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11.5.2009 par Flo.
Interpellée par ce billet, qui résonne tout particulièrement en moi semble-t-il en ce début de semaine, et sur l’autorisation de Zelda, je me penche à mon tour sur le concept si délicat et personnel qu’est l’amitié, pour faire écho à ses pensées; et apporter ma toute petite pierre à un édifice complexe, tant je pense que ce thème a au moins une définition différente par personne qui en parle.
J’ai vécu la mort de bien des amitiés. Par ma faute, mais pas que. Parce qu’au cours d’une vie, nous évoluons, différemment, et une personne qui nous paraît indispensable à une période devient une parfaite étrangère quelques mois, ou années plus tard.
J’ai vécu chacune de ces pertes comme un traumatisme dont je me suis plus ou moins bien remise. Ou pas du tout. Il m’arrive régulièrement de repenser à cette amie d’enfance, cette presque soeur avec laquelle j’ai tout partagé jusqu’au bac. Cette personne qui semblait être mon autre moi, et sans laquelle je n’envisageais pas d’avancer. Et puis d’un coup, elle est devenue une étrangère. Elle est passée à autre chose, à d’autres. Chaque année, je sais encore sa date d’anniversaire par coeur, et je ne traverse pas cette journée sans un pincement au coeur.
Ce n’est pas pour autant que je la rappellerai. Elle est loin, et puis ça n’aurait aucun sens. Ca s’est fait ainsi, en queue de poisson, m’apprenant à quel point l’amitié est une chose fragile. Pas éphémère, mais qui se construit, et s’entretient. Pierre après pierre, attention après attention. C’est un aller retour. C’est de l’écoute, c’est de l’expression.
Mon éloignement géographique a fait le ménage évident: loin des yeux loin du coeur, à de rares expressions près, l’adage s’est constamment vérifié. Parce que oui, même à l’époque de l’instantané, du tout cuit et du tout près (prêt), même s’il suffit parfois de cliquer sur un bouton pour être connecté à un réseau, je crois fondamentalement que l’amitié ce n’est pas que ça. Et qu’il faut cliquer sur ce bouton, justement. Et que ça ne suffit pas toujours…
Alors, fière de mes petites expériences, j’avais envie de répondre à Zelda “l’amitié c’est du quotidien”. Et puis d’un coup, j’ai réfléchi deux secondes et demi, et ma main s’est arrêtée avant que je n’écrive le premier mot. Parce que finalement, actuellement, je suis la première à pouvoir dire que ben non, l’amitié ne peut pas se réduire à une simple définition.
Il y a cette amie du bout du monde. Celle de ma toute petite enfance, la seule que j’ai gardée. Avec laquelle je ne communique même pas par mail, pour aucune bonne raison (elle me lit, et elle a son jardin que je feuillette aussi quotidiennement). Mais n’empêche. On s’est revues cet hiver, on ne s’était plus vues depuis 2 ans, elle est devenue maman entre temps, plein de choses se sont passées dans nos vies, pas que des petites, et qu’importe? C’est mon Amie, l’une des rares fidèles absolues, que je sais pouvoir appeler n’importe quand, à n’importe quelle heure même si je ne le fais pas. Mais je le sais, ça suffit.
Il y a Zelda, et puis une ou deux autres. Qui sont loin, avec lesquelles je communique, plus ou moins fréquemment. Mais mon amitié avec elles (eux) se portent bien, merci, enfin je le crois, enfin de mon point de vue. Peut-être que j’ai tort? Peut-être que ce n’est pas vu de la même manière en face? Alors j’aimerais qu’on me le dise. Et peut-être qu’il faudrait que je le demande plus souvent, aussi.
Pourtant, je pense être de celles qui ont besoin de marques d’amitié. Qui ont besoin que la relation vive, de façon active, et non passive. Le rythme, la fréquence, s’adaptent selon les personnes, mais il faut que ce soit là. Sinon quel intérêt?
Oui, l’amitié se vit au présent. Mais elle se vit chacun à sa manière. Comme dans un couple, le plus dur à passer est lorsque d’un coup, les objectifs ne sont plus les mêmes, les priorités divergent, les rythmes se perdent, se “désynchronisent“. Comme dans un couple, j’ose croire que le plus important est la communication. Et la persévérance.
Et mon optimisme, et mon idéal me soufflent que rien n’est véritablement cassé quand le fond est toujours là, et que la surface subit juste quelques clapotis.
Je n’ai pas envie d’avoir tort, mais à vrai dire, je n’en sais pas grand chose…
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