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Archive pour août 2009

Joyeux bazar

D’aussi loin que je me souvienne, mon bureau a toujours été jonché de papiers divers et variés. J’arrivais à garder un semblant d’ordre dans ma chambre (excepté les habits, cheval de bataille récurrent de ma mère), mais le bureau, c’était mon domaine, et dans mon domaine s’épanouissait le bazar.
Lorsque je faisais mes devoirs, j’arrivais toujours à trouver un petit coin disponible, que je m’empressais de recouvrir encore de feuilles, cahiers, stylos et autres accessoires nécessaires; je passais autant de temps à chercher mon compas qu’à réaliser mon exercice de maths, mais la fée des objets perdus veillait sur moi, et même si je fouillais, je finissais systématiquement par remettre la main dessus.
Une fois par mois à peu près, je prenais l’excellente résolution de tout ranger: je triais, passais une paire d’heures à remettre chaque chose à sa place, et ça durait en tout et pour tout 24h, malgré les promesses répétées que je me faisais de garder mon petit coin nickel.
Il n’était pas plus envisageable pour moi de squatter, comme certains de mes camarades, la table du salon ou de la cuisine: mes parents étaient intransigeants à ce sujet, ils avaient tout mis en place pour que nous ayons un grand bureau adéquat pour notre travail, à nous de nous débrouiller pour l’utiliser en conséquence. Quant au sol de ma chambre, j’ai testé une fois, me suis relevée avec un tel mal de dos que j’ai capitulé tout aussi vite.

Pire, cette mauvaise habitude ne m’est pas passée. Je n’ai pas de bureau personnel chez moi, j’évite donc un maximum de papiers qui traînent, et mon homme remplit à lui tout seul le quota autorisé dans un 65m2.
Mais je me rattrape allègrement au bureau, me permettant ainsi d’incarner une forme de paradoxe absolu: nous sommes 2 à gérer l’administration d’une agence d’une vingtaine de personnes. Ce qui implique un nombre certain de documents officiels en tous genres, factures, contrats et autres dossiers passablement importants et nécessitant de la rigueur. Mon collègue ne déroge pour cela pas à la tradition de sa fonction: petits tas impeccables, bien rangés, il est si maniaque qu’il n’ aura jamais plus de 3 feuilles posées en même temps devant ses yeux. Si le nombre augmente, c’est que des collègues peu scrupuleux lui seront tous tombés dessus en même temps, lui déposant chacun leurs propres documents sans penser à sa gestion des priorités. Il ne se laissera pas démonter pour autant, rangera précautionneusement chaque nouveauté dans la chemise adéquate, et reprendra son petit bonhomme de chemin à son rythme.

A moins de 2 mètres de lui, je suis un cataclysme à faire désespérer toute personne bien intentionnée. Je ne peux commencer à bosser que lorsque j’ai vidé ma chemise “dossiers en attente”, si épaisse que je dois la re-consulter chaque matin pour me souvenir de ce que j’ai à traiter. J’ouvre 3 classeurs, 2 dossiers, je perds 5 fois mon stylo, peste parce que j’ai mal rangé mon stabilo, il faut que ma tasse de thé à moitié terminée traîne au milieu de mon bordel organisé et que je manque de renverser mon verre d’eau à chaque coup de poignet, que je dégage tous les papiers qui ont investis mon ordinateur comme mûs par une vie propre pour que je puisse commencer à vaguement peut-être envisager d’être opérationnelle…
Chaque jour, en milieu de matinée ou d’après-midi, je contemple le champ de bataille d’un air désespéré. Je range ici et là un peu, ressors tout et recommence. Je serais sans aucun doute bien plus efficace si j’étais plus structurée, mais si ça remonte aussi loin, c’est que je suis fort probablement un cas désespéré, et à vrai dire, je fais assez peu d’efforts dans le sens de l’améliration, je l’avoue.

Alors quand je lis à droite ou à gauche que le propre d’une bonne assistante c’est d’être soignée, rigoureuse et rangée… Si je suis pessimiste, je me dis qu’il n’y a qu’à regarder mon bureau pour constater à quel point je ne suis pas faite pour ce poste; et dans mes périodes d’optimisme, je me dis qu’il faut bien une exception à toute règle, et que je l’incarne de facto!

Nouveautés de l’enfance

La rentrée approche; et j’ai eu des nouvelles de Miss Blondinette, même si nous ne nous sommes pas parlées directement.

