avril 2009
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Pas du matin

J’ai passé ma scolarité, et ma période universitaire à me lever tôt. A ne pas forcément courir derrière les grasses matinées: globalement à 9h, même en week-end, j’étais sur le pied de guerre.
J’ai toujours aimé l’aube. La quiétude du réveil, du début de journée. Guetter la lumière la plus transparente, les bruits d’une ville, d’une campagne qui se réveillent. L’air m’a toujours semblé plus pur le matin, je l’ai respiré goulûment, à pleins poumons. Apprécier un lever de soleil était si différent d’un coucher, romantique d’une autre manière, un moment où je me retrouvais, et me recentrais.

J’ai préparé tous mes tests, tous mes examens dès 7 heures du matin. Parce que je savais que ma concentration était optimale dans la matinée. Qu’à partir de 15, 16 heures, je ne retenais plus la moitié de ce que je lisais. Parce que, toujours et encore, j’aimais arriver la première à la bibliothèque, profiter du calme relatif avant l’invasion, choisir ma place, m’installer, tranquillement. Attendre les copains pour siroter un café, m’offrir des pauses sans que ce ne soit un luxe, parce que j’avais la journée devant moi.

Mon séjour parisien a radicalement inversé la tendance. Pour différentes raisons: parce que se lever le matin dans une banlieue grise et sombre fait oublier la beauté de l’aube. Parce que la perspective des voyages de 45 minutes et les galères de RER sont présentes à l’esprit au moment où on ouvre les paupières (que vais-je devoir affronter? Vais-je arriver à l’heure? Combien de stress, quelle dose de claustrophobie?) Parce que la vie, à ce moment, me montrait un tout autre visage, et pas le plus heureux, me donnant moins envie d’affronter les jours qui passaient.
Je ne suis pas devenue “du soir” pour autant. J’ai toujours autant de mal à me concentrer en fin de journée. Je m’organise en conséquence, au travail, pour faire des boulots moins intellectuels à ce moment. Je fatigue très vite, j’aime avoir mon temps pour savoir que je peux m’endormir à l’heure que je veux, et si c’est tard, c’est par choix.

Ma vie a enfin à nouveau accueilli la sérénité et le bonheur. La tranquilité de l’âme, du coeur. Mais j’ai gardé de mes années sombres cette difficulté à ouvrir les yeux le matin. A me lever, à mettre les pieds dans la journée et l’entamer pleinement. Ce qui fait de moi, désormais, qu’on dit que je ne suis pas du matin. On me l’a répété à nouveau aujourd’hui, et ça ne cesse de m’intriguer, parce que, si je devais me définir, je dirais résolument pourtant, que je suis une matinale. Que j’aime ces heures avant midi. Et que j’ai envie de retrouver cette facilité à entrer dans le quotidien…

4 réponses pour “Pas du matin”

  1. Anne indique :

    J’ai grandi dans une maison où la grasse matinée était interdite (enfin pas dit comme ça, mais on le sentait passer), puis les études, le boulot, le maternage… du coup, mon corps s’est calé en mode lève-tôt alors que j’adorerais traînasser au lit !!!

  2. Flo indique :

    C’est un peu pareil pour moi Anne, ce n’était pas du tout dans la culture ni l’éducation de rester au lit…on le faisait tellement rarement que lorsque ça arrivait, on n’avait pas de reproches, mais néanmoins à 9h grand maximum globalement, nous étions debout.
    C’est ce qui fait, pour moi, que lorsque maintenant je m’accorde une vraie grasse mat, parce que j’en ai besoin ou même envie, je culpabilise, et ai l’impression de perdre ma journée. Mais cela dit, ça n’empêche pas le fait que j’aime réellement le matin, l’aube et l’ambiance matinale…

    Lorsque Cro-Mi fera des grasses mat, tu pourras peut-être enfin en profiter avec elle, je te le souhaite :)

  3. Anne indique :

    Je serai vieille et j’aurai basculé du côté des vieux qui ne dorment plus, à ce moment là !!

    :D

  4. Flo indique :

    Meuh nan, je t’assure, les grasses mat de ta fille, c’est pas si loin que ça, à moins que tu ne recules encore l’échéance avec un second :)

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