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28.5.2009 par Flo.
Férus de séries en tous genres, parce que le style nous convient (pas trop long, rythmé) et que les scénarios sont souvent originaux, mon homme et moi suivons celle-ci avec grand plaisir.
Elle est assez peu connue en France, preuve en est que nous attendons depuis maintenant plus d’un mois les sous-titres des 3 derniers épisodes de la première saison, et que sauf erreur de ma part, il n’y a pas encore de saison 2, même si nous l’appelons de tous nos voeux.
S’en est suivi un soir au restaurant, inspiré par l’histoire de départ, une discussion sur les potentiels regrets que nous pouvions avoir sur notre vie. Certes, ça fait un peu “vieux” de se retourner ainsi et de, déjà, tirer une forme de bilan sur notre parcours, mais n’empêche, la question était là:
-Si tu pouvais changer quelque chose à ta vie, que changerais-tu?
Curieusement, j’ai eu assez de facilité à répondre. Et curieusement, les réponses ne sont peut-être pas celles que mon entourage proche trouverait évidentes.
Déjà, je n’aime pas l’idée d’avoir des regrets. J’essaye de cultiver cette philosophie que l’on ne vit rien par hasard. Le fameux dicton du “ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort” me convient très bien. Une autre façon de dire que même dans la souffrance, on peut dégager de l’optimisme et du positif. Oui il faut du lâcher-prise, oui il faut prendre du recul. Je me sens autorisée à le dire haut et fort. La souffrance n’est pas un passage nécessaire ni indispensable, mais si elle est là, elle a sans doute sa raison d’être.
Et pourtant, ce qui m’a fait le plus souffrir dans ma vie, cette longue parenthèse douloureuse et puissante, n’est pas celle que je regrette. Si je le pouvais, est-ce que je la revivrais à l’identique? Non, sans doute non. Mais c’est tellement facile à dire a posteriori. Et puis elle m’a forgée à ma manière. Il n’y a pas eu de pics de bonheur à la hauteur des pics de souffrance, ça non. La balance a été rapidement et puissamment inégale. Pourtant non, je ne veux pas changer, ni nier ce passé. Il fait partie de moi maintenant, il m’a rendue comme je suis, et ça me va.
Mais j’ai quand même 2 regrets. L’un d’ordre professionnel, l’autre d’ordre amoureux. 2 regrets que oui, j’aimerais pouvoir changer. Remonter dans le passé, et avoir le courage que je n’ai pas eu à l’époque, parce qu’il s’agit bien souvent de ça.
Celui d’ordre amoureux est on ne peut plus banal et simple. Un jeu de cache cache avec un homme. Une histoire qui avait tous les éléments pour se jouer (jusqu’où et comment, le mystère reste le plus complet). Une alchimie qui fonctionnait déjà, et puis un concours de circonstances qui rendait les choses bien plus compliquées. Un chassé croisé permanent, la peur au ventre de mon côté (du sien, je l’ignore..). Et puis le temps a passé, et puis chacun nous avons continué sur nos routes respectives, qui s’éloignaient de plus en plus. Et puis, et puis….
Aujourd’hui, je suis en paix. Preuve en est que j’ai parlé de cela à celui que j’aime. Je sais que cette histoire, inachevée, est passée, dans mon passé. Mais oui, par curiosité bien plus que par une frustration qui a aujourd’hui disparu, je pourrais revenir en arrière, et voir ce que cela donnerait, si j’osais, si je forçais un peu….
La voie professionnelle, c’est autre chose. J’avais 20 ans, j’étais sur des rails. Pas une année de retard, un bac avec une quasi mention, une bonne élève, studieuse, rangée, heureuse en apparence. Et puis d’un coup, une idée qui a fait son chemin. Des gens croisés, tout qui menait dans la même direction. Et si je me reconvertissais? Et si je plaquais tout, et si je recommençais à zéro? Oui ça me plaît, oui ça me parle. Mais ça fait peur, parce qu’il y a des défis que je ne suis pas sûre de pouvoir surmonter, parce que l’échec potentiel que je n’ai jamais affronté. Et puis que va penser la famille, si fière de moi? Et puis est-ce bien raisonnable, alors que j’ai enfin trouvé ma place?