-Nous avons laissé une petite fille proche de lâcher les brassards et de nager toute seule, je suis quasi certaine que désormais, après des baignades dans l’océan, elle aura remisé ces manchons au placard. Sauf exception “pour se rassurer”, elle promet d’être une fort bonne nageuse, elle qui aime tant l’eau.

-C’est une future championne de trampoline. Elle a dammé le piond à un gaillard de 20 ans en sautant plus haut que lui, en pirouettant et en riant comme une folle, sans peur aucune. Son père déteste les manèges, je n’en suis personnellement pas fan, je suis dubitative quant au fait de parvenir à l’accompagner dans cette folle aventure de sensations fortes, mais je suis ravie de la savoir si courageuse!

-L’année dernière, elle avait la flemme de pédaler sur son vélo avec petites roues. Je m’interrogeais sur ce qui allait la motiver à se lancer dans ce moyen de transport si apprécié de la plupart des enfants de son âge. J’apprends aujourd’hui que sa mère réfléchit à la façon de ne plus lui laisser les petites roues, exception faite de situation d’urgence, donc un peu comme les brassards: ne pas les ranger définitivement, mais les rendre moins indispensables. Il est vrai que nous avons eu assez peu l’occasion de la voir pédaler depuis un an, mais tout pareil, je suis estomaquée de ces progrets fulgurants.

-Je n’ose imaginer à quel point elle aura grandi et changé. Un mois sans la voir, à cet âge, c’est quasiment retrouver une autre petite personne en face de soi. J’ai hâte, et j’appréhende à la fois, c’est qu’il va falloir s’adapter à tous ces changements…

-En parlant de changement et non des moindres, c’est une rentrée toute particulière qui se prépare pour elle: elle va déménager début 2010, et sera grande soeur à la toute fin 2009. Et ce sera une petite soeur. Moi qui me disais qu’un petit garçon la motiverait dans des défis sportifs, eh bien au vu de tout ce que j’ai mentionné ci-dessus, je crois qu’elle n’en aura pas besoin!

On se revoit mardi prochain, mais je suis déjà très fière d’elle. Et de tout ce qu’elle va me raconter, de tout ce qu’on pourra partager ensemble!

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En vrac…

-La vraie rentrée, c’était semaine pour moi. Mon cher et tendre a repris ses horaires de croisière, à savoir fin de journée jusqu’à milieu de nuit. Ce qui fait qu’on ne se voit plus, on se croise, et l’essentiel se gère au téléphone. Le vendredi redevient le jour tant attendu, et je peine un peu à reprendre le rythme.

-La fatigue aidant, c’est difficile de reprendre du poil de la bête. Des inquiétudes montent, qui sont plus longues et plus compliquées à atténuer. Je deviens tortue, avec l’envie de rentrer dans ma carapace.

-Le passé ressurgit, encore et toujours; j’aimerais savoir comment éviter ces instants douloureux, et tout ce qui s’ensuit. Et plus qu’éviter, comprendre pourquoi ça se présente. Partant du principe que rien n’arrive pas hasard, il y a bien une finalité à ces réapparitions, alors que tout devrait être clair et réglé. Mais laquelle, et pourquoi?

-Demain, lever tôt, grand trajet, grosse journée. Mais au moins ça me donnera de l’oxygène et ça brisera le train train, c’est positif.

-Mes vieux démons me reprennent: je sais que j’ai besoin (et envie) de poser mes valises, des projets à long terme se profilent, je suis dans un cadre qui vaut ce qu’il vaut, mais au moins il me donne une stabilité, et par les temps qui courent, ça pourrait être bien pire. Alors pourquoi est-ce que je rêve d’aller courir vers l’extérieur, pourquoi est-ce que je m’attache à mes insatisfactions alors que je sais très bien qu’elles ne sont pas définitives? Pourquoi est-ce que je ne peux pas m’arrêter, et faire cesser ces démangeaisons physiques et psychiques?

-J’ai besoin d’être rassurée. Alors que pourtant, tout va bien. Mais je sais que doutes reviennent de façon récurrentes, les inquiétudes, le manque de confiance. Et je cherche l’approbation, l’amour, l’amitié. Et bien évidemment, je m’étonne que ça ne soit pas marqué sur mon front, pfff.

