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29.6.2009 par Flo.
Etre propriétaire, c’est, et ça a toujours été le fantasme de mon père. Son grand regret aussi: il a grandi dans une splendide maison en Afrique du Nord, ce genre de maisons qui conservent tous les souvenirs d’enfance les plus merveilleux, dans un univers particulier, qui semble laisser pour le restant d’une vie une nostalgie persistante.
Cette maison a été vendue, ses parents ont déménagé en Italie. Dans leur maison familiale, celle qui les accueillait pour les vacances d’été, celle qui n’est donc resté qu’un paradis de vacances pour mon père, parce qu’il ne les a pas suivis. A commencé, pour lui, sa longue vie d’étudiant expatrié, d’adaptation dans un pays avec les moeurs pas franchement identiques à celles qu’il avait connues enfant, un état d’esprit bien plus germanique, et froid dans tous les sens du terme.
Il s’en est bien sorti, de mon point de vue…Du sien, j’en doute, mais c’est une autre histoire.
De rencontres en aventures, de mariage en naissances, mes parents n’ont jamais acheté de maison. Ma mère n’a jamais vécu qu’en appartement loué (je crois), mon père ne s’est jamais fait aux prix exhorbitants de son nouveau pays d’adoption.
Une opportunité s’est présentée, si j’en crois les témoignages, alors que j’avais à peine passé la dizaine, et donc mon frère pas tout à fait la demi-dizaine…Ils ont hésité, ont réfléchi. Ca impliquait beaucoup de sacrifices (plus vraiment de vacances aussi chouettes que ce que nous avions, un éloignement conséquent de la ville principale, et les complications qui s’y ajoutent avec 2 jeunes enfants et un emploi du temps déjà bien serré). Ils ont renoncé, j’ignore si c’est à contre coeur ou non.
Par conséquent, je n’ai jamais eu le sens de la propriété. Pas cette propriété-là du moins. J’ai été épargnée par les déménagements jusqu’à passé 20 ans, en vivant en tout et pour tout dans 2 lieux pendant toute mon enfance, le premier n’ayant accueilli que péniblement mes 3 premières années. Je me suis rattrapée ensuite, de mon propre choix, et au vu de certains chaos dans ma vie.
Aujourd’hui, je suis posée dans une ville, dans une région. J’y suis merveilleusement bien. Le seul reproche que je pourrais lui faire, c’est d’être très loin de mon pays natal (ça encore…) et donc de ma famille. Ce qui signifie que si je dois réagir et partir là-bas rapidement, le “vite” se transforme en minimum 5 jours pour ne pas avoir l’impression de faire essentiellement des trajets.
Pour des raisons diverses et pratiques, je n’ai pas l’intention de bouger de sitôt. Ras le bol des déménagements, des réadaptations. J’ai eu mon lot, j’ai besoin de souffler, j’ai envie de m’ancrer. J’ai trouvé avec qui, c’est aussi le plus important.
Je découvre une contrée qui m’enthousiasme. Je réalise que finalement, j’aime aussi la campagne. Du moins cette campagne-là, celle qui me parle à chaque saison, dont je ne me lasse pas d’observer les changements, les mutations, que je guette à chaque nuance, à chaque détour ou virage.
Nous la traversons chaque week-end, à l’envi. Essentiellement un week-end sur 2 à moto. C’est le bonheur absolu, et peut-être même que je pourrais dire que je vais bientôt mieux connaître mon lieu d’adoption que mon pays natal. C’est ainsi.
Nous passons à côté de quantité de maisons, de lieux de charme, de mystère, qui ont une âme, qui portent une histoire. Et curieusement, depuis quelques temps, je me demande à chaque fois “si je pourrais vivre là”. C’est ainsi que je sais si j’aime ou non un lieu, il n’y a qu’en me posant cette question que j’arrive à faire parler les endroits que j’arpente.
Ca m’intrigue un peu, parce qu’en étant jeune, lorsque je me projetais dans l’avenir, je ne me voyais pas “propriétaire”. Par l’éducation que j’ai reçue, ce n’était vraiment pas une priorité.
Aujourd’hui, c’est toujours loin d’en être une. Pour les mêmes raisons, mais aussi parce que franchement, ça implique beaucoup de choses avec lesquelles je ne suis pas encore très à l’aise: l’endettement, un choix définitif, un risque, même calculé…Si c’est un achat à 2, c’est aussi une autre forme d’engagement à très long terme. Pour avoir travaillé un an dans le domaine, je sais aussi à quel point on peut investir sans réaliser les problèmes que cela peut engendrer. Et puis j’avance dans l’âge, ce n’est plus aussi facile, on ne peut pas se dire “c’est un premier coup d’essai, on verra bien”.
Mais n’empêche, ça m’amuse. Parce que je me projette bien plus volontiers. Et dans des lieux que je n’aurais jamais soupçonnés: moi la gamine éduquée dans un mobilier ultra design, très épuré, j’ai gardé le goût de la lumière (immensément), de l’espace (au risque de vite étouffer sinon), mais je vais aussi chercher d’autres matériaux, de la chaleur, un cocon.
