Vous parcourez actuellement les archives du blog Feenix de avril 2009.
29.4.2009 par Flo.
J’ai appris l’autre jour, incidemment et au détour d’une conversation avec mes parents, que j’avais sans doute eu un admirateur de la première heure.
Un garçon qui s’est souvenu de mon prénom rien qu’en entendant mon nom de famille, et a été capable de me resituer très précisément.
A l’évocation de son nom à lui, prononcé par mes parents, je l’ai remis immédiatement mais pour d’autres raisons, un peu moins sympathiques mais ne le concernant pas directement.
Nous avons dû passer 2 ans dans la même école, pendant mes classes de CE1-CE2, correspondant pour lui au CM1 et CM2, si je ne me trompe pas. Je sais qui il est, parce qu’il était en cours avec l’un des frères de ma meilleure amie de l’époque. Et que son propre frère à lui était dans ma classe. Et faisait partie de ces sales garnements que l’on n’oublie pas de sitôt, même 30 ans plus tard.
Nous n’avons pas dû échanger plus de 10 phrases dans nos vies, et je n’ai même aucun souvenir de la première. Si on s’est croisés, c’est par invitations respectives dans les mêmes lieux, ou anniversaires communs, ou qu’en sais-je. Nous ne partagions rien d’autre qu’une même ville, une même école très peu de temps, et des connaissances communes. Je me souviens juste que plus le temps passait, et plus les relations se dégradaient avec son frère. Je ne me suis jamais posée une seule fois la question de savoir ce qu’il était devenu, ni où il pouvait être par la suite.
Ca m’amuse, et me touche probablement plus que ce que je ne pouvais l’imaginer, puisque j’en viens à écrire un billet à ce sujet, et que ça me fait encore sourire. Parce que je ne sais plus quel genre de petite fille j’étais à cet âge-là, mais j’étais sans aucun doute une gamine totalement insignifiante, très sage, pas du tout capable de se distinguer de quelque manière que ce soit. Dans le rang, sage fille et sage grande soeur, déjà concentrée à l’école, sans être brillante.
De même, j’ignore ce qu’il était, lui. Un “grand” dans la cours de récré, de ceux qu’on regarde de loin avec une pointe d’inquiétude, et d’admiration sans doute, mais qui nous paraissait dans un autre univers, un autre monde, intouchable si même je l’avais une seconde imaginé.
Je ne pense pas que nous nous soyions recroisés par la suite dans nos cursus respectifs, ou alors sans que je le sache. J’ai perdu contact avec mon amie d’enfance, et ses frères par conséquent. Je suis partie très loin, j’ai laissé derrière moi les relations de mon enfance, celles qui n’ont pas tenu la distance, et c’est le cas pour la grande majorité.
Depuis cette conversation, je continue de me demander pour quelle raison, et par quel miracle ce garçon a pu me remettre si facilement, si aisément, en partant de si peu d’informations, qui plus est données dans des circonstances totalement improbables. Je suppose que dans les mêmes circonstances, je serais capable de remettre également des personnes de cette époque, mais pas pour les mêmes raisons sans doute, je n’ai personnellement jamais eu d’admiration secrète pour un garçon, ou même une fille.
Mon ego surdimensionné m’a immédiatement fait penser à ces petites amourettes d’enfant qui nous marquent bien plus qu’on ne veut se l’avouer, j’ai tendance à me dire que je me fourvoie complètement, mais n’empêche…J’ai beau chercher, je ne vois pas d’alternative.
Et puis après tout, mon ego surdimensionné se complaît parfaitement à la satisfaction d’avoir eu un admirateur caché pendant 2 petites années de ma grande jeunesse….
Posté dans Petits plaisirs & petits bonheurs, Il était une fois... | 2 commentaires »
27.4.2009 par Flo.
J’ai passé ma scolarité, et ma période universitaire à me lever tôt. A ne pas forcément courir derrière les grasses matinées: globalement à 9h, même en week-end, j’étais sur le pied de guerre.