C’est cyclique chez moi, ce genre d’état d’esprit. Finalement, il vaut peut-être mieux que je sois seule à remâcher tout ça le soir, puisque je suis la seule à pouvoir trouver des solutions, et briser le cercle…

L’odeur du souvenir

Ce soir-là, en enfouissant mon visage dans le creux du cou de mon homme, et en humant le parfum de son savon, je me suis endormie sur des images qui ont d’un coup ressurgi du passé.
C’étaient mes vacances d’été, petite fille à la découverte d’un pays, d’un univers entier.
J’ai soudain revu sous mes paupières closes cette immense  plage de sable blanc, accessible après avoir escaladé quelques marches, et qui se révélait à moi d’un coup, plantée de quelques parasols, et les rouleaux des vagues qui venaient s’écraser sur la rive dans un bruit rythmé.
Le sable brûlant sous mes pieds à midi, au point qu’il fallait rechausser les sandales pour traverser les quelques mètres qui nous séparaient des pierres.

La chaleur écrasante du milieu de journée, à naviguer au milieu des allées enflammées de soleil, les lauriers qui se déploient multicolores, le manque d’ombre, les crissements des insectes, le scarabée qui avance devant mes pieds, laissant de petites traces dans le sable. J’en ai attrapé des centaines, prisonniers dans mon seau, que j’observais ensuite, faisant leur chemin en escaladant les petits monticules.

Et puis oui, ce parfum délicieux qui se retrouvait le soir, à la tombée de la nuit, au retour de la fraîcheur. Le café maure, dans un coin, rempli de tapis orientaux, de coussins brodés. Le thé à la menthe servi avec des pignons, le petit verre qu’il fallait attraper délicatement entre le pouce et l’index, au cul et au col afin de ne pas se brûler. Les colliers de jasmin qu’on nous passait au cou, les couronnes qu’on en faisait et qui laissaient derrière nous un sillage entêtant. Je restais souvent assise à l’écart de ce lieu hors du temps, la chaleur de la journée encore perceptible malgré l’obscurité installée, et je regardais ces adultes en djellaba converser pendant que la chicha passait de main en main. J’étais dans mon univers, je glissais mon regard sur le dromadaire qui tournait autour de la noria, il me faisait de la peine, mais contrairement aux ânes, je ne me risquais pas à aller le caresser, je m’en méfiais.

J’avais cette insouciance des petits enfants, sécurisés par un lieu connu, je menais ma vie, solitaire ou accompagnée, et toujours avec en point d’orgue cette fleur blanche qui, éternellement, me rappellera ces instants magiques.
Nous allions parfois nous balader: Carthage, les ruines étouffantes en plein milieu de la journée. Les ruelles des souks, où résonnaient les pointes de fer sur le cuivre qui se faisait délicatement ciseler d’arabesques incompréhensibles. L’odeur du cuir tanné, des épices si variées, et les tissus qui flottaient dans l’air, chatoyants. Mon père s’arrêtait aux échoppes, marchandait; le regard du vendeur se posait sur moi, et c’était toujours la même litanie “elle est belle ta gazelle, combien de chameaux?” et lui qui se prenait au jeu, qui faisait monter le prix, je le ressentais comme une trahison.
Et puis à l’heure du goûter, le bomboloni, beignet frit dans l’huile, retourné dans le sucre en poudre, que nous mangions dans un bout de papier, qui devait faire 3 fois notre taille. L’escalade des petites rues en pente sous un soleil de plomb et sans ombre, la vue sur la mer, bordée de palmiers, et d’autant d’oasis qu’il n’y avait de jardins. Le jasmin, encore et toujours, à tous les coins de maisons.

Cette fleur restera sans doute la plus sûre des madeleines de Proust que je puisse trouver. Elle m’inspirera éternellement, et je me suis délectée, ce soir-là, de voir ressurgir devant mes yeux des sensations et des images aussi claires et limpides, de ce que j’ai pu vivre il y plus de 25 ans.

Le monde du silence

C’était certes prévisible, mais tellement merveilleux.
Le même enchantement qu’il y a 15 ans pour moi. Et, je crois, une découverte pour mon cher et tendre, ce qui était un peu le but quand même, il faut le dire.

Il y a cet émerveillement de la première seconde, inoubliable; se laisser glisser dans l’eau, doucement, et réaliser qu’il ne faut pas bloquer les poumons, bien au contraire. S’emplir de cet air si particulier, au goût un peu caoutchouteux.
Ecouter le déclic du détendeur, de plus en plus régulier, comme le bruit rassurant et rattaché à l’extérieur. Sentir l’air passer dans tous les membres du corps, comme une renaissance de chaque instant.
Et puis descendre progressivement, la lumière qui change, qui devient plus profonde, plus intense. Nous sommes les étrangers au milieu d’un univers particulier, qui n’est pas le nôtre. Nous tentons de nous adapter à un environnement qui ne nous correspond pas, gros patauds face à la grâce, la légèreté et la facilité de chaque être qui le peuple.