Il y a 10 ans, j’aurais rêvé de grandes baies vitrées dans un lieu ultra moderne, de verre, d’acier, aujourd’hui je cherche l’histoire, la vie. Une maison neuve? Pas vraiment pour moi, je rêve plutôt d’une belle ferme rustique, de cette pierre rouge et ocre comme seule cette région sait la rendre, de poutres apparentes, de lieux qui portent leur passé, et qu’il faut progressivement apprivoiser. J’ai envie d’authenticité. De murs biscornus, de petits recoins, pas trop pour la poussière, mais juste pour le caractère. Et puis un petit jardin, pourquoi pas quelques arbres. Tout ce qui symbolise les ancrages, les repères, tout ce qui s’inscrit dans la longueur, dans le temps. Moins d’éphémère, de la légèreté mais avec son histoire.
Tous ces changements font partie des constats du moment. Comme si j’assistais à ma propre mue, une petite chenille qui devient tout petit papillon. Mais un papillon bien frêle, et qui ne sait pas encore très bien comment voler.
Rêve ou réalité tout cela? A vrai dire peu importe. On verra les opportunités. Ce sera un choix à 2. Ce sera obligatoirement un coup de coeur, pas une envie réfléchie, je ne pense pas. Nous ne nous sommes pas consultés sur ce point, parce que ce n’est en tout cas pas pour tout de suite. Au moment propice, on avisera, et d’ici là, les envies et les goûts auront peut-être changé, mais j’en doute quand même fortement…
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25.6.2009 par Flo.
Y’a des semaines comme ça qu’on préfèrerait zapper, tout bonnement. Quand elles commencent mal, et qu’elles ne se terminent pas mieux…Game over.
-Pour Miss Blondinette, franchement il aurait mieux valu que ce soit une insolation. Mais non. Elle fait les choses en grand: pneumopathie au poumon droit, youplaboum s’il vous plaît. Beaucoup de fièvre. Elle qui reste courageuse et joyeuse dans la maladie, je ne l’ai jamais vue autant pleurer, et autant faire de caprices.
-Conséquence de l’organisation délicate et compliquée avec un enfant malade (pensées et compassion à toutes les mamans), je l’ai gardée tous les soirs de la semaine….Et j’avoue qu’en matière de garde-malade, je n’étais pas encore réellement arrivée à ce chapitre-là dans mon bouquin “comment devenir une super belle mère”…Il a fallu utiliser la méthode “apprentissage accéléré”, en jonglant entre les conseils de la maman inquiète, et du papa au téléphone, et en essayant de mettre au fond de ma poche ma fatigue et mon impatience.
-Pour ces 2 derniers points, j’ai honte de le dire et je prends ces pages comme lieu d’expiation, mais je suis très loin de la moyenne….Je ne suis pas sûre d’avoir une bonne excuse à cela, mais ce que je sais, c’est que je n’en suis vraiment vraiment pas fière.
-Ma voiture recommence à me faire des misères. Il y a un an, j’étais déjà en galère de véhicule, déjà en galère de santé, on reprend tout et on recommence…Là, ça m’énerve vraiment. En bref, j’aurais apprécié de ne pas avoir à sortir quelque chose comme 300 euros avant les vacances, mais si, je pense qu’il va falloir. Demain, je suis bonne pour appeler le garage, tenter un devis, prendre rendez-vous. Et allumer un cierge à Ste Rita pour ne pas tomber en rade sur la rocade, ou alors dans la jolie montée en rentrant chez moi, ou dans l’endroit le plus improbable possible, bien entendu….
En version méthode Coué, je peux essayer: Miss Blondinette va quand même mieux, ouf et ouf c’est le plus important. La voiture ce n’est que du matériel, j’ai un peu d’argent de côté, certes pas destiné à ça mais qui devrait m’aider. Côté santé il est hors de question que je me laisse submerger. Et surtout, demain c’est le week-end, le week-end…. Demain soir, c’est en tête à tête avec mon homme, et tout oublier, pendant au minimum 48 heures qui vont passer comme une fusée.
C’est vraiment parce que ça ne me ressemble pas et que je déteste finir un billet sur une note négative, et parce que oui, j’ai très envie de croire à la méthode Coué, au verre à moitié plein, et à la relativisation…
Demain, c’est le week-end!
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24.6.2009 par Flo.
Ca pousse, gentiment; je les surveille matin et soir, j’essaye d’anticiper: terre trop sèche, trop de soleil, pas assez. Je les choie, je les pouponne, c’est comme si je me mettais à l’épreuve, si je réussis à les garder en bonne forme, bonne santé, alors je pourrai espérer en acheter d’autres, et satisfaire les envies de plus en plus pressantes de verdure et de fleurs partout dans l’appartement.