J’ai toujours aimé l’aube. La quiétude du réveil, du début de journée. Guetter la lumière la plus transparente, les bruits d’une ville, d’une campagne qui se réveillent. L’air m’a toujours semblé plus pur le matin, je l’ai respiré goulûment, à pleins poumons. Apprécier un lever de soleil était si différent d’un coucher, romantique d’une autre manière, un moment où je me retrouvais, et me recentrais.
J’ai préparé tous mes tests, tous mes examens dès 7 heures du matin. Parce que je savais que ma concentration était optimale dans la matinée. Qu’à partir de 15, 16 heures, je ne retenais plus la moitié de ce que je lisais. Parce que, toujours et encore, j’aimais arriver la première à la bibliothèque, profiter du calme relatif avant l’invasion, choisir ma place, m’installer, tranquillement. Attendre les copains pour siroter un café, m’offrir des pauses sans que ce ne soit un luxe, parce que j’avais la journée devant moi.
Mon séjour parisien a radicalement inversé la tendance. Pour différentes raisons: parce que se lever le matin dans une banlieue grise et sombre fait oublier la beauté de l’aube. Parce que la perspective des voyages de 45 minutes et les galères de RER sont présentes à l’esprit au moment où on ouvre les paupières (que vais-je devoir affronter? Vais-je arriver à l’heure? Combien de stress, quelle dose de claustrophobie?) Parce que la vie, à ce moment, me montrait un tout autre visage, et pas le plus heureux, me donnant moins envie d’affronter les jours qui passaient.
Je ne suis pas devenue “du soir” pour autant. J’ai toujours autant de mal à me concentrer en fin de journée. Je m’organise en conséquence, au travail, pour faire des boulots moins intellectuels à ce moment. Je fatigue très vite, j’aime avoir mon temps pour savoir que je peux m’endormir à l’heure que je veux, et si c’est tard, c’est par choix.
Ma vie a enfin à nouveau accueilli la sérénité et le bonheur. La tranquilité de l’âme, du coeur. Mais j’ai gardé de mes années sombres cette difficulté à ouvrir les yeux le matin. A me lever, à mettre les pieds dans la journée et l’entamer pleinement. Ce qui fait de moi, désormais, qu’on dit que je ne suis pas du matin. On me l’a répété à nouveau aujourd’hui, et ça ne cesse de m’intriguer, parce que, si je devais me définir, je dirais résolument pourtant, que je suis une matinale. Que j’aime ces heures avant midi. Et que j’ai envie de retrouver cette facilité à entrer dans le quotidien…
Posté dans Petits plaisirs & petits bonheurs, renaissance | 4 commentaires »
23.4.2009 par Flo.
Le beau temps qui s’installe sur la région. Enfin.
Le soleil que je savoure derrière une vitre…Arbres en fleurs, odeur de mon thé à l’abricot, je contemple le printemps plutôt que de le vivre pleinement, ça me fait un peu mal au coeur.
Le mois de mai s’annonce plutôt bien. A commencer par 3 semaines pendant lesquelles je profiterai de mon homme tous les soirs. Un luxe que je n’ose imaginer. Ca l’emballe un peu moins (pas pour nous, mais pour ce que le boulot va l’obliger à faire), mais je suis certaine que ça va être un rêve. Et avec, au milieu, des week-ends prolongés. Un avant-goût de vacances succulent (malgré des petits bugs d’organisation que nous devrions surmonter sans trop de soucis)
Je voulais emmener Miss Blondinette faire du poney ce week-end, mais la météo semble avoir envie de me contrarier. Ca fait des mois que j’ai ce projet, et j’ai dans l’idée qu’il va falloir le repousser deux semaines de plus. Zut.
Un drôle de coup de fil à midi. Forcément, ne pas changer de numéro de portable depuis des années m’expose à ce genre d’inconvénient. Mon coeur a battu à 200 à l’heure, j’ai commencé à trembler. Je m’en suis plutôt bien sortie, mais je n’aime pas trop la sensation que ça laisse. Un peu comme celle de se faire surprendre par une vague plus grosse que l’autre. S’en sortir, émerger péniblement avec de l’eau dans les poumons, en toussant et crachant. Aucun mal, mais une forme de frayeur. Et j’aimerais tant pouvoir laisser tout ça une bonne fois pour toutes derrière moi. Est-ce que ce sera au prix d’un changement de numéro de téléphone?