C’est un ballet incessant, constant. Devant et derrière les rochers. Des poissons qui nous frôlent, curieux et provocateurs, et qui se dérobent pour aller piquer un bout d’algue qui dépasse des rochers. Un gros mérou qui se balade en rasant le fond, roi dans son royaume. Des arc en ciels se reflètent sur chaque écaille qui passe devant mon masque.
Je lève la tête et contemple la surface, d’en dessous. J’en arrêterais presque de respirer, à voir ces rayons la percer, danser, admirer les vagues d’un autre point de vue, par en-dessous. Et cette envie qui me prend d’à la fois la toucher, et ne plus jamais remonter.
Je me sens encore gauche, maladroite, je n’ai pas repris toutes mes fragiles habitudes. Je guette ma guide, qui me dirige, je guette mon homme, qui voit tout cela pour la première fois, j’essaye de lire son enthousiasme entre la cagoule et le masque. J’écoute ce silence si particulier, traversé par les bulles de mes expirations, et d’autres musiques plus subtiles, lointaines, délicates.
J’oublie tout, tout ce que j’ai laissé sur le bateau là-haut; je suis dans une autre dimension. Je n’y fais qu’une incursion, et revenir à la surface est comme un déchirement.
Le problème, maintenant, c’est de savoir quand nous pourrons y redescendre…

Répétitions

Aujourd’hui est (et restera sans doute un petit moment quand même) un jour un peu spécial pour moi. Une date qui a compté dans mon ancienne vie, suffisamment pour qu’on s’en souvienne très clairement.
Je surmonte sans difficulté. Au point que ce n’est que ce matin, en regardant mon calendrier, que j’ai réalisé que j’avais peut-être des raisons d’avoir eu cette petite baisse de moral inexpliquée hier soir; je n’avais pas fait le rapprochement.

Le hasard, qui en est rarement un dans ce genre de situation et dans ma vie pour ce que j’en constate, veut que je sois confrontée de très près à un collègue en pleine crise du type de celle traversée il y a de ça maintenant plus de 2 ans. Avec des circonstances différentes, mais de grandes similarités aussi.
C’est le drame, il est au 36ème en dessous, et surtout, très seul. De tout ce qu’il traverse, c’est peut-être ce qui me peine le plus. Parce que je me souviens, et me souviendrai très longtemps aussi, combien il a été important pour moi d’être entourée à ces moments. De pouvoir parler, saoûler mon entourage (que je ne remercierai jamais, jamais assez, et je sais qu’ils me lisent), d’avoir tendu une oreille compatissante; m’avoir écoutée, soutenue, avoir pris patience parce que je tournais en boucle et revenais toujours au point zéro, au point que c’en était usant, à vouloir tout envoyer balader. Je l’ai souvent dit dans ces pages, je le répéterai encore: je leur dois énormément, on ne traverse pas ce genre d’épreuve de la vie de la même manière si on est seul(e).
Il l’est, lui. Parce qu’il n’y a quasi plus de famille, ou alors qu’il s’est fâché avec, idem pour les amis. Il a sa part de responsabitilités, bien entendu, mais le but n’est pas de lui faire un procès, encore moins maintenant.
Alors le matin, ces temps, je rends un petit peu ce qu’on m’a offert. Je suis l’oreille compatissante. La voix qui hausse le ton aussi, pour le faire réagir, pour le tirer de sa torpeur. Je fais taire mon agacement de le voir à ce point partir en vrille, tourner en boucle, en me remémorant que j’ai fait pareil, j’ai été un peu à sa place, j’ai plus qu’agacé. J’essaye d’aider avec de petites attentions, de petits gestes. Je ne suis pas sa mère, je ne peux pas le couver, ce ne serait pas une aide et je n’en ai d’ailleurs pas du tout envie. Mais je peux au moins l’orienter, lui répéter des évidences, en me disant qu’à force, il finira bien par imprimer; le féliciter de toutes petites initiatives, l’encourager à continuer, pas à pas. Et attendre qu’il refasse surface.