Mon homme a acheté un petit bonzaï, celui-ci je ne m’en occupe pas, c’est son bébé à lui. J’ai toujours eu du mal avec ce concept, déjà un arbre en pot, je trouve ça contre nature, mais en plus l’empêcher de pousser pour qu’il garde sa beauté, c’est quelque chose qui me met profondément mal à l’aise. Comme les oiseaux en cage, ou les poissons en aquarium.
Mais j’avoue, c’est joli, ça donne un certain style. On attend de lui trouver une place de rêve, un petit coin zen, pour cet hiver. Pour l’instant, il est dehors et s’abreuve d’un maximum de rayons de soleil.
Je me suis amusée à faire un petit montage photo. J’ai pris le temps de rassembler ma toute petite jungle, et j’ai maladroitement fixé ça sur pellicule. Il n’y a que le ficus qui n’y figure pas, trop lourd à déplacer, et le pauvre s’est baladé déjà dans plusieurs coins de l’appartement, là il reste où il est. Alors oui, le laurier a besoin d’un tuteur, et le basilic d’un nouveau pot. J’apprivoise aussi bien les plantes vertes que powerpoint et le montage photo, je réclame l’indulgence du public.
En attendant, une minute d’auto satisfaction parce que le résultat ne me déplaît pas.
Et puis bon, le plus drôle, c’est que cette photo ci-dessous qui a tellement émerveillé famille et amis depuis ma plus tendre enfance, et qui me semblait tellement loin de ce que j’étais, finit par être plutôt d’actualité. Après tout, cette petite fille aux bras remplis de fleurs n’est plus si loin de l’adulte que je deviens…Les fleurs, maintenant, je ne les ramasse plus, j’essaye de les faire pousser, et ça a beaucoup plus de charme….
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23.6.2009 par Flo.
Non, ça va pas. J’ai mille et une raisons de sourire dans mes journées, et pourtant, il y a comme un petit nuage noir qui plane au-dessus de ma tête. J’ai beau m’ébrouer, me secouer, ça ne le fait pas partir pour autant.
-Miss Blondinette a eu une insolation ce week-end. Dixit sa mère, qui l’a récupérée donc le lundi matin avec 40 de fièvre. Crotte. J’ai passé tout le week-end à veiller à ce qu’elle ne prenne pas froid, avec ce soleil piège et cette température plus basse qu’elle n’y paraît, on l’a fait boire régulièrement, mais oui, ok, il n’y a pas eu de chapeau, et je n’ai pas eu la sensation qu’elle était plus exposée que cela. A moi les reproches, même derrière les sourires, ce soir. Et ça m’énerve, je me sens prise en faute, alors que je n’ai pas à l’être. Je ne suis pas maman, j’apprends, et je ne pense pas à tout.
-Blues récurrent tout le week-end. Impossible de profiter, j’ai vu l’heure, les moments défiler, sans les retenir. Série de ratés, dont on peut rire, mais qui font rire jaune quand on voit le verre à moitié vide. Au point que ça s’est terminé avec des larmes qui sont sorties toutes seules, sans que je puisse les contrôler samedi soir, et même pire, sans aucune raison valable. Cette boule dans ma gorge qui a mis 24 heures à disparaître, et au moment où enfin je me suis sentie plus détendue, c’était déjà dimanche soir…
-Je ne suis pas bien. Je traîne un truc depuis quelques semaines (mois?), un truc qu’il faudrait quand même que je me décide à empoigner, à comprendre, mais ce sera au prix de multiples prises de sang, errances, vitamines inutiles et qu’en sais-je. Je n’ai pas envie de m’embarquer dans un marathon médical, ou alors je n’ai pas suffisamment confiance en mon toubib, je n’ai pas trouvé le bon, je n’ai pas envie d’y mettre des fortunes non remboursées. Pour toutes ces bonnes mauvaises raisons, je laisse courir, ce qui me vaut un mal de tête suffisamment pénible et pourtant pas si énorme pendant 3 jours d’affilée (3ème aspirine en 3 jours quand même), une toux qui va et vient, tout comme le mal de gorge. Et la bonne veille fatigue toujours là.
-Et puis en matière de toubib, c’est bon, j’ai mon comptant. Réapparition d’une cochonnerie dont je pensais m’être débarrassée l’année dernière. Enfin, il paraît que ce n’est pas grave, on me demande juste de revenir pour une nouvelle vérification (une tous les 3 mois, ce n’est déjà pas assez pénible on dirait), juste pour s’assurer que c’est ok. Purée, à la veille des vacances, c’est le pied, je m’en passerais bien, et puis je ne sais pas du tout comment je gérerais une récidive, ce n’était pas franchement prévu au programme!
