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11.8.2009 par Flo.
J’ai assisté ce week-end, assez goguenarde, a un petit cinéma dont mon cher et tendre fut le principal acteur.
Il faut savoir, au cas où ça n’est pas encore assez clair ici, que je vis avec un professionnel ès informatique. Il ne bosse pas dans la branche (du tout du tout), mais se rattrape tout ce qu’il faut pendant ses loisirs.
En substance, parce que ça cerne assez bien le personnage, avant de signer notre bail, Monsieur s’était attentivement et avant toutes autres questions, renseigné sur les potentielles connections possibles, sur le débit sur place, sur les délais de transfert, j’en passe et des meilleures.
Autre chose dont je suis un peu moins fière mais qui me fait rire (oui, j’avoue, honte sur moi pendant 3 générations au moins), il a déjà établi un plan de bataille en bonne et due forme pour lutter contre le vilain H. ayant décrété la guerre aux téléchargeurs fous. En crackant le password de la voisine, qui forcément a malencontreusement oublié de protéger sa borne wifi. Pas de bol pour elle, tant mieux pour nous (fight for download, yes!)
Donc je ne suis qu’une pauvre petite chose à côté de lui. A chaque fois que mon portable m’affiche une icône un tant soit peu particulière ou me pose une question qui sort du “voulez-vous éteindre votre ordinateur en toute sécurité”, je déclenche le plan orsec. Autrement dit, j’attrape l’homme, le tire par la manche, le plante devant l’écran en lui assurant de toutes mes forces que je suis au bord de l’extinction absolue de mon PC, qu’il est déjà dans la tombe, qu’il va s’enflammer dans une auto-combustion soudaine et que lui, le pro, doit remplir son rôle de héros et sauver la situation!
Ce qu’il fait magistralement: un raccourci clavier, 2 clics, “c’était juste une mise à jour, pourquoi tu paniques, tu vois, il suffit de mettre ok, puis exécuter, et voilà, rholala, t’inquiète pas!!”
….
Oui, enfin bon, moi si je le fais, c’est un joli virus que je vais exécuter et cliquer, m’enfin bon.
Donc, je ne suis qu’une pauvre ignorante face à un maître Jedi. C’est pratique, ça me convient, pas de prise de tête, SAV gratuit, c’est le pied.
Mais ce coquin de système d’exploitation en W semble moins respecter la suprêmatie qui règne. Il s’est mis à jouer des tours depuis quelques temps sur le PC principal (entendez par là: celui qui trône dans le salon, prend une place de fou, pourrit ma jolie décoration, mais que j’aime de tout mon coeur parce que grâce à lui on peut regarder plein de films, séries et autres dessins animés, merci gentille voisine inconsciente!), plantant régulièrement, refusant les nouvelles installations, j’en passe et des meilleures.
C’est là que j’interviens, de ma petite voix fluette et innocente.
“Mais si ça te prend comme ça la tête, pourquoi t’installes pas le pingouin d’abord?”
Je ne sais pas ce qui m’a pris, j’avoue, j’ai honte.
Ceux qui me connaissent ici savent que les pingouins et moi, c’est une histoire d’amour qui remonte à loin déjà. Ce sont eux qui m’ont choisie, ce qui rend les choses encore plus romantiques et merveilleuses.
Donc oui, le pingouin me poursuit. Au point que j’en vienne à le suggérer à mon Yoda de l’informatique, alors que j’y connais rien, pas le plus petit intérêt, que j’ai juste entendu qu’il était plus “stable”, ça veut dire ce que ça veut dire, comme ça on arrêtera de planter en plein épisode ou au milieu d’une chanson, non?
Mon cher et tendre m’a pris au pied de la lettre, inconscient qu’il est. Comme si je lui lançais un défi, qu’en chevalier d’honneur, il se devait de relever (je jure que ce n’était rien de tel!!)
Et j’en arrive enfin au point de départ de ce billet: j’ai donc observé la prise en main du pingouin par le pro de mon coeur: celui que je vois zapper à chaque question, tant il pourrait réciter le mode d’installation de mémoire, les yeux fermés.
Et là, je me suis sentie vengée, moi et tous ceux qui paniquent au moindre défaut d’informatique. Il y a donc une justice dans le monde des geeks!
Parce que je l’ignorais, mais oui, il avait déjà regardé tourner le système, savait de quoi on parlait bien sûr, mais n’y avait que très peu touché. Que c’était pour lui comme poser la souris dans un univers totalement inconnu, et se retrouver face à un vilan chat au lieu d’un innocent manchot (comment peut-on avoir peur de ces ravissantes petites bêtes, mmh??)! Paniqué à la moindre question posée, hésitant entre les 3 onglets de réponse (”et si je clique là, tu crois que ça va tout effacer? Et pourquoi, mais pourquoi met-il tant de temps à rebooter, hein, hein?”), redoutant la boulette à chaque nouvel écran d’installation, je le regardais faire, partagée entre l’incrédulité et la basse satisfaction.
Quoi, mon héros avait donc des failles? Quoi, dans la lutte de l’homme contre la machine, il pouvait ne pas dominer de toute sa stature?
Ah, mais enfin il comprend ce que je ressens, moi? Enfin il se dit que ce n’est pas possible, la langue qu’on lui parle est encore plus incompréhensible que le chinois? Lui aussi peut avoir des doutes, un manque de confiance?
Bon, le chaos n’a pas vaincu. L’ordre de l’univers a été respecté, malgré tout: il lui aura fallu quelques heures de lutte, beaucoup de cogitation, mais il a vaincu le pinguouin. A l’heure où je vous parle, ils s’apprivoisent de façon plutôt cordiale. L’entente semble s’être faite sur une découverte mutuelle et pacifiste. Le grand W a été réinstallé sur un autre disque dur (faites comme moi, comme si ça vous paraissait évident), de manière à ce que chacun ait son mot à dire.
Parce qu’il faut le savoir, la grande faille du palmipède, c’est d’avoir un peu de mal à proposer des émulateurs de jeux. Mais ça, c’est une autre histoire, et il faut que je rassemble encore quelques neurones pour pouvoir vous la raconter…
(Chéri, si tu me lis, je suis fière de toi, et je te remercie de m’avoir inspirée pour ce billet!)
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