Je ne l’ai pas fait, me persuadant que c’était une folie passagère. Aujourd’hui, je sais que tout était réuni pour me montrer, me tracer la route. Oui, il aurait fallu oser, l’élan de départ, mais ensuite….
J’ai passé des années, des heures à trouver une solution pour une reconversion tardive. Impossible, à moins d’être rentière, millonaire, à moins de ne pas avoir besoin de subvenir à mes besoins.
Je ne me suis pas tout à faire remise de ce regret. Je ne peux m’empêcher, régulièrement, de me demander à quoi ressemblerait ma vie si j’avais osé au bon moment. Celui-là, je n’en suis pas vraiment guérie, je dois l’avouer.
Mon homme, lui, n’a pas de regret. Je ne pense pas que ce soit de la prétention de sa part. Il a cette philosophie de la vie qui fait qu’il est heureux de ce qu’il a, et surtout de ce qu’il a vécu. Il sait vivre, encore plus intensément que moi, le moindre côté heureux et beau d’une situation. Il s’est laissé porter, et a aimé les lieux où il a atterri. Je ne l’aime et ne l’en admire que plus d’être si serein et si souriant à tout.
Ce que je sais, aussi, et que je lui ai dit pour clore la discussion, c’est que peu m’importaient ces 2 regrets. Ils étaient là, mais sans réelle importance. Parce qu’à l’heure actuelle, si j’avais choisi un autre chemin, personnel ou professionnel, il n’aurait peut-être pas croisé la route de celui avec qui je vis aujourd’hui. Et ça, pour rien au monde je ne voudrais y renoncer, peu importe le passé….
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26.5.2009 par Flo.
Donc, il y a quelques jours, nous sommes allés faire les magasins avec miss Blondinette. Son père avait l’intention de lui acheter un ou deux petits vêtements pour l’été, et j’approuvais le fait qu’il lui fallait quelques basics que sa mère pouvait omettre de placer dans le sac lors des week-ends ou des vacances. Et puis c’est vrai, elle n’a pas grand chose à elle ici (en vestimentaire j’entends, parce qu’en terme de jouets, je pense qu’elle peut ouvrir un magasin de ce pas), et c’était un moyen de commencer une toute petite garde robe.
Ca a été pour moi un baptême, je n’avais jusqu’ici aucune raison de me balader au milieu des rayons pour 5-6 ans. Les enfants que je connais sont soit trop jeunes, soit plus âgés; j’offre de toute façon assez peu de vêtements de manière générale, je me souviens d’avoir été une petite fille puis une adolescente tellement peu soucieuse de mon apparence que c’était la dernière chose que je pouvais placer sur mes listes de cadeaux.
Miss Blondinette, elle, est d’un tout autre genre. Je l’ai déjà évoqué ici, elle aime probablement autant le rose, les poupées et toutes les princesses que la terre et les contes de fée peuvent contenir que j’aimais les pantalons, les baskets, les petites voitures et le sport.
A sa décharge, dans sa tranche d’âge, la mode baigne encore pleinement dans les personnages de dessins animés, si possible remplis de paillettes, le plus fuschia et flashy possible.
C’est ainsi que nous avons commencé à déambuler dans les rayons: moi en évitant le plus soigneusement possible tout ce qui pouvait s’apparenter à un vêtement trop “fifille” (c’était compliqué), elle me sortant le plus rose, le plus brillant, le plus pailleté et…le plus moche possible. De mon point de vue, ok.
Ce qui donnait à peu près cela:
-Regarde Floh, y’a Belle et Blanche Neige dessus, c’est trooooooooop beaauuuuuuuuuuu
-Ah mais non, m’enfin, tu ne vas pas prendre ça, c’est plein de froufrous et de volants, c’est pas pratique!
-Alors regarde ce petit pull pailleté, il est troooooooop joli non, orange et rose?
-Rohh, mais c’est pas joli ces 2 couleurs ensemble, franchement, tu ne préfères pas ce petit pantalon kaki?
Et ainsi de suite.
Dix minutes plus tard, le tour du rayon fait, la situation devenait critique. Je me disais qu’on n’y arriverait pas, et dès que nous arrivions vaguement à trouver un terrain d’entente, il n’y avait pas sa taille ou c’était trop cher.