-J’ai gagné le droit d’aller faire un dépôt de plainte dans un commissariat cet après-midi. Youpi, tout ce que j’aime: des petits hommes en bleu, des heures de paperasserie, une zone géographique que je ne connais pas et dans laquelle il y a de quoi se perdre; et comment transférer les sales boulots sur ma pomme: on s’est fait cambrioler au boulot dimanche, c’est impressionnant, vitres cassées, portes fracturées, et pourtant rien de piqué. Le grand yaka n’a évidemment pas le temps pour ces “basses tâches”, c’est moi qui m’y colle. Heureusement, j’ai pris un bon bouquin. Et puis hein, ce n’est pas comme si j’avais plein de boulot et que j’avais le temps de faire ça en plus…
Mais ce matin, sur la table de la cuisine, il y avait un mot doux et 3 petites fleurs jaunes dans un verre qui valaient tous les bouquets du monde. Et ça, oui, ça m’a amené mon petit soleil, et un beau sourire sur les lèvres…
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22.6.2009 par Flo.
Même à mon âge, il en faut une!
Ma première fête de la musique, enfin j’y suis arrivée!!
Parce que pour différentes raisons, je n’y avais jamais réellement participé. Parce que seule et pas du tout envie de me mêler à d’autres. Parce que la tête ailleurs. Parce que géographiquement ailleurs. Parce que boulot, ou parce que fatigue.
Hier fut mon baptême. Nous avons couru tout le week-end pour chercher différentes manifestations. Regretté que les enfants aient été un peu oubliés, ou pas trouvé les suffisamment bons plans, et puis contingentés par l’horaire comme nous l’étions, rien ne nous facilitait la tâche. Alors nous nous sommes contentés des répétitions sur le pouce, ou des soundcheck avec Miss Blondinette, profitant d’arpenter la ville en long et en large, de repérer les bons coins à venir.
Et puis hier soir, en adultes libres, nous avons débarqué avec casques et cuirs moto, pratiques pour fendre la foule, et nous avons fait le grand tour. Nous arrêtant dès que possible, passant de la musique créole aux percussions africaines, puis un heavy metal tellement caricatural que j’en ai ri à gorge déployée. Je me suis exasiée devant des danseuses, j’ai été impressionnée par un “beat boxeur” qui a enflammé le Capitole.
2 heures dans la foule, pour la quasi agoraphobe que je suis, ça relève du presque miracle. Mais je ne les ai pas vues passer, j’étais merveilleusement accompagnée, et seules mes jambes douloureuses de la fatigue de la journée m’ont rappelé à l’ordre. J’ai dégusté mon falafel en regardant partout autour de moi, comme une enfant qui découvre le monde. Je me suis autant amusée à observer le public que les spectacles; me suis émerveillée de voir ma ville si vivante, chatoyante, enthousiaste. Me suis dit que résolument, j’étais chez moi, et que oui, j’aimais cette région, ces lieux.
J’ai trouvé ma place, j’ai fêté l’été dignement, enfin! Et je me souhaite encore tout plein de fêtes de la musique comme ça, dans les sourires de mon homme….
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18.6.2009 par Flo.
Depuis que je vis en France, je vis un revival annuel qu’il ne me semblait jamais avoir vécu dans mon pays d’origine. J’ai peut-être une amnésie ponctuelle bien arrangeante, mais n’empêche.
Donc en gros, tous les mois de Juin, pendant une bonne semaine, j’ai le droit de revivre mon propre bac en direct live grâce aux médias qui ne se privent pas d’y consacrer des heures d’antenne et des kilomètres colonnes. A tel point que ça devient le sport du mois, savoir comment ils peuvent garder un minimum de lecteurs / téléspectateurs / auditeurs avec des sujets qui sont si récurrents, si prévisibles, si évidents. Parce qu’il faut quand même bien l’admettre, je doute que même en s’exilant sur la planète Mars on puisse échapper à ce grand débarquement grandiloquent.
Je serais un adolescent de 18 ans en pleines révisions, je ne sais pas trop, à vrai dire, comment je vivrais ces moments où chaque chaîne ou chaque journal semble relever le défi de faire monter le stress et la pression qui sont déjà bien présents sur les épaules de tout futur bachelier.
Dans mon souvenir à moi, dans mon pays à moi, on ne faisait pas une telle messe d’un moment certes important dans la vie scolaire. Je n’ai pas souvenir, par exemple, que les médias aient annoncé la date du début des épreuves. Encore moins qu’ils n’en révèlent les sujets. Bon, là, rendons à César, c’était plus compliqué, chaque canton faisait sa sauce, et un Bernois n’avait pas du tout le même programme de bac qu’un Vaudois ou encore qu’un Tessinois. Le charme d’un tout petit pays si diversifié.
Ce matin, je n’ai donc pas échappé aux interviews pré-épreuve de “l’étudiant exemple stressé et pressé que ça se termine” (bon dieu, n’a-t-il pas autre chose à faire et à penser que de répondre à ces questions? et les journalistes ne peuvent-ils pas lui laisser la paix? et puis franchement, est-ce un Réel Sujet Journalistique que de parler du stress pré-examen??). Ce soir, je n’ai pas non plus échappé à la liste des sujets de philo que j’ai oubliés à peine après les avoir entendus. En me disant, comme chaque année depuis 10 ans, que je bénissais mon pays d’avoir l’idée de faire passer un bac littéraire sans philo. Sinon, je crois que je redoublerais depuis 99.
