, avant toutes choses, je ne pouvais envisager une seconde de débarquer au milieu de cette vingtaine de visages absolument et totalement inconnus, décontractée, l’air de rien: “salut les gars, moi c’est Floh, je suis là pour 2 semaines, ouah, ça va être l’éclate hein!”…Jamais, jamais de la vie. Alors j’ai freiné des 4 fers, j’ai refusé net. De plus en plus net devant l’insistance et l’incompréhension parentale. Mes vacances à moi, c’était la solitude: les heures de lecture sur la plage, les heures de nage, de voile dans la mer. Les activités à la pelle, tous les sports possibles et imaginables, mais les plus solitaires possibles. Si je me liais, c’était fortuitement, sans le chercher. Et si possible avec des plus âgés que moi, sans forcément le vouloir, mais c’était ainsi.

Ca a jalonné toute mon adolescence. J’ai eu, je pense, l’étiquette de rebelle à la société, de gamine coincée, de nana complètement déconnectée. Ca m’a porté préjudice, je sais aujourd’hui (parce qu’ils ont mis des années à l’avouer), que ça a énormément tracassé mes parents. J’avais des amis, fidèles, tout comme j’étais (et suis restée) fidèle en amitié. Mais les “juste copains d’une soirée”, les “justes potes d’une sortie”, les “justes rencontres de vacances”, je ne sais pas faire, encore aujourd’hui, je crois. J’ai moins de problème à m’intégrer dans un groupe, c’est la vie professionnelle qui a voulu ça, débarquer dans une nouvelle société sans connaître personne, c’est un peu le remake du débarquement au milieu du groupe d’inconnus, sauf que maintenant je l’appréhende moins, l’expérience contrainte et forcée aidant.
J’ai pris confiance. J’ai compris que je pouvais être aimable aussi, au sens premier du terme, et ça a du poids. Mais je reste une sociable sauvage, ou une asociale ouverte, à choix. Et comme Chiboum, dès que j’ai la sensation d’être obligée, contrainte, c’est comme si on me privait de ma liberté et mon libre-arbitre. Il n’y a rien de pire pour me rebiffer, et me braquer contre quelqu’un qui ne l’a pas demandé.

A la diffèrence qu’aujourd’hui, je l’assume, c’est peut-être la sagesse de l’âge?

Redonner de la magie au lundi

-Une soupe à l’oignon qui parfume agréablement tout l’appartement, et qui mijote tranquillement pendant que je rédige cette note
-Les petits croutons bien dorés au four qui n’attendent que de rejoindre le bol de soupe fumante
-La (les) caisse(s) du chat toute(s) propre(s) me laissant espérer qu’il ne va pas me faire le coup d’un besoin urgent au moment où je vais me servir à manger, comme c’est son habitude
-Linge étendu, salade lavée, tout ce qu’il y avait à faire est fait, me laissant une petite partie de la soirée rien que pour moi
-Douchée, le corps agréablement endolori d’un peu de sport de la journée, d’une bonne douche chaude, des habits doudous et enfoncée dans le canapé bien au chaud sous la couverture
-Un chouette mail reçu, une réponse à écrire, tranquillement, en espérant avoir le temps avant que la soupe ne soit prête
-Une ou deux séries bien sympas qui m’attendent avant d’aller me coucher, il faut juste que j’aie l’énergie nécessaire pour aller jusqu’au bout

Tous les moyens sont bons pour essayer d’apprécier le lundi….

Edit tardif à la note: cet enfoiré de chat m’a quand même fait le coup: il a vicieusement attendu que j’aie nettoyé ses toilettes pour se précipiter dans la caisse (intérieure bien entendu) et me parfumer la pièce….Je crois qu’il a déclaré une guerre des nerfs!

Morceaux choisis

“-Dis Floh, quand est-ce que vous aurez un bébé papa et toi?
-…Euh…pas tout de suite ma puce…Tu sais, on en a déjà parlé, ce n’est pas simple, et puis il faut prendre le temps.
-Mais si c’est simple, écoute: on va au magasin, on choisit une petite graine. Papa il te la met dans le ventre, et puis ensuite on attend, et puis ensuite, ben le bébé il sort de ton ventre. Tu vois, c’est simple, alors, quand est-ce qu’on l’aura, le bébé?”

“-Floh, tu me donnes un bout de fromage?
-…
-Floh, je peux avoir un bout de fromage?
-..Mmh? Pardon? Je ne suis pas sûre d’avoir bien entendu.
-..Euh…je peux avoir un bout de fromage s’il te plaît?
-Aaaah, là oui, j’ai bien entendu, oulala, il est venu de loin celui-ci!
-Ben oui, tu sais, c’est étrange. Le soir quand je m’endors, j’ai les “merci” et les “s’il te plaît” dans la tête, et puis le matin, quand je me réveille, ben parfois pfuiiit, ils se sont envolés, les coquins, je ne sais pas où ils sont passés, tu vois, c’est pas de ma faute!”

Le pire, dans tout ça…C’est qu’il ne faut pas rire, ça les vexe!