Son père, jusqu’ici très patient et observateur, a fini par prendre les choses en main. Me demandant gentiment de le laisser faire. Me faisant remarquer que oui elle était une petite fille, certes elle aimait le rose, mais qu’il fallait bien l’avouer, je n’étais pas une bonne référence, j’avais des critères de base extrêmement opposés à ce qu’une petite fille pouvait normalement apprécier, et qu’il allait quand même falloir arriver à un compromis.
J’ai ronchonné, mais il avait raison. Déjà, ce n’était pas à moi de choisir, ce n’était pas non plus moi qui payais. Et surtout, il fallait que je me fasse à l’idée que mon enfance à moi n’avait probablement pas été celle d’une petite fille commune. Sans être exceptionnelle, j’ai sans doute poussé à l’extrême l’opposition à toute idée de féminité. Il m’a fallu du temps pour accepter de me regarder dans un miroir, de mettre des vêtements autres qu’informes, d’accepter d’être en jupe et d’avoir un minmum de décolleté. Ce n’est pas ça non plus que j’aimerais transmettre à Miss Blondinette. Elle, comme moi, avons un bout de chemin à parcourir pour arriver à nous comprendre sur ce genre de domaines.
Au final, la séance shopping s’est bien terminée (à vrai dire, elle avait quand même commencé dans les rires, tout cela était pris à la légère par les 3 parties): elle a choisi du rose, à n’en plus pouvoir. Mais du rose pas trop moche, c’est même moi qui lui ai trouvé la tunique et la petite robe.
Et le pire du pire, là où je me dis que je commence à être sérieusement atteinte, c’est que ce week-end, lors d’une recherche maillot de bain pour moi, j’ai fini par en trouver un…
Devinez de quelle couleur?
Vite, trouvez-moi un marabout, je suis possédée!!
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25.5.2009 par Flo.
C’était un week-end familial. Un week-end où les 4 jours, comme le dit si bien chiboum, ont filé avant même que l’on puisse se rendre compte qu’ils ont existé.
Les pieds dans l’eau, et premier quasi bain de mer pour miss Blondinette. Nous, on a joué les touristes pour de vrai, on avait bien prévu les maillots de bain et la crème, mais tout était resté dans la voiture, bien rangé…Tant pis, elle s’est régalée, et on s’est régalés à la regarder, c’était ça de pris. Quant à moi, c’est la première année où je vais réfléchir à deux fois avant de me mettre en maillot, tant je suis fâchée avec ma silhouette.
J’ai essayé le lâcher prise, il m’a fallu du temps, le dimanche peut-être, j’ai dû y arriver. Je ne sais pas d’où me vient cette impatience, cette contrariété. Je ne sais pas non plus comment je vais pouvoir faire la paix avec cela, avec moi-même. Je continue à trop me poser de questions, à ne pas assez trouver de réponses. Je ne dois pas chercher au bon endroit.
C’est le retour au train train habituel. Finie, cette parenthèse de rêve où chaque soirée se transforme en moment magique. Je retrouve le quotidien d’une semaine où je remplis mes fins de journée pour faire passer le temps plus vite, et où le rythme des week-ends sera bien différent. Il y a aussi des bons côtés, tout n’est pas toujours radical, mais la transition est un peu rude, j’ai eu beau m’y préparer, la vivre est autre chose…
Nous sommes aux portes de l’été. La chaleur et sa touffeur, qui éclatent dans une grosse pluie pas encore assez rafraîchissante à mon goût. J’ai guetté l’orage toute la soirée, je ne l’ai pas (encore?) vu, ni entendu. J’aime ces énormes averses, et toutes les odeurs qu’elles libèrent, d’herbe et de béton surchauffés, de vapeur d’eau, de senteurs mélangées.
J’aimerais pouvoir nettoyer mes pensées de la même manière, et respirer un grand coup….
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20.5.2009 par Flo.
Je suis dans une phase ronchon, où je vois le verre à moitié vide plutôt qu’à moitié plein. Où quoi que je fasse, ou dise, ou pense, je trouve le côté négatif. Ecrire ici serait une longue série de complaintes avant tout, je vais m’éviter ça (et à vous aussi par la même occasion), raison de mon mutisme.