Mais je me suis inévitablement replongée dans les quelques souvenirs qu’il me reste de cette période. Le stress (oui oui, ben oui, quel scoop) des révisions, qu’on était certains de ne jamais boucler. Les longues après-midi, journées, de révision, sur mon balcon, à mon bureau, avec musique, en boucle. Les immenses listes de choses à relire, répéter, qui ne rétrécissaient pas assez vite à mon goût. Les petits moments volés aux révisions, avec culpabilité: une partie de tennis, une ou deux heures à la piscine, une balade à vélo. Mes parents qui me sortaient la tête des bouquins, me chouchoutaient, me laissaient y replonger.
Des épreuves, je n’en garde guère d’images. La panique du sujet de maths, que je sentais que j’allais planté. Je ne l’ai pas planté,j’ai été complètement larguée.
La version latine toujours aussi obscure. Le texte allemand lu et relu une bonne dizaine de fois. Les barres de chocolat que j’amenais et mangeais sans culpabilité. Le reflet du soleil sur le lac, par la fenêtre, à portée de regard pendant que je détournais les yeux de ma feuille, rêvant de “l’après”, ces moments où enfin je pourrais faire tout ce que je veux, sans penser à rien d’autre.
L’oral de latin, sauvé de justesse par mes connaissances de mythologie. Le regard bienveillant de ma prof de français face à mon analyse de je ne sais plus quel bouquin (Proust? Balzac?). Oui, on passait notre bac avec nos propres profs, et j’admets, ça faisait une sacrée différence.
Et puis le jour des résultats; ces longues heures d’attente à la piscine, le ventre qui se nouait au fur et à mesure que l’heure approchait. Et si j’avais raté? Et si on avait raté? A se mettre la pression entre nous, à échafauder les pires plans, les pires scénarios.
Arriver dans la cour du lycée, voir la foule, la marée humaine massée devant les résultats, se dire qu’on n’arrivera jamais à mouvoir ses jambes jusque là-bas et chercher son nom, voir cette camarade fendre la foule et hurler “pas d’échec dans notre classe, pas d’échec dans notre classe”, embrasser même les copines qu’on n’aime pas, se congratuler, féliciter celle qui a été repêchée de justesse, embrasser sa prof principale, exulter.
Courir à la maison, pas loin, parce qu’à l’époque, il n’y avait pas de portables pour appeler ses parents et hurler “je l’ai euuuuuuuuuuuu”!!!!!
Oui, la seule bonne chose, quand j’entends ce rabâchage incessant et inintéressant, c’est que chaque année, je me souviens de ces moments, qui sont devenus de bons souvenirs; j’ai eu la chance de passer un bac qui valait quelque chose, et dans les meilleures conditions possibles. J’ai eu la chance de ne pas avoir la télé pour me dire comment réviser, ou la radio pour m’apprendre de potentiels sujets auxquels j’aurais pu ne jamais penser et me mettre à paniquer parce que je ne les avais pas révisés.
Je pense à ces bacheliers de 2009, qui en 2019 entendront peut-être les sujets du bac du moment, et se souviendront d’avoir été interviewés avant l’entrée en salle pour l’examen de philo. Et j’irai peut-être lire leurs blogs dans 10 ans!
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17.6.2009 par Flo.
(Et oui, je donne dans le racoleur ces temps, à croire que je cherche à attirer des lecteurs!)
Je me souviens assez bien, je crois, de la première fois où j’ai senti cette odeur. L’image s’est imprimée dans mon esprit comme le parfum, et ne m’a jamais vraiment quittée.
C’était une fin de journée de vacances. Sud de l’Italie, et son crépuscule estival. Une journée bien remplie, entre la mer, la plage, diverses activités sportives. Je devais avoir 15, 16 ans, je ne sais plus très bien.
Fin de journée où d’un coup la tranquillité et la quiétude s’abattent sur les lieux. Où la douceur prend le pas sur la morsure du soleil, où la lumière est enfin caressante, et fait ressortir le vert de la végétation, le chatoiement des couleurs des lauriers, bougainvilliers, le blanc de la pierre. J’étais douchée, fraîche, la peau tirant du soleil de la journée, les muscles épuisés du sport et des activités. J’attendais le reste de ma famille à l’extérieur, je profitais du calme, de ces moments où le temps semble se suspendre, comme des instants d’éternité magiques.
Et puis il est passé à côté de moi, m’a à peine frôlée. Je ne me souviens plus de lui. Ni de son âge, ni de sa silhouette. Il était habillé en blanc, peut-être. Il n’a pas posé son regard sur moi, ni moi sur lui. Mais il a laissé ce sillage, cette odeur, qui d’un coup s’est intégrée dans le tableau, comme la couleur qui manquait pour lui apporter une note de perfection finale.