Une soirée ce week-end qui se profile. Pour être présente chez une amie qui en a besoin. Et, à mon tour, offrir ce qu’on m’a donné il y a maintenant 2 ans. Et réunir un maximum de personnes. Ca me manque, et il me tarde.
Envies de longues balades à moto, et en montagne (les 2 ou séparément). Envies partagées. Il ne manque que le temps, et un minimum de matériel. Un détail, en somme.
Elle continue son chemin de rêve: une association cantonale veut présenter son premier roman en concours. L’occasion pour moi de lui répéter présentement sur ces pages combien je suis fière d’elle….
(To be continued….)
Posté dans Petits plaisirs & petits bonheurs, Petits riens | Aucun commentaire »
22.4.2009 par Flo.
Il y a forcément une période dans la vie d’une femme (d’un homme??) où celle-ci se pose des questions sur sa capacité, ou non, à être mère. L’âge varie selon les convictions de chacune, certaines se poseront sans doute cette question bien moins et bien moins longtemps que d’autres.
Là où ça peut être une évidence, d’autres auront de sérieux doutes.
J’ai fait partie de la seconde catégorie, pendant très longtemps. J’ai même passé une bonne partie de ma fin d’adolescence - début d’âge adulte à être persuadée que ma vie s’égrènerait sans enfant. Parce que non, rien à faire, rien ne vibrait quand je voyais ces jolies têtes blondes grandir auprès de moi. Et qu’après tout, rien ne m’y poussait non plus. J’étais plus nombrilistement préoccupée par ce que j’allais faire de ma vie sans même penser au mariage, et donc encore moins à pouponner.
Puis, contre toute attente et à la grande surprise de chacun, moi la première (sisi) je me suis mariée. Et forcément, une fois cette étape franchie, on pense à l’étape suivante. Donc re-questionnement. Et des difficultés à trouver une réponse, pour diverses raisons que je n’évoquerai pas ici. J’avais d’un côté mon corps qui criait oui de tout mon être, de l’autre ma tête qui hurlait non. Et comme, dans ma vie, j’ai toujours eu plus tendance à écouter ma tête que mon corps, ça a été non.
C’est probablement la meilleure décision que j’aie prise.
Aujourd’hui, autre temps, autre âge, autres circonstances. Radicalement différentes, à tous points de vue. Je ne suis plus mariée. Je ne suis plus aussi jeune. J’ai un petit peu d’expérience, et surtout, je suis confrontée à une situation nouvelle: une enfant est bien entrée dans ma vie, me donnant le statut de ce qu’on appelle communément “belle-mère”, et ce sera sans doute la seule fois où je l’écrirai ici tant je déteste ce terme, sans raison valable cela dit.
Avec elle, un cortège de nouvelles questions, de nouvelles interrogations, qui tournent et retournent dans mon esprit, que j’ai déjà laissées entrevoir ici plus d’une fois. Parce que forcément, je me sens concernée. Par cette jeune demoiselle qui place en moi beaucoup d’attentes, de l’espoir aussi sans doute. Parce que je dois, comme ça, d’un coup, rattraper 4 ans d’une vie dont j’ignorais tout jusqu’à un certain jour de Mars il y a un an.
Ce n’est pas tout de lire, regarder les enfants des autres grandir. C’est autre chose d’être confrontée du jour au lendemain à des réactions quotidiennes sur l’éducation, sur l’attitude à adopter. L’écoute, le discours, les inquiétudes à apaiser, les espoirs à nourrir, les interrogations à calmer.
Miss blondinette m’a probablement bien plus vite adoptée que je ne l’ai fait, parce qu’elle est à un âge où, heureuse innocente, elle n’a pas besoin de se compliquer la vie. Je suis avec son papa. A priori, je le rends heureux, du moins semble-t-elle en juger, et ça lui convient. Elle se projette volontiers dans l’avenir avec nous deux, ce qui laisse entrevoir une certaine sérénité quant à son regard sur notre couple. Ca s’arrête là, ça lui va.