J’avais une petite histoire à raconter, et même ça, ben je n’en trouve pas l’énergie. Alors ce sera pour la semaine prochaine, tant pis.
Je viens d’apprendre que je n’aurai pas à partir à Paris, pas à subir encore une formation, pas à me prendre la tête, et même ça, je le vois comme un loupé, en fait je me dis que ça m’aurait intéressé, et puis mon ego en prend un petit coup, pour une fois que ce n’est pas moi qui ai été choisie, je le vois comme un échec.
Je me disais qu’en ayant passé la date fatidique, ça y est, j’allais quand même pouvoir respirer un grand coup, mais non, même ça, ça ne marche pas…
Pfff
Ce week-end sera un peu au soleil. J’en profiterai ce que je pourrai, je ferai le dos rond. Et puis je vais essayer de me convaincre que la semaine prochaine ira mieux, même si elle sera dure à débuter….
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14.5.2009 par Flo.
Je ne me suis jamais aussi magistralement plantée sur quelqu’un.
Pourtant, globalement, j’ai tendance à avoir confiance en mes premières impressions. A vérifier, assez inéluctablement, qu’elle sont toujours justes, même si un délai se passe, même si dans un premier temps je ne veux pas les écouter.
Je ne suis sans doute pas une exception, la première image, la première idée qu’on a de quelqu’un est bien souvent la bonne, comme si d’un coup, en faisant connaissance, on percevait tout, l’intérieur comme l’extérieur, sans les masques, sans les a-priori, sans les préjugés.
Ensuite, on fait des efforts, on fait tapisserie ou non, on essaye de s’adapter, c’est un jeu de reflets constants, miroirs que l’on se renvoie…
C’était milieu 2007. En pleine recherche d’emploi, en pleine mue, professionnelle et personnelle, j’ai eu cet entretien. Il faisait chaud, je me rappelle. J’avais galéré pour atteindre le bureau, cherché mon chemin, demandé à des dizaines de personnes.
Jamais un entretien ne s’était si bien passé. J’avais eu l’impression de pouvoir dire ce que je voulais, ça lui plaisait. Il y avait quelque chose qui était passé, quelque chose qui m’avait fait dire, en sortant “Si ça ne marche pas cette fois, ça marchera forcément dans le futur, ce n’est pas possible que je ne travaille pas avec ce type”.
Ca n’a pas marché tout de suite, et pourtant je ne me suis pas privée de relancer.
A tel point que c’est lui qui s’est souvenu de moi 1 an plus tard. Quand il m’a rappelée, certes je cherchais déjà une porte de sortie, beaucoup de choses ne me convenaient pas, mais n’empêche. J’ai dit oui amen quasi tout de suite. Certes parce qu’on m’offrait de meilleures conditions de travail, un meilleur salaire, mais aussi parce que c’était lui, parce que j’avais encore en mémoire ce premier rendez-vous, cet entretien et ce que j’avais ressenti.
Quand je suis arrivée, ça a été la douche froide. J’ai senti une équipe remontée, à cran, unie pour faire front. J’ai voulu garder mes distances, rester objective, observer par moi-même, je me suis donné le temps, je l’ai tout de suite annoncé.
Ce n’est certes pas facile de rester objective quand, au quotidien, on est entourée d’une dizaine de gars qui ont tous le même son de cloches “incapable! Manipulateur! Sournois! Idiot! Menteur! Négligent”
Je m’estime pourtant désormais suffisamment forte de caractère pour savoir dire si ça ne me convient pas.
Aujourd’hui, après 8 mois, je suis forcée d’admettre que la majorité a raison.
Alors, qu’est-ce qu’il s’est passé? Jamais je ne me suis laissée berner à ce point! Si, dans ma vie privée, mais il y avait d’autres facteurs, il a fallu plus de temps, l’alchimie a été différente. Là, c’est clairement une première impression qui était totalement erronée.
De tout ce qui se passe aujourd’hui dans ma vie professionnelle, c’est sans doute ce qui me perturbe le plus. Ca ne sert probablement à rien de trouver à tout prix une réponse, ça peut arriver. Quand celui d’en face est fort, quand c’est son boulot de faire sensation, de séduire, d’attirer. Mais c’est souvent le genre d’attitude qui me fait fuire.