J’ai respiré, à pleins poumons, et ça s’est imprimé.
Depuis ce jour, ce parfum est resté dans ma mémoire. J’y réagis à chaque fois que je croise quelqu’un qui le porte, au point de me retourner, de suivre le sillage quelques instants, de chercher du regard, d’essayer de deviner qui en est la source.
C’est un parfum universel, et si particulier à la fois: je n’ai jamais vu autant de diversité chez ceux qui le portent: âge, style, même au milieu d’une foule il sait garder son mystère.
J’ai plusieurs fois failli m’en acheter un petit échantillon, rien que pour le plaisir de le humer parfois, pour m’envoler à nouveau vers cette soirée en Italie, vers toute la sensualité que l’odeur éveille en moi. Depuis tant d’années, c’est toujours aussi vif. Et quel talent dans l’affiche de publicité, qui est une promesse à elle seule, et qui reflète aussi parfaitement le produit final.
J’ai la chance aussi de ne jamais eu à assimiler ce parfum à une personne. Curieusement, je crois n’avoir jamais eu de proche, ami, famille, compagnon, qui l’ait porté, ou alors je l’ai oublié, comme si cela devait rester le parfum du mystère, du fantasme. Et après tout, je n’aimerais pas que cela change. J’aime le rencontrer au coin d’une rue, sans m’y attendre. Le croiser dans les moments les plus improbables, au milieu d’une foule, coincée dans un bus, un métro, ou dans un magasin.
Je continuerai à entrer de temps en temps dans une parfumerie, piquer un petit papier, et le glisser dans mon sac. Ou alors en garder un peu sur un bout de peau, à l’intérieur du poignet.
Et le laisser m’emporter, encore et toujours….
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16.6.2009 par Flo.
Au vu de la discussion que ce billet a provoquée, et surtout au vu de la réponse que j’ai eue par mail, je souhaite revenir sur le sujet, en m’excusant pour ceux que ça n’intéresse pas (comment perdre des lecteurs gagnés grâce à des mots osés dans les précédents commentaires!).
Mon propos n’est pas de redévelopper mes idées, qui me semblaient déjà assez claires, mais de continuer une discussion entamée dans les commentaires du 10 Juin, et qui me ravit, parce que sincèrement j’adore l’idée que mes quelques notes puissent lancer des débats constructifs et instructifs. Et puis surtout, j’estime qu’il y a un droit de réponse donné à l’organisme que j’ai mis en cause, et puisque celui-ci a pris le temps de me répondre, je trouve important d’en parler, parce que même si ça ne me convainc pas, j’apprécie qu’on prenne le temps d’écrire et de justifier.
Je vous livre ci-dessous la quasi totalité du mail, exception faite des formules de politesse. Et ma fois, j’y ajouterai en-dessous mes remarques, histoire quand même de répondre selon mes arguments.
” J’ai bien reçu votre mail concernant les critères d’éligibilité au don de sang.
Je souhaitais vous apporter quelques précisions, qui je l’espère, pourront vous convaincre que cette décision n’est pas politique mais bien sécuritaire.
En effet, les homosexuels ne sont pas visés en tant que population.
C’est le comportement à risque que représente une relation sexuelle entre homme qui est identifié.
Ainsi, un bisexuel est à risque et une personne homosexuelle qui n’a pas encore eu de relation n’est pas à risque.
Les relations entre femmes ne sont pas identifiées comme présentant un sur risque. Les homosexuelles femmes peuvent donc donner leur sang, leur plasma ou leurs plaquettes.
Cette contre indication n’aborde donc que le comportement à risque et non pas l’homosexualité.
D’un point de vue épidémiologique, L’INVS estime qu’en fonction de ses connaissances actuelles, le retour au don des homosexuels masculins conduirait à un doublement du risque de contamination VIH par transfusion.
Cependant, la contre-indication est affichée comme permanente et non comme définitive. Le mot permanent s’entend dans l’état actuel des connaissances médicales, ce texte pourrait donc être retiré, mais uniquement avec l’appui de données médicales et épidémiologiques en la matière.
Sachez que j’ai bien noté votre souhait de ne plus donner. A regrets, nous ne vous convierons plus à venir donner du sang ou des plaquettes.”
Je maintiens mon idée: je pense que cette “population à risque” est définie comme telle sur la base d’études désormais caduques, ou, comme le dit le mail de façon plus politiquement correcte “en fonction des connaissances actuelles“. Ok, je n’ai pas de proportions officielles, et je n’ai pas d’arguments chiffrés, qui sont les seuls valables dans le secteur médical, je l’accepte volontiers. Mais on ne m’ôtera pas de l’idée que le virus du VIH a été identifié “historiquement” sur la population homosexuelle, qui a très longtemps été considérée comme la plus “à risque”, et qu’on ne revient pas sur des chiffres qui ont dû changer, mais qu’il serait peut-être trop cher de remettre à jour (nouveaux sondages, nouveaux calculs, et tout republier).