Moi, je l’aime, sans aucun doute possible. Mais je m’interroge sur la nature de nos liens, parce que je n’ai pas pour elle cet élan maternel (que je devrais ressentir?). Je l’aime comme une enfant qui m’est extrêmement chère, qui est de ma famille. Pas une petite soeur, pas une cousine, quelque chose qui n’est que difficilement définissable. Mais pas comme une mère non plus, et je m’attache aussi à ce que ce ne soit pas le cas, il ne doit pas y avoir de confusion possible.
L’autre jour, j’écoutais d’une oreille assez distraite, je l’avoue, un reportage sur la place du “beau-parent” dans la famille. Comment les enfants le voyaient arriver (homme ou femme) et comment lui/elle se positionnait. La conclusion qui en sortait “il faut que chacun trouve sa place, sans abus”. Ca ou une lapalissade….
Oui, mais ce n’est pas si facile.
Mon schéma à moi, c’est le rêve: la petite ne m’a jamais rejetée. Elle me teste, comme tout enfant de son âge, mais n’a jamais, je crois, remis en question ma place auprès de son père. Son père me soutient et m’appuye. Je n’ai donc aucun problème avec lui non plus (je n’en remercierai jamais assez le ciel). Sa mère semble satisfaite, vu qu’elle me confie depuis quasi le début son enfant sans inquiétude. Je suppose donc que le discours tenu à mon sujet dans le foyer maternel ne doit pas être négatif, sans quoi les choses seraient plus compliquées.
On peut dire que dans le schéma famille recomposée et place de chacun, c’est pour l’instant une réussite totale.
Mais moi, je continue de m’interroger. Sûrement pas sur ce que je vis aujourd’hui. Mais bien sur ce que je pourrais vivre à mon tour: être mère, découvrir ce sentiment si particulier qu’on ne peut connaître sans être “dans le bain”.
Je me dis que l’arrivée de Miss Blondinette n’a fait qu’accroître mes interrogations, avec une perspective bien plus précise, parce que je sais désormais bien mieux ce qui pourrait m’attendre. Et je me demande vraiment si je suis prête à répondre à de telles exigences. A chambouler à ce point ma vie, mes envies, pour accueillir un petit être qui deviendra le centre de tout.
Je me dis que sans cette nouvelle expérience, je n’aurais peut-être pas eu autant de questions. Ce n’est ni bien, ni mal, je me retrouve simplement dans une situation où, après tout, peu m’importe la réponse (ce n’est ni le moment ni la période pour envisager sérieusement un enfant), mais où je me demande ce qu’il faut que je fasse pour trouver, enfin, la sérénité sur ces questionnements. Et le lâcher-prise.
La route me paraît très longue….
Posté dans états d'âme | 4 commentaires »
21.4.2009 par Flo.
Ces 10 derniers jours furent intenses. Point de vue activité(s), fatigue, obligations sociales.
Journées 100% famille. A 5 dans un 65 mètres carré d’abord, puis à plus de 30 dans une salle de fête très très loin d’ici.
Long voyage, plein de kilomètres dans les pattes, en 2 très petits jours et demi, pour remonter très en haut très à droite (je dédie ce copyright à celle qui se reconnaîtra).
Découverte d’une région, d’un petit bout d’histoire, et d’une très grande famille. Pour quelqu’un issu d’une famille aux proportions plus que raisonnables, ça fait drôle, et il a fallu s’y retrouver, péniblement. Mais surtout, découverte de l’esprit de clan, de la solidarité, toutes ces choses que j’ai toujours appréciées sans réellement les vivre. Aujourd’hui c’est un peu plus concret, et tout aussi étrange.
Regrets de n’avoir que l’impression de passer comme une météore. De ne pas avoir pu aller au bout des choses, découvrir plus, parler plus…Dormir plus, aussi, mais c’est un peu accessoire (quoique je le paie déjà). C’est frustrant de traverser un pays, d’être à la portée de tant de belles choses et de savoir qu’on ne peut, dans l’immédiat, que les regarder défiler par une vitre.