C’est étrange, je n’ai aucun point commun avec ce collègue, si ce n’est celui-là. Il est l’anti-thèse de la personne pour laquelle je pourrais marquer un intérêt amical. Je n’apprécie pas sa façon d’être, je n’aime pas ses réactions, nous sommes très loin d’avoir les mêmes goûts. Mais c’est lui, pas un autre, et j’arrive à faire fi de ces divergences.
Comme tout le monde, il passera à autre chose. Il finira par relativiser, et se reprendre en main. Si j’ai pu y participer ne serait-ce qu’un petit peu, alors j’aurai rendu un millième de tout ce qu’on m’a offert, et j’en serai heureuse. Pour qu’au moins, ce que j’ai vécu serve à autrui.

En attendant, il reste un collègue buté borné. Et je continuerai aussi à bien lui faire comprendre qu’aussi perturbé soit-il, il y a des attitudes et des comportements que je ne peux pas tolérer…

Escapade

Ce week-end, nous étions là:

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C’était caniculaire
C’était un chateau tous les kilomètres carrés
232 photos en boîte (pas toutes réussies, quand même)
Des étendues de forêts à perte de vue
Autant de randos et balades potentielles sous les chaussures
L’impression d’avoir mille choses à découvrir à chaque tour de roues et chaque carrefour
La frustration de les rater
L’émerveillement de les trouver
Des baignades et du canoë dans la rivière, pour la prochaine fois (pas eu le temps, quelle tristesse)
Une soirée du 15 août en version médiévale, banquet, fauconnerie et jonglages
Rêver de tout plaquer, et s’offrir une semaine dans un petit gîte de charme qui nous tend les bras, juste à 2, juste ensemble
Ne pas oser, se promettre de le faire
Se jurer qu’on reviendra, encore et encore, parce que ça semble difficile de se lasser
Parce que c’est à 2 heures de chez nous, et donc à une encâblure de moto 

Allez, une petite dernière pour la route, histoire de se faire envie, et d’oublier qu’on est enfermés au boulot, sous les néons….

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Jardiner ses rêves

Ca doit sans doute faire partie des gènes féminins, cette remise en question à un certain âge. C’est hormonal, sans aucun doute, cette mise au point, comme un zoom gigantesque sur l’ici et maintenant, sur l’instant précis, et le petit bilan qui va avec.

Depuis quelques temps, je fais cette introspection avec un peu d’inquiétude.
Ma vie n’a jamais été aussi belle, ça, c’est le postulat de départ, et non des moindres. Mais j’ai dans la tête, qui trotte, cette liste qui revient en boucle. Tout ce que j’aimerais encore vivre. Faire. Apprendre. Découvrir. Partager.
Je sais avec qui. Je sais où. Je sais quoi. C’est déjà énorme.

Sauf que voilà, j’ignore comment. Comment je vais pouvoir réaliser tous ces voeux, tous ces rêves, toutes ces envies. De voyages, d’activités, de découvertes, d’achats, de formation, de réalisation. Je ne sais pas comment, matériellement parlant.
L’argent, nerf de la guerre. Je ne parlerai pas de gagner au loto, faudrait-il encore que je joue, et puis attendre sa vie en disant “je ferai ça quand j’aurai gagné au loto”, c’est un peu comme admettre qu’on ne le fera jamais. Il faut toujours compter sur sa chance, mais ce n’est pas à cette chance-là que je m’attache.
Pas de famille lointaine qui puisse m’offrir un héritage aussi inattendu que conséquent.
Une mega augmentation dans mon boulot me laisse tout aussi dubitative. Une reconversion totale est bien plus envisageable et fait partie de mes projets les plus proches et les plus concrets, mais quant à savoir ce que ça va me rapporter, c’est bien plus incertain.

Il n’y a pas que l’argent, il y a le temps aussi. Je ne vais pas franchement pouvoir me mettre à la retraite anticipée. J’ai des vacances comme tout un chacun, ni plus ni moins. Une disponibilité d’un an ou deux? Oui, pourquoi pas, mais financièrement il faut avoir les épaules solides, et ne pas espérer partager ce temps libre, ce qui est assez inenvisageable pour moi. Ma moitié a des contraintes non négligeables.

