L’odeur de la sensualité

(Et oui, je donne dans le racoleur ces temps, à croire que je cherche à attirer des lecteurs!)

Je me souviens assez bien, je crois, de la première fois où j’ai senti cette odeur. L’image s’est imprimée dans mon esprit comme le parfum, et ne m’a jamais vraiment quittée.

C’était une fin de journée de vacances. Sud de l’Italie, et son crépuscule estival. Une journée bien remplie, entre la mer, la plage, diverses activités sportives. Je devais avoir 15, 16 ans, je ne sais plus très bien.
Fin de journée où d’un coup la tranquillité et la quiétude s’abattent sur les lieux. Où la douceur prend le pas sur la morsure du soleil, où la lumière est enfin caressante, et fait ressortir le vert de la végétation, le chatoiement des couleurs des lauriers, bougainvilliers, le blanc de la pierre. J’étais douchée, fraîche, la peau tirant du soleil de la journée, les muscles épuisés du sport et des activités. J’attendais le reste de ma famille à l’extérieur, je profitais du calme, de ces moments où le temps semble se suspendre, comme des instants d’éternité magiques.
Et puis il est passé à côté de moi, m’a à peine frôlée. Je ne me souviens plus de lui. Ni de son âge, ni de sa silhouette. Il était habillé en blanc, peut-être. Il n’a pas posé son regard sur moi, ni moi sur lui. Mais il a laissé ce sillage, cette odeur, qui d’un coup s’est intégrée dans le tableau, comme la couleur qui manquait pour lui apporter une note de perfection finale.
J’ai respiré, à pleins poumons, et ça s’est imprimé.

Depuis ce jour, ce parfum est resté dans ma mémoire. J’y réagis à chaque fois que je croise quelqu’un qui le porte, au point de me retourner, de suivre le sillage quelques instants, de chercher du regard, d’essayer de deviner qui en est la source.
C’est un parfum universel, et si particulier à la fois: je n’ai jamais vu autant de diversité chez ceux qui le portent: âge, style, même au milieu d’une foule il sait garder son mystère.
J’ai plusieurs fois failli m’en acheter un petit échantillon, rien que pour le plaisir de le humer parfois, pour m’envoler à nouveau vers cette soirée en Italie, vers toute la sensualité que l’odeur éveille en moi. Depuis tant d’années, c’est toujours aussi vif. Et quel talent dans l’affiche de publicité, qui est une promesse à elle seule, et qui reflète aussi parfaitement le produit final.
J’ai la chance aussi de ne jamais eu à assimiler ce parfum à une personne. Curieusement, je crois n’avoir jamais eu de proche, ami, famille, compagnon, qui l’ait porté, ou alors je l’ai oublié, comme si cela devait rester le parfum du mystère, du fantasme. Et après tout, je n’aimerais pas que cela change. J’aime le rencontrer au coin d’une rue, sans m’y attendre. Le croiser dans les moments les plus improbables, au milieu d’une foule, coincée dans un bus, un métro, ou dans un magasin.
Je continuerai à entrer de temps en temps dans une parfumerie, piquer un petit papier, et le glisser dans mon sac. Ou alors en garder un peu sur un bout de peau, à l’intérieur du poignet.
Et le laisser m’emporter, encore et toujours….

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2 réponses à L’odeur de la sensualité

  1. Anne dit :

    Je porte toujours le parfum qui est un souvenir attaché à une rencontre majeure (et pourtant, amoureusement inassouvie !).

    Alors totale compréhension !

  2. Flo dit :

    C’est bien d’être si fidèle…En ce qui me concerne, il n’y a même pas eu le début d’un souvenir amoureusement inassouvi, c’est probablement ce qui fait tout le charme de ce parfum 🙂
    Chaque odeur porte de belles histoires 😉
    Bises 🙂

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