Oui, j’avais besoin de trouver un travail, de croire en quelque chose. Oui, j’avais besoin, après ce que je venais de passer, de croire en quelqu’un, de me reposer sur lui, de penser que je séduisais (peut-être) et que ça allait être une belle collaboration.
Mais quand même….A ce point???
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13.5.2009 par Flo.
Je suis comme les enfants qui ont mal au ventre quand vient le moment d’aller à l’école: j’ai mal à la gorge tous les lundis, au point que je me demande à chaque fois si je vais avoir une angine. Et puis le mardi, ça va mieux. Le vendredi, ça a disparu. Ou alors les jours de RTT, comme aujourd’hui…Psychosomatique, vous avez dit?
Hier matin, dans ce demi-sommeil de l’aube, alors qu’il venait de se lever et que je l’entendais de loin se préparer dans l’appartement, un merle s’est mis à chanter juste devant ma fenêtre; il faisait noir dehors, mais dans ma tête, j’avais l’impression qu’il attirait l’aube, que son chant accélérait la venue de la lumière. C’était doux, c’était agréable, comme de la ouate…
RTT aujourd’hui, je suis de baby sitting avec miss Blondinette. J’avais oublié combien c’était bon de ne pas travailler en pleine semaine, de prendre du temps pour soi en pensant aux collègues qui sont coincés au bureau. Ca me manque cruellement, ces petits moments de liberté quand je le veux…
Mon homme a une bonne étoile. C’est certes au prix d’une petite partie de la matinée à la préfecture. Mais si ça peut lui éviter la prune qui lui pend au nez, il peut même y passer la matinée! Tomber sur un gendarme conciliant, ça n’arrive pas tous les jours à un motard!
Trois semaines un peu hors du temps, qui passent trop vite. Tout plein de congés, de week-ends prolongés. Et puis des rythmes enfin conciliés, c’est quelque chose qui ne m’était plus arrivée depuis si longtemps, rentrer après le travail et avoir du monde à la maison. Et puis parler de ces petites choses tellement insignifiantes qu’on les oublie en fin de semaine, si on ne les évoque pas le soir même. Profiter des soirées qui rallongent, avoir plein de projets de sorties, qu’on ne pourra pas tous réaliser, mais les avoir quand même et se dire que c’est possible.
Et puis, inversément, faire attention à ne pas trop s’habituer, parce que reprendre l’ancien rythme sera encore plus difficile…
Dans quelques jours maintenant, je vieillis officiellement. Et je déteste dire ça, mais cette année, je le vis super mal. L’approche de mon anniversaire n’a jamais été un doux moment agréable pour moi; mais là, en plus de cette phase d’approche, se greffent trop de questions, trop d’angoisses, trop de réflexions, qui finissent par me filer une migraine par jour. Ca ira mieux quand ça sera passé, j’en suis persuadée, c’est comme le mal de gorge; mais je n’aurai pas ma réponse pour autant.
Ouvrir une nouvelle catégorie avec ce billet, et braver le ciel gris et faire venir le soleil en sortant quand même. Je m’y mets de suite…
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11.5.2009 par Flo.
Interpellée par ce billet, qui résonne tout particulièrement en moi semble-t-il en ce début de semaine, et sur l’autorisation de Zelda, je me penche à mon tour sur le concept si délicat et personnel qu’est l’amitié, pour faire écho à ses pensées; et apporter ma toute petite pierre à un édifice complexe, tant je pense que ce thème a au moins une définition différente par personne qui en parle.
J’ai vécu la mort de bien des amitiés. Par ma faute, mais pas que. Parce qu’au cours d’une vie, nous évoluons, différemment, et une personne qui nous paraît indispensable à une période devient une parfaite étrangère quelques mois, ou années plus tard.
J’ai vécu chacune de ces pertes comme un traumatisme dont je me suis plus ou moins bien remise. Ou pas du tout. Il m’arrive régulièrement de repenser à cette amie d’enfance, cette presque soeur avec laquelle j’ai tout partagé jusqu’au bac. Cette personne qui semblait être mon autre moi, et sans laquelle je n’envisageais pas d’avancer. Et puis d’un coup, elle est devenue une étrangère. Elle est passée à autre chose, à d’autres. Chaque année, je sais encore sa date d’anniversaire par coeur, et je ne traverse pas cette journée sans un pincement au coeur.