Alors quoi?
Je m’estime chanceuse. Chanceuse d’avoir tant de rêves, si variés, si divers. Un prophète chinois a dit qu’on ne pouvait rêver que de ce qu’on était capable de réaliser. Ce qui signifie que potentiellement, je suis capable de tout réaliser.
Mais j’ai peur, peur de me retourner sur ma vie, lorsque j’en serai arrivée au bout, et me dire qu’il y avait tant de choses que j’aurais voulu vivre, et que je n’ai pas su m’en donner les moyens. Peur d’avoir laissé le temps passer, trop vite, alors que je l’ai déjà laissé filer sans même m’en rendre compte. Peur de ne pas être capable d’oser, de foncer, et de prendre des risques. Peur de regretter, tout simplement.
J’ai cette sensation d’être arrivée à un point de ma vie où chaque décision compte pour double. Comme un passage qui se resserre de plus en plus, au fur et à mesure qu’on avance. Ca étouffe, beaucoup.

La solution, c’est de vivre l’instant présent avec énergie, et enthousiasme. Remercier d’avoir ces rêves, les cultiver, les faire croître, encore. Je m’y applique, du mieux que je le peux. Mais parfois, trop souvent ces temps, je me fais rattraper. Au moment de m’endormir le soir…Ou dans ces brusques accès de fatigue qui m’attrapent en plein milieu de la journée…
Respirer un grand coup et …rester confiante.

J’aimerais qu’on m’explique!

La panique est proche. Je reçois maintenant au boulot un ou deux courriers par semaine (et encore, plein d’entreprises sont fermées ou en vacances) expliquant que bientôt, nous devrons tous nous balader avec des masques, arrêter de nous faire la bise pour nous saluer, ne plus se pencher vers quelqu’un pour lui susurrer des secrets à l’oreille, et tant d’autres choses tellement évidentes et utiles.
Mais surtout, en bonne société capitaliste que nous sommes, ces clients nous demandent ce que nous comptons planifier afin d’assurer la “bonne continuité de nos services”. En gros et en résumé “Monsieur, si j’ai mon alarme qui me vrille les oreilles, je n’ai pas très envie de m’entendre répondre que vous ne pouvez pas venir parce que vous avez 40 de fièvre et que vous êtes au fond du lit”.
Compréhensible.
On m’abreuve donc de mails de “plan de prévention”, notes internes et autres “mesures sanitaires conformes”….

Je regarde tout cela d’un oeil un peu ébahi, on m’a appris à me laver les mains régulièrement dans la journée depuis que je suis toute petite, à ne pas laisser traîner un mouchoir et à ne pas cracher sur mes collègues, pourquoi faut-il le rappeler maintenant? Et bon dieu, c’est une grippe, certes virulente, mais n’est-il pas utile de rappeler qu’elle continue à faire moins de morts qu’une “simple grippe de saison”?
Mais soit, ok, ça fait partie du bon fonctionnement de l’entreprise en cas de crise annoncée (une autre, hein), et au cas où ça deviendrait plus virulent.

D’un autre côté, je lis un peu les infos, les écoute, les regarde bien moins (je ne m’en porte pas plus mal), et j’apprends une nouvelle édifiante.
“On” (entendons par là les énarques bac+21 qui ont supposément assez de matière grise et le salaire qui va avec pour nous gouverner) a décidé que si trop d’enfants d’une même école tombaient malades, l’école serait fermée.
J’ai entendu un chiffre pour la durée de la fermeture, mais tellement énorme, tellement inconcevable, que je ne le reproduirai pas ici, ne serait-ce que parce que dans mes toutes petites recherches, je ne l’ai pas retrouvé.
Disons, donc, que le préfet de la région concernée ”sera chargé d’évaluer au cas par cas la pertinence et la durée de fermeture des établissements”.

Alors, donc, j’aimerais qu’on m’explique.
Comment on va pouvoir faire tourner nos entreprises de façon correcte si nos gamins sont ailleurs qu’à l’école.
Parce que je suppose quand même que nos chers énarques ne sont pas suffisamment stupides pour imaginer que tout couple de parents a la chance d’avoir sa famille dans un rayon proche, qui sautera sur la première occasion de faire du baby sitting gratuit et immédiat.
En ce qui me concerne, moi, du moins ma petite cellule familiale (recomposée), les choses se passeront ainsi, si Miss Blondinette en vient à ne plus pouvoir aller à l’école: sa mère devra prendre des vacances. Son beau père prendra peut-être la suite. Son père aura de la chance, il travaille de soirée, donc il pourra mieux s’en sortir, mais je doute que son boss lui offre une bénédiction éternelle pour arriver tous les jours avec au moins 2 heures de retard. Moi, je devrai prendre des vacances.
Aucune famille proche alentours. Certes, des grands parents qui peuvent à la rigueur prendre le relais temporairement. Signifiant soit que Miss Blondinette sera longuement absente de son foyer, ou qu’eux-mêmes ne seront pas chez eux. Ca va pour des vacances, du temporaire. Pas du temporaire qui dure.
Et encore, je pense que nous sommes, nous, dans un schéma “facile”. Nous aurons moyen, par jeu de relais et de soutiens extérieurs, de pouvoir surmonter ce genre de contrariété, pour autant qu’elle ne se répète pas (imaginez, une école ferme, puis réouvre en pensant qu’elle est à l’abri, forcément elle ne l’est pas, rebelotte).
Je n’ai pas plus entendu que nos patrons envisagent également de nous offrir des vacances supplémentaires “pour cause de risque de pandémie chez nos enfants”.