Revenir sur des préjugés, être agréablement surprise, se retrouver à quelques kilomètres de mon chez moi natal sans pour autant y passer, s’étonner de savoir mes propres repères à la fois si proches et si loin…
Et donc rajouter des lignes à une liste de projets qui déborde déjà dans tous les sens: dans sa longueur, dans les finances inexistantes qu’elle nécessite. Mais essayer de trouver la patience nécessaire, et se dire que tout finira bien par se faire.
Depuis hier, c’est le retour au calme, au quotidien. Comme un soufflé qui retombe, et je peine encore à trouver mes marques, dans ce brouillard ouateux où s’entremêlent la fatigue et l’impression de décalage absolu. Bientôt arrive le mois tant attendu avec ses week-ends prolongés, aux promesses de beaux jours (enfin…?), de longues balades, de chaleur et d’avant-goût de vacances.
Une grande inspiration avant de replonger dans le tourbillon.
Posté dans Petits riens | 4 commentaires »
15.4.2009 par Flo.
Pas le temps. Pas le temps de me poser devant mon écran, et de réfléchir deux minutes à ce que je vais bien pouvoir écrire. Pas trop l’énergie, non plus, happée ailleurs, par trop de choses à assumer en même temps.
Pourtant il y aurait le printemps à décrire. Les giboulées de mars en Avril. Ces petites choses fugitives qui me traversent l’esprit sans que je ne puisse les fixer.
Pour l’heure, je suis très occupée par Miss Blondinette, en vacances chez nous. Et mes parents, descendus de leur montagne, pour nous donner un coup de main avec la demoiselle, et essayer, un peu, de profiter de nous entre 2 plages horaires de boulot. C’est le camping sauvage à l’appartement, un gros déplacement se profile ce week-end, il va falloir reprendre notre souffle ensuite.
C’est pour la bonne cause.
Et pour essayer de revenir un peu plus en forme.
A bientôt….
Posté dans Petits riens | Aucun commentaire »
9.4.2009 par Flo.
C’est la crise. Ca oui, ça l’est pour de bon, on la voit, on l’entend partout: dans le journal, à la télé. A la radio, dans la rue, au boulot, on essaye d’éviter chez les amis, encore que.
On est tous touchés, à plus ou moins grande échelle. Et puis, il faut bien se l’avouer, dans ce genre de situation on veut bien parler de solidarité, du moment qu’égoïstement on est à l’abri. On pense d’abord à soi, à ses crédits, à ses impératifs. A ses vacances, aux projets à reporter, à ceux qu’on ose faire de suite. Et s’il nous reste un peu de temps et d’énergie, peut-être aux autres.
Je suis une privilégiée, je le sais. Je n’en ai pas vraiment honte (le devrais-je?), j’en suis néanmoins suffisamment consciente pour en être reconnaissante. J’ai changé de boulot juste à temps. Signé un CDI et fini ma période d’essai au moment limite.
Je suis dans une société nationale, qui commence à être impactée (laquelle ne l’est pas, même dans une moindre mesure?) mais qui, pour l’instant, s’en sort plus ou moins. Et puis je suis dans une agence régionale qui tire ses billes du jeu, d’abord grâce à beaucoup de bol, ensuite grâce à un passif qui paye pour un peu de temps encore.
Bien sûr, j’y ai déjà réfléchi. Si les choses se gâtaient, à quel point devrais-je m’inquiéter? Je suis à un poste qu’on peut quand même difficilement supprimer, parce qu’ils en ont besoin, et qu’on est peu. En gros, on est 2, ça pourrait se terminer en duel, mais il faudrait vraiment que ce soit extrême. Si Paris est touché, ce n’est pas notre région qui sautera en premier, grâce aux miraculeux tableaux excel. Si Paris est touché durement, si tout saute, je ne suis même pas sûre que nous sauterons également: par le miraculeux jeu de spéculations et rachats, nous passerions sous une autre enseigne.
Au pire, donc, pourrais-je m’inquiéter de me voir déplacée. Dans la limite de la région et de ce que j’ai signé dans mon contrat. Et peut-être sur des postes moins intéressants. Mais je doute d’en arriver à cela.
