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22.4.2009 par Flo.
Il y a forcément une période dans la vie d’une femme (d’un homme??) où celle-ci se pose des questions sur sa capacité, ou non, à être mère. L’âge varie selon les convictions de chacune, certaines se poseront sans doute cette question bien moins et bien moins longtemps que d’autres.
Là où ça peut être une évidence, d’autres auront de sérieux doutes.
J’ai fait partie de la seconde catégorie, pendant très longtemps. J’ai même passé une bonne partie de ma fin d’adolescence - début d’âge adulte à être persuadée que ma vie s’égrènerait sans enfant. Parce que non, rien à faire, rien ne vibrait quand je voyais ces jolies têtes blondes grandir auprès de moi. Et qu’après tout, rien ne m’y poussait non plus. J’étais plus nombrilistement préoccupée par ce que j’allais faire de ma vie sans même penser au mariage, et donc encore moins à pouponner.
Puis, contre toute attente et à la grande surprise de chacun, moi la première (sisi) je me suis mariée. Et forcément, une fois cette étape franchie, on pense à l’étape suivante. Donc re-questionnement. Et des difficultés à trouver une réponse, pour diverses raisons que je n’évoquerai pas ici. J’avais d’un côté mon corps qui criait oui de tout mon être, de l’autre ma tête qui hurlait non. Et comme, dans ma vie, j’ai toujours eu plus tendance à écouter ma tête que mon corps, ça a été non.
C’est probablement la meilleure décision que j’aie prise.
Aujourd’hui, autre temps, autre âge, autres circonstances. Radicalement différentes, à tous points de vue. Je ne suis plus mariée. Je ne suis plus aussi jeune. J’ai un petit peu d’expérience, et surtout, je suis confrontée à une situation nouvelle: une enfant est bien entrée dans ma vie, me donnant le statut de ce qu’on appelle communément “belle-mère”, et ce sera sans doute la seule fois où je l’écrirai ici tant je déteste ce terme, sans raison valable cela dit.
Avec elle, un cortège de nouvelles questions, de nouvelles interrogations, qui tournent et retournent dans mon esprit, que j’ai déjà laissées entrevoir ici plus d’une fois. Parce que forcément, je me sens concernée. Par cette jeune demoiselle qui place en moi beaucoup d’attentes, de l’espoir aussi sans doute. Parce que je dois, comme ça, d’un coup, rattraper 4 ans d’une vie dont j’ignorais tout jusqu’à un certain jour de Mars il y a un an.
Ce n’est pas tout de lire, regarder les enfants des autres grandir. C’est autre chose d’être confrontée du jour au lendemain à des réactions quotidiennes sur l’éducation, sur l’attitude à adopter. L’écoute, le discours, les inquiétudes à apaiser, les espoirs à nourrir, les interrogations à calmer.
Miss blondinette m’a probablement bien plus vite adoptée que je ne l’ai fait, parce qu’elle est à un âge où, heureuse innocente, elle n’a pas besoin de se compliquer la vie. Je suis avec son papa. A priori, je le rends heureux, du moins semble-t-elle en juger, et ça lui convient. Elle se projette volontiers dans l’avenir avec nous deux, ce qui laisse entrevoir une certaine sérénité quant à son regard sur notre couple. Ca s’arrête là, ça lui va.
Moi, je l’aime, sans aucun doute possible. Mais je m’interroge sur la nature de nos liens, parce que je n’ai pas pour elle cet élan maternel (que je devrais ressentir?). Je l’aime comme une enfant qui m’est extrêmement chère, qui est de ma famille. Pas une petite soeur, pas une cousine, quelque chose qui n’est que difficilement définissable. Mais pas comme une mère non plus, et je m’attache aussi à ce que ce ne soit pas le cas, il ne doit pas y avoir de confusion possible.
L’autre jour, j’écoutais d’une oreille assez distraite, je l’avoue, un reportage sur la place du “beau-parent” dans la famille. Comment les enfants le voyaient arriver (homme ou femme) et comment lui/elle se positionnait. La conclusion qui en sortait “il faut que chacun trouve sa place, sans abus”. Ca ou une lapalissade….
Oui, mais ce n’est pas si facile.
Mon schéma à moi, c’est le rêve: la petite ne m’a jamais rejetée. Elle me teste, comme tout enfant de son âge, mais n’a jamais, je crois, remis en question ma place auprès de son père. Son père me soutient et m’appuye. Je n’ai donc aucun problème avec lui non plus (je n’en remercierai jamais assez le ciel). Sa mère semble satisfaite, vu qu’elle me confie depuis quasi le début son enfant sans inquiétude. Je suppose donc que le discours tenu à mon sujet dans le foyer maternel ne doit pas être négatif, sans quoi les choses seraient plus compliquées.
On peut dire que dans le schéma famille recomposée et place de chacun, c’est pour l’instant une réussite totale.
Mais moi, je continue de m’interroger. Sûrement pas sur ce que je vis aujourd’hui. Mais bien sur ce que je pourrais vivre à mon tour: être mère, découvrir ce sentiment si particulier qu’on ne peut connaître sans être “dans le bain”.
Je me dis que l’arrivée de Miss Blondinette n’a fait qu’accroître mes interrogations, avec une perspective bien plus précise, parce que je sais désormais bien mieux ce qui pourrait m’attendre. Et je me demande vraiment si je suis prête à répondre à de telles exigences. A chambouler à ce point ma vie, mes envies, pour accueillir un petit être qui deviendra le centre de tout.
Je me dis que sans cette nouvelle expérience, je n’aurais peut-être pas eu autant de questions. Ce n’est ni bien, ni mal, je me retrouve simplement dans une situation où, après tout, peu m’importe la réponse (ce n’est ni le moment ni la période pour envisager sérieusement un enfant), mais où je me demande ce qu’il faut que je fasse pour trouver, enfin, la sérénité sur ces questionnements. Et le lâcher-prise.
La route me paraît très longue….
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