Je ne suis pas énarque, je n’ai pas le salaire qui va avec. Je suis juste consternée de tant de bêtise. Je doute que les enfants qui se retrouveront coincés à la maison, échapperont à une éventuelle contamination, ils ont tant d’autres lieux où l’attraper! Je veux bien croire que la situation soit très compliquée à anticiper, à gérer, et qu’il faille rassurer.
Mais un peu de bon sens, non?

J’ai devant moi l’un de ces fameux courriers de client. Et je vous jure, j’ai les doigts qui me chatouillent:
“Cher monsieur le client,
Sachez que nous nous promenons depuis quelques semaines déjà avec l’arsenal de masques et de produits anti-bactériens dignes d’un hôpital de première catégorie. Nous saurons faire face à la contamination qui s’annonce et rester en bonne forme.
Cependant, nous ne pouvons vous garantir par la présente la continuité de nos services. Nous ne risquerons pas de vous répondre que nous sommes coincés sous la couette avec 40° de fièvre, mais il n’est pas impossible que nous soyions bloqués chez nous, pour cause de garde intempestive d’enfant(s) en parfaitement bonne santé, mais n’ayant pas eux-mêmes moyen d’être gardés autrement que par nos soins.
Nous nous empresserons néanmoins de venir vous dépanner dès que l’école de nos chères têtes blondes (ou brunes, hein) aura décidé de bien vouloir réouvrir ses portes.
Pour toute réclamation, merci de bien vouloir vous adresser à Paris, lieu-dit l’Elysée…A bon entendeur…”

J’ose?

Politesse bloggesque

Je n’ai jamais été intronisée aux bonnes règles d’un blog.
A vrai dire, je me rappelle plus ou moins de la façon dont j’y suis arrivée (comme une envie soudaine, non pas venue de nulle part, mais presque), mais ça a été ensuite l’errance solitaire. Autour de moi, dans mes amis proches, je n’en avais que peu qui écrivaient de cette manière. Seule ma marraine, celle qui m’a inspirée et que j’ai rencontrée grâce à ses écrits, m’a un peu guidée dans ces pages publiques et privées à la fois.

Comme je l’ai déjà dit deux ou trois fois, je n’ai jamais poussé très loin l’investigation du “pourquoi j’écris”, “qui me lit”. Enfin si, mais sans que ça ne me pose problème. J’écris pour moi. Sans contrainte. Au rythme qui me va: plusieurs billets par semaine parfois, rien pendant un moment si l’inspiration n’est pas au rendez-vous. Je peux traverser de grandes périodes où le moindre mot me paraît fade et sans aucun intérêt, et où toute inspiration me fuit. Et puis d’autres, comme actuellement, où le moindre petit événement me semble merveilleusement “blogable”. Etat d’esprit, liberté d’écrire, envie, beaucoup…
Je me relis très peu, j’ai tort sans doute, je dois furieusement me répéter.

Mon premier blog a été ouvert dans mon autre vie. Je ne l’ai pas fermé, tout comme je n’ai rien fermé de ce qui date de cette époque, il fait partie de moi, comme tout ce que j’ai vécu. Je n’y ai pas remis les yeux depuis, et je n’en ai toujours pas envie. Peut-être un jour, pour exorciser, ou non, peu importe….
Je ne me suis que peu préoccupée du nombre de lecteurs que je pouvais avoir. Je suis recensée sur les moteurs de recherches parce que je n’ai rien bloqué, mais je n’aspire pas aux statistiques. Simplement parce que je ne sais pas comment ça marche, ça doit être rigolo, mais je n’ai pas, pour l’instant, l’attrait de ces conséquences-là de mes écrits. J’ai encore un peu de mal, peut-être, à apprivoiser l’aspect privé-public de tout ce que je peux raconter dans mes lignes.