Alors oui, je suis privilégiée, nous le sommes tous à vrai dire dans l’agence, parce que nous avons également une direction qui cherche d’abord des solutions alternatives avant d’en arriver à de la coupe du personnel.
Bien sûr, tout cela n’est pas gratuit. Déjà, on se permet, au nom de cette crise, de nous presser comme des citrons. On nous fait bien comprendre “qu’en échange”, il faut qu’on soit souples. Qu’on soit polyvalents, qu’on ne rechigne pas à un surplus de travail. Sans contrepartie, si ce n’est la reconnaissance entière et éternelle de notre chère Direction. Rions sous cape.
Moi, je suis prête à beaucoup de choses, parce que c’est dans mon caractère, un peu mouton et très obéissant, d’encaisser d’obéir quand on me dit. J’ai toujours dit oui aux profs, je dis oui au chef. J’emmagasine, et quand ça fait trop, je pars. J’essaye un peu de discuter, mais j’ai très vite perdu mes illusions sur des possibilités d’évolution ou d’améliorations au sein d’une entreprise. On fait d’abord passer les chiffres, et ensuite on voit ce qu’il reste. Ce sont globalement les miettes.
Et pourtant je suis suffisamment innocente pour parfois me lancer dans de grandes discussions totalement vaines et stupides.
Comme celle que j’ai eue hier.
Dire que j’avais la sensation de parler chinois à mon boss, lequel devait me répondre en arabe, est un pâle reflet de la vérité. Je lui parlais humain, solidarité, compréhension, respect, écoute et compromis, il me répondait rentabilité, chiffres, obligations, budgets et pertes. Sous le prétexte de la crise. Réfugié derrière ses beaux tableaux. Sûr de lui, assis derrière son bureau, alors que je me cantonnais au chambranle de la porte, volontairement parce que je me disais que mettre un pied dans la pièce, c’était comme si j’acceptais d’entrer dans son univers, et là je n’en avais vraiment pas envie.
Pour lui, ça n’a été qu’une occasion de plus de faire passer le message phare du moment: on est chanceux, on a intérêt à s’en rendre compte, portez la bonne parole ma chère, je ne veux pas y laisser ma chemise et vous allez m’aider. Pas de visibilité d’avenir, soit vous acceptez ce qu’on vous demande, soit c’est tant pis pour vous.
Moi, ça m’a laissée sur les rotules. J’ai bataillé en sachant très bien que j’avais perdu d’avance. J’ai dû écouter une couche de plus de ce discours dont je sature, et je suis rentrée chez moi vidée d’une énergie que je peine déjà à trouver. A bout de souffle, et à bout d’espoir sur ce que humainement on peut encore faire passer comme message entre le “haut” et le “bas”, ces qualificatifs étant principalement définis par le salaire en bas de la fiche de paie.
Avec une seule idée en tête: on ne m’y reprendra plus Je me roule en boule, je suis dans mon coin, je défends mon morceau de fromage. Et j’attends que ça passe. Désespérant, mais je ne peux pas non plus y laisser toutes mes plumes.
Jusqu’à, sans doute, mon prochain sursaut d’idéalisme…
Posté dans Oui je crie fort, états d'âme | 3 commentaires »
8.4.2009 par Flo.
Y’a des fois où on aimerait juste être une bulle légère dans l’eau. Et trouver l’insouciance d’un animal qui joue avec la grâce et la beauté de sa race.
Oublier la fatigue, et ne penser à rien d’autre…
Comme là.
Posté dans Petits riens | 2 commentaires »
6.4.2009 par Flo.
Ce matin, en allumant la radio, tous mes souvenirs, un peu lointains, un peu tremblants, me sont revenus d’un coup à la figure.
Brusquement, alors que s’égrenait les chiffres de la catastrophe, j’ai revu cette ville dorée, blonde sous le soleil et la chaleur. Aux pierres glissantes de marbre, aux pavés délicatement ornés.