Ce n’est pas pour autant que je la rappellerai. Elle est loin, et puis ça n’aurait aucun sens. Ca s’est fait ainsi, en queue de poisson, m’apprenant à quel point l’amitié est une chose fragile. Pas éphémère, mais qui se construit, et s’entretient. Pierre après pierre, attention après attention. C’est un aller retour. C’est de l’écoute, c’est de l’expression.
Mon éloignement géographique a fait le ménage évident: loin des yeux loin du coeur, à de rares expressions près, l’adage s’est constamment vérifié. Parce que oui, même à l’époque de l’instantané, du tout cuit et du tout près (prêt), même s’il suffit parfois de cliquer sur un bouton pour être connecté à un réseau, je crois fondamentalement que l’amitié ce n’est pas que ça. Et qu’il faut cliquer sur ce bouton, justement. Et que ça ne suffit pas toujours…
Alors, fière de mes petites expériences, j’avais envie de répondre à Zelda “l’amitié c’est du quotidien”. Et puis d’un coup, j’ai réfléchi deux secondes et demi, et ma main s’est arrêtée avant que je n’écrive le premier mot. Parce que finalement, actuellement, je suis la première à pouvoir dire que ben non, l’amitié ne peut pas se réduire à une simple définition.
Il y a cette amie du bout du monde. Celle de ma toute petite enfance, la seule que j’ai gardée. Avec laquelle je ne communique même pas par mail, pour aucune bonne raison (elle me lit, et elle a son jardin que je feuillette aussi quotidiennement). Mais n’empêche. On s’est revues cet hiver, on ne s’était plus vues depuis 2 ans, elle est devenue maman entre temps, plein de choses se sont passées dans nos vies, pas que des petites, et qu’importe? C’est mon Amie, l’une des rares fidèles absolues, que je sais pouvoir appeler n’importe quand, à n’importe quelle heure même si je ne le fais pas. Mais je le sais, ça suffit.
Il y a Zelda, et puis une ou deux autres. Qui sont loin, avec lesquelles je communique, plus ou moins fréquemment. Mais mon amitié avec elles (eux) se portent bien, merci, enfin je le crois, enfin de mon point de vue. Peut-être que j’ai tort? Peut-être que ce n’est pas vu de la même manière en face? Alors j’aimerais qu’on me le dise. Et peut-être qu’il faudrait que je le demande plus souvent, aussi.
Pourtant, je pense être de celles qui ont besoin de marques d’amitié. Qui ont besoin que la relation vive, de façon active, et non passive. Le rythme, la fréquence, s’adaptent selon les personnes, mais il faut que ce soit là. Sinon quel intérêt?
Oui, l’amitié se vit au présent. Mais elle se vit chacun à sa manière. Comme dans un couple, le plus dur à passer est lorsque d’un coup, les objectifs ne sont plus les mêmes, les priorités divergent, les rythmes se perdent, se “désynchronisent“. Comme dans un couple, j’ose croire que le plus important est la communication. Et la persévérance.
Et mon optimisme, et mon idéal me soufflent que rien n’est véritablement cassé quand le fond est toujours là, et que la surface subit juste quelques clapotis.
Je n’ai pas envie d’avoir tort, mais à vrai dire, je n’en sais pas grand chose…
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6.5.2009 par Flo.
C’est quand même effarant, cette propension à d’un coup tout remettre en question alors que tout semble sur les rails.
Je suis posée dans ma vie personnelle, et ça, je touche du bois, je n’ai vraiment pas l’intention de le chambouler de sitôt.
Professionnellement, ce n’est pas ça, et de loin. Je suis sur un palier, je ne suis pas vraiment sortie d’une pièce, ni entrée dans une autre. Eternel recommencement, mêmes schémas répétitifs.
