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Archive pour 12.6.2009

Récriminations féminines

Je suis fâchée avec mon corps.
Ce n’est pas un scoop ni quelque chose de nouveau, bien au contraire chez moi. Mais là, c’est quasi la guerre ouverte, et ce n’est pas juste une bataille, c’est plus long, plus fastidieux, plus pénible.
Tout ça n’est qu’une part de plein d’autres pensées pas plus folichonnes les unes que les autres. Une grosse remise en question, qui me tombe dessus. Je mets ça sur le compte de l’âge, comme probablement j’aurais pu le mettre ailleurs, mais là ce sont ces 2 chiffres, identiques, qui remportent la palme.

J’ai l’impression que c’est injuste. Quand je commence comme ça, je sais que c’est l’enfant qui parle. N’empêche. Je n’ai jamais été de ces filles qui montaient sur la balance tous les jours. Je faisais même exprès de l’éviter, par provoc. Sans compassion pour celles qui avaient des soucis d’ailleurs, ou d’autres qui étaient plus lucides que moi. A 20 ans, on mange tout ce qu’on veut, en quantités astronomiques, et quand on a la chance de ne pas dévier d’un poil sur sa silhouette, on se sent la reine du monde. A quelques détails près, c’était ça.
Sur les années, j’ai quand même fluctué. Bien malgré moi. Grande sauterelle gamine, adolescente lourdaude, jeune adulte à peine longiligne, et puis le psy s’en est mêlé. De soucis en stress, j’ai brûlé des calories, je mangeais n’importe comment, sautais des repas. Sauf que tout ça m’a fait maigrir, je ne compensais pas sur la nourriture, sans vraiment que je ne m’en rende compte mais en étant plutôt satisfaite du résultat.

Et là, depuis 2 ans, je me réapproprie ma vie. Et mon corps récupère ce qu’il a craint de perdre, et il stocke. Un grand classique. Je me retrouve au milieu d’un effet yo-yo bien involontaire, j’ai toujours été consciente de ces risques et refusé les régimes précisément pour cela aussi (et parce que je n’en avais pas vraiment besoin, ok, oui).
C’est injuste. Je n’avais pas demandé de perdre autant, et pas plus de récupérer. Et maintenant, impossible de définir mon poids de forme.
Mais bon, quand d’une année à l’autre on peut balancer sa garde robe, c’est plus que contrariant. Quand d’un coup on ne se sent plus bien nulle part, il y a de quoi rager.
De pépins de santé en laisser allers, j’ai pris. Insidieusement, sans veiller au grain, sans penser que maintenant je ne peux plus faire n’importe quoi, sans penser que ça allait prendre cette ampleur. Et que surtout, ça allait être la franche galère pour stabiliser, et redescendre.
Et c’est une fois qu’on est à l’eau qu’on se demande comment nager.
Donc moi, j’essaye de trouver cette réponse, entre colères et plaintes, dont je ne suis pas fière mais qui sont existantes et que je ne peux pas nier. Je me dis aussi qu’il faut que j’aille au-delà de la simple réponse corporelle, que je comprenne ce qui coince dans la tête pour dépasser ça. Ca, c’est dans mes bons jours.
Et puis, accepter que j’ai une dizaine de plus. Que non, je ne peux plus faire ce que je veux. Ne pas voir ça comme une contrainte mais….comment alors?

Et sinon rien à voir, mais l’établissement du sang m’a répondu, sisi. Ils ont quand même pris cette peine. Je ne suis pas du tout convaincue, mais par souci d’équilibre, je tiens à le préciser. Je développerai peut-être dans une prochaine note.

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