N’empêche, lorsque je me découvre comme ça un ou deux nouveaux lecteurs, au détour de mes commentaires, j’en suis toute émue, et toute ravie. Je me balade sur énormément de blogs, mon agrégateur n’en compte pas moins de 48 qui sont visités quotidiennement, et d’autres que j’ouvre au gré de l’envie, des liens, de ma mémoire. J’y laisse assez peu de commentaires, je ne me manifeste que si je me sens réellement inspirée, et pour ne rien cacher, j’ai un peu de mal à ouvrir d’un coup la porte, et raconter un truc, comme si de rien n’était. Moi je sais “qui” est l’auteur(e), que je lis depuis peu, ou beaucoup de temps, chez qui la plupart du temps je suis remontée dans les archives. Elle ou lui ne me connaît ni d’Eve ni d’Adam, je crains souvent que cela soit vécu comme une agression.
J’ai pourtant fait de merveilleuses rencontres grâce à cela. Parce que souvent, j’ai envie de continuer l’échange: un commentaire, puis un autre, puis pourquoi pas un mail, histoire de faire plus ample connaissance. Ca peut avoir abouti à du réel, comme avec Zelda. Ca peut rester du virtuel, comme chez Chiboum ou Leeloolène, non pas par manque d’envie, mais par manque d’opportunités. Je suis patiente, je sais qu’on y arrivera, que la France est grande, mais qu’on sait saisir les occasions, si on le souhaite.

Si j’osais, si je n’étais pas si (ridiculement?) timide, j’aurais une sacrée liste de blogs à conseiller à gauche de cette page. C’est difficile, j’ai toujours l’impression qu’il serait de bon ton, et poli, de demander l’autorisation pour mettre comme ça une adresse qui sera accessible aux plus parfaits inconnus. Je suis touchée de savoir que je figure comme référence chez certains, je le prends comme une marque de reconnaissance, d’appréciation. Je peine à faire pareil, ne sachant pas comment eux pourraient le prendre, puisqu’à nouveau, ils ne me connaissent quasiment pas.

Aujourd’hui, je m’enhardis: déjà, j’ai osé commenter comme ça, chez une nouvelle recrue de ma bloglist, et j’ai été franchement bien accueillie. J’ai également trouvé une nouvelle lectrice dans l’un de mes récents billets, et j’en ai été toute joyeuse. Du coup, dans un grand élan, je remets à jour ma petite liste de gauche. Bien loin d’être exhaustive. Qui peut-être, s’étoffera au fur et à mesure, lorsque je me serai convaincue que je peux y poser le nom de tout un chacun sans avoir besoin d’en faire un tralala.
Je regrette aussi de ne pas avoir encore trouvé comment faire figurer mon mail sur cette page. Histoire qu’on puisse m’écrire, parce que ça aussi, ça me plaît, savoir que d’autres peuvent avoir la même envie que moi, celle de passer au-delà du formalisme tout relatif d’un blog, et faire plus ample connaissance. Je la tiens donc à votre disposition sur demande, si d’ici là je n’arrive pas à mater mon gestionnaire récalcitrant.
Et puis je suis curieuse, moi, j’aime comprendre comment on atterrit sur ma page…Peut-être que malgré tout, je devrais me pencher sur ces fameuses statistiques, ou alors laisser le hasard, bien plus poétique, me jouer de belles surprises? En tout cas si vous êtes comme moi, de passage ponctuel ou régulier sur ces pages, que vous êtes aussi timide et rempli de questions ridicules que moi, je vous invite de tout mon coeur à vous manifester, pour élargir la discussion et le partage…

*Merci Karmara, grâce à ton billet du jour, j’ai à mon tour réfléchi sur ces bloglists, ce qui a conduit à cette réflexion. Aucune originalité de ma part, donc, mais juste une opportunité reprise au bond dans un contexte tout à fait idéal.

Edit: j’ai bien réussi à faire figurer mon adresse mail, mais si on clique dessus, ça ouvre automatiquement une page web (inexistante bien sûr) et non pas un lien mail! Si une âme charitable et un tant soit peu calée passe par là, je ne suis pas contre une suggestion..Sinon il faudra faire un joli copier-coller, le temps que….je sais pas….