D’autre part, j’admets volontiers qu’un “homosexuel qui n’a pas encore eu de relation n’est pas à risque“, mais quand on sait qu’un autre critère de refus du don est qu’il faut avoir eu un partenaire fixe depuis plus de 6 mois, et au vu de l’âge auquel les adolescents commencent à avoir des relations sexuelles, je doute qu’on se trouve régulièrement dans ce cas de figure….
Alors soit, les homosexuels ne sont pas visés en tant que population, mais alors il faut admettre que le tableau des critères de refus est vraiment mal formulé, puisqu’il est mentionné noir sur blanc “homme ayant eu des rapports sexuels avec un homme“. Est-ce vraiment uniquement une “contre indication qui aborde le comportement à risque et non pas l’homosexualité“?? Il ne manquerait pas une formule du genre “rapports sexuels non protégés”, ou quelque chose du genre?
Je redis ici ce que j’ai déjà répondu en commentaire dans mon précédent billet: j’admets qu’on veuille s’attacher aux “comportements à risques” et non pas à une forme de population. Mais on ne m’ôtera pas de l’idée que certains comportements à risques (et non, je ne reprendrai pas le terme exact ici, je me suis déjà fait suffisamment de pub, je vous renvoie donc aux commentaires précédents) sont d’ordre hétérosexuels aussi bien qu’homosexuels. Au nom de quoi, donc, donne-t-on notre “bénédiction” (n’ayons pas peur de l’ironie) à ce comportement entre un homme et une femme, qui peut être non protégé, pour le rejeter entre 2 hommes, qui pourraient prendre toutes les précautions possibles?
Enfin je repose une question qui me tracasse réellement: sachant que tous les dons (plasma, plaquettes, sang) sont testés avant d’être “autorisés”, et qu’il y a donc une période dite de “risque” d’une quinzaine de jours, pourquoi serait-il plus compliqué ou difficile de tester un sang d’une frange de la population plutôt que d’une autre? Ou alors, pire extrapolation, est-ce que cela signifierait que dans certains cas (réponses “parfaites” au questionnaire préalable et profil politiquement correct), on pourrait prendre le risque de transfuser du sang, sans attendre les résultats du test, parce qu’on en a trop besoin?
La solution à tout cela est offerte dans la réponse que j’ai reçue: “ce texte pourrait donc être retiré, mais uniquement avec l’appui de données médicales et épidémiologiques en la matière“. Qu’attend-on??? Qu’attend-on pour remettre à jour ces données, au bénéfice de tout le monde? Au bénéfice des établissements qui pourraient ouvrir leurs critères d’octroi et recevoir plus de donneurs, qui font cruellement défaut, au bénéfice d’une frange de la population qui enfin se trouverait réhabilitée sur un sujet si sensible, et ne l’oublions surtout pas, au bénéfice de tous les malades qui n’ont pas besoin qu’une querelle politique (je maintiens) et dépassée vienne contrarier des dons attendus et si nécessaires.
Je pense que je répondrai à ce mail, non pas pour prolonger un débat, mais ne serait-ce que pour signaler que je suis reconnaissante qu’on m’ait répondu, et que j’ai bien pris en compte les arguments. Qu’ils ne m’ont pas convaincues, et que j’attendrai donc la remise à jour de ces fameuses données médicales et épidémiologiques. Ou alors quand, peut-être, mon esprit enflammé se calmera, et que je trouverai légitime d’y retourner sans avoir l’impression de cautionner un comportement qui ne me convient pas. Mais pas encore….
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15.6.2009 par Flo.
J’ai beau essayer, je n’arrive pas à passer cette transition. Ce sas qu’est le lundi (matin essentiellement, mais toute la journée, ça persiste, jusqu’à ce que je rentre le soir et que je constate que réellement je suis seule).
ll y a ce moi du week-end, ces moments à 2, partagés, savourés, goûtés jusqu’au bout, jusqu’à pas d’heure (merci mes cernes), jusqu’à la moindre sensation. La conscience aiguë des secondes qui s’égrennent, du bonheur qui coule, qui ne peut être retenu, mais qui est aussi délicieux. Même les week-ends aussi simples, comme celui que nous avons passé. Même lorsqu’on est en sueur d’avoir improvisé un déménagement un dimanche en fin d’après-midi, et si on bougeait ce meuble, mais dans ce cas celui-ci aussi, et puis on va en profiter pour ranger ça, et tant qu’on y est, aller, on se met à la chambre.
Ces moments qui me prouvent ce que j’ai mis tant de temps à croire, à imaginer, que l’on peut être complémentaires et sereins, que tout peut être facile et normal, que le quotidien ne lasse pas et qu’il peut être aussi merveilleux.