Je m’étais faite une raison, en me disant que c’était un moindre mal; le job n’est pas aussi formidable que je ne me le suis imaginé. L’équipe est très bonne. Le patron est un idiot. L’entreprise est un véritable souk, mais quelle entreprise ne l’est pas? Le salaire est loin de ce que je pourrais rêver, mais bien mieux que ce que j’ai jamais gagné jusqu’ici, et l’un dans l’autre avec les avantages en nature, je ne me plains pas trop (quand je suis payée en temps et en heure). Et puis j’ai un poste fixe, quelques chances de traverser la période actuelle sans trop de casse en serrant bien les fesses, et l’idée, quand même, de faire ce pas de plus par moi-même pour enfin créer mon propre chemin.
Et puis hier, sur un coup de fil mi-gag mi-autre, patatra, revoilà les doutes, les interrogations. Pas aussi difficiles qu’il y a quelques mois, mais n’empêche. Suffisamment pour que je m’interroge, alors que je ne voulais pas, alors que je m’étais dit “ça y est, pour un petit moment quand même”.
Alors quoi?
J’y perdrais en salaire, et pas qu’un peu.
J’y gagnerais en qualité de vie.
J’y perdrais en avantages en nature, et pas qu’un peu.
J’y gagnerais (peut-être) en intérêt de poste, ce qui n’est pas si difficile.
J’y perdrais en perspectives d’avenir.
J’y gagnerais en sécurité de travail, sur une durée limitée mais précise.
J’y perdrais en relations d’équipe.
J’y gagnerais en liberté.
Alors quoi?
Alors je ne vais pas aller plus loin. Parce que je n’ai pas envie de renoncer aux quelques avantages matériels que j’ai péniblement récupérés. Mais je n’aime pas faire des choix sur cette base, pourtant cruciale. Je n’aime pas hésiter, parce que je me dis qu’au fond, il y a un message que je ne sais peut-être pas écouter là au fond.
Parce que je n’ai pas envie de regretter, dans quelques semaines ou mois, me souvenir et me dire “j’aurais pu, j’aurais dû, même si au début, la maison paraît bien moins accueillante, ça aurait été bien différent”.
J’ai peur de me planter.
Alors quoi?…..
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5.5.2009 par Flo.
Il y en aurait des choses à dire, à écrire. Et pourtant c’est un peu comme si j’avais perdu le feu sacré.
Mais je pourrais aussi décrire le printemps, le flamboiement des couleurs, des odeurs, de la nature qui célèbre le retour des beaux jours. Et nous qui profitons des rayons de soleil, de la moindre once de chaleur, des balades dans la campagne somptueuse.
Il y aurait la contrariété du boulot, que je ne veux pas laisser me submerger. Cette impression d’être manipulée et de n’être qu’un pion au milieu d’un immense échiquier qui me dépasse. Ma bataille pour obtenir péniblement l’autre moitié de mon salaire, “malencontreusement” oubliée sur une note de frais soi-disant tendancieuse. Un pessimisme récurrent de la part de celui qui devrait nous aider et nous encourager, et qui me déprime bien plus que n’importe quelle mauvaise nouvelle à la radio.
Il y a tout ce que je veux savourer ces semaines à venir, ce rythme différent, ce bonheur des plaisirs simples et quotidiens du couple, que je ne connais pas encore bien. Rentrer avec quelqu’un à la maison, manger ensemble, se lever ensemble. Envisager tout ce que nous ne pouvons pas faire habituellement. Et néanmoins, veiller à ne pas trop en prendre l’habitude, parce que la chute serait plus dure encore.
Il y aurait cette culture cinématographique que nous nous refaisons goulûment à deux, en passant d’un polar à un film de science-fiction, sans oublier les séries que nous aimons tant, et les grands classiques que nous revisitons.
Il y a les projets et les envies qui débordent, pour moi, pour nous, les ratés dont on rigole, les réussites dont on n’est pas assez fiers.
Tout cela forme des petits bouts de puzzle, au quotidien. Des phrases qui traversent mon esprit “c’est ce que j’aurais envie d’écrire”, une accroche qui se forme, qui s’envole aussi vite. Le manque de temps pour me mettre devant mon écran, parce que trop d’autres choses à savourer à côté.
Alors pour l’instant, ce ne sera qu’un billet de pièces éparpillées, en attendant de pouvoir les réunir…
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