Cette ville d’arcades, où les magasins de chaussures, à la forte odeur de cuir, s’étendaient à perte de vue. Entrecoupés d’échopes de gelati, de pizzas. Ces bars où la crème du capuccino débordait de chaque tasse, où les sirops avaient une autre saveur.
Le marché, sur la place, identique à tous les autres et si particulier: la musique sirupeuse débordant des stands de cd, cassettes, se mêlait aux cris des marchands de légumes, aux passants qui se haranguaient d’un bout à l’autre du trottoir. J’ai toujours été surprise par la sonorité de la voix des Italiens, trait familial dont j’ai hérité d’ailleurs, sans m’en rendre compte.
Ces voix, et ces syllabes qui rebondissaient sur l’église, l’une des nombreuses de la ville.
Nous y venions souvent en été, parfois en automne. Il nous fallait traquer l’ombre, chercher les lunettes de soleil, indispensables devant la réverbation aveuglante du soleil sur ces pierres à la blancheur éclatante. Trouver un espace de verdure pour un minimum de fraîcheur.
Et puis les alentours. Région contrastée s’il en est. En haut, sur les plateaux, la sauvagerie de la presque montagne. Des ronces, des champs à perte de vue, où nous avons écorchés nos genoux d’enfants, à courir entre les murets de pierres sèches, veillant aux serpents, un arc en bois à la main, et prenant n’importe quel arbuste pour cible. Des balades à cheval, des galops fous sur des sentiers rocailleux. La sombre silhouette de quelques basse cîmes, et chaque année, à notre retour, chercher traditionnellement cette jeune femme nue et allongée, à l’horizon, délicatement dessinée par la chaîne qui plonge vers l’Adriatique.
Plus bas, c’est la verdure. Les petites églises, toutes plus ravissantes et délicates les unes que les autres, au milieu de nulle part. C’est là-bas que j’ai dit, la seule fois de ma vie, que je voulais me marier. En ces lieux et pas d’autres. Parce qu’il y a eu une véritable reconnaissance, un immense coup de coeur. Le voeu a été vain, mais je ne l’ai pas oublié.
C’est peut-être de cette région que je garde mon amour de l’art roman, de la simplicité des bâtisses.
Tout n’a pas été rose là-bas. J’ai ronchonné à n’en plus pouvoir, en bonne adolescente que j’étais, de devoir m’y déplacer. Aller visiter encore et encore. Qu’on me laisse tranquille, mon walkman et moi, plutôt que de me traîner dans tous les monsatères du coin, toutes les églises de la région. Et j’ai refusé d’y retourner depuis des années.
Oui, mon rapport à ma région d’origine est plus que contrasté. Et cependant, je me dis que tous les efforts de mes parents n’ont pas été complètement vains, puisque ce matin, j’ai sauté sur le téléphone, pour essayer de glaner un maximum d’informations. Et que je guette une seule photo, sur laquelle je ne reconnaîtrai rien de ce qui a été la destination de toutes mes vacances d’enfance.
Je voulais y repartir, dans un avenir proche, à 2. Lui présenter ces lieux, lui montrer la maison familiale, celle qui fut le nid de tant de convoitises, de tant de rancoeurs, de reproches, mais aussi, je le crois, de bonheurs.
Aujourd’hui, j’ignore même ce qu’il en reste….
Posté dans Il était une fois... | 3 commentaires »
2.4.2009 par Flo.
Dans des jours de grande fatigue, comme ça…
Dans des jours où j’ai l’impression de subir et de ne rien parvenir à redresser, où le boulot me paraît terriblement dérisoire, où je guette un rayon de soleil qui a du mal à percer.
Dans ces jours-ci, je me sens scindée. Impossible de concilier tout ce que je voudrais: tout ce que j’ai envie de vivre avec mon homme, rien que nous 2, mais aussi tout ce qu’on voudrait faire à 2. Tout ce que j’ai à faire seule sans m’en donner le temps, tout ce qui s’échappe et ne se met pas en place.
Dans ces jours, je suis bonne à faire le dos rond. Et savoir que la fin de semaine approche, après une dernière lourde journée.
Mode hérisson.
Posté dans Bugs, états d'âme | 2 commentaires »