Et lorsque la semaine recommence, le lundi matin, que j’arrive au travail, perclue de courbatures et de fatigue, déjà ces images me semblent loin, comme un rêve rempli de douceur dont on ne veut pas se réveiller, mais qui s’échappe au fur et à mesure que les secondes, les minutes et les heures avancent. C’est comme un retour à la réalité, et je n’aime pas dire ça, mes week-ends sont aussi réels que mes semaines, je n’ai juste pas le même rythme, les mêmes réflexes.
La semaine, je suis face à moi-même, en parfaite autonomie, à quelques détails près. C’est une chance, j’ai beau le savoir, je n’arrive pas à le savourer à sa juste valeur. Il y a toujours ce creux, ce vide que je ressens, cette impatience d’attendre la fin de semaine.
Alors oui, le manque de motivation au boulot joue aussi, je me lève à reculons rien que pour ça.
Non, je ne sais pas prendre le temps pour moi, je me mets sans doute trop de pression en semaine, pour être sûre d’avoir tout évacué le vendredi soir.
Mais bon, n’empêche…Quand on m’agresse à 8h15 un lundi matin sur le recouvrement (”ça va très très mal vous comprenez - on ne peut pas continuer comme ça, j’y ai pensé tout le week-end, là je suis d’attaque - c’est la catastrophe - il n’y a plus d’argent et il faut en rentrer absolument - mais pourquoi ce client n’a-t-il pas payé? C’est inadmissible, et celui-ci et celui-là? - Aller, on reprend les classeurs, vous me faites un topo comme ça, et on répartit le boulot”….), ça donne envie de repartir en courant, non?
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12.6.2009 par Flo.
Je suis fâchée avec mon corps.
Ce n’est pas un scoop ni quelque chose de nouveau, bien au contraire chez moi. Mais là, c’est quasi la guerre ouverte, et ce n’est pas juste une bataille, c’est plus long, plus fastidieux, plus pénible.
Tout ça n’est qu’une part de plein d’autres pensées pas plus folichonnes les unes que les autres. Une grosse remise en question, qui me tombe dessus. Je mets ça sur le compte de l’âge, comme probablement j’aurais pu le mettre ailleurs, mais là ce sont ces 2 chiffres, identiques, qui remportent la palme.
J’ai l’impression que c’est injuste. Quand je commence comme ça, je sais que c’est l’enfant qui parle. N’empêche. Je n’ai jamais été de ces filles qui montaient sur la balance tous les jours. Je faisais même exprès de l’éviter, par provoc. Sans compassion pour celles qui avaient des soucis d’ailleurs, ou d’autres qui étaient plus lucides que moi. A 20 ans, on mange tout ce qu’on veut, en quantités astronomiques, et quand on a la chance de ne pas dévier d’un poil sur sa silhouette, on se sent la reine du monde. A quelques détails près, c’était ça.
Sur les années, j’ai quand même fluctué. Bien malgré moi. Grande sauterelle gamine, adolescente lourdaude, jeune adulte à peine longiligne, et puis le psy s’en est mêlé. De soucis en stress, j’ai brûlé des calories, je mangeais n’importe comment, sautais des repas. Sauf que tout ça m’a fait maigrir, je ne compensais pas sur la nourriture, sans vraiment que je ne m’en rende compte mais en étant plutôt satisfaite du résultat.
Et là, depuis 2 ans, je me réapproprie ma vie. Et mon corps récupère ce qu’il a craint de perdre, et il stocke. Un grand classique. Je me retrouve au milieu d’un effet yo-yo bien involontaire, j’ai toujours été consciente de ces risques et refusé les régimes précisément pour cela aussi (et parce que je n’en avais pas vraiment besoin, ok, oui).
C’est injuste. Je n’avais pas demandé de perdre autant, et pas plus de récupérer. Et maintenant, impossible de définir mon poids de forme.
Mais bon, quand d’une année à l’autre on peut balancer sa garde robe, c’est plus que contrariant. Quand d’un coup on ne se sent plus bien nulle part, il y a de quoi rager.
De pépins de santé en laisser allers, j’ai pris. Insidieusement, sans veiller au grain, sans penser que maintenant je ne peux plus faire n’importe quoi, sans penser que ça allait prendre cette ampleur. Et que surtout, ça allait être la franche galère pour stabiliser, et redescendre.
Et c’est une fois qu’on est à l’eau qu’on se demande comment nager.
Donc moi, j’essaye de trouver cette réponse, entre colères et plaintes, dont je ne suis pas fière mais qui sont existantes et que je ne peux pas nier. Je me dis aussi qu’il faut que j’aille au-delà de la simple réponse corporelle, que je comprenne ce qui coince dans la tête pour dépasser ça. Ca, c’est dans mes bons jours.
Et puis, accepter que j’ai une dizaine de plus. Que non, je ne peux plus faire ce que je veux. Ne pas voir ça comme une contrainte mais….comment alors?
Et sinon rien à voir, mais l’établissement du sang m’a répondu, sisi. Ils ont quand même pris cette peine. Je ne suis pas du tout convaincue, mais par souci d’équilibre, je tiens à le préciser. Je développerai peut-être dans une